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Interview   

Harsh : casser l’étiquette sans casser le son


Harsh-crop02Avec Feels, son deuxième album sorti le 3 juillet chez Fireflash Records, Harsh arrive à un moment décisif. Après plus de trois cents concerts et deux années à vivre professionnellement du groupe, les quatre Parisiens ne cherchent plus seulement à démontrer qu’ils savent faire du hard rock.

L’enjeu est désormais de rendre leur musique immédiatement identifiable : conserver les riffs, l’énergie et le goût du spectacle qui les ont construits tout en laissant davantage entrer la pop, l’alternatif et surtout leur propre personnalité. Quitte à bousculer l’étiquette glam qui leur colle à la peau.

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Chronique   

Europe – Come This Madness


europe-come-this-madness500Dans une belle lancée depuis sa renaissance en 2004, Europe aura cette fois décidé de prendre son temps – neuf ans – pour accoucher de Come This Madness. Produit par Tom Dalgety, mixé par Mike Fraser : des choix de collaborateurs qui n’ont rien d’anodin. Les Suédois prennent le meilleur de deux mondes, de deux époques, entre classic rock et modernité. Surtout, le disque surprend par son ambition sonore, et ce dès l’introductif « One On One » : basse grondante, claviers tapissant et refrain XXL qui s’imprime immédiatement dans la caboche. On retrouve même quelques réminiscences de Prisoners In Paradise par ci par là. Une impression qui se confirme avec « The Cult Of Ignorance », où les arrangements synthétiques côtoient un riff efficace à la croisée d’AC/DC et de Def Leppard. Joey Tempest y transforme les inquiétudes contemporaines en hymne fédérateur, tandis que John Norum multiplie les interventions. Car si Mic Michaeli occupe une place prépondérante, les amateurs de guitare ne seront pas oubliés, avec de nombreux solos, parfois étonnamment longs, mais jamais inutiles : blues, envolées classiques… Norum est particulièrement inspiré, sans jamais tomber dans la démonstration.

Le propos, lui, se fait plus sombre. « Come This Madness » ou « The Cult Of Ignorance » interrogent une époque marquée par la remise en cause des faits, les divisions et l’incertitude, quand « Takin’ It Back » prend une tonalité douce-amère et que « Scandinavian Eyes », entre groove et mélancolie, laisse échapper un brin de noirceur via un growl signé Mikael Åkerfeldt. Pourtant, l’album se referme sur une note presque contemplative, signe d’un espoir naissant. Et puis il y a « This Time Of Year », magnifique ballade où piano, synthé vintage et voix vulnérable construisent une montée en puissance particulièrement prenante. Preuve que le groupe sait encore faire parler l’émotion sans tomber dans la facilité. Europe ne revient donc pas simplement pour reproduire une formule éprouvée. Come This Madness conserve les grands refrains, les riffs solides et les mélodies, mais leur offre un écrin actuel. Un disque étonnamment frais, qui montre que même après plus de quatre décennies, Europe a encore quelques cartes à jouer, tout en glissant de subtils – ou pas – messages à l’humanité.

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Interview   

Sigh et l’impermanence de la vie


Sigh-by-David-Hall-crop500La mort approche un peu plus chaque jour, inéluctablement. De quoi angoisser Mirai Kawashima, cerveau créatif de Sigh, lui qui a pourtant toujours abordé le thème de la Grande Faucheuse dans ses œuvres. Mais le temps, les épreuves et l’affaiblissement physique donnent un autre regard, beaucoup plus concret. Voilà pourquoi, après Shiki, le compositeur, chanteur et multi-instrumentiste signe un autre album ayant pour but d’apaiser sa peur de la mort et sa tristesse de se voir vieilli… pour l’instant, en vain. Pour ce faire, il va puiser dans la culture et l’art ancestraux de son pays, le Japon, riche en enseignements et en sagesses, parfois morbides.

Nous avons pu échanger avec le maestro qui, suite au réenregistrement de l’album Hangman’s Hymn l’année dernière, retrouve les élans orchestraux qu’il avait abandonnés après l’expérience – désastreuse selon lui – Graveward. Il nous explique où il en est en termes de processus et d’approche créative, avec une musique toujours aussi décomplexée, allant piocher dans une vaste gamme de genres, et rentre dans ses questionnements sur l’hiver de sa vie qui approche. Et quitte à évoquer la mort, Mirai nous confie même envisager celle du groupe en 2030, lorsqu’il aura atteint les soixante ans et que le cycle de quatre albums en cours sera terminé…

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Live Report   

Judas Priest à Bordeaux : god save the priest


Judas Priest - Faith KeepersQuelle ne fut pas notre joie lorsque, le 16 mars dernier, Gérard Drouot Production faisait l’annonce de la tournée française Faithkeepers de Judas Priest et que parmi les quatre villes seulement figurait… Bordeaux. Pas certains de ne pas être atteints de berlue, il aura fallu attendre six mois pour cet événement impensable mais ô combien excitant. Et pour deux fois plus de plaisir, le Priest a décidé de s’accompagner de Nevermore, choix carrément logique, comme seule « première partie » – si tant est que Nevermore puisse être considéré comme une première partie.

Incroyable mais vrai donc, c’est avec un plaisir non feint que l’Arkea Arena nous ouvre ses portes en ce soir d’été indien pour renouer avec un plaisir (non) coupable qu’est la (plus trop) New Wave Of British Heavy Metal. S’il nous faut encore expliquer qu’il s’agit là d’un concert exceptionnel, notre interaction avec une infirmière débauchant à peine de son shift à la Clinique du Tondu juste derrière la salle saura convaincre une bonne fois pour toutes. Après le concert donc, elle demande gentiment : « Excusez-moi, je vois tout ce monde qui sort de l’Arkea, qui jouait un concert ce soir ? » La réponse : « Judas Priest, vous connaissez ? » Elle confirme, tout en affirmant que, même si ce n’est pas sa tasse de thé (comique pour des Anglais), ce nom lui était plus que familier et qu’elle était étonnée de les voir fouler ce plancher. Il est grand temps donc de ressortir les tee-shirts de groupes les plus old school, les pantalons de cuir et les vestes cloutées, et de prendre place pour ce qui semble être l’un des concerts de l’année en terres bordelaises.

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Chronique Focus   

The Ocean – Solaris


The-Ocean---Solaris500The Ocean refait surface plus rapidement qu’on l’aurait escompté, après l’annonce de départs multiples dont celui du chanteur Loïc Rossetti. En réalité, le groupe n’a jamais véritablement disparu : le travail sur Solaris a débuté avant même le dernier concert mettant en scène l’ancienne configuration. De quoi accoucher aujourd’hui, apparemment sans trop de douleur, d’un colosse de presque soixante-dix minutes.

Si le line-up qui s’éteint n’a pas démérité durant son mandat de plus d’une décennie, il ne faut pas oublier que le massif Precambrian, aux critiques dithyrambiques, avait été réalisé sans les membres qui viennent de tourner la page. Il puisait sa force dans l’esprit du collectif, qui transparaît plus que jamais avec des musiciens de six pays différents.

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Interview   

President dévoile sa profession de foi


President-01-cropObtenir un entretien avec le President n’est pas chose aisée. Sans grande surprise, l’investigateur mystérieux du dernier phénomène rock en date n’est accessible que par intermédiaire. La démarche est raccord avec le concept, qui joue sur la théâtralité et un anonymat total pour vendre une approche nouvelle de la musique. Car President est, à l’instar de Ghost ou Sleep Token, un projet « global ». Il mise autant sur le son que sur l’univers ou la mise en scène. Le fameux « lore », terme que l’on pensait réservé aux pures œuvres de fiction, tend désormais à s’insinuer avec un retentissement certain au sein de l’industrie musicale. Une évolution qu’une partie du public pourra trouver purement marketing. Certains arguments seront à ce titre difficiles à contredire. La musique de President est, en effet, extrêmement produite, calibrée sur les tendances du moment et vendue à grands renforts d’images séduisantes. Des choix payants. President s’est imposé immédiatement, là où un groupe plus conventionnel aurait probablement eu besoin de mois voire d’années de développement avant de bénéficier d’une réelle médiatisation.

Doit-on pour autant cataloguer President en simple produit de consommation rapide construit en fonction d’une stratégie commerciale de label ? L’écoute attentive de leur album Blood Of Your Empire – et auparavant de l’EP King Of Terror – laisse transpirer une véritable authenticité ainsi qu’un travail de fond notable en matière de créativité. Des constats qui nous ont amenés à accepter l’envoi d’une petite série de questions au frontman de cette entité hermétique. President fait le choix d’instaurer une barrière entre ses musiciens et son public, mais également envers les médias. Malgré tout, l’homme qui se cache derrière le masque de cire a pris le temps d’apporter des réponses sincères à l’intégralité des questions que nous avons pu lui transmettre. Bien que concis, il livre quelques clés concernant son fonctionnement et les questionnements qu’il a souhaité aborder avec ce premier disque.

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Chronique   

Lacrimas Profundere – Lay Me Down O Silent Fear


lacrimas-profundere-lay-me-down-o-silent-fearLe destin de Lacrimas Profundere restera lié à une semi-obscurité. Loin de la lumière, le groupe allemand ne s’est pourtant jamais reposé sur ses lauriers. Il a même connu bien des vies, profitant de ses changements de chanteurs pour se réinventer. Julian Larre, son troisième frontman, a notamment injecté à un combo bien installé la fougue de sa jeunesse. Engagé dans une veine plus agressive que sous l’ère Rob Vitacca, Lacrimas Profundere amorce avec Lay Me Down O Silent Fear une étonnante modernisation de son écriture.

Le quatuor allemand a initialement acquis sa renommée en signant un doom mélodique et romantique. Si la formule s’est progressivement affinée jusqu’à devenir plus accessible – quitte à se parer d’accents pop –, la dernière itération du groupe entérine définitivement son virage brut, sombre et viscéral. Assurer la relève de deux chanteurs appréciés n’est pas chose aisée et Larre a abordé l’exercice sous le meilleur prisme possible. Il impose depuis ses débuts sa personnalité, ses influences et son approche du chant. Avec Lay Me Down O Silent Fear, il pousse la formation vers une nouvelle mue. Le terrain avait été progressivement préparé en intégrant une ambivalence vocale nettement plus marquée, Larre maîtrisant l’art du growl et excellant dans l’équilibre des contrastes. Sans renier le goth historique et les mélodies satinées, le frontman confère désormais aux morceaux une explosivité proche du metal moderne. L’angle d’attaque pourra irriter les aficionados des premières années (le redoutable « A Sinful Desire », qui déroule un couplet rapcore), mais Lacrimas Profundere ne veut pas appartenir au passé. Il évolue et pose sur bandes un album qui joue la carte du renouveau, associe beauté glaçante et lourdeur apocalyptique. Le quatuor dépoussière son style à la meuleuse, perdant certes quelques nuances en matière d’atmosphères mais offrant en contrepartie une hargne souvent décapante (« Days Of Doom » ou « Faceless », qui empilent des riffs particulièrement frontaux). Une transformation réussie.

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Interview   

Dirty Rodeo : refuser l’inaction


Dirty-Rodeo-01Né à Limoges il y a une dizaine d’années, Dirty Rodeo s’est progressivement imposé comme l’un des projets les plus singuliers de la scène alternative française. Composé d’Alex (batterie, chant) et Polo (guitare, chant), le duo développe une identité qui échappe aux étiquettes. Entre post-hardcore, rock alternatif et mélodies pop, il construit des morceaux où les deux voix se répondent en permanence, alternant tension, fragilité et refrains fédérateurs. Une approche qui lui a permis de se forger une place à part, aussi bien sur scène qu’au fil d’une série d’EP ayant posé les bases de son univers. Avec At Least We Try, Dirty Rodeo franchit toutefois une nouvelle étape. Plus qu’un premier album, ce disque marque un véritable tournant. La production gagne en ampleur, les compositions s’affinent et les textes prennent une place centrale. Sans jamais verser dans le manifeste ou le discours militant, le groupe interroge notre rapport à l’engagement, à l’inaction, aux désillusions de sa génération et à la responsabilité collective. Un constat parfois amer, mais toujours traversé par la même conviction : l’espoir ne réside pas dans l’attente d’un changement venu d’ailleurs, mais dans la capacité de chacun à agir à son échelle.

Cette philosophie ne s’arrête d’ailleurs pas aux paroles. Depuis ses débuts, Dirty Rodeo s’investit activement dans la vie culturelle et associative de Limoges, multiplie les collaborations avec les acteurs locaux et cherche à faire vivre une scène indépendante profondément attachée au collectif et au « faire ensemble ». Une cohérence entre les mots et les actes qui irrigue tout le projet. À l’occasion de la sortie de At Least We Try, nous avons rencontré Alex pour revenir sur l’évolution musicale du groupe, la naissance de cet album charnière, son ancrage limougeaud et cette volonté de transformer la musique en un espace de réflexion.

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Chronique   

Kissin’ Dynamite – Kissin’ Dynamite


Kissin'-Dynamite---Kissin'-Dynamite500Il y a quelque chose d’assez symbolique à baptiser son neuvième album du nom de son groupe lorsqu’il s’apprête à refermer une époque. Kissin’ Dynamite revient à ses origines, mais pas question de s’offrir un dernier tour de piste mélancolique. Hannes Braun le clame dès le morceau d’ouverture : les souvenirs sont là pour être célébrés, pas pleurés. Et avec le départ annoncé du frontman, difficile de ne pas entendre dans certains textes un double discours troublant.

Six titres inédits accompagnent sept morceaux issus des deux premiers albums, réenregistrés avec le savoir-faire et la maturité acquis par les Allemands. Une entreprise qui aurait pu donner un disque décousu, mais il n’en est rien. Tous les titres se fondent ensemble, preuve que Kissin’ Dynamite ne s’est jamais éloigné de son ADN : mélodies mémorisables et refrains XXL taillés pour les grandes scènes. Le rock de stade est au rendez-vous, « I’ll Be » en est l’exemple le plus évident. Plus sombre dans ses couplets, « Nothing Breaks Like A Heart » finit par faire céder les nuques les plus exigeantes. L’album se montre plus sentimental qu’à l’accoutumée, avec une profusion de ballades : « The Good In Goodbye » assume son statut de chanson heartbreak, tandis que la nouvelle version de « Lie For Me », en duo avec Anna Brunner, amène une intimité bienvenue. « I Salute You » s’adresse directement aux fans, tel un dernier salut, animé par une cornemuse triomphante et surprenante. Côté réenregistrements, Amaranthe vient épauler « Out In The Rain », tandis que Ralf Scheepers et Sam Totman revisitent « Steel Of Swabia » : une manière intelligente d’inscrire le passé de la formation dans son présent. À force de mélodies soigneusement polies et de bonne humeur grandiloquente, certaines compositions manquent parfois de surprise, mais reprocher à Kissin’ Dynamite de faire du Kissin’ Dynamite serait presque passer à côté du sujet. L’objectif ? Refermer une porte avec le sourire. Hannes s’en va, mais le groupe choisit de continuer en fanfare. Pour boucler la boucle, difficile d’imaginer meilleure bande-son.

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Interview   

Fear Factory : rapport de mise à jour


Fear-Factory-02Une nouvelle ère s’ouvre pour Fear Factory qui, alors embarquée dans une tournée européenne de plusieurs semaines, se prépare à annoncer son nouvel album, dont on a déjà pu avoir un aperçu avec le morceau « Roboticist ». Le moins qu’on puisse dire est que les fans étaient curieux et avaient hâte de voir ce que donnerait en studio ce nouveau line-up formé depuis 2023, avec Pete Webber à la batterie et, surtout, Milo Silvestro, qui a eu la lourde tâche de prendre le micro après le divorce difficile entre Dino Cazares et Burton C. Bell. Trois ans et demi plus tard, Silvestro s’est vu largement adopté par le public et les critiques se font plutôt élogieuses sur les prestations live, preuve que les choix opérés étaient les bons.

Alors que la tournée a déjà commencé, nous avons saisi l’opportunité d’échanger avec Cazares en amont des dates à la Rockhal de Esch-sur-Alzette, au Luxembourg, le 19 septembre prochain, et au Trabendo de Paris le 29 septembre. Il évoque avec nous tous ces sujets et nous donne son point de vue sur les évolutions technologiques, et en particulier l’IA, thème au cœur du nouveau single et du prochain disque.

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  • A Perfect Circle @ Zénith Paris
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