95 thèses
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(la) Disputatio pro declaratione virtutis indulgentiarum |
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La Dispute sur la puissance des indulgences (en latin : Disputatio pro declaratione virtutis indulgentiarum), plus connue sous le nom de 95 thèses, est une liste de propositions rédigée par Martin Luther. Ce texte est à l'origine de la Réforme protestante dans le Saint-Empire romain germanique.
Le document aurait été placardé à la porte de l'église de la Toussaint à Wittemberg (aujourd'hui en Saxe-Anhalt) le . Si l'authenticité du document n'est pas contestée, la réalité de l'événement lui-même fait aujourd'hui l'objet de débats parmi les historiens. La date n'a pas été choisie au hasard, le étant la veille de la Toussaint : une large foule de fidèles devait venir le lendemain pour vénérer les reliques et diminuer le temps à passer au purgatoire. C'était pour Luther la garantie d'une diffusion aussi grande que possible de ses idées. Les historiens soulignent cependant que le texte s'adresse aux théologiens catholiques de l'époque, puisqu'il est rédigé en latin, et, de fait, peu accessible à la population locale. L'imprimerie facilite cependant sa diffusion rapide auprès des élites du Saint-Empire.
Contenu des thèses
[modifier | modifier le code]Les 95 thèses portent principalement sur l'une des questions clés pour Luther : la pratique grandissante de la vente des indulgences par l'Église catholique, autorisée par le pape Léon X pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome. La rédaction du document aurait principalement été inspirée par les abus du moine dominicain Johann Tetzel, avec lequel Luther entretiendra une controverse au cours de l'année 1517. Le titre originel des 95 thèses est Martini Lutheri disputatio pro declaratione virtutis indulgentiarum.
Par amour pour la vérité et dans le but de la préciser, les thèses suivantes seront soutenues à Wittemberg, sous la présidence du Révérend Père Martin LUTHER, ermite augustin, maître des Arts, docteur et lecteur de la Sainte Théologie. Celui-ci prie ceux qui, étant absents, ne pourraient discuter avec lui, de vouloir bien le faire par lettres. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
Thèses :
- En disant : Faites pénitence, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ a voulu que la vie entière des fidèles fût une pénitence.
- Cette parole ne peut pas s'entendre du sacrement de la pénitence, tel qu'il est administré par le prêtre, c'est-à-dire de la confession et de la satisfaction.
- Toutefois elle ne signifie pas non plus la seule pénitence intérieure ; celle-ci est nulle, si elle ne produit pas au-dehors toutes sortes de mortifications de la chair.
- C'est pourquoi la peine dure aussi longtemps que dure la haine de soi-même, la vraie pénitence intérieure, c'est-à-dire jusqu'à l'entrée dans le royaume des cieux.
- Le Pape ne veut et ne peut remettre d'autres peines que celles qu'il a imposées lui-même de sa propre autorité ou par l'autorité des canons.
- Le Pape ne peut pardonner les péchés qu'au nom de Dieu.
- Dieu ne remet la coulpe à personne sans l'humilier, l'abaisser devant un prêtre, son représentant.
- Les canons pénitentiels ne s'appliquent qu'aux vivants ; et d'après eux, rien ne doit être imposé aux morts.
- Voilà pourquoi le Pape agit selon le Saint-Esprit en exceptant toujours dans ses décrets l'article de la mort et celui de la nécessité.
- Les prêtres qui, à l'article de la mort, réservent pour le Purgatoire les canons pénitentiels, agissent mal et d'une façon inintelligente.
- La transformation des peines canoniques en peines du Purgatoire est une