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Bastille

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Bastille
La Bastille, façade orientale.
Présentation
Type
Château fort, arsenal et prison
Partie de
Matériau
Construction
1370-1383
Démolition
Commanditaire
Hauteur
24 mètres,
largeur : 34 m,
longueur : 66 m
Usage
État de conservation
démoli ou détruitVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
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La bastille Saint-Antoine, souvent appelée simplement la Bastille, et anciennement les fort et bastide Saint-Anthoine lez Paris[1],[2], est une forteresse construite au XIVe siècle, à l'emplacement du débouché de la rue Saint-Antoine sur l’actuelle place de la Bastille à Paris. Devenue une prison, considérée comme le symbole du despotisme monarchique, elle fut totalement détruite au début de la Révolution française.

Initialement, la Bastille était une bastide[3] (châtelet à deux tours) de la porte Saint-Antoine de l'enceinte de Charles V, élevée en hâte de 1356 à 1358 pendant la prévôté d'Étienne Marcel[4]. En 1367, le roi Charles V décida de pourvoir le revers de cette porte d’une enceinte formant un véritable château urbain (une bastille formant un réduit indépendant et disposant de sa propre garnison) en rehaussant les deux tours et en en construisant six autres. Ce fort était destiné à défendre la porte Saint-Antoine et les remparts de l’Est de Paris devenus plus vulnérables. Il servait aussi à protéger le roi en cas de révolte du peuple parisien car il pouvait sécuriser la route reliant la résidence du roi à l'hôtel Saint-Pol au château de Vincennes où le roi Charles V veut établir le centre administratif du royaume[4].

La Bastille vers 1416, reconstitution 3D d'après des documents d'époque[5].

La « Bastille » ou « Bastille Saint-Antoine » ou encore « fort et bastide Saint Antoine lez Paris » était initialement un véritable château et un arsenal. La construction ordonnée en 1367 eut lieu durant le règne de Charles V, de 1370 à 1383, et fut établie sous la direction du prévôt de Paris Hugues Aubriot qui posa la première pierre le [6],[7], sur le modèle à quatre tours courant à l’époque. Les pierres, en calcaire lutétien, proviennent des carrières de Saint-Maur-des-Fossés et de Joinville-le-Pont[8]. Les autres tours furent ajoutées ultérieurement. Elle faisait 66 mètres de long pour 34 mètres de large et 24 mètres de hauteur au niveau des tours, et était entourée d’un fossé de 25 mètres de largeur sur 8 mètres de profondeur alimenté par les eaux de la Seine. Les huit tours se nommaient :

  • tour du Coin (au coin de la rue Saint-Antoine) ;
  • tour de la Chapelle (au XVe siècle s'y trouvait la chapelle, transférée par la suite de l'autre côté de la cour entre les tours de la Liberté et de la Bertaudière) ;
  • tour du Trésor (Henri IV y avait transféré en 1580 le trésor royal, trésor dépensé par Marie de Médicis durant sa régence[réf. nécessaire]) ;
  • tour de la Comté (peut-être en raison de la vicomté de Paris) ;
  • tour de la Bertaudière ou parfois Bretaudière (le maçon Berthaud se tua en tombant durant sa construction, c'est la tour du Masque de fer) ;
  • tour de la Bazinière (Macé Bertrand de la Bazinière, trésorier de l'Épargne et arrêté en même temps que Fouquet en 1661, y a été enfermé quatre ans) ;
  • tour du Puits (elle contenait un puits qui fut comblé et remplacé par un autre creusé dans la cour. La tour est endommagé par l’explosion d’un baril de poudre, vers 1430[9]) ;
  • tour de la Liberté (à la suite d'un assaut des parisiens vers 1380 au cri de « Liberté ! Liberté ! », c'est dans cette tour que sera enfermé Hugues Aubriot sous Charles VI).

L’entrée se faisait par la rue Saint-Antoine et donnait sur la Cour de l’Avancée qui abritait des boutiques et une caserne. Son premier capitaine gouverneur fut nommé par Charles VI, dès 1386, en la personne de son chambellan Jehan de La Personne, vicomte d'Acy, ancien compagnon de Bertrand du Guesclin et qui avait été déjà chambellan sous les deux règnes précédents[10]. À la même époque fut édifié le donjon de Vincennes. Le château de Montagu, édifié par le surintendant des finances de Charles VI, Jean de Montagu, à Marcoussis, est un exemple proche des choix d'architecture retenus pour la forteresse de la Bastille.

Après une courte période durant laquelle la circulation entre la rue Saint-Antoine et l'extérieur de la ville s'effectuait en traversant la forteresse et son avant-cour, ce passage fut condamné au début du XVe siècle et détourné par une nouvelle porte construite au nord de la Bastille se prolongeant par un pont enjambant le fossé du rempart et donnant accès à la rue du Faubourg-Saint-Antoine. Le débouché de la rue Saint-Antoine fut alors élargi pour permettre l'accès à cette porte. Le pont sur le fossé de l'ancien parcours public devint une sortie privée[11].

Miniature parisienne. Le maître d'ouvrage fait visiter le chantier de la Bastille à Charles VI, son chambellan La Personne, en rouge, et la Cour.

Elle appartenait au système défensif de l'enceinte de Charles V mais très vite, son utilité militaire s’avère médiocre, car, assiégée, elle s’est toujours rendue[12].

Durant la guerre de Cent Ans, qui fut en grande partie une guerre civile française, la Bastille se rendit en 1413[13] aux Armagnacs pendant la révolte des Cabochiens, puis en 1418 aux Bourguignons, en 1436 au Roi, en 1565 au Prince de Condé, en 1591 aux Ligueurs, en 1594 aux troupes royales, en 1649 et 1652 pendant la Fronde[14].

À la fin du XVIe siècle, l'enceinte datant de près de deux siècles, apparaissant insuffisante, fut améliorée par la construction de bastions, également nommés « boulevards », et le déplacement des fossés pour contourner ces bastions. Lors de cette transformation, un bastion fut construit en avant de la forteresse à la place de la basse cour. Cette transformation supprima la sortie privée de la Bastille vers la campagne[15].

La forteresse fut occasionnellement prison d’État sous Louis XI puis utilisée comme entrepôt d'armes et lieu de réception par François Ier, comme coffre-fort des richesses royales sous Henri IV[16].

Durant la journée des Barricades (huitième guerre de religion), la Bastille se rendit le [17] et Jean Bussy-Leclerc en devint le gouverneur. À la chute de la Ligue et l'entrée d'Henri IV à Paris le , le gouverneur de la Bastille refusa de rendre la forteresse qui fut assiégée et résista quatre jours.

Sully, nommé gouverneur en 1602, y abrita le trésor royal dans la tour du même nom, qu’on désigna alors sous le terme de « buffet du roi »[18].

La Bastille est à nouveau prise durant la Fronde en 1649 et un Frondeur en est nommé gouverneur : La Louvière, fils de Pierre Broussel. C'est à cette époque que se situe un des épisodes les plus rocambolesques de l'histoire de la forteresse. Le , lors de la bataille du faubourg Saint-Antoine, le prince de Condé est en difficulté face aux troupes royales dirigées par le maréchal de Turenne. Sa cousine, Mlle de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, obtient alors de son père Gaston d'Orléans l'autorisation de faire tirer les canons de la Bastille sur les troupes royales pour le sauver et lui permettre d'entrer dans Paris.

Vue de la Bastille et de la porte Saint-Antoine, par Israël Silvestre - vers 1650.
Oubliettes de la Bastille — Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, par Eugène Viollet-le-Duc.

La Bastille fut utilisée occasionnellement comme prison dès le règne de Louis XI.

Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connétable de France, fut mis à la Bastille le et décapité en place de Grève le de la même année. Jacques d'Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche, y fut également emprisonné, dans une cage de fer, pour crime de haute trahison et décapité aux Halles le .

Pendant les troubles des guerres de Religion, elle servit de prison à des Grands du royaume comme François de Montmorency (1574-1575), Charles d'Angoulême (1604-1616), ou encore le prince de Condé (1616-1619). Sous la domination de la Ligue, la Bastille abrite l'écrivain Montaigne (1588), les magistrats du parlement de Paris restés fidèles au roi dont le premier président Achille de Harlay, et l'artiste protestant Bernard Palissy qui y meurt.

Cage de fer suspendue.

Charles de Gontaut, duc de Biron, pair et maréchal de France, convaincu d'intelligence avec l'étranger, eut la tête tranchée « dedans l'enclos de la Bastille, suivant le commandement que j'en avois faict, à la requeste de ses proches parens et pour tesmoigner l'affection que je luy ay portée » (Henri IV)[19].

Quoique la Bastille fût affectée principalement aux prisonniers d'État, le roi Henri IV y fit garder le trésor royal ; c'est ce que nous apprend le poète satirique Mathurin Régnier dans sa 13e Satire[20] :

« Prenez-moi ces abbés, ces fils de financiers,
Dont depuis cinquante ans les pères usuriers,
Volant de toutes mains, ont mis en leur famille
Plus d'argent que le roi n'en a dans la Bastille. »

Sully nous dit dans ses mémoires : « Vers l'an 1610 le roi avoit pour lors quinze millions huit cent soixante-dix-huit mille livres d'argent comptant dans les chambres voûtées, coffres et caques étant en la Bastille, outre dix millions qu'on avait tirés pour bailler au trésorier de l'épargne. »

C’est le cardinal de Richelieu qui la transforma en prison d’État[16] à laquelle restent attachées les lettres de cachet, lettres signées du roi (ou le plus souvent de ses ministres) ordonnant un emprisonnement sans jugement.

Paris dispose de plusieurs types de prisons : prisons ordinaires, Hôpital général et prisons d’État (Vincennes, For-l'Évêque). Victime de la haine du cardinal de Richelieu, le maréchal de Bassompierre fut mis à la Bastille en 1631, et n'en sortit qu'à la mort du ministre. La délivrance du maréchal inspira ces vers à un poète (c'est Bassompierre qui parle) :

« Enfin dans l'arrière-saison,
La fortune d'Armand s'accorde avec la mienne
France, je sors de prison,
Quand son âme sort de la sienne. »

En 1634, on fit quelques réparations à la Bastille, tant pour fortifier ce château que pour en agrandir les dépendances.

Le , Nicolas Fouquet, surintendant général des finances, accusé de concussion, fut transféré de Vincennes à la Bastille, sur un ordre du roi, contre-signé Le Tellier.

L'homme au masque de fer entra à la Bastille le , à trois heures de l'après-midi. Il portait un masque de velours noir, bien attaché sur le visage, et qu'un ressort tenait derrière la tête. Il logeait dans la tour de la Berthaudière. Sa mort arriva presque subitement le . Il fut enseveli dans un linceul de toile neuve et enterré à Saint-Paul le lendemain, à quatre heures, sous le nom de Marchiali, en présence de M. Rosarges, major du château, et du sieur Beilh, chirurgien-major de la Bastille, qui ont signé sur les registres de Saint-Paul. Son enterrement a coûté 40 livres.

À la mort de Louis XIV, la presque totalité des prisonniers ont été libérés par le régent Philippe d'Orléans[21]. Saint-Simon ainsi raconte:

« La plupart des lettres de cachet, d'exil et de prison avaient été expédiées pour jansénisme et pour la constitution, quantité dont les raisons étaient connues du feu roi seul et de ceux qui les lui avaient fait donner, d'autres du temps des précédents ministres, parmi lesquelles beaucoup étaient ignorées et oubliées depuis longtemps. Le régent leur rendit à tous pleine liberté, exilés et prisonniers, excepté ceux qu'il connut être arrêtés pour crime effectif et affaires d'État, et se fit donner des bénédictions infinies pour cet acte de justice et d'humanité.
Pour ceux qui furent tirés des cachots où la haine des ministres et celle des jésuites et des chefs de la constitution les avait fait jeter, l'horreur de l'état où ils parurent épouvanta et rendit croyables toutes les cruautés qu'ils racontèrent dès qu'ils furent en pleine liberté. Il se débita là-dessus des histoires très singulières, et d'autres fort étranges, ce qui fit déplorer le malheur des prisonniers, et la tyrannie du dernier règne et de ses ministres. Parmi ceux de la Bastille il s'en trouva un arrêté depuis trente-cinq ans, le jour qu'il arriva à Paris d'Italie d'où il était, et qui venait voyager. On n'a jamais su pourquoi, et sans qu'il eût jamais été interrogé, ainsi que la plupart des autres. On se persuada que c'était une méprise. Quand on lui annonça sa liberté, il demanda tristement ce qu'on prétendait qu'il en pût faire. Il dit qu'il n'avait pas un sou, qu'il ne connaissait qui que ce fût à Paris, pas même une seule rue, personne en France, que ses parents d'Italie étaient apparemment morts depuis qu'il en était parti, que ses biens apparemment aussi avaient été partagés depuis tant d'années qu'on n'avait point eu de nouvelles de lui; qu'il ne savait que devenir. Il demanda de rester à la Bastille le reste de ses jours avec la nourriture et le logement. Cela lui fut accordé avec la liberté qu'il y voudrait prendre. »[22]

D'après d'autres versions, la Bastille aurait été une prison plutôt confortable pour les personnes de qualité (nobles, grands bourgeois) emprisonnés dans les cellules (au nombre de 42[23]), elles mangeaient tous les jours « à la table du gouverneur » (non avec lui mais bénéficiant du même repas que lui). Ces cellules disposaient de grandes pièces avec repas fins et d’un domestique si ce dernier acceptait (tel le domestique du banquier de Gérard Michel de La Jonchère qui a partagé le sort de son maître mais finit par ne plus le supporter, sans pouvoir ressortir[24]), de meubles et d'une cheminée avec bois de chauffage (grâce à la « pistole »[25]). Les prisonniers royaux sont autorisés à correspondre avec l'extérieur, recevoir des visites et jouissent d'une relative liberté de mouvement au sein de la forteresse.

François-Marie Arouet dit Voltaire, âgé de 22 ans, fut mis à la Bastille le , pour avoir composé des poésies contre le régent et la duchesse de Berry qui, se trouvant alors dans un état de grossesse avancée, s'était retirée au château de la Muette pour accoucher[26]. L'une de ces pièces avait pour titre : Puero regnante. Déchaînée dans le vice et la débauche, la fille aînée du Régent ne cessait de défrayer la chronique scandaleuse de la Cour. Début 1716, un premier accouchement clandestin de la « belle duchesse de Berry » avait inspiré à Voltaire une épigramme satirique dans lequel, qualifiant la princesse de « mère des Moabites », il l'incitait à engendrer « un peuple d'Ammonites », sur quoi le poète avait été exilé à Tulle par ordre du Régent en mai 1716[27].

Thomas Arthur de Lally-Tollendal, âgé de 61 ans, natif de Romans en Dauphiné, grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant-général des armées du roi, fut arrêté à Fontainebleau par un officier de la prévôté de l'hôtel du Roi, et conduit à la Bastille le , en vertu d'un ordre du roi expédié par Étienne-François de Choiseul. Il fut accusé d'avoir été la cause de la perte de tous les établissements français dans l'Inde. Le Parlement de Paris lui fit son procès ; il fut condamné à avoir la tête tranchée en place de Grève, par arrêt du . Le jugement fut exécuté le 9 du même mois, à cinq heures du soir.

Ce fut sous le règne de Louis XV que Louis Phélypeaux de Saint-Florentin fit élever plusieurs bâtiments pour servir de logements aux officiers de l'état-major. La Bastille offrait un vaste édifice dont le plan aurait figuré un parallélogramme régulier, si les deux tours du milieu n'eussent formé une espèce d'avant-corps.

Le marquis de Sade y fut détenu pendant cinq ans et demi. Il y est transféré le du fait de la désaffectation du fort de Vincennes en tant que prison d’État.

La Bastille comportait également depuis la fin du XVIIe siècle un quartier beaucoup moins agréable pour les prisonniers communs. Ceux-ci vivaient de la charité et du « pain du roi », y étaient parfois enchaînés ; on les appelait les « pailleux », car ils dormaient sur une paillasse dont on changeait la paille une fois par mois[23].

La prison disposait aussi de six cachots (et non d’oubliettes), dont un aménagé en salle de torture, situés à six mètres de profondeur au niveau des douves et qui servaient de punition aux prisonniers insubordonnés comme le fameux Latude (Louis XVI fait supprimer ces cachots, tout comme la question et les lettres de cachet qu'il abolit le ).

Sous Louis XV, qui adoucit le régime carcéral à partir de 1750, on retrouve beaucoup de convulsionnaires et jansénistes accusés de crime de lèse-majesté.

Entre 1661 et 1789, un prisonnier sur six est embastillé[28] pour « faits de lettres » (libraire, imprimeur, colporteur ou auteur de libelle)[29].

Intérieur de la Bastille en 1785.

L'arrivée d'un nouveau prisonnier est annoncée par une sonnerie de cloche. Les boutiques avoisinantes (notamment les échoppes le long du fossé qui sont louées au Gouverneur) ferment alors et les gardes se couvrent le visage pour ne pas voir le visage du nouveau venu. Ce culte du secret motive également l'enterrement des prisonniers de nuit sous de faux noms. Il participe grandement au mythe de l'homme au masque de fer[30].

Reconstitution de La Bastille médiévale par Theodor Josef Hubert Hoffbauer.

Le premier témoignage écrit sur la prison est donné par les pseudo-mémoires d'un calviniste, Constantin de Renneville, qui donne une vision noire de la Bastille et son arbitraire, l'opposant à la tour de Londres[31].

Les récits « antibastillonnaires » se multiplient : deux ouvrages publiés à l'étranger poursuivent cette dénonciation et participent à la construction de la légende noire (lettre de cachet en blanc, tortures, exécutions sommaires) de la Bastille : Mirabeau avec Des lettres de cachet et des prisons d'État (Hambourg, 1782) et Simon-Nicolas-Henri Linguet, Mémoires sur la Bastille (Londres, 1783).

Un historien qualifie la Bastille de « rendez-vous des intellectuels »[32] puisque s’y retrouvaient aussi bien Voltaire (par deux fois en 1717 et 1726) que des pamphlétaires comme Linguet ou Brissot, victimes de la censure. Cette mauvaise réputation de la Bastille qui a commencé dès avant la Révolution, est remise en cause par certains historiens du XIXe siècle, tel Frantz Funck-Brentano[33], qui, par opposition à la tradition jacobine, ne craignent pas de parler « des égards, du confort, des bons soins » de cette prison[34].

C’était aussi un gouffre financier pour Louis XVI, en raison à la fois du traitement du gouverneur d’environ 60 000 livres mais aussi de l’entretien du personnel, nombreux, ou de la nourriture. Necker, qui avait déjà fermé le donjon de Vincennes, souhaitait la faire abattre dès 1784[réf. nécessaire]. Au milieu des années 1780, les urbanistes du roi envisagent sa destruction en vue de permettre l'aménagement d'une place avenante près du quartier Saint-Antoine[35].

Le peuple ne craint plus ce bâtiment en 1789[16], mais les