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Bieuzy

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Bieuzy
Bieuzy
Façade de la chapelle Saint-Gildas.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Intercommunalité Centre Morbihan Communauté
Statut Commune déléguée
Maire délégué Alain L'Aigle
Code postal 56310
Code commune 56016
Démographie
Gentilé Bieuzyate
Population 771 hab. (2016 en évolution de +2,12 % par rapport à 2011)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 00″ nord, 3° 03′ 46″ ouest
Altitude 90 m
Min. 37 m
Max. 176 m
Superficie 18,98 km2
Élections
Départementales Pontivy
Historique
Fusion
Intégrée à Pluméliau-Bieuzy
Localisation
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Bieuzy

Bieuzy [bjøzi] (aussi appelée Bieuzy-les-Eaux pour la distinguer de Bieuzy-Lanvaux ancienne trève de Pluvigner) est une ancienne commune française située dans le département du Morbihan, en Bretagne, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Pluméliau-Bieuzy.

Géographie

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Relief et hydrographie

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Bieuzy présente un paysage vallonné dont le points les plus hauts se trouvent dans la partie nord de la commune : 176 mètres au sud de Kerrault, 167 mètres au Bois de Sapin, 160 mètres près de Saint-Samson ; les points les plus bas sont dans la vallée du Blavet (à 48 mètres à son entrée dans la commune et à 37 mètres à sa sortie). Le bourg est vers 100 mètres d'altitude.

À l'ouest le Houé, dit aussi "ruisseau de Bieuzy", affluent de rive droite du Blavet, sépare Bieuzy de Melrand.

Le méandre de Castennec

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Vue depuis le belvédère de Castennec.

Commune avec un riche passé historique, Bieuzy nous offre une vue panoramique au belvédère de Castennec (la presqu'île de Castennec, curiosité géographique formée d'une presqu'île abrupte qu'enserre le Blavet par un méandre large puis très resserré.un lobe convexe de méandre du Blavet, a environ 1 200 de long sur 600 mètres de large), un ancien camp romain où passait la voie romaine de Darioritum (Vannes) à Vorgium (Carhaix-Plouguer).

Communes limitrophes

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Carte de la commune de Bieuzy-les-Eaux.





La ligne ferroviaire d'Auray à Pontivy traverse le tunnel le méandre de Castennec, franchissant à deux reprises le Blavet, en amont et en aval de ce méandre. Bieuzy ne disposait pas de gare sur son territoire, mais était desservi par la gare de Saint-Nicolas-des-Eaux.

Le Blavet est canalisé et reste ouvert à la navigation touristique, mais les falaises de rive droite, côté Bieuzy, escarpées et boisées, ont empêché son utilisation au profit de la commune, sauf pour le camping de la Couarde situé à l'extrémité du méandre de Castennec. Les maisons éclusières et le chemin de halage sont côté Pluméliau, où se trouve aussi le port fluvial de Saint-Nicolas-des-Eaux.

Le territoire de cette ancienne commune est traversé par la D 1 venant de Locminé et Remungol, qui traverse le Blavet à Saint-Nicolas-des-Eaux, et continue son tracé en direction de Bieuzy et Guern. Le bourg, assez isolé, est seulement desservi par la D 156 et des routes secondaires.

La localité est attestée sous les formes sancti Bilci (par., villa, fons, eccl.) en 1118-1128[1], Sanctus Bilci en 1125, Beuzi en 1288[2], Beuzi en 1288, Beusi en 1314, Biuzi et Biuzy vers 1330, Beusy en 1373, Beusi en 1378 et en 1387, Beuzi en 1427 et en 1514, Beusy en 1516, Buzy en 1536, Buzic [=Buzie ?] en 1630, Buzjc [=Buzie ?] au XVIIe siècle, Bieuzye en 1694, Bieuzie en 1699, Bieuzy en 1760, Bieuzi en 1771 et Bieuzy en 1828[1].

La paroisse était aussi appelée « Saint-Bilce »[réf. nécessaire].

Le nom breton de la commune est Bizhui[3].

Le toponyme Bieuzy vient du nom de saint Bieuzy[4], dit aussi saint Bilce[réf. nécessaire], fêté le , Bieuzi en breton moderne, provenant probablement du vieux breton biu, bihui[5] avec le sens de « vivant »[4].

Le gentilé est Bieuzyates en français. En breton, le nom des habitants est Bieuzhiz au masculin (singulier : Bieuzhiad) et Bieuzhiadezed au féminin (singulier : Bieuzhiadez)[6].

Préhistoire

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Le dolmen de Kermabon se trouve dans la partie centrale de la commune. Un peulven existait encore vers le milieu du XIXe siècle sur les bords du Blavet[7].

Antiquité : Castennec (Sulim)

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Le site boisé de Castennec, ancien oppidum.
Article du journal La Dépêche de Brest et de l'Ouest relatant la découverte d'urnes cinéraires d'époque gallo-romaine à Bieuzy en 1933.

Le site du Castennec (Castel-Noëc) correspond à un ancien oppidum gaulois devenu par la suite un camp romain, nommé Coarda ou Guarda, puis une cité connue sous le nom de Sulim (nom indiqué sur la Table de Peutinger), en l'honneur de la déesse solaire Sulis qui y était honorée[Note 1].

Cette ville connaît un essor notable en raison de sa situation sur la voie romaine précitée qui venait de Darioritum en passant par Colpo et Guénin, qui entre dans Pluméliau près du hameau de Talforest, traverse les villages de Ty-Avel et Kermaniec, et traverse le Blavet à Saint-Nicolas-des-Eaux « sur un pont fort ancien et fort délabré qui a été démoli il y a peu de temps » écrit un auteur non identifié en 1847. La voie franchit la colline de Castennec sur son côté oriental par une pente assez douce, et poursuit vers le village de la Motte, passant ensuite au nord de Bieuzy[8].

Une autre voie venant de Tours et d'Angers et allant jusqu'à l'Aber-Wrac'h, passait par Rieux, Castennec, Vorgium (Carhaix)[9].

Origines au Moyen Âge : saint Gildas et saint Bieuzy

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Statue de saint Bieuzy avec ses attributs, l'évangile, la palme du martyre et le crâne fendu par un coutelas.

Bieuzy, saint fêté le , est un disciple de saint Gildas, les deux missionnaires gallois et écossais séjournant selon la légende en 538 dans une grotte située sur les bords du Blavet (saint Gildas avait fondé auparavant le monastère de Saint-Gildas-de-Rhuys).

Saint Gildas remonta la vallée du Blavet avec son compagnon Saint Bieuzy. Ils s'installent dans un ermitage constitué d'une grotte creusée dans un amas de rochers de plus de 50 mètres de hauteur sur la rive droite du Blavet, au pied de la colline de Castennec, et y construisent un oratoire. Dans les ruines du temple romain dédié à Sulis, Gildas trouve une idole sculptée ; il démolit ce qui reste du temple et construit avec ces pierres une chapelle. Une autre chapelle est construite au lieu-dit « La Couarde » avec les pierres de l'ancien camp romain[8].

Cet ermitage, implanté pour christianiser le peuple breton, est devenu au XVe siècle la chapelle Saint-Gildas. Saint Bieuzy se charge plus particulièrement de l'instruction des habitants du pays et donna naissance à un centre paroissial. Le recteur Bieuzy laisse plus tard le nom au village. Selon l'hagiographe Guy Autret de Missirien, saint Bieuzy est l'auteur d'un curieux miracle. Vers 570, un valet lui demande d'interrompre sa messe pour aller guérir la meute des chiens de son seigneur atteinte de rage mais Bieuzy refuse. Le seigneur breton furieux vient lui fendre le crâne avec un glaive (une hache, couteau ou coutelas selon les versions de la légende), le coup étant si violent que l'outil y reste planté. Bieuzy aurait trouvé la force de parcourir à pied 80 kilomètres pour se rendre à l'abbaye de Rhuys où il meurt sous la bénédiction de son maître saint Gildas. La légende raconte aussi que le seigneur de retour chez lui trouve tous ses animaux (chevaux, animaux de ferme) enragés et que les chiens mordent à mort le tyran et ses serviteurs[10].

Les prieurés de Castennec et des environs et les Rohan

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Les invasions normandes firent disparaître les établissements créés par Gildas et Bieuzy.

En 1066 des moines de l'abbaye Saint-Florent de Saumur fondent un prieuré et une aumônerie de lépreux, dénommés Saint-Nicolas-du-Blavet, sur la rive gauche du Blavet, face à Castel-Noec [Castennec] (ce prieuré ferme en 1203 car il n'y restait qu'un moine). En 1120, Alain du Porhoët, qui a reçu en apanage la partie ouest du Porhoët , construit une forteresse féodale à Castel-Noëc[11], qu'il dénomme "Roc'han"[Note 2]. Mais dès 1228, Alain transporte le siège de la seigneurie sur l'Oust, à Rohan, même le territoire resta sous l'emprise des Rohan jusqu'à la Révolution française[12].

En 1124 ce même Alain du Porhoët (qui se fait désormais appeler Alain Ier de Rohan, fait don de la presqu'île de Castennec aux moines de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, lesquels y créent un prieuré (abandonné au XVe siècle) et une chapelle sous le vocable de Notre-Dame-de-la-Couarde et une nouvelle paroisse est créée, englobant Castennec.

Un troisième prieuré est créé par les moines de Saint-Gildas de Rhuys à proximité de l'ancien ermitage de saint Gildas, son prieur s'installant au Prioldy ("maison du prieur" en breton). Ils reconstruisent la chapelle fondée naguère par Saint Gildas[8].

Selon un aveu de 1471, Bieuzy était au sein de la Vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan ; Castennec (alors dénommé Châteaumoix) en faisait également partie[13].

Au début du XVIe siècle Jean II de Rohan fait don des ruines du château féodal au seigneur de Rimaison, lequel fait construire une chapelle dédiée à la Trinité à l'emplacement de l'ancienne église paroissiale de Castennec et un nouveau château, le château de Rimaison[8], peut-être en 1579, par Michel de Rimaison, lequel est décédé vers 1587[14].

La seigneurie de Rimaison appartenait en 1426 à Eon de Rimaison, puis à ses héritiers (par exemple à Michel de Rimaison en 1530, à Jacques de Rimaison en 1570, et à Louis de Rimaison en 1593 ; elle passa ensuite aux mains de la famille de Kergorlay, puis à celle de Cleuz[15].

La Vénus de Quinipily

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Le prieuré de la Couarde est ruiné au XVIIe siècle, mais la statue antique (probablement celle enfouie par Saint Gildas, qui aurait été exhumée) qui s'y dressait faisait l'objet de pratiques superstitieuse païennes[8].

« Une statue d'origine orientale dominait une boucle du Blavet à Bieuzy-les-Eaux. Pour les contemporains, c'était une Vénus et son culte impliquait peut-être de s'accoupler auprès d'elle pour guérir une stérilité. En 1661, l'évêque de Vannes obtint que le comte Claude de Lannion[Note 3], seigneur de Quinipily, la fit jeter dans la rivière. Trois ans plus tard elle est remise en place. En 1670, l'évêque envoie des ouvriers la détruire. Craintivement superstitieux, ils se contentent de la jeter à nouveau dans le Blavet après avoir entaillé un bras et un sein. Vers 1696, un seigneur de Baud la fait retailler et installe dans le parc de son château cette Vénus de Quinipily qu'on y voit encore aujourd'hui »[16].

Jean-Baptiste Ogée écrit en 1778 :

« Dans cette paroisse [Bieuzy], sur la rivière de Blavet, on voit les vestiges d'un ancien temple consacré à Vénus. C'est parmi les ruines de ce temple qu'on trouva la statue gigantesque qu'on voit aujourd'hui dans la cour du château de Quinipili. Les habitants de la campagne avaient tant de vénération pour elle, qu'ils lui rendaient le culte le plus assidu. Les Évêques, voulant abolir ces criminelles pratiques, prièrent, dans le seizième siècle, le Seigneur de Lannion, gouverneur des villes de Vannes et d'Auray, de la faire transporter à son château de Quinipili. Ce Seigneur, à qui elle n'appartenait pas, l'acheta du possesseur, et envoya ses vassaux la chercher. Ceux-ci trouvèrent, en arrivant au temple, une troupe de paysans qui s'opposèrent violemment à l'enlèvement de cette idole. Il fallut en venir aux mains pour décider laquelle des deux parites la posséderait. La victoire demeura à ceux de Quinipili, qui transportèrent cette statue au château de leur Seigneur, où elle fut placée dans la cour. Les gens de la campagne étaient si persuadés de sa puissance, qu'ils allaient en secret lui rendre leurs hommages, et lui faire des offrandes, à Quinipili. Il n'y a pas encore cinq ans qu'on trova des pièces de monnaie dans une espèce de bassin qui est devant elle. Si l'on fait attention à sa grosseur et à son poids, on a peine à concevoir comment on a pu la transporter où elle est actuellement. Cette statue a causé entre les maisons de Lannion et de Rohan un procès dont on ignore la décision[17]. »

La paroisse de Bieuzy sous l'Ancien Régime

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Cette paroisse très ancienne est nommée pour la première fois en 1125 sous le nom de Saint-Bilci. Selon A. Marteville et P. Varin, Bieuzy aurait été d'abord une trève de Melrand et aurait porté le nom de Notre-Dame-de-Bonne-Fontaine[7]. La liste de ses recteurs est disponible sur un site Internet[18].

La famille de Rimaison a laissé de nombreuses traces architecturales à Bieuzy : les vestiges témoignent de la richesse du château lors de sa construction au XVIe siècle et plusieurs fermes, souvent à étage, situées dans le voisinage, qui en étaient des métairies, également (le Couedo, le Divot, Kerroc'h), ainsi que le moulin de Rimaison. Michel de Rimaison fit aussi de nombreuses donations aux édifices religieux avoisinants[12].

Des manoirs ont également existé dans la paroisse (Kertanguy, Kerautum, Kerguen), mais ils ont disparu depuis longtemps.

Le XVIIe siècle

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Le recteur de Bieuzy relate une crue dévastatrice qui eut lieu le et emporta la plupart des ponts enjambant le Blavet.

« Le 24ème jour d'octobre 1642 au soir, il fit une si grande pluie toute la nuit que tous les ponts sur le Blavet furent tous couverts et presque tous emportés par ce débordement d'eau ; c'était pitié de voir la grosse pluie qui se faisait continuellement jour et nuit de sorte qu'il arriva de grandes pertes sur la rivière Blavet[19]. »

Le XVIIIe siècle

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Les bornes milliaires de Castennec (disparues depuis) : gravure publiée en 1812 par Armand Maudet de Penhouet.

En 1732 le recteur de Bieuzy devint propriétaire du prieuré et de la chapelle de la Couarde.

Selon Jean-Baptiste Ogée, qui écrit en 1778, « les habitants du village de Castennec, dans le territoire de la paroisse de Bieuzi, ont des franchises, mais, en reconnaissance », ils continuent « chaque année, d'apporter au château de Pontivi, la veille du Premier Mai, une tête de chevreau, dans un plat qui doit être d'argent ». Cette coutume était déjà évoquée dans un aveu de 1682.

Bieuzy en 1789 (Carte de Cassini).

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Bieuzy en 1778 :

« Bieuzi ; sur une hauteur, à 8 lieues et demie au Nord-Nord-Ouest de Vannes, son évêché ; à 21 lieues un quart de Rennes et à 3 lieues de Pontivi, sa