Maison Bonaparte
| Type | Maison impériale |
|---|---|
| Pays |
|
| Titres |
Empereur des Français Roi d'Italie Roi d'Espagne Roi de Naples Roi de Hollande Roi de Westphalie Grande-duchesse de Toscane |
| Chef actuel | Jean-Christophe Napoléon |
| Fondation |
Proclamation du premier Empire Napoléon Ier |
| Déposition |
[1] Proclamation de la IIIe République le 4 septembre 1870 Napoléon III |
La maison impériale de France est la dynastie impériale française et ses branches collatérales ayant régné sur la France durant les Premier (1804-1814) et Second Empires (1852-1870). Elle est issue de la famille Bonaparte, une famille patricienne corse originaire d'Italie de Sarzana, reconnue noble en France sous l'Ancien Régime et devenue maison impériale à la suite de l'élévation de Napoléon Bonaparte à la dignité d'empereur des Français le . Trois de ses membres ont régné sur la France : le fondateur de la dynastie Napoléon Ier (de 1804 à 1814, puis en 1815), en théorie son fils Napoléon II (en 1815), et son neveu Napoléon III (de 1852 à 1870, après avoir été le premier président de la République française, de 1848 à 1852, sous le nom de Louis-Napoléon Bonaparte).
La maison Bonaparte a également régné sur plusieurs pays européens au cours du Premier Empire, dans le cadre de la politique familiale de Napoléon Ier comme c'est le cas de l'Italie (Napoléon Ier, de 1805 à 1814), de Naples (Joseph Bonaparte, de 1806 à 1808), de l'Espagne (Joseph Bonaparte, de 1808 à 1813), de la Hollande (Louis Bonaparte, de 1806 à 1810, et Louis-Napoléon II, en 1810), Lucques et Piombino (Élisa Bonaparte, de 1805 à 1814), de la Toscane (Élisa Bonaparte, de 1809 à 1814), et de la Westphalie (Jérôme Bonaparte, de 1807 à 1813).
Origines et histoire
[modifier | modifier le code]Analyse génétique de la lignée paternelle
[modifier | modifier le code]D'après une analyse génétique du docteur Gérard Lucotte, l'haplogroupe du chromosome Y (ADN-Y) de Napoléon Bonaparte est E1b1b1c (E-M34). Le chromosome Y se transmet uniquement par la lignée masculine : un père le transmet à ses fils[2]. Cet haplogroupe, rare en Europe, est surtout présent en Éthiopie et au Moyen-Orient (Jordaniens, Yéménites, Éthiopiens, etc.)[3]. Le résultat de cette analyse ouvre de nouvelles hypothèses concernant l'origine de la famille Bonaparte, dont de lointains ancêtres pourraient être natifs du Proche-Orient ou du Caucase[4].
Des racines Corses
[modifier | modifier le code]Gustave Chaix d'Est-Ange écrit en 1906 : « La famille Bonaparte, anciennement Buonaparte, appartenait avant la Révolution à la noblesse de l'île de Corse où elle vint des environs de Gênes s'établir vers la fin du XVe siècle. Il est peu de familles sur l'origine desquelles les historiens soient moins d'accord ; […]. Comme le fait remarquer le comte Colonna de Cesari-Rocca dans son Armorial Corse, les noms de Bonaparte, Buonaparte, etc., furent portés en Italie au Moyen Âge par un grand nombre de familles appartenant aux situations sociales les plus variées[5]. » Trois principales familles originaires respectivement de San Miniato, Sarzana et Trévise[Notes 1],[6] ont porté ce nom mais il n'est pas possible de prouver un lien généalogique entre elles.
Gustave Chaix d'Est-Ange précise que, par un acte du , les Bonaparte de Corse se firent reconnaître officiellement parents par les Bonaparte de Florence, issus de ceux de San Miniato[5] : « Cette reconnaissance, étant antérieure à la grande fortune des Bonaparte de Corse, était assurément bien désintéressée de la part de ceux de Toscane. Toutefois, on ne doit y attacher qu'une importance relative ; on sait, en effet, combien les actes de ce genre, dictés uniquement d'ordinaire par la complaisance ou par la courtoisie, ont peu de valeur en matière généalogique quand ils ne sont pas appuyés sur des preuves sérieuses[5] ». Il précise : « Toutefois, leur point de jonction avec ceux de Toscane n'a pu encore être établi[5]. » Cette famille eut pour dernier représentant l'abbé Grégoire Bonaparte qui mourut en 1803 après avoir rencontré Napoléon Bonaparte et tenté en vain de convaincre ce dernier de favoriser la canonisation de son parent l'abbé Bonaventure Bonaparte[Notes 2],[7].
Gustave Chaix d'Est-Ange établit cependant un lien entre les Bonaparte de Corse et ceux de Sarzana, à la suite notamment des travaux du comte Colonna de Cesari-Rocca ; l'histoire des Bonaparte de Corse a ainsi pu être reconstituée et la filiation à peu près suivie depuis le XIIIe siècle à Sarzane, près de Gênes, et peut-être originaire du village de San Stefano où il existait une famille de notaires du nom Bonaparte[5].
Sur la famille Bonaparte, de Sarzane, il écrit : « La descendance de Janfald [Bonaparte] occupa à Sarzana un rang distingué sans que l'on puisse affirmer toutefois qu'elle ait appartenu à la noblesse ; le nom des Bonaparte de Sarzane ne figure pas, en tout cas, au Livre d'Or de Gênes[5]. »

Selon la généalogie de la famille Bonaparte, de Sarzane (1200-1567), donnée par Napoléon III aux Archives nationales le , c'est de cette famille remontant à la fin du XIIe siècle que sont issus les Bonaparte de Corse[8],[Notes 3]. Le membre le plus ancien de la lignée est Gianfaldo, patricien de Sarzane, qui a vécu dans cette ville entre 1180 et 1200 et a prêté serment à l'évêque de Luni en 1219 ou 1229[9]. Le , Giovanni Bonaparte, notaire, maire de Sarzane, commissaire de Giovanni Maria Visconti en 1408 pour la Lunigiana, épouse à Lucques Isabella Calandrini, fille de Federico Calandrini, officier de la Porte San Donato, et de Maddalena de' Griffi. Isabella Calandrini est la cousine du cardinal Filippo Calandrini[10], demi-frère du pape Nicolas V[Notes 4].
La famille Bonaparte en Corse
[modifier | modifier le code]Avec Francesco Bonaparte, la famille s'implante dès la fin du XVe siècle en Corse et plus précisément à Ajaccio[5],