Fourrier

Le grade militaire de fourrier est attribué au chargé de l'intendance. Le terme vient de fourrage. Il existe aussi des sergent fourrier voire caporal fourrier.
Historique
[modifier | modifier le code]Initialement, le fourrier est un sous-officier de cavalerie chargé spécialement des écuries.
Caporal-fourrier ou sergent-fourrier sont des grades aujourd'hui disparus, mais l'appellation demeure en tant que fonction.
Le terme fourrier est encore employé dans l'armée suisse.
Dans l'armée française, le terme fourrier est encore employé et désigne en général un caporal-chef ou caporal-chef de premiÚre classe, il est le responsable de la fourre, c'est-à -dire d'un local de rangement pour divers matériels collectifs utilisés généralement pour la vie en campagne ou des activités spéciales.
Le personnel de la spécialité de fourrier est l'équivalent d'un comptable civil.
Pays
[modifier | modifier le code]Armée suisse
[modifier | modifier le code]Marine nationale française
[modifier | modifier le code]Dans la Marine nationale française, les fourriers étaient chargés de tout ce qui touchait aux dépenses publiques (soldes, gestion du matériel, vivres, frais de déplacements...). De par leurs formation et savoir-faire, ils étaient considérés comme les meilleurs comptables dans les armées. Ils étaient formés à Rochefort et Querqueville[1],[2].
AprÚs plusieurs siÚcles d'existence, la Marine a supprimé la spécialité de fourrier en 2010. La plupart des fourriers ont été convertis en spécialité de comptables logisticiens ou gestionnaires de ressources humaines[3].
Les fourriers étaient reconnaissables à un insigne d'une bande dorée sur chaque bras de leur vareuse ou veste. Ils étaient les seuls à avoir conservé cette marque de distinction de l'empire napoléonien.
Le terme fourrier remonterait à 1534. Il s'agit alors du chargé du fourrage et du logement de la troupe, véritable homme de confiance du capitaine de compagnie. C'est donc un terme terrien qui fera son entrée dans la marine en 1758 par le biais des corps d'infanterie et d'artillerie de la Marine sous Choiseul qui cumule alors les fonctions de Secrétaire d'état de la Marine et de la Guerre, longtemps séparées. AprÚs plusieurs éclipses, le terme de fourrier réapparaßt définitivement en 1832. Il est alors chargé des «écritures» et de la comptabilité à bord des bateaux.
Les fourriers de la Marine ont conservé comme insigne distinctif un large galon d'or, identique à celui que portaient les fourriers de l'Empire.
Fourriers célÚbres
[modifier | modifier le code]- Jean-Baptiste Bernadotte a été fourrier du au  ; il continuera de monter en grade et devient maréchal d'Empire le  ; il devient roi de SuÚde sous le nom Charles XIV Jean le au décÚs de son pÚre adoptif Charles XIII de SuÚde.
- Guillaume Apollinaire a exercé la fonction de brigadier-fourrier pendant la PremiÚre Guerre mondiale, en 1915.
- Samuel de Champlain était d'abord fourrier, « aide » de Jean Hardy (qui est le maréchal des logis).
- Nicolas Baudin, fourrier, marin, capitaine, cartographe et explorateur français du XVIIIe siÚcle.
- Ătienne BĂ©niton, dit le capitaine Gervais, a exercĂ© cette fonction pendant les guerres napolĂ©oniennes et dĂ©crit en dĂ©tail son rĂŽle dans ses mĂ©moires.
- Frédéric Bazille, peintre pré-impressionniste, originaire de Montpellier, fut sergent-fourrier durant la guerre de 1870.
- Michel Pacha a commencé sa carriÚre comme fourrier.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Guillaume Apollinaire, Tendre comme un souvenir (correspondance entre Apollinaire et Madeleine PagĂšs), Gallimard, (ISBNÂ 9782072259449).
