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François Boucher

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François Boucher
Gustaf Lundberg, Portrait de François Boucher (1741),
pastel, Paris, musée du Louvre.
Naissance
Décès
(à 66 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Maîtres
Lieux de travail
Paris (-), Italie (-), Pays-Bas septentrionaux (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Mécène
Influencé par
Conjoint
Enfants
Jeanne-Élisabeth Victoire Deshays (d)
Juste-Nathan François Boucher
Marie-Émilie Boucher (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Premier prix de l'Académie royale 1723, agréé peintre d'Histoire en 1731
Œuvres principales
signature de François Boucher
Signature.

François Boucher, né le à Paris où il est mort le , est un peintre, dessinateur, graveur et décorateur français, représentatif du style rocaille.

Maître particulièrement prolifique[1], Boucher a abordé tous les genres : peinture religieuse, sujets mythologiques, scènes rustiques, paysages, animaux, décorations de monuments et de maisons particulières, modèles de tapisserie. C’est peut-être le plus célèbre peintre et artiste décoratif du XVIIIe siècle, dont on a pu dire qu’il était l’un des génies les plus purs. Il estime lui-même, un an avant sa mort, avoir produit plus de dix mille dessins[n 1]. Il devient peintre de la cour de Louis XV, puis celui de Madame de Pompadour, dont il a peint plusieurs portraits et qui en fait son protégé. Sa carrière atteint son apogée lorsqu'il est nommé Premier peintre du Roi et directeur de l'Académie de peinture en 1765. Boucher a consacré beaucoup de son temps à des tableaux qui relèvent de genres mineurs, comme le paysage ou les pastorales galantes et rustiques, essentiellement destinés à la décoration intérieure[n 2], ce qui explique cette reconnaissance tardive.

Fils unique d’Élisabeth Lemesle et de Nicolas Boucher, maître peintre et dessinateur de l’Académie de Saint-Luc, il reçoit les premières leçons de son père[2], mais il montrait de telles dispositions que celui-ci décida de le faire travailler sous une direction plus qualifiée que la sienne[1].

Vers 1720, à l'âge de 17 ans, il entre dans l’atelier de Lemoyne qui l’initie aux secrets de la peinture décorative et des grandes scènes mythologiques, dans lesquelles il est spécialisé[3],[n 3]. Il ne resta que quelques mois dans cet atelier de Lemoyne[4].

Pour se procurer les ressources nécessaires pour vivre, il doit accepter des travaux de dessin du graveur et éditeur Jean-François Cars[3], pour lequel il produit ses premières gravures d’illustration[5], des titres de thèse, des images religieuses et des dessins pour l’illustration de livres de piété[6] pour lesquelles il reçoit 60 livres par mois, non compris le logement et la table[1]. Il se lie avec le fils de son employeur, Laurent Cars, à peu près de son âge[3]. En 1721, il dessine des illustrations de livres pour Cars, et commence à pratiquer l’art de la gravure. Ses premiers essais décident le collectionneur Jean de Jullienne à lui passer commandes de gravures d'après Watteau.

Cette période de son apprentissage est des plus profitables à Boucher qui trouve dans les œuvres de Watteau, qui vient de mourir, en 1722, tous les éléments de sa propre inspiration[6],[n 4]. Les 24 livres par jour que lui donne, à cette époque, Jullienne pour prix de son travail lui font la vie assez facile mais, très épris de son art, il veut entrer à I‘Académie et s’efforce de perfectionner sa technique, travaillant à la fois le dessin, la gravure et la peinture[1].

Il se forme également auprès de Sebastiano Ricci et Giovanni Antonio Pellegrini, actifs à Paris dans les années 1720[7].

En 1723, il concourt au prix de l’Académie de peinture, dont le sujet est « Evilmérodach, fils et successeur de Nabuchodonosor, délivré des chaines dans lesquelles son père le retenait depuis longtemps ». Il remporte le premier prix[6],[1]. Âgé d’à peine vingt ans, il ne possède pas encore la faveur dont il jouira plus tard et l’opposition du duc d’Antin, directeur général des bâtiments, l’empêche d’obtenir son envoi à Rome comme pensionnaire du roi[1]. En attendant qu’une pension puisse lui être attribuée pour l’Académie de France à Rome, il continue à graver pour Jullienne[6]. En 1725, il expose pour la première fois, quelques tableaux à l'Exposition de la Jeunesse de la place Dauphine[8].

Séjour à Rome

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Deux ans plus tard, en 1727, ayant réuni quelque argent, et grâce à la générosité d’un tiers, il part pour Rome, comme élève libre, en compagnie de Carle Van Loo et de ses neveux François et Louis[8]. Au début de , le directeur de l’école de Rome, Nicolas Vleughels, signale leur arrivée à Rome au duc d’Antin, ajoutant : « Il y a encore un nommé Boucher, garçon simple et de beaucoup de mérite ; presque hors de la maison, il y avait encore un petit trou de chambre ; je l’ay fourré là […] Il est vrai que ce n’est qu’un trou, mais il est à couvert[8]. » À peine arrivé, Boucher se met au travail, et, dès le , le directeur signale son assiduité[8]. En l’absence de dessins ou de tableaux que l’on puisse sûrement dater, à l’exception de quelques eaux-fortes gravées plus tard d’après ses études faites à Rome, il est impossible de retracer les étapes du séjour de Boucher en Italie, qui lui est néanmoins plus profitable que n’ont bien voulu le dire les détracteurs du rococo et partant, du style de Boucher.

Après un séjour de près de quatre années en Italie, il rentre à Paris, à la fin de 1731, ayant beaucoup travaillé et acquis une maîtrise qui frappe Vleughels[8], qui écrit à son sujet, dans une lettre du  : « C. Vanloo est un habile homme, et il n’est jamais sorti de l’Académie de meilleur sujet, si ce n’est un pauvre garçon qui, sous votre bon plaisir, resta quelques années à l’Académie, et qui est retourné à Paris très habile[9]. » Et dans une autre lettre, datée du de cette même année, il le place, avec les Van Loo, Natoire et Bouchardon, au rang des meilleurs élèves de l’Académie[10].

Les honneurs

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Renaud et Armide (1732), Paris, musée du Louvre.

Agréé dès son retour à l’Académie royale de peinture et de sculpture, le , il devient immédiatement le peintre mondain, le portraitiste semi-officiel des femmes à la mode, épouses ou maîtresses des financiers, gagnant une fortune rapide et un renom considérable[1].

Alexandre Roslin, Portrait de Marie-Jeanne Buzeau, épouse de Boucher (1761), Munich, château Nymphenburg[11].

Les commandes commencent à affluer, et c’est de 1732 que date la réalisation de Renaud et Armide, inspiré de la Jérusalem délivrée du Tasse[10], où le modèle de la blonde Armide est Marie-Jeanne Buseau, la jeune fille de 17 ans qu’il épousera le [n 5]. Au dire de ses contemporains, Marie-Jeanne est remarquablement jolie, et Boucher semble s’en être souvent inspiré dans ses créations de jeunes beautés radieuses et triomphantes. Elle pose également pour d'autres peintres de leur entourage, La Tour expose son portrait à son premier Salon en 1737, Lundberg fait d’elle un pastel paru au Salon de 1743, le peintre suédois Roslin expose son portrait au Salon de 1761, et Gabriel de Saint-Aubin en fait un croquis en marge de son exemplaire du Livret. De ce mariage naissent trois enfants[n 6], dont les deux filles épousent, le à Saint-Germain-l'Auxerrois[12], les peintres Baudouin et Deshays[13]. Marie-Jeanne Boucher travaille avec son mari, grave quelques-uns de ses dessins, et reproduit en miniature plusieurs de ses tableaux[14],[n 7].

Le , il est reçu comme peintre d'histoire, à l’Académie royale sur présentation de son tableau de 1732, Renaud et Armide, aujourd’hui conservé au Louvre, et Oudry, à la direction de la Manufacture de Beauvais depuis 1734, l’appelle auprès de lui et lui demande plusieurs modèles au goût du jour[15]. Le , il est nommé, avec Carle Van Loo et Natoire, adjoint à professeur de l'Académie[15].

Même s'il a été marqué par le style du peintre Lemoyne, Boucher trouve vers 1736 son style propre en devenant, en peinture, le maître incontesté du style rocaille[16]. Avec ses toiles principalement destinées à la décoration intérieure des demeure de la haute société parisienne (aristocratie et grande bourgeoisie), constituant des paires ou des séries[17],[18], il devient le peintre à la mode. Il obtient en 1745 la faveur de Madame de Pompadour[n 8] dont il fera à plusieurs reprises, le portrait et composera pour elle ses œuvres les plus raffinées dans les années 1750, ainsi que des décors pour son château de Bellevue et pour son boudoir de Crécy. Il travaille également pour de hauts personnages de la cour, comme le duc de Penthièvre[n 9] ou pour des souverains étrangers (Le Triomphe de Vénus en 1740 pour le roi de Suède ; La Modiste[n 10]). Il est un grand ami du général Montmorency.

Mars et Vénus (vers 1754), Londres, Wallace Collection.

Membre de la célèbre goguette de la Société du Caveau, il y apporte souvent ses dessins pour les montrer. Ceux-ci, parfois, inspirent aux convives des sujets de chansons. Charles Pinot Duclos fait le pari de s'inspirer, pour écrire, d'estampes réalisées pour illustrer un texte de Tessin : Faunillane ou l’Infante jaune. Il compose alors le conte féerique Acajou et Zirphile[n 11].

Une série de quatre panneaux représentant les éléments, lui est commandée pour les portes du château de La Muette, pavillon de chasse de Louis XV. Il a exécuté seulement l'eau Arion et le dauphin, à l'Université de Princeton, et la terre Vertumne et Pomone, au musée d'art de Columbus. Il n'y a aucune preuve qu'il ait réalisé l'Air et le Feu.

À la mort d'Oudry, en 1755, il reprend sa charge d'inspecteur à la Manufacture des Gobelins mais ne travaillera plus pour Beauvais. Il y livre d'importantes séries de cartons, qui connaîtront le même succès. En 1765, il succède à Carle Van Loo comme Premier peintre de Louis XV. Travaillant avec une extrême facilité, il se vante d'avoir gagné jusqu'à 50 000 francs par an. Il participe à la décoration des châteaux de Versailles et de Fontainebleau, à celle du cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale (1741-1746).

L'Audience de l'empereur de Chine (1742), Besançon, Musées des Beaux-Arts et d'Archéologie.

Il invente des décors pour le théâtre et l'opéra et donne aussi de nombreux modèles à la manufacture de Vincennes de 1750 à 1755 puis à la manufacture royale de Sèvres, essentiellement entre 1757 et 1767. Ses figures d'enfants, dits Enfants Boucher sont traduites sous forme de motifs peints ou de biscuits et également de petites pièces de tapisseries destinées à l'ameublement.

Fin de carrière

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Son style passe de mode avec l'arrivée du néoclassicisme vers 1760. Jusqu'à sa mort, en 1770, Boucher garde son style et expose ses œuvres au Salon, excepté lors de l'édition 1767.

Le jeune Jacques-Louis David est présenté à Boucher, qui est un cousin éloigné de sa mère, pour devenir son élève, mais celui-ci préfère le confier à Joseph-Marie Vien. Son fils Juste-Nathan Boucher est architecte et peintre d'ornement.

L'inventeur des Chinoiseries

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Femme allongée sur son divan (1743, Frick Collection. New York).
Détail de la chinoiserie dans Femme allongée, un poussah et une théière en porcelaine.
Détail d'un dessin de François Boucher en laque chinoise sur une commode estampillée Roussel vers 1740, Musée de Besançon.

Associé avec le marchand d'art Edme-François Gersaint, François Boucher est l'introducteur du goût pour les chinoiseries, des objets et des artéfacts venant de Chine, du Japon ou du royaume de Siam. Certains de ses objets apparaissent en second plan dans ses tableaux comme La Toilette, (1742, musée Thyssen-Bornemisza, Madrid) ou Femme allongée au divan (The Frick Collection, New York). Sa collection est cataloguée en 700 lots et dispersée lors de la vente après son décès. Il réalise des dessins sur ces sujets, comme Le Jeu d'échecs chinois et, en 1742, il produit dix tableaux, des huiles sur toile, pour la série dite de la « Tenture chinoise » pour la manufacture nationale de Beauvais. Celle-ci comprend La Chasse chinoise, La Danse chinoise, Le Jardin chinois, ou encore Le Mariage chinois. Six cartons sont choisis par Jean-Baptiste Oudry pour être réalisés, les mises au format sont exécutées par le peintre Jean-Joseph Dumons. Au total 47 tapisseries seront réalisées en haute-lisse entre 1743 et 1776, cinq suites pour Louis XV et, en 1766 une des tentures est envoyée en cadeau à l'empereur de Chine Qianlong. Si François Boucher arrête de peindre des objets chinois dans ses tableaux après 1745, il continue à en acheter[19].

Opinions critiques

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Denis Diderot commente les tableaux de Boucher dans ses Salons publiés à l'époque dans la Correspondance littéraire de Grimm. La conclusion du passage sur la Nativité de Boucher résume l'ambiguïté du jugement de l'auteur « […] faux […] ridicule […] Je ne serais pas fâché d'avoir ce tableau. Toutes les fois que vous viendriez chez moi, vous en diriez du mal, mais vous le regarderiez (p. 44) ». En 1761, même admiration et même réprobation : « Quelles couleurs ! quelle variété ! quelle richesse d'objets et d'idées ! Cet homme a tout, excepté la vérité ». […] Il est fait pour tourner la tête à deux sortes de gens ; son élégance, sa mignardise, sa galanterie romanesque, sa coquetterie, son goût, sa facilité, sa variété, son éclat, ses carnations fardées, sa débauche, doivent captiver les petits-maîtres, les petites femmes, les jeunes gens, les gens du monde, la foule de ceux qui sont étrangers au vrai goût, à la vérité, aux idées justes, à la sévérité de l'art ; comment résisteraient-ils au saillant, au libertinage, à l'éclat, aux pompons, aux tétons, aux fesses, à l'épigramme de Boucher. Les artistes qui voient jusqu'où cet homme a surmonté les difficultés de la peinture et pour qui c'est tout que ce mérite qui n'est guère bien connu que d'eux fléchissent le genou devant lui. C'est leur dieu. Les autres n'en font nul cas[20][source secondaire nécessaire].

L'école de David

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Pour Delécluze, élève de David, « Boucher […] était un peintre de talent, dont le goût fut perverti par celui qui régnait de son temps. Jamais les doctrines de l'art n'ont été plus faussées que pendant la vogue dont jouit Boucher pendant sa longue existence[21]. » Cette opinion négative est affichée par toute l'école de David, dont le biographe, Miette de Villars, écrit « Boucher était le créateur d'une école qui a corrompu le goût[22] ». L'opinion du maître lui-même, telle que rapportée par Hivert, était plus nuancée, bien qu'il ait réprouvé tant les sujets que leur traitement : « N'est pas un Boucher qui veut, disait dans ses moments de bonne humeur David[23] ».

La Passerelle (vers 1760), collection particulière.

Quand, au siècle suivant, le jeune Jean-François Millet découvre ses peintures dans les musées parisiens, il juge sévèrement les nus féminins de Boucher[source secondaire nécessaire] :

Moulin à Charenton (années 1750), musée des beaux-arts d'Orléans.
La Toilette intime (Une femme qui pisse) (années 1760), collection particulière.

« J'ai eu même de la répulsion très prononcée pour Boucher. Je voyais bien sa science, son talent, mais je ne pouvais comprendre ses sujets provocants et voir ses tristes femmes, sans songer combien tout cela était d'une pauvre nature. Boucher ne faisait pas des femmes nues, mais de petites créatures déshabillées : ce n'était pas la plantureuse exhibition des femmes de Titien, fières de leur beauté jusqu'à en faire parade, jusqu'à se montrer nues tant elles étaient sûres de leur puissance.

À cela il n'y a rien à répondre ; ce n'est pas chaste, mais c'est fort, c'est grand par l'attraction féminine, c'est de l'art, et du bon. Mais les pauvres dames de Boucher, leurs jambes fluettes, leurs pieds meurtris dans le soulier à talons, leur taille amincie sous le corset, leurs mains inutiles, leurs gorges exsangues, tout cela me repoussait.

Devant la Diane de Boucher, qu'on copie tant au musée, je me figurais voir des marquises de ce temps qu'il s'était amusé à peindre dans un but peu recommandable et qu'il avait déshabillées et placées lui-même dans son atelier transformé en paysage. Je me reportais à la Diane chasseresse des Antiques, si belle, si noble et de la plus haute distinction de formes. Boucher n'était qu'un entraîneur[24]. »

Les Goncourt

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Les Pèlerins d'Emmaüs (vers 1765), collection particulière.

Les frères Goncourt tentent d'arriver à un jugement équilibré, considérant le succès extraordinaire de Boucher et les objections de ses critiques. « Boucher est un de ces hommes qui signifient le goût d'un siècle, qui l'expriment, le personnifient et l'incarnent [p. 177] ». Malgré leur admiration, ils concluent[source secondaire nécessaire] : « Il est simplement un peintre original et grandement doué, à qui il a manqué une qualité supérieure, le signe de race des grands peintres : la distinction. Il a une manière et n'a pas de style. […] La vulgarité élégante, voilà la signature de Boucher. […] Pour tout dire et oser un terme de l'argot des ateliers qui peint un peu durement son talent : il est « canaille »[25] ».

Hercule et Omphale (1735), Moscou, musée des Beaux-Arts Pouchkine.
Portrait présumé de Marie-Louise O'Murphy (1752), Munich, Alte Pinakothek.

Boucher ne cherche pas à reproduire la réalité. C'est un peintre précieux et sensuel, utilisant des coloris brillants, des lignes serpentines et une profusion d'accessoires pittoresques. Sa prédilection pour les nus féminins lui vaut, de son vivant, le surnom de « peintre des Grâces ».

Il puise son inspiration dans l'univers poétique de la mythologie d'Ovide (L'Enlèvement d'Europe[n 12]) et des scènes pastorales. Il peint aussi des scènes de la vie familiale (Le Déjeuner[n 13], des paysages (Paysage près de Beauvais[n 14] ; Le Moulin[n 15]), des portraits et des tableaux religieux.

Voyage à Rome en 1727
Retour d'Italie fin 1731

Vers 1732-1734 il réalise une série de tableaux destinés à décorer la demeure de François Derbais, L'Enlèvement d'Europe conservé au musée de Picardie en est une esquisse[27].

L'année de son entrée à l'Académie, en 1734, il reçoit commande de quatre grisailles : La Charité, L’Abondance, La Fidélité, La Prudence, en place dans la chambre de la reine, au château de Versailles[13].

À la même époque, il peint plusieurs tableaux d’intérieurs du genre de ceux mis à la mode par Chardin, La Belle Cuisinière, gravé par Aveline, un Autoportrait dans son intérieur, sujet repris dans un autre tableau plus considérable, mais moins intime.

Maître du style rocaille