Aller au contenu

Henri Jacobs

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Henri Jacobs
Image illustrative de l'article Henri Jacobs
École Rodenbach
Présentation
Naissance
Saint-Josse-ten-Noode, Bruxelles, Belgique
DécÚs (à 70 ans)
Schaerbeek, Bruxelles, Belgique
Nationalité Drapeau de la Belgique Belgique
Mouvement Art nouveau
Activités Architecte
ƒuvre
RĂ©alisations École Josaphat
Centre scolaire du Souverain
École Rodenbach

Henri Jacobs est un architecte belge de la période Art nouveau, né à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) le et mort à Schaerbeek (Bruxelles) le .

Avec Henri Jacobs, l’école modĂšle entre de plain-pied dans l’Art nouveau, que l’on croit ordinairement rĂ©servĂ© aux riches propriĂ©taires d’hĂŽtels particuliers.

Le Foyer Schaerbeekois Rue L'Olivier (1905).

Signe prĂ©monitoire, Henri Jacobs est nĂ© le dans la maison voisine de l’école de Saint-Josse-ten-Noode dont son pĂšre Jean-François est directeur. La frĂ©quentation rĂ©guliĂšre du bureau d’architecture de son oncle, installĂ© rue de Liedekerke, n’est sans doute pas Ă©trangĂšre Ă  sa vocation. Émule de Victor Horta dont il est le contemporain, il est le seul architecte de la mouvance Art nouveau Ă  s’ĂȘtre consacrĂ© en prioritĂ© Ă  la construction d’écoles et de logements sociaux. InfluencĂ© par le mouvement laĂŻc et social de la fin du XIXe siĂšcle, il marque dans la pierre sa volontĂ© de participer Ă  un enseignement progressiste en rupture avec les conceptions architecturales de l’école traditionnelle. Ses prĂ©occupations tendent de concilier les exigences rationnelles du programme et l’aspect esthĂ©tique de la construction.

Avec un projet intitulĂ© « PlutĂŽt la qualitĂ© que la quantité » - titre qui le caractĂ©rise avec beaucoup de pertinence - il remporte le premier prix d’un concours d’architecture organisĂ© par la commune de Laeken pour la construction de maisons ouvriĂšres en 1892. Deux annĂ©es plus tard, la mĂȘme commune lui confie les plans d’une premiĂšre Ă©cole situĂ©e rue Thys-Van Ham, dans un quartier populaire qui en est singuliĂšrement dĂ©pourvu.

Sa notoriĂ©tĂ© grandit lorsqu’il est dĂ©signĂ© architecte officiel du Foyer schaerbeekois en 1899. Plusieurs ensembles de logements sociaux de la commune, alors en pleine expansion, portent sa griffe rue Victor Hugo, rue du Corbeau, rue L’Olivier ou encore Ă  Helmet. Il obtient aussi plusieurs commandes de plans d’écoles pour les communes de Forest, Bruxelles-ville, Schaerbeek et Etterbeek.

Démarche architecturale

[modifier | modifier le code]
Henri Jacobs : École Josaphat

Évoluant dans des secteurs oĂč les moyens budgĂ©taires sont calculĂ©s au plus juste, il utilise les palettes dĂ©coratives de l’Art nouveau. Chez lui, la qualitĂ© architecturale se veut didactique afin d’insuffler le goĂ»t du bien et du beau : « L’école, c’est par excellence le lieu familier de l’enfant, et plus cet endroit sera clair et beau et plus l’enfant y dĂ©veloppera son cerveau dans des conditions harmonieuses. Homme plus tard, il voudra retrouver dans son foyer et dans les monuments de son pays la mĂȘme beautĂ©, la mĂȘme clartĂ© et la mĂȘme harmonie. »(Le Document, )

Aucun dĂ©tail n’est nĂ©gligé : fresques, mosaĂŻques, luminaires, mobilier scolaire, sgraffites font de l’ensemble une Ɠuvre d’art totale acquise Ă  sa mission pĂ©dagogique. Mais Ă  la diffĂ©rence de Victor Horta qui peut faire appel Ă  des artisans pour satisfaire le goĂ»t de ses clients issus de la bourgeoisie, Jacobs travaille avec des matĂ©riaux industriels qu’il utilise le plus souvent bruts.

En matiĂšre de disposition gĂ©nĂ©rale des bĂątiments, Henri Jacobs n’innove pas. Il reste fidĂšle aux plans de l’École modĂšle dĂ©finis en 1875 par la Ligue de l’enseignement : l’entrĂ©e est implantĂ©e sur une parcelle Ă©troite Ă  front de rue et les bĂątiments se dĂ©veloppent en intĂ©rieur d’ülot autour d’un prĂ©au central et de cours latĂ©rales. Par contre, les indices du style original de l’artiste, rĂ©solument sans ostentation, se retrouvent avec une constance remarquable Ă  travers chacune de ses crĂ©ations.

En pierre de taille lui confĂ©rant une certaine austĂ©ritĂ© monumentale, la façade Ă  rue est de facture classique. Parfaitement symĂ©trique du soubassement Ă  la toiture, elle est centrĂ©e autour d’un portail monumental coiffĂ© d’un grand arc en pierre et surmontĂ© de hautes fenĂȘtres rectangulaires sĂ©parĂ©es par de fins trumeaux ornĂ©s. Elle est couronnĂ©e par une balustrade ajourĂ©e ou, Ă  dĂ©faut, une corniche arquĂ©e en pierre sculptĂ©e.

Une fois passĂ© le vestibule, les effets de style cĂšdent le pas aux exigences fonctionnelles. Certes, Ă  l’instar de ses contemporains, il marie abondamment les matĂ©riaux - pierre, brique, mĂ©tal et verre – et les laisse apparents. Mais, le dĂ©pouillement et la simplicitĂ© des formes et des liaisons entre matĂ©riaux, toujours trĂšs soignĂ©es, leur laissent exprimer leurs fonctions, dont la principale est d’apporter de la lumiĂšre et de la transparence dans des locaux restĂ©s trop longtemps opaques, sombres et mystĂ©rieux. ÉlĂ©ment bon marchĂ©, la brique est omniprĂ©sente en façade aussi bien que sur les murs et plafonds des espaces de circulation. L’appareillage est simple mĂȘme si sa monotonie est brisĂ©e par l’alternance des Ă©lĂ©ments colorĂ©s. L’amorce de l’escalier qui mĂšne Ă  l’étage a un caractĂšre monumental : quelques marches en pierre, bordĂ©es de piliers sous arcades, sont suivies par des volĂ©es droites, soutenues par une structure mĂ©tallique aux profils industriels. Les motifs de la balustrade en fer forgĂ© sont volontiers ornĂ©s de motifs plus personnalisĂ©s.

L’éclairage et la ventilation des classes se fait davantage par les cours extĂ©rieures que par le prĂ©au. Aussi leurs hautes fenĂȘtres, dĂ©coupĂ©es verticalement, sont regroupĂ©es en travĂ©es sĂ©parĂ©es par des piliers qui dessinent la façade de la cave au grenier. Les allĂšges servent de support aux seuls motifs dĂ©coratifs faits de briques polychromes, de carreaux Ă©maillĂ©s ou de sgraffites.

Le mĂ©tal apparent des linteaux de fenĂȘtres, des colonnes reste le plus souvent nu. Les rares Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs sont gravĂ©s dans la masse de l’élĂ©ment industriel.

Immeubles de style éclectique

[modifier | modifier le code]
  • 1901-1905 : ancienne Ă©cole communale des filles - square G.Marlow, 3 Ă  Uccle
actuellement reconvertie en commissariat de police

Immeubles de style Art nouveau floral

[modifier | modifier le code]
Henri Jacobs : École Josaphat
  • 1894 : Ă©cole communale no 33 - rue Thys-Vanham Ă  Laeken
  • 1905-1911 : Ă©cole communale no 4, dite Ă©cole Rodenbach - rue Rodenbach, 37 Ă  Forest
  • 1905 : section prĂ©gardienne - rue Rodenbach, 39 Ă  Forest
  • 1906-1910 : Ancienne Ă©cole normale Émile AndrĂ© - rue des Capucins, 58 Ă  Bruxelles actuellement « Institut Diderot »

Logements sociaux

[modifier | modifier le code]

Architecture privée

[modifier | modifier le code]
Henri Jacobs : HÎtel du baron Buffin
  • 1903 : avenue Voltaire, 41 - Schaerbeek
  • 1903-1904 : avenue MarĂ©chal Foch, 7 - Schaerbeek
  • 1903-1904 : Maison Henri Jacobs, avenue MarĂ©chal Foch, 9 - Schaerbeek
  • 1903-1904 : avenue MarĂ©chal Foch, 11 - Schaerbeek
  • 1904 : HĂŽtel du baron Buffin, rue Caroly no 19 - Ixelles
  • 1908 [1]: Avenue EugĂšne Demolder, 46 - Schaerbeek
  • 1909 : Maison Charles Fortin, place des Bienfaiteurs, 6
  • 1910 : Maison Leblicq, place des Bienfaiteurs, 5
  • 1914 : rue des Petits Carmes, 11 (dĂ©moli vers 1995 pour construire le MinistĂšre des Affaires Ă©trangĂšres)
  • rue des Eburons, 52 (?) - Bruxelles
  • rue Richard Vandevelde

Immeuble de style Art déco

[modifier | modifier le code]

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Th. Demey, Histoire des Ă©coles bruxelloises, Badeau, Bruxelles 2005 (Collection « Bruxelles, ville d'art et d'histoire », no 40, ministĂšre de la RĂ©gion Bruxelles, Direction des monuments et sites, 48 p.)

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. ↑ « – Inventaire du patrimoine architectural », sur monument.heritage.brussels (consultĂ© le )
  2. ↑ Le SecrĂ©taire d’État Ă  la RĂ©gion de Bruxelles-Capitale en charge des Monuments et Sites, « JournĂ©es Patrimoine 2006 »
  3. ↑ « Media Urban », sur media.urban.brussels (consultĂ© le )