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Le Prisonnier

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Le Prisonnier
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo de la série, le Grand-bi symbole du Village.
Type de série Série télévisée
Titre original The Prisoner
Genre Espionnage
Création George Markstein
Patrick McGoohan
Production Everyman Films
Incorporated Television Company (ITC)
Acteurs principaux Patrick McGoohan
Musique Ron Grainer (générique)
Wilfred Josephs
Robert Farnon
Paul Bonneau
Albert Elms
Pays d'origine Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Chaîne d'origine ITV
Nb. de saisons 1
Nb. d'épisodes 17
Durée 52 minutes
Diff. originale –

Le Prisonnier (The Prisoner) est une série télévisée britannique en dix-sept épisodes de 52 minutes, créée par l'écrivain et ancien agent des services secrets[1] George Markstein et Patrick McGoohan, acteur principal, scénariste et producteur délégué de la série. En version originale, elle a d'abord été diffusée au Canada à partir du sur le réseau CTV[2], puis au Royaume-Uni du au sur le réseau ITV[a].

Au Québec, elle a été diffusée à partir du à la Télévision de Radio-Canada[3].

Présentée initialement comme un thriller du même moule que la série précédente avec Patrick McGoohan, Destination Danger (Danger Man en Angleterre ; Secret Agent en Amérique du Nord), la série Le Prisonnier utilise les « ficelles » du roman d'espionnage, teintées de science-fiction, d'allégorie et de drame psychologique. Le contexte de la guerre froide, la combinaison des thèmes de la contre-culture des sixties et sa mise en scène surréaliste ont fait du Prisonnier une série qui a influencé la production des programmes de science-fiction, de fantastique, et la culture populaire en général[4],[5].

Patrick McGoohan (ici en 1962) incarne le « Numéro 6 ».

Un agent attaché à un service du renseignement britannique démissionne brutalement de son poste et se dirige vers son appartement londonien au volant de sa Lotus Seven. Il est suivi et, alors qu'il fait ses valises pour quitter la ville, un gaz anesthésiant est diffusé par la serrure de son appartement[6]. À son réveil, il se trouve séquestré dans un lieu étrange, le « Village (en) » dont les habitants (anciens espions et activistes tous vêtus d'habits colorés similaires) obéissent à un comportement moutonnier et semblent accepter leur sort d'internés. Un badge numéroté sur la poitrine identifie ces habitants. L'homme est désormais le Numéro 6. Ce lieu de villégiature pittoresque mais aseptisé est dirigé par le Numéro 2 qui veut soutirer à Numéro 6 des renseignements sur les raisons de sa démission. Ce dernier refuse de porter le badge qui indique son numéro, de donner les raisons de sa démission, et se rebelle contre ce milieu carcéral. Multipliant en vain les tentatives d’évasion et cherchant à subvertir les activités collectives (carnaval, jeu d'échecs, concours d'artisanat…), il veut savoir qui est le Numéro 1 et se déclare libre envers et contre tout[7].

Distribution

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Acteur principal

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Acteurs secondaires

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  • Angelo Muscat : le maître d'hôtel
  • Peter Swanwick : le superviseur
  • Denis Shaw : le magasinier
  • Fenella Fielding : l'annonceur / le téléphoniste (voix)

Les Numéro 2

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Développement

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Le projet de créer la série Le Prisonnier a été conçu en 1966, durant le tournage de la 3e saison de Destination Danger dont McGoohan était l’acteur principal et George Markstein consultant pour l’écriture du scénario. La paternité de l’idée de départ est incertaine, car la mention : « Créé par… » est absente du générique[8],[9].

• En quête d’un créateur. Le succès a été immédiat, dès la diffusion des premiers épisodes en 1967. McGoohan, l'acteur vedette, et Markstein, le scénariste, ont accordé de nombreux interviews pour parler de la série, déclarant l’un et l’autre en être le principal concepteur. Cette double revendication ne satisfaisait pas les fans, parmi lesquels figuraient des journalistes. Ceux-ci enquêtèrent en vue de découvrir le nom du créateur. Ils publièrent de nombreux articles, les interviews se multiplièrent et ce, durant des années, sans que l’incertitude soit dissipée. Certains prirent parti pour l'acteur, d'autres pour le scénariste[10],[8],[11].

• Hypothèse « McGoohan ». Le journaliste américain John J. O'Connor (en), dans un article publié en 1978 dans le New York Times, écrit que McGoohan est le seul créateur de la série[11],[12]. Andrew Pixley, dans son ouvrage The Prisoner: A Complete Production Guide publié en 2008, fait référence à un une interview de 1988, dans laquelle McGoohan raconte que pendant le tournage de la troisième saison de Destination Danger (soit en 1965-66), il fit part de son intention d'arrêter la série à Lew Grade (en), le directeur d’ITC Entertainment, auquel il expliqua avoir conçu le projet d'en tourner une nouvelle qu'il lui présenta oralement. Il précisa en outre qu'elle serait produite par Everyman Films Limited, la société qu'il venait de créer avec le producteur David Tomblin (en). Pixley dit être convaincu de la véracité de cette déclaration[13],[b].

David Healey[c], ajoute une précision se rapportant à cet entretien : après que McGoohan lui eut présenté le concept du Prisonnier, Lew Grade se serait écrié:

« C’est tellement fou, que ça pourrait bien marcher ! (It's so crazy, it just might work !) »

Grade était connu pour ses réactions spontanées. Lorsqu’un projet lui plaisait, il donnait son accord sur le champ, sans lire le script. Une bonne idée et une star lui suffisaient, ce qui était le cas en l’occurrence[14]. Plus récemment en 2011, Rupert Booth, biographe de Mc Goohan, écrit :

« Markstein a très certainement développé le concept, en y apportant ses propres connaissances dans la pièce, et il est tout à fait possible qu'il ait également donné son nom à la série. Cependant, mon opinion personnelle est que c'est McGoohan qui a imaginé le thème d'un homme emprisonné et que Markstein a trouvé un scénario qui tenait compte du désir de McGoohan de situer une série à Portmeirion[15],[d]. »

En France, à l'occasion de la rediffusion de la série sur M6, la critique Sylvie Dauvillier écrit dans Télérama le  :

« Étrange série, sortie tout droit de l'imagination d'un homme : Patrick McGoohan, tout à la fois réalisateur, producteur de certains épisodes et interprète du héros : le Numéro Six[16]. »

• Hypothèse « Markstein ». Mais d'autres auteurs, journalistes ou écrivains, ont été convaincus par les arguments de Markstein. Dave Rogers par exemple, dans son ouvrage The Prisoner and Danger Man (1989), affirme que celui-ci a revendiqué la paternité de la série à juste titre et que McGoohan a seulement tenté par la suite de s'en attribuer le mérite[10].

Plus tardivement, Robert Fairclough, dans un ouvrage publié en 2005, mentionne un document de 4 pages, considéré comme ayant été rédigé par Markstein. Il s'agit d'un dossier de presse publié en 1967 par ITC, destiné à être utilisé comme aide-mémoire par les scénaristes. Les thèmes de la série y sont présentés dans leurs grandes lignes. Fairclough en conclut que ce document constitue la preuve que Markstein en est le créateur[9].

Toutefois six ans plus tard, en 2011, Rupert Booth, biographe de McGoohan, fait remarquer que celui-ci a évoqué le sujet du Prisonnier, pour la première fois, dans une interview en 1965. Or, Markstein aurait écrit le document de 4 pages deux ans plus tard, preuve selon Booth, qu'il n'est pas le principal créateur de la série[15].

• Hypothèse « MacGoohan et Markstein ». Depuis les années 1970, après de nombreux interviews et ouvrages écrits pour tenter de répondre à la question initiale : « Qui est le créateur de la série ? », l'incertitude demeure. Les fans et les journalistes ont d'abord pensé que c'était McGoohan, puis, dans les années 1980, ils ont fini pas accorder à Markstein le statut de co-créateur[17].

Au début des années 2010, Rupert Booth, le biographe de McGoohan, propose la réponse suivante :

« L'influence réelle de Markstein dans l'élaboration de la série ne sera probablement jamais connue, mais on ne peut nier que bon nombre des idées initiales et des thèmes généraux de la série provenaient de McGoohan. La série porte indéniablement sa marque[15],[e]. »

• Principale source. Durant les années 1950, Markstein était reporter criminel. Dans le cadre de ses recherches relatives à la Seconde Guerre mondiale, il a découvert qu’en Grande-Bretagne, certaines personnes récalcitrantes ayant des liens avec les services secrets, avaient été incarcérées dans une prison très particulière située en Écosse, près d'Inverness, qui dépendait du Special Operations Executive (Direction des opérations spéciales). Markstein s'en est inspiré pour Le Prisonnier et a suggéré à McGoohan que le personnage en cours d'interprétation dans Destination Danger, John Drake, pourrait soudainement démissionner, puis être kidnappé et envoyé dans un tel endroit[f],[18],[19],[20].

Cette suggestion se concrétisera : le Numéro 6, personnage central de la série, sera emprisonné dans un lieu où la mission des geôliers consistera à asservir et détruire la personnalité des prisonniers par tous les moyens, mais il sera le seul esprit rebelle qu’ils ne pourront pas briser[21].

Autres sources. McGoohan a mentionné trois autres sources l’ayant inspiré. La première est le 3e épisode de la 2e saison de Destination Danger, La Ville fantôme, dans lequel Drake (personnage principal de la série interprété par McGoohan) filtre une école d'espionnage en Europe de l'Est pendant la guerre froide. Située au milieu de nulle part, cette école est conçue pour ressembler à une ville anglaise normale, où élèves et instructeurs se côtoient comme dans n'importe quelle autre ville. Mais en réalité, les instructeurs sont des prisonniers virtuels qui ne quitteront probablement jamais les lieux[19].

Les deux autres sont d'origine théatrale. En 1955, McGoohan a joué dans 2 pièces : Moby Dick—Rehearsed (en) d'Orson Welles et dans la version théâtrale télévisée de L'Emprisonné (The Prisoner) de Bridget Boland. L'expérience acquise en ces deux occasions lui a été très utile, douze années plus tard, pour l'interprétation du Numéro 6[19].

• Instructions aux scénaristes. Dans une interview en , McGoohan a déclaré qu’il avait rédigé un document de 40 pages, sorte de vadémécum, à l’intention des scénaristes. Il contenait toutes les précisions concernant l’organisation de la vie au Village : type de téléphones utilisés, système d’égout, nourriture etc..Le concept de la série était si inhabituel qu’il fallait tout leur expliquer, car ils étaient accoutumés à des séries comme Destination Danger. Ils ont tous reçu une copie du vadémécum mais quelques-uns n’ont pas donné suite. Selon McGoohan, ils étaient en quelque sorte « prisonniers » de leur conditionnement[21].

• Scénaristes. Les 17 épisodes de la série ont été écrits par 12 scénaristes. En voici la liste classée par ordre alphabétique (après McGoohan et Markstein) :

- McGoohan est l’auteur de 3 épisodes, dont : le 17e (sous son nom), le 4e (sous le pseudonyme Paddy Fitz) et le 16e (pseudonyme Archibald Schwartz) ;
- George Markstein , 2 épisodes : le 1er, avec David Tomblin (en) et le 14e avec Ian Rakoff, comme co-scénaristes ;
- Michael Cramoy : 11e épisode ; Terence Feely: 5e et 15e ; Lewis Greifer (sous le pseudonyme Joshua Adam) : 6e ; Gerald Kelsey : 9e ; Roger Parkes : 12e ; Anthony Skene : les 3e, 7e et 8e ; Vincent Tilsley : 2e et 13e ; Roger Woddis : 10e.

En ce qui concerne le 1er épisode « L’arrivée » (The arrival), Markstein a déclaré dans une interview du , qu’il en était le scénariste sans mentionner David Tomblin, alors que les deux noms figurent au générique[18].

Mais sept ans plus tôt, dans une interview de , McGoohan avait dit :

« Le premier, je l'ai réécrit. Le résultat n'était pas celui que je souhaitais
(The first one I re-wrote. It came out...not the way I wanted.)[21]. »

Après le tournage du 13e épisode, les relations entre McGoohan et Markstein se sont détériorées, au point que celui-ci a préféré ne plus collaborer à la série. Plus tard il résumera la situation en ces termes :

« Quand l'égocentrisme a pris le dessus ! Vous savez, quand McGoohan était tout ! Quand McGoohan écrivait, concevait, réalisait… et ne savait pas où il allait. Ma présence était superflue – et on a vu le Résultat après mon départ[18]. »

,[g].


Le Dôme vert, à Portmeirion, servant de décor pour la résidence du no 2 dans la série.

Le