Mogontiacum
| Mogontiacum nom moderne Mayence | |||||
Plan de Mogontiacum. | |||||
| Localisation | |||||
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| Pays | |||||
| Région antique | Germanie supérieure | ||||
| Coordonnées | 50° 00′ 00″ nord, 8° 16′ 16″ est | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Allemagne
Géolocalisation sur la carte : Rhénanie-Palatinat
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
Géolocalisation sur la carte : Gaule
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Mogontiacum est le nom latin (d'origine celtique) de l'actuelle ville de Mayence, fondée officiellement en 13/12 av. J.-C. par Nero Claudius Drusus, et capitale de Germanie supérieure à partir de 40 ap. J.-C.
Le site était cependant occupé bien avant l'arrivée des Romains.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le toponyme Mogontiacum provient du celte Mogons ou Mogounos, une divinité locale rapidement adoptée par les Romains, dont le nom signifie « le grand » ou « le puissant ». Située sur la rive gauche du Rhin, face à l'embouchure du Main qui coule d'est en ouest, la cité bénéficiait d'une position géographique de carrefour, commandant des routes stratégiques importantes menant vers l'est de la Germanie[1].
Histoire
[modifier | modifier le code]Durant la deuxième moitié du Ier siècle av. J.-C., les Celtes constituaient la principale force sur les rives du Rhin supérieur. Ils peuplaient également la région de Mayence.
Le site est initialement établi sous la forme d'un camp militaire en 13 avant J.-C. par Nero Claudius Drusus. Ce camp sert de point de départ pour l'invasion de la Germanie. Le camp en bois d'origine est reconstruit en pierre sous le règne de Néron. Le camp héberge diverses légions au fil de son histoire, parmi lesquelles : la Legio XIII Gemina, Legio XVI Gallica, Legio XXII Primigenia, Legio III Macedonica, Legio XXII Primigenia et Legio VIII Augusta. Mogontiacum sert également de base navale pour la Classis Germanica, chargée de patrouiller sur le Rhin et le Main[1].
Le , les légions de la cité se rebellent contre le nouvel empereur Galba et proclament leur propre gouverneur, Vitellius, comme empereur. Après le départ des troupes vers l'Italie, le chef local Civilis attaque la région. Sous le règne de Domitien, le camp de légionnaires en bois est rebâti en pierre. Cette nouvelle forteresse sert de base de départ pour les offensives contre les Chattes. En 90 après J.-C., Domitien divise la Germanie en deux provinces distinctes, et Mogontiacum devient la capitale de la Germanie supérieure[1].
L'empereur Sévère Alexandre utilise la ville comme base pour rassembler une armée et envahir la Germanie. En 260, la cité subit un raid des Alamans qui entraîne l'abandon de la rive droite du Rhin. Intégrée à l'Empire des Gaules de Postume, la ville échappe au pillage. Plus tard, Maximien, corégent de Dioclétien, utilise la cité comme quartier général de ses opérations contre les Alamans et les Burgondes entre 286 et 288[1].
Sur le plan institutionnel, elle ne devient une municipe qu'à la fin de l'Empire, probablement sous Dioclétien vers 300 après J.-C. (mentionnée comme civitas), puis comme municipium sous Valentinien. La ville devient alors le centre de commandement du Dux Mogontiacensis (en), pôle militaire de la région rhénane, ainsi qu'un important centre chrétien doté d'un évêché au IVe siècle. En 406, lors de la traversée du Rhin par les Germains et les Vandales, Mogontiacum est la première grande ville à tomber. Elle est pillée et ses habitants réfugiés dans l'église chrétienne sont massacrés, les Burgondes s'emparant des lieux peu de temps après[1].
Urbanisation militaire et extension civile
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La cité est traversée par d'importantes voies de communication : une route principale longe la rive gauche du Rhin de Cologne au nord jusqu'à Augst, doublée par un axe similaire sur la rive droite lorsque celle-ci est sous contrôle romain (entre 75 et 260 après J.-C.). Un autre itinéraire la relie à Trèves, tandis que les troupes profitent de la station thermale romaine d'Aquae Matticae (l'actuelle Wiesbaden) pour se détendre. La ville est par ailleurs alimentée en eau grâce à un aqueduc[1].
Les Romains y introduisent la culture de la vigne et la production de vin. Centre commercial rayonnant au-delà du limes romain, Mogontiacum abrite un monument ou autel dédié à Drusus, qui attirent de nombreux pèlerins lors de festivals annuels organisés sous l'Empire[1].
De très bonne heure, dès les premières années de notre ère, au moins [réf. souhaitée] un établissement civil s'était développé à l'ombre du camp. Le noyau en fut peut-être l'ancienne agglomération indigène. Puis, le long de la route qui du camp menait au pont du Rhin, s'élevèrent les boutiques et les auberges qu'une troupe attire nécessairement dans un village. Un peu plus au nord, vers l'emplacement du port fluvial actuel, qui n'a fait que succéder au port romain, durent se grouper des comptoirs de navigation et des maisons de commerce plus importantes[réf. nécessaire].
La batellerie rhénane prit en effet, dès le début, une place considérable dans la vie mayençaise. La preuve nous en est fournie par un monument funéraire remarquable datant, suivant toute vraisemblance, du milieu du Ier siècle de notre ère, la stèle de Blussus le marinier (original aujourd'hui musée du Land (Inv. Nr. S 146))[2]. En 1848, ce monument fut découvert à Mainz-Weisenau. Tenant à la main une bourse rondelette, Blussus trône à côté de sa femme, matrone importante couverte de bijoux ; on voit derrière eux le buste de leur fils Primus. Au revers de la stèle, une barque chargée navigue sur le Rhin. Blussus, fils d'Atusirus, Gaulois par conséquent, a peut-être débuté comme simple marinier puis est devenu patron et a visiblement fait fortune. Il est mort à soixante-quinze ans. Ses premiers voyages sur le Rhin remontent donc jusqu'à l'époque de Drusus. Il représente la première génération des navigateurs rhénans[3].
Citations
[modifier | modifier le code]Ammien Marcellin, auteur du IVe siècle cite Mogonciacum parmi les villes municipales de Germanie première[4].
« À Trêves, colonie civile, capitale de la Gaule Belgique, puis de l'Occident, s'oppose Mayence, fondation militaire, quartier général de l'armée de Germanie Supérieure et, plus tard, capitale de cette marche-frontière. La civilisation de Trêves fut celle de l'ensemble de la Gaule romaine ; on reconnaît, dans celle de Mayence, l'empreinte de l'armée romaine du Rhin. »
— Albert Grenier, historien et archéologue français, spécialiste de l'histoire des Gaulois, des Romains et des Celtes[5].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 (en) James W. Ermatinger, The Roman Empire: A Historical Encyclopedia [2 volumes], Bloomsbury Publishing USA, (ISBN 979-8-216-14054-2, lire en ligne), p. 36-38
- ↑ Congrès archéologique de France : séances générales tenues … par la Société française pour la conservation des monuments historiques.
- ↑ Robert Bedon, Alain Malissard , La Loire et les fleuves de la Gaule romaine et des régions voisines.
- ↑ Ammien Marcellin, Histoire de Rome, livre XV, XI, 8.
- ↑ Les monuments romains de Trêves et de Mayence, Congrès archéologique de France, Session tenue en Rhénanie en 1922 par la Société française d'archéologie.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Marion Witteyer, « Une voie pour les vivants et pour les morts. La nécropole de Mainz-Weisenau » dans « Rome et ses Morts. L’archéologie funéraire dans l’Occident romain », Les Dossiers d’archéologie no 330, 2008, p. 114-119.
- Marion Witteyer, « Mayence - Mogontiacum, Rhénanie-Palatinat, Allemagne » dans Michel Reddé/ R. Brulet/ Rudolf Fellmann/ J. K. Haalebos/ S. von Schnurbein, Les Fortifications militaires. L’architecture de la Gaule romain. DAF 100, Bordeaux 2006, p. 324-329.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la géographie :
- Les capitales de provinces germanique.