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Internet des objets

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Différents aspects de l’Internet des objets.

L'Internet des objets ou IdO (en anglais : internet of things ou IoT) est l'interconnexion entre l'Internet et des objets, des lieux et des environnements physiques. L'appellation désigne un nombre croissant d'objets connectés à Internet permettant ainsi une communication entre nos biens dits physiques et leurs existences numériques. Ces formes de connexions permettent de rassembler de nouvelles masses de données sur le réseau et donc, de nouvelles connaissances et formes de savoirs.

L'Internet des objets revêt un caractère universel pour désigner des objets connectés aux usages variés, dans le domaine de la e-santé, de la domotique ou de l'automesure de ses données personnelles.

L'Internet des objets, notamment en haut débit, est en partie responsable d'un accroissement exponentiel du volume de données généré sur le réseau, du besoin de datacenters très énergivores pour traiter le big data (ou mégadonnées en français). La croissance exponentielle du nombre d'objets connectés dans la première moitié des années 2020 risque d'avoir un impact durable sur l'environnement.

Selon une équipe de l'ETH Zurich, du fait des smartphones puis du nombre croissant d'objets connectés, en dix ans (2015-2025), 150 milliards d'objets devraient se connecter entre eux, avec l'Internet et avec plusieurs milliards de personnes[1].

L'information issue de ces mégadonnées devra de plus en plus être filtrée par des algorithmes complexes, ce qui fait craindre une moindre protection des données personnelles, une information des personnes et de la société de moins en moins auto déterminée, notamment en cas d'appropriation exclusive de filtres numériques par des entités (gouvernementales ou privées) qui pourraient alors manipuler les décisions.

L'ETH plaide donc pour des systèmes d'information ouverts et transparents, fiables et contrôlés par l'utilisateur[1].

Petit historique de la connectivité de la technologie.

L'Internet des objets est apparu dans le cadre d'une tendance[2] lourde, issue de la mécanisation et la standardisation, appliquée à l'automatisation du traitement du document et de l'information sur support matériel puis numérique (dont au service de la production et recherche documentaire). Apparu aux États-Unis dès 1982[3], il s'est rapidement diffusé avec la mondialisation, aboutissant à connecter des machines à des serveurs capables de les superviser (ces machines étant notamment des ordinateurs mis en réseau dans ce que certains ont nommé l'« Internet des machines »)[4].

Peu à peu des objets ont été modifiés (avec des puces RFID par exemple) ou conçus pour « parler le protocole IP », devenant des « objets connectés », reliés à des serveurs centralisés ou capables de communiquer entre eux ou avec des réseaux de serveurs et divers acteurs, d'une manière de moins en moins centralisée.

Ses enjeux diffèrent selon les pays ou les régions du monde, et selon les acteurs et « leurs intérêts parfois divergents »[5]. Ce mouvement s'est accompagné d'une croissance et d'une complexification des systèmes de sécurité (pare-feux, mots de passe, etc.).

Il est parfois suggéré que l'objet deviendra un acteur autonome de l'Internet, capable de percevoir, d'analyser et d'agir de lui-même selon les contextes ou les processus. Dans ce cas de figure, l'avènement de l'Internet des objets s'associe à celui des technologies ou des méthodes de conception logicielle liées à l'Intelligence artificielle et des sciences de la complexité.

Le couple « objet physique » / « intelligence virtuelle associée », que cette dernière soit embarquée, distribuée ou hébergée dans le Cloud (cloud computing), y est alors mentionné sous l'appellation de « cyberobjet », ou encore « d'avatar digital »[6], concept repris par la suite dans la notion de « Jumeau numérique ». Les cyberobjets sont des acteurs potentiels des chaînes de valeurs qui agissent sous le contrôle des opérationnels ou en partenariat avec eux. En accédant ainsi au statut d'assistants, de conseillers, de décideurs ou encore d'organisateurs (selon les cas), ils deviennent de véritables agents économiques[7] et contribuent à la mutation des modèles économiques ou de gestion existants.

Deux enjeux récurrents sont la protection de la vie privée (« privacy ») et de la régulation d'une part[8] et la gouvernance de cet Internet d'autre part, de plus en plus ubiquitaire et multiforme, quand il n'y a plus d'interface unique[9],[10].

En France, en 2015 et en 2016, le forum international IoT Planet s'est déroulé au mois de novembre à Grenoble afin de faire le point sur l'évolution technologique des objets connectés[11].

Définition

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Une recommandation Présentation générale de l'Internet des objets (ITU-T Y.2060), , § 3.2.2 Définition internationale (par l'Union internationale des télécommunications[12]) définit l'Internet des objets comme une « infrastructure mondiale pour la société de l'information, qui permet de disposer de services évolués en interconnectant des objets (physiques ou virtuels) grâce aux technologies de l'information et de la communication interopérables existantes ou en évolution »[13]. Pour l'Union, en exploitant les capacités d'identification, de saisie de données, de traitement et de communication, l'IdO tire pleinement parti des objets pour offrir des services à toutes sortes d'applications, tout en garantissant le respect des exigences de sécurité et de confidentialité. Elle note enfin que, dans une optique plus large, l'IdO peut être considéré comme un concept ayant des répercussions sur les technologies et la société[14].

L'IdO est donc « un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d'identification électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d'identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s'y rattachant »[15].

D'autres définitions insistent sur les aspects techniques de l'IdO (« des objets ayant des identités et des personnalités virtuelles, opérant dans des espaces intelligents et utilisant des interfaces intelligentes pour se connecter et communiquer au sein de contextes d'usages variés »[16]), d'autres portent sur les usages et les fonctionnalités (« la convergence des identifiants numériques »[17]) notant qu'il devient possible d'identifier de manière unifiée des éléments d'information numérique (adresses) et des éléments physiques (une palette dans un entrepôt, ou un animal dans un troupeau).

Connectivité

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La connectivité de ces objets entre eux et avec le Web repose sur une large gamme de technologies, allant des réseaux très bas débit (LoRa, Sigfox) aux connexions haut débit via Wi-Fi, 4G/5G ou satellites, en passant parfois par un réseau ou une connexion filaires. Certaines constellations de satellites de communication permettent une liaison directe, par exemple entre deux objets (ex. : un capteur et un smartphone), ainsi qu'avec le web, via un satellite, ouvrant la voie à des usages variés (du suivi logistique à la communication d'urgence)[18].

En mai 2026, la Commission européenne a décidé de réattribuer la bande satellitaire MSS 2 GHz, utilisée pour ces connexions directes satellite terminal dont les licences, qui expirent en 2027, sont détenues par Viasat et EchoStar. Un tiers du spectre serait réservé aux usages souverains (sécurité, défense, communications critiques) et les deux tiers aux opérateurs commerciaux, dont la moitié obligatoirement européens, pour renforcer la souveraineté numérique[18]. La sélection se ferait désormais au niveau européen, mais des services satellitaires comme Starlink, déjà concurrents de la fibre dans les zones mal desservies, pourraient aussi proposer du mobile via ces fréquences, alors qu'ils ne sont soumis à aucune obligation de service public. L'épisode cyclonique à Mayotte, où Starlink a été utilisé en urgence, illustre à la fois l'intérêt opérationnel et les enjeux de souveraineté[18]. L'Union européenne prépare sa propre constellation, dite IRIS², qui utilisera notamment la bande 2 GHz pour les communications sécurisées en situation de crise, mais pas avant 2031. En attendant les deux constellations Eutelsat/OneWeb seront utilisées. Mi-juin 2026, la décision européenne doit encore être validée par le Conseil et le Parlement, et les négociations internationales sur les fréquences se poursuivront lors de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2027[18].

Empreinte énergétique et environnementale

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L’essor rapide des appareils électroniques de santé portables s’accompagne d’une empreinte écologique et climatique en forte hausse (allant jusqu’à 6,1 kgCO₂‑éq par appareil) et une consommation mondiale potentiellement multipliée par 42 d’ici 2050 (qui entraînerait plusieurs mégatonnes d’émissions ainsi que des problèmes accrus d’écotoxicité et de déchets électroniques[19]. L'alimentation ne doit pas être sous-estimée, car ces objets autonomes n'ont de cesse de réaliser des calculs de plus en plus puissants, ce qui met à rude épreuve la batterie[20]. Des stratégies systémiques — comme la substitution de métaux critiques et l’optimisation des architectures de circuits — pourraient réduire significativement ces impacts, bien plus que les approches centrées uniquement sur les plastiques recyclables ou biodégradables[19].

Sécurité informatique

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Les objets connectés (dans le domaine de la santé par exemple peuvent être piratés[21], et contre ce risque, il existe en France depuis le début des années 2010 une équipe de chercheurs dite TSF (pour Tolérance aux fautes et Sûreté de Fonctionnement Informatique) basée au LAAS-CNRS (Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes), travaillant sur les aspects offensifs (analyses de vulnérabilités), mais aussi sur les moyens de défense ou de résilience face aux intrusions ou tentatives de corruption d'objets connectés (ex. : téléviseur connecté, montre connectée, claviers et souris sans fils, ampoules connectées, particulièrement vulnérables quand ils utilisent des protocoles de type pair-à-pair, permettent à des objets de communiquer directement entre eux, sans passage par un relais ou un serveur central. Ils sont donc plus difficiles à surveiller). Un des moyens de défense est l'utilisation d'empreintes numériques destinées à bloquer les attaques d'usurpation (qui surviennent quand un « objet malveillant » cherche à se faire passer pour un « objet légitime »)[22]. Jonathan Roux a aussi récemment proposé dans sa thèse des algorithmes de machine learning capables de détecter des communications radio illégitimes et de lancer une alerte auprès des utilisateurs. Son système peut aussi identifier « la fréquence d'émission sur laquelle l'attaque est lancée, la date à laquelle elle est lancée ainsi que l'emplacement géographique de l'attaquant ». Une autre solution serait d'intégrer, au sein même des contrôleurs radios des objets connectés, dès leur conception, un système efficace de détection d'intrusion de tout type d'attaque[22]. Des tests faits sur plusieurs contrôleurs radio d'objets connectés actuels (2022) ont montré que cette approche semble efficace ; ainsi l'objet connecté deviendrait lui même capable de se défendre et de « directement réagir à ces attaques, sans avoir recours à une sonde externe »[22].
Un consortium international baptisé Bluetooth SIG qui définit le standard Bluetooth détecte régulièrement des failles de sécurité, y compris parfois dans les protocoles de communication avec les objets connectés[22].

L'émergence de l'informatique quantique et de l'IA quantique fait peser de graves menaces sur la sécurité de l’Internet des objets et certaines données de santé et de géolocalisation (considérées comme sensibles et/ou personnelles), notamment pour l'IOT massivement appliqué à la santé (HC‑IoT), un domaine où les dispositifs ne disposent que de ressources limitées et sont donc particulièrement vulnérables aux cyberattaques. De nouveaux défis émergent pour la recherche et les entreprises du domaine, notamment à propos de la nécessité de nouveaux protocoles de communication et de cryptographie adaptés à un environnement post‑quantique[23].

Commercialisation et marché

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L'explosion du nombre de smartphones et de connexions a créé un marché nouveau aux opportunités quasi-infinies : dans les années 2010, de nombreux rapports comme celui du cabinet McKinsey[24] désignent ce marché comme l'une des principales sources de croissance. En 2016, 5,5 millions d'objets sont connectés chaque jour dans le monde. Un nombre qui pourrait rapidement atteindre des milliards, d'ici à 2020[25]. Gartner prévoit en effet que 26 milliards d'objets seront installés en 2020, une augmentation importante par rapport aux 0,9 milliard d'unités de 2009[26]. Selon une étude menée par le cabinet américain BCC Research, le marché mondial des capteurs IdO connaîtrait un taux de croissance annuel de 27,8 %. Cette étude estime que ce marché représentait 10,5 milliards de dollars en 2017 et qu'il pourrait atteindre 48 milliards de dollars d’ici 2023[réf. nécessaire].

D'autres évaluations considèrent qu'un être humain serait en interaction avec 1 000 à 5 000 objets au cours d'une journée normale[27],[28]. À maturité, le marché des objets connectés pourrait s'établir entre quelques dizaines de milliards et jusqu'à plusieurs milliers de milliards d'unités[29],[30],[1].

Des entreprises comme IBM, Intel et Google entrent rapidement dans la « transition connectée », qui suppose de profondes transformations des méthodes de production et de management. En effet, la connexion permanente, malgré les facilités de communications qu'elle suppose, crée de nouveaux obstacles liés notamment à la sécurité des produits ; le risque de hacking en particulier contraint à des investissements non négligeables qui tendent à transformer la chaîne de production. Au-delà des opportunités offertes et de la transformation radicale de nos vies qu'entraîne la démocratisation de l'IdO, cette dernière se conjugue également à une réorientation de la chaîne de production de l'envergure de celle séparant taylorisme et toyotisme.

Infrastructures réseaux

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Pour communiquer, les objets peuvent s'appuyer sur des réseaux locaux (wifi, LoRaWAN privé, Ethernet, Bluetooth…) ou sur des réseaux publics opérés à grande échelle.

Les réseaux opérés se divisent en plusieurs catégories :

  • Les réseaux LPWAN sur les bandes de fréquences ISM (non licenciées) basés essentiellement sur les technologies Sigfox et LoRaWAN (centrés sur 868Mhz).
  • Les réseaux basés sur des bandes de fréquences licenciées (2/3/4/5G), avec des déclinaisons LPWAN cellulaires comme LTE-M et NB-IoT.

Sigfox et LoRaWAN

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Les réseaux basés sur les protocoles Sigfox et LoRaWAN fonctionnent sur les bandes ISM non licenciées, c'est-à-dire qu'il n'est pas nécessaire d'acquérir une licence pour les utiliser.

Cela permet de limiter les coûts liés à l'amortissement des licences, mais cela implique également des contraintes techniques. Parmi ces contraintes, on trouve le respect du cycle de fonctionnement (duty cycle), qui varie selon les pays.

En France, un objet communiquant sur les bandes ISM ne peut légalement émettre plus de 1 % du temps dans l'air sur une période d'une heure, ce qui, pour Sigfox, correspond à 6 messages par heure. Pour LoRaWAN, le temps dans l'air varie selon le Spreading Factor choisi.

La vocation première des réseaux LPWAN comme Sigfox et LoRaWAN est d'envoyer des messages depuis le capteur vers le réseau (liaison montante). Bien que les liaisons descendantes soient possibles, elles sont limitées par conception : les passerelles réseaux doivent respecter un cycle de fonctionnement de 10 %, ce qui rend la communication descendante rapidement saturée sur des réseaux où de nombreux objets communiquent au travers de la même passerelle (cas de tous les réseaux publics opérés). Dans la pratique, les opérateurs limitent les messages descendants à 4 messages par jour.

Les réseaux LPWAN basés sur les fréquences ISM permettent des consommations énergétiques très basses, offrant ainsi des autonomies de plusieurs années sur piles ou batteries.

Spécificités de Sigfox

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Sigfox désigne à la fois un protocole réseau et l'opérateur éponyme, qui exploite un réseau d'antennes international fonctionnant avec ce protocole. Sigfox utilise la technologie UNB (Ultra Narrow Band) qui lui offre notamment une très grande résistance aux perturbations radios, et une bonne capacité de pénétration dans les bâtiments.

Le protocole Sigfox consiste à envoyer 3 messages successifs à une puissance limitée à la capacité de l'objet (au maximum 25mW, soit 14dBm). Le contenu utile est limité à 12 octets pour les liaisons montantes.

Spécificités des réseaux LoRaWAN

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Le protocole LoRaWAN est utilisé par de nombreux opérateurs dans le monde, regroupés dans la LoRaWAN. En France, on trouve principalement :

  • le réseau opéré par Bouygues Telecom (anciennement Objenious) ;
  • le réseau opéré par Orange ;
  • le réseau opéré par les contributeurs du projet TTN (The Things Network).

Le protocole LoRaWAN offre une grande souplesse d'utilisation : la puissance utilisée, le temps dans l'air, le nombre de répétitions et de nombreux autres paramètres peuvent être adaptés par le réseau ou l'objet. La taille du contenu utile est supérieure à celle de Sigfox (56 octets).

Réseaux cellulaires

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Les réseaux cellulaires peuvent être utilisés pour faire communiquer les objets sur des bandes de fréquences licenciées, qui sont parfois identiques à celles utilisées pour faire communiquer les téléphones cellulaires.

L'utilisation de ces réseaux est adaptée aux objets ayant besoin de communiquer plus de données que les 12 ou 56 octets offerts par respectivement Sigfox et LoRaWAN. Elle permet également de réaliser des communications bi-directionnelles. En contrepartie, les prix sont généralement plus élevés, tout comme les consommations énergétiques.

Certains objets fonctionnent avec les réseaux cellulaires de type 2G et 3G. Ils sont équipés de carte SIM. Les opérateurs proposent des offres dites M2M.

LTE-M est un réseau dérivé du LTE (4G), et spécifiquement conçu pour la communication des objets, avec une consommation plus faible.

Alors que l’internet des objets (IoT) se développe fortement en Chine, le pays soutient la technologie NB-IoT pour le développement du secteur, selon des modalités caractéristiques de la stratégie numérique chinoise : après avoir été identifié et soutenu en amont par les autorités, le NB-IoT a désormais été adopté par les grands groupes technologiques chinois qui se positionnent en leaders mondiaux du déploiement de réseaux et de la production d’équipements. En Chine, le développement d’applications IoT est favorisé par de nombreuses plateformes et initiatives locales, notamment pour la smart city et l’internet industriel. À l’international, les acteurs chinois coordonnent leurs efforts et on notamment réussi à faire inclure le NB-IoT dans les standards 5G dans le cadre du 3rd Generation Partnership Project (3GPP). Néanmoins, bien que de nombreux analystes attendent une forte pénétration du NB-IoT au niveau mondial, le succès de la technologie dépendra aussi fortement des caractéristiques propres à chaque marché : infrastructures existantes, usages, intérêts industriels ou encore enjeux de cybersécurité[31].

Investisseurs

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Géants du Web

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Les grandes firmes du Web visent non seulement à vendre des objets connectés mais aussi des services liés à ceux-ci, attirées par les prévisions de revenus qui pourraient excéder les 300 milliards de dollars grâce aux services en 2020[26].

Ces services dérivent directement de l'énorme quantité de données produites par les objets connectés qui demandent espace de stockage, vitesse de traitement et souvent bande passante pour le streaming de données audio ou vidéo. Pour certains, la solution idéale à ces problèmes est le cloud computing[32].

Les rapports aux investisseurs de l'entreprise montrent l'importance économique croissante que prend l'IdO : alors qu'en 2013 la dénomination « Internet of Things » n'apparaissait même pas dans ses documents[33], en 2014, la division IdO annonce un revenu de 2,1 milliards de dollars, en augmentation de 19 % par rapport à 2013[34].

En 2015, la tendance continue avec une augmentation de 7 % par rapport au 2014 avec 2,3 milliards de dollars[35].

En , Intel, qui est historiquement un fabricant de microprocesseurs pour ordinateurs, annonce le licenciement de 12 000 employés (11 % de ses effectifs) afin de se focaliser sur l'IdO, les FPGA et les processeurs pour centres de données qui ensemble ont généré 40 % de ses revenus pour l'année 2015[36].

Le géant coréen Samsung Electronics entre à tous les niveaux dans le marché de l'IdO en 2014 avec l'acquisition de SmartThings, une startup américaine développant des objets connectés pour la maison. Le prix d'achat n'est pas public, mais Samsung annonce à ses investisseurs que cette acquisition a apporté une augmentation du revenu de 2 469 millions de wons[37].

En 2015, IBM annonce l'investissement de 3 milliards de dollars pour établir une nouvelle unité IdO à Munich. Le but est de proposer :

  • une plateforme pour analyser les nécessités des entreprises en matière d'IdO ;
  • une plateforme pour aider les programmeurs à exploiter les informations produites par l'IdO ;
  • créer un écosystème avec les fabricants de matériels et les fournisseurs de services[38].

En , Informix a reçu de Cisco le prix de la « Best IoT Database »[39].

En , Google rachète Nest Labs, un fabricant de thermostats connectés, pour 3,2 milliards de dollars[40].

Le géant de la recherche vend en outre des services de traitement des données récoltées par les objets connectés, comme BigQuery[41] et Firebase[42], rachetés par Google en 2014 pour un montant non diffusé au public[43].

Fournisseurs des réseaux : l'exemple français

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Contrairement aux grandes entreprises américaines, sur le territoire français l'IdO est développé par les grandes entreprises de télécommunication qui peuvent exploiter leur réseau, leurs partenaires et leur savoir-faire pour gagner cette partie du marché.

Bouygues Telecom est officiellement actif dans ce secteur depuis quand il annonce sa filiale Objenious. La petite entreprise (une vingtaine de collaborateurs) est conçue comme une startup et commercialise une offre IoT sur le réseau bas débit LoRa de Bouygues qui devrait couvrir la totalité du territoire français avant la fin 2016[44].

Objenious se limite aux objets connectés en bas débit : des objets qui s'échangent des messages très courts concernant l'environnement, la localisation ou l'utilisation de biens (à travers des capteurs)[45].

En , Objenious signe un accord de roaming avec le groupe américain Senet qui déploie aux États-Unis le même type de réseau bas-débit basé sur la technologie LoRaWAN : les dispositifs produits par les deux groupes fonctionneront aussi bien en France qu'outre-Atlantique, étape clé pour rendre le marché international.

Comme les géants du Web américain, Bouygues, à travers Objenious, propose deux nouvelles plateformes permettant de gérer les objets connectés déployés et de visualiser et exploiter les données produites par ceux-ci.

Le groupe de télécommunications signe aussi beaucoup d'accords avec les producteurs de capteurs pour satisfaire les besoins de tous les types d'industries[44].

Le , Objenious et Arteria, filiale de RTE, annoncent leur partenariat en vue d'accélérer la révolution numérique des territoires, avec le renforcement de la couverture nationale des réseaux IoT[46]. Cette alliance a pour but de permettre à Objenious de densifier sa couverture nationale, grâce aux 25 000 km de réseaux de fibres optiques et aux milliers de points hauts gérés par Arteria. Arteria peut quant à elle entamer le déploiement et la commercialisation de son réseau IoT, en profitant de la couverture nationale de Objenious. Premier réseau LoRaWAN de France, Objenious couvre en effet, fin 2017, 95 % de la population[47].

Orange, à travers sa filiale Orange Business Service (OBS), fournit des solutions aux entreprises désireuses de se développer dans l'IdO. Par ailleurs, en 2016 Orange lance son offre Datavenue[48], ensemble de solutions pour l'Internet des objets et le big data. Datavenue comprend plusieurs produits dont :

  • Live Objects[49] : plateforme de gestion des objets connectés ainsi que de collecte et d'hébergement des données recueillies. Elle permet aux entreprises de sélectionner des objets connectés et des capteurs sur catalogue, indépendamment du protocole utilisé (LoRa, SMS, MQTT, REST…) mais aussi de stocker et traiter les données issues des objets et de les visualiser[50].
  • Flexible Data : un environnement big data complet.
  • Flux vision : solution data qui convertit les données issues du réseau mobile en données statistiques de déplacement de population.

Orange ambitionne de réaliser 600 millions d'euros de chiffre d'affaires dans l'IdO[51].

Altice est concentrée sur le M2M (Machine to Machine) qui permet de connecter des objets à travers des cartes SIM et qui permet l'échange de messages beaucoup plus grands que le bas débit de LoRa.

Pour mettre en communication les capteurs et les petits objets, Altice s'appuie sur un partenariat signé avec le concurrent Sigfox qui gère déjà 7 millions d'objets dans quatorze pays[52].

Composants systèmes

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L'Internet des objets n'est pas une technologie mais un système de systèmes où l'intégration de tous les composants induit une complexité que l'interopérabilité diminue mais n'évite pas. La gestion des interfaces y est déterminante. Voici les principaux systèmes technologiques nécessaires au fonctionnement de l'IdO[15] :

Type de systèmes Identification Capteurs Connexion Intégration Traitement de données Réseaux
Enjeux Reconnaître chaque objet de façon unique et recueillir les données stockées au niveau de l'objet. Recueillir des informations présentes dans l'environnement pour enrichir les fonctionnalités du dispositif. Connecter les systèmes entre eux. Intégrer les systèmes pour que les données soient transmises d'une couche à l'autre. Stocker et analyser les données pour lancer des actions ou pour aider à la prise de décisions. Transférer les données dans les mondes physiques et virtuels.
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