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PT-76

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PT-76
Image illustrative de l’article PT-76
Un PT-76B au musée militaire de Verkhniaïa Pychma, oblast de Sverdlovsk, en Russie
Caractéristiques de service
Service 1952-2021 (infanterie de marine russe)
Utilisateurs près de 40 pays
Production
Concepteur usine Kirov
Année de conception 1949-1951
Constructeur usine de tracteurs de Volgograd, usine Kirov
Production 1952-1959 (PT-76)
1959-1967 (PT-76B)
Unités produites 1143 exemplaires
1896 exemplaires
Variantes PT-76B
Caractéristiques générales
Équipage 3 chef de char/tireur, chargeur et pilote
Longueur 7,63 m (avec le canon)
6,91 m (caisse)
Largeur 3,15 m
Hauteur 2,325 m
Garde au sol 37 cm
Masse au combat 14 t
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type acier haute dureté 2P
6 mm à 15 mm d'épaisseur
Armement
Armement principal un canon D-56T ou D-56TM de 76,2 mm (40 obus)
Armement secondaire une mitrailleuse coaxiale SGMT ou PKT de 7,62 mm (1 000 cartouches)
Mobilité
Moteur V-6 à six cylindres en ligne
Puissance 240 ch à 1 800 tr/min
Transmission manuelle (4 AV/1 AR)
Suspension barres de torsion
Vitesse sur route 44 km/h
Puissance massique 16 ch/t
Réservoir 250 ℓ (PT-76)
390 ℓ (PT-76B)
Autonomie 370 km (PT-76)
480 km (PT-76B)

Le PT-76 (appellation GABTU : Objet 740) est un char léger amphibie soviétique entré en service en 1952 au sein de l'Armée soviétique. Le PT-76 a été conçu conjointement à l'usine Kirov de Tcheliabinsk et à l'Institut de recherche en génie des transports entre 1949 et 1952 et fut produit à l'usine de tracteurs de Stalingrad (en) jusqu'en 1967. Une version améliorée du PT-76 appelée PT-76B apparaît en 1959. Le PT-76 a été largement exporté vers d'autres États amis, comme l'Inde, l'Irak, la Syrie, la Corée du Nord, le Nord-Vietnam et les pays du pacte de Varsovie. Le nom complet du char est Плавающий Танк 76 (ПТ-76) (Plavayushchiy Tank), soit littéralement char flottant 76 (PT-76) ; 76 représentant le diamètre d'obus de l'armement principal. Le PT-76 est un char très polyvalent utilisé notamment dans les rôles de reconnaissance, d'appui-feu et d'exploitation de percées. Son châssis a servi de base à un certain nombre d'autres véhicules, dont beaucoup conservent la capacité amphibie du PT-76.

Contexte technique et doctrinal

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Les chars légers soviétiques qui servaient principalement d'appui feu pour l'infanterie connurent à partir de 1943 un désintérêt de la part des autorités militaires et aucun nouveau développement n'est envisagé jusqu'à la fin de la guerre. En 1945, les projets reprirent en tentant de rattraper le retard accumulé en deux ans de guerre[1].

L'après-guerre avec l'arrivée d'armes nucléaires marque un changement important dans la conduite de l'offensive. Ainsi, la profondeur des opérations va être grandement augmentée due aux armes nucléaires déployées[2]. Pour suivre la cadence des assauts, les chars mobiles et fiables vont être privilégiés. C'est dans cette optique que des caractéristiques techniques vont devenir obligatoires comme le facteur amphibie, un grand réservoir, etc. Lors d'une détonation nucléaire, ces nouveaux véhicules vont devoir aussi opérer sur des terrains irradiés et ainsi posséder une capacité de défense face aux risques NRBC[1].

Balbutiements

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En 1947, à l'issue de réflexions tactiques, de nouvelles exigences pour les chars légers sont formulées. Les chars légers restant en Union soviétique dataient alors d'avant-guerre pour la plupart et étaient complètement obsolètes considérant le nouveau cadre de combat moderne. Ainsi, un appel d'offres est lancé aux usines de défense soviétiques avec un cahier des charges techniques précis. Le char léger de nouvelle génération doit être amphibie, ne doit pas dépasser 20 tonnes, doit avoir des performances similaires au T-34-85 tant du point de vue de la mobilité que de l'armement et doit pouvoir résister à des canons automatiques légers[3].

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L'usine Krasnoïé Sormovo dirigée par A.S. Okunev répond en 1947 à l'appel et entame pendant un an une phase de conception pour le futur char léger de l'armée soviétique. L'usine avait déjà proposé un projet de véhicule similaire mais armé d'un canon de calibre 76,2 mm durant l'année 1946 ; mais le ministère du Génie des transports ne répondit pas directement à cette demande. Le véhicule selon le cahier des charges nouvellement établi devait posséder un moteur DOG-400 d'une puissance de 400 ch qui devait atteindre une vitesse de 50 km/h sur route et 12 à 13 km/h en baignade. Le véhicule devait aussi posséder un canon de calibre 85 mm dérivé du canon ZiS-53 équipant alors le T-34-85. Il posséderait une protection capable de résister aux balles de calibre 14,5 mm sur l'ensemble du véhicule. Le véhicule devait aussi posséder des flotteurs sur le côté de la coque afin d'assurer la flottabilité en baignade. Le projet fut stoppé à la suite d'une décision du ministère du Génie des transports due aux flotteurs qui sont jugés trop lourds et qui demanderaient un grand effort logistique pour les déployer[1].

Le , par décret du Conseil des ministres de l'Union soviétique, l'usine Krasnoïé Sormovo est chargée de concevoir un véhicule similaire qui n'utilise pas de flotteurs. Le nouveau véhicule doit être remis dans l'année 1949. Le cahier des charges stipule dorénavant que le char ne doit pas dépasser 15 tonnes et doit posséder un canon de calibre 76,2 mm LB-76T conçu pour ce projet car le 85 mm est jugé trop lourd. Le , le projet est soumis aux autorités militaires et est confirmé pour la continuation du projet. Le , un nouveau prototype construit nommé R-39 (Objet 101 (ru)) est testé en usine. Un second prototype est construit en . La préoccupation première des concepteurs était de régler le problème de flottabilité du véhicule sans utiliser de flotteurs. Le premier prototype utilise des flotteurs légers alors que le second n'utilise plus de flotteurs au prix du déplacement de la tourelle. La vitesse du second prototype atteint alors 7 km/h en baignade. Cependant, le véhicule demeure largement fragile en baignade et les déplacements dans l'eau restent toujours dangereux[1].

Concrétisation : Objet 270 et 740

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À la suite de l'impasse donnée au projet à l'usine Krasnoïé Sormovo, le , par décret du conseil des ministres de l'Union soviétique, le projet est dorénavant confié conjointement à l'usine Kirov de Tcheliabisnk (ChKZ) et à l’Institut de recherche en génie des transports (VNII-100). 31 designers de l'usine Krasnoïé Sormovo vont participer aux travaux chez ChKZ. La direction conjointe pour les deux projets est confiée à Joseph Kotine. Le projet du VNII-100 est dirigé par G.N. Moskvin et A.N Sterkin et leur char était dénommé Objet 270. Chez ChKZ, les directeurs sont L.S Troyanov et N.F Shashmurin avec leur Objet 740[1].

Quatre options de propulsion dans l'eau ont été formulées pour l'Objet 740. Le véhicule pouvait être propulsé par des hélices tunnel, hélices rétractables, jets d'eau ou grâce aux chenilles. Deux propositions pour le véhicule furent étudiées à ChKZ. La première est portée par L.S Troyanov et souhaite conserver la disposition de l'Objet 101 (ru). La seconde portée par N.F Shashmurin modifie profondément la forme du véhicule avec un changement de moteur[1].

À la date du , seule la seconde proposition portée par Shashmurin de l'Objet 740 fut retenue et ainsi les travaux sur l'Objet 270 du VNII-100 et la première option de Troyanov furent stoppés. Le moteur choisi par ChKZ est le V-6, dérivé du V-2, d'une puissance de 240 ch. En , un prototype sans tourelle est conçu pour tester la flottabilité de l'Objet 740. Ce véhicule porte la désignation d'Objet 728. Deux jets d'eau ainsi que des volets de contrôle furent installés sur l'Objet 728 pour assurer la flottabilité du véhicule mais des tests démontrèrent qu'elle n'est pas encore suffisante. Chez VNII-100, la participation au projet n'est pas nulle et un nouveau véhicule nommé Objet 270M qui est basé sur l'Objet 740 est conçu pour améliorer au maximum les capacités amphibies de l'Objet 740 notamment avec l’utilisation de jets d'eau expérimentaux qui seront retenus pour la version finale de l'Objet 740[1].

En , un prototype complet de l'Objet 740 est construit abandonnant le canon de 85 mm au profit du canon de 76,2 mm D-56T ou bien LB-62T conçu en 1949. Il subit des tests en usine et deux autres prototypes vont être construits dans la foulée et seront présentés à des tests d'état au polygone de tir de Polotsk le . D'autres tests vont s'échelonner entre juillet et qui vont confirmer la viabilité du véhicule. Les autorités militaires ont commandé la production d'un échantillon de 10 chars à l'usine de tracteurs de Stalingrad (en). Un bureau spécial dirigé par M.M. Romanov réalise entre mai et un premier lot de 10 chars destiné à des essais en régiment[1].

K-90 exposé au parc à thème Patriot Park de Koubinka

En 1950 et indépendamment des travaux de ChKZ et du VNII-100, le bureau de conception du comité d'ingénierie du ministère à la défense dirigé dans ce projet par A.F. Kratsev conçoit et construit un véhicule qui répond au même cahier des charges que l'Objet 740. Ce véhicule va être nommé K-90 (ru) et va posséder beaucoup de similitudes en commun avec l'Objet 740. Cependant le véhicule sera vite jugé inférieur à l'Objet 740 et sera stoppé à cette phase de prototype. Aujourd'hui, le prototype est conservé au musée des Blindés de Koubinka[1].

PT-76 américain

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En 1964, les États-Unis ont obtenu un PT-76 par des moyens non divulgués. Le char a été évalué par le Tank-Automotive Center en février et a été jugé inférieur aux chars américains.

L'après PT-76

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Malgré des performances à l'origine très bonnes notamment sur l'aspect de la maniabilité, le PT-76 souffre assez vite d'un manque cruel d'armement moderne. Le véhicule est limité par son calibre qui est devenu faible pour l'époque. Son blindage est aussi très limité et le char se révèle assez dépendant du support qui lui est apporté par des unités auxiliaires (aviation, artillerie). Enfin globalement l'équipement du véhicule ne suit que peu les avancées technologiques durant sa phase de production et se révèle largement en retard face à l'arrivée de nouveaux chars rivaux.

C'est pour ces raisons que très vite, la volonté de remplacer le PT-76 est formulée par les autorités militaires qui vont lancer officiellement un projet avec le char Object 906, développé à l'Usine de tracteur de Stalingrad/Volgograd, même si un projet mené ces mêmes ingénieurs de Stalingrad a déjà été proposé (Object 907). Après l'échec du 907 et du 906, les ingénieurs de Stalingrad/Volgograd vont tenter de recycler leur réponse à l'appel d'offres pour le futur BMP-1 (Object 911) en le transformant en un char léger successeur direct du PT-76 (Object 911B). Malheureusement pour les ingénieurs de Stalingrad/Volgograd, aucun de leur projet n'est retenu et le BMP-1 confirme bien sa place unificatrice entre char léger et transport de troupes aux yeux des autorités militaires soviétiques. Un dernier projet est ravivé dans les années 1970 et va se conclure avec des véhicules comme l'Object 934 ou bien l'Object 685 qui vont aussi donner un échec laissant sa place cette fois-ci au BMP-2.

Les projets pour la succession

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Ce char résulte d'une volonté des ingénieurs de l'usine de tracteurs de Stalingrad (en) d’améliorer la nouvelle base du PT-76B alors en création en 1959. Les principales différences avec le PT-76 sont un nouveau moteur plus puissant (V-6M) et une coque remodelée. Au-delà de ces ajouts, le véhicule diffère très peu du PT-76B. Le projet est proposé aux autorités militaires comme un successeur du PT-76 mais l'usine de tracteurs de Stalingrad (en) ne trouva aucun écho satisfaisant et le projet est abandonné à la fin de l'année 1960.

Objet 906
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