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Paul Huet

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Paul Huet
Paul Huet, détail d'une photographie de l'atelier Nadar[1].
Naissance
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Œuvres principales
signature de Paul Huet
Signature.

Paul Huet, né à Paris le et mort dans la même ville le , est un peintre et graveur français.

Il est l'élève de Pierre-Narcisse Guérin et d'Antoine-Jean Gros, mais est en rupture avec eux. Paul Huet reste connu pour ses paysages romantiques, œuvres tourmentées à la touche large, aux couleurs contrastées et aux sujets menaçants. Jouant d'opposition marquée d'ombres et de lumières devant une nature sauvage, Paul Huet a été un des peintres les plus proches de Lamartine, par l'expression romantique du paysage. Surnommé « le Delacroix du Paysage »[2], la modernité de sa peinture par sa facture, ses couleurs, sa quasi-absence de sujet, son travail en plein air font de l'artiste un précurseur de l'impressionnisme.

Paysage romantique avec Château, aquarelle, musée d'Art du comté de Los Angeles.

Paul Huet naît à Paris le au 212, rue des Boucheries-Saint-Germain, cinquième enfant d'une famille rouennaise de drapiers normands ruinée par la Révolution et l'Empire[3].

Il perd sa mère en 1810 et devient pensionnaire à Choisy-le-Roi, puis étudie au lycée Henri-IV à Paris. Il est impressionné par une eau-forte de Rembrandt sur laquelle est écrit en latin « Tacet, sed loquitur » (« muette mais parlante »).

En 1816, il devient l'élève de Jean Julien Deltil[4], dans son atelier de l'île Seguin qu'il fréquente pendant dix ans. Il suit également les cours de Pierre-Narcisse Guérin dont l'académisme le rebuta. Guérin lui déclare qu'« il ne sera jamais qu'un petit Van Loo[5] » et « jamais prix de Rome »[3]. À partir de 1819, il est dans l'atelier d'Antoine-Jean Gros aux Beaux-Arts de Paris[6]. Il est fasciné par le Chasseur à Cheval de Théodore Géricault.

Il étudie avec Gros de 1818 à 1822, non sans difficultés, car ce dernier le récuse comme élève au début. Il commence sa série de cavaliers avec Le Retour du grognard. En 1822, à l'Académie Suisse, il rencontre Eugène Delacroix qui vient de présenter au Salon sa Barque de Dante et celui-ci vient le voir peindre L'Orage à la fin du jour ou Le Cavalier dans sa chambre du 27, rue Madame. Une profonde amitié va unir les deux hommes pendant toute leur vie[7].

La mort de son père en 1823 le met en difficulté financière. Il peint alors de nombreux bouquets de fleurs et séjourne en Normandie, où il peint des paysages lors de voyages pittoresques qu'il pratique toute sa vie durant (Houlgate, Trouville-sur-Mer ou Granville).

En 1826, il rencontre Bonington, qui l'initie à l'art de Constable qu'il a découvert au Salon de 1824. Le graveur anglais Samuel William Reynolds, graveur de Joshua Reynolds, vient le visiter et l'encourager. Influencé par Bonington et les frères Fiedling, il est reproché à Huet d'être un imitateur de l'école anglaise[8], mais il est aussi, par la suite, crédité d'avoir initié le travail des paysagistes qui peignaient sur le motif, hors des ateliers.

Fin 1829, Paul Huet réalise une Vue générale de Rouen, prise du Mont-aux-Malades pour un diorama[9],[10].

Début au Salon

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Bien que gravement malade en 1826 — probablement à cause de malnutrition —, Paul Huet débute au Salon en 1827. En 1828, il séjourne à nouveau en Normandie, où il développe avec Bonington un fructueux échange artistique, au cours de séances de travail en plein air[11]. On peut voir dans les œuvres de cette période l'influence de Turner dont les River's Scenery pousse Paul Huet dans une nébulosité et une imprécision[12].

Victor Hugo découvre son atelier avec enthousiasme : « C'est un jeune homme du plus beau talent. Vous partagerez la satisfaction de Delacroix et la mienne », écrit-il[12]. Républicain engagé, Paul Huet prend part aux journées de 1830 et s'implique dans les batailles politiques dans une opposition virulente à la monarchie de Juillet. Il pratique la caricature politique sur l'instance de Daumier, alors interné à la prison Sainte-Pélagie[13], mais publie également de nombreuses eaux-fortes, présentées à la galerie Gaugain où la duchesse du Berry le découvre et achète Une chaumière. Il tombe gravement malade. Remis, il voyage à travers l'Auvergne, la vallée du Rhône jusqu'à Aigues-Mortes ; la pratique de l'aquarelle devient déterminante.

Il devient un intime de l'écrivain Lamartine, dont il apprécie le lyrisme, mélange d'exaltation et de profonde mélancolie, depuis qu'il a lu en 1820 les Méditations Poétiques[14]. L'œuvre de Paul Huet s'inscrit alors pleinement dans le mouvement romantique. Ses amis sont Delacroix, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Lamartine.

Vue de Villeneuve-lès-Avignon (1833), aquarelle, Paris, musée du Louvre.

L'irascible Delécluze, défenseur de Ingres, lui reproche dans le Journal des débats en 1833 de « négliger absolument le dessin » alors que la Vue générale de Rouen de Paul Huet est récompensée par une médaille au Salon de la même année[15]. En juillet, Paul Huet, encouragé par Granet, descend dans le Midi son carnet d'aquarelles sous le bras. En août et en septembre, il se rend à Arles, Nîmes et Aigues-Mortes[16].

En 1834, il épouse sa nièce, Céleste Richomme[17], peintre et copiste. À partir de 1835, sa touche s'affermit. En 1837, il est nommé professeur de dessin de la duchesse d'Orléans avec l'entremise d'Alexandre Dumas qui s'amuse qu'un républicain se mette au service de la noblesse. Il est reçu par George Sand à Nohant et correspond avec elle[18].

Arques-la-Bataille (1839), musée des Beaux-Arts d'Orléans.

En 1839, alors que Daguerre vient d'inventer son procédé photographique, le duc d'Orléans commande au peintre une suite d'aquarelles sur les villes méridionales. Le peintre est saisi par cette invention, il écrit à son ami Ducaisne : « Je suis tout étourdi de la découverte de Daguerre (mais) je suis sans inquiétude pour l'art lui-même[19]. » La même année, après plusieurs séjours du couple dans le Midi et à