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Saint-Junien

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Saint-Junien
Saint-Junien
Hôtel de ville.
Blason de Saint-Junien
Blason
Image illustrative de l’article Saint-Junien
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Haute-Vienne
Arrondissement Rochechouart
Intercommunalité Communauté de communes Porte Océane du Limousin
(siège)
Maire
Mandat
Hervé Beaudet
2026-2032
Code postal 87200
Code commune 87154
Démographie
Gentilé Saint-Juniauds
Population
municipale
11 415 hab. (2023 en évolution de +1,9 % par rapport à 2017)
Densité 201 hab./km2
Population
unité urbaine
11 415 hab. (2023 en évolution de +1,9 % par rapport à 2017)
Géographie
Coordonnées 45° 53′ 14″ nord, 0° 54′ 04″ est
Altitude Min. 157 m
Max. 317 m
Superficie 56,82 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Saint-Junien
(ville isolée)
Aire d'attraction Limoges
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Junien
(bureau centralisateur)
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Saint-Junien
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Saint-Junien
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Saint-Junien
Liens
Site web www.saint-junien.fr

Saint-Junien est une commune du centre-ouest de la France située dans le département de la Haute-Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine et l'ancienne province historique du Limousin. Chef-lieu de canton, elle est bordée par la Vienne quand celle-ci, au pied des monts de Blond, sort de son parcours tortueux et du Massif central.

Avec 11 415 habitants au dernier recensement de 2023, c'est la deuxième ville du département par la population, après Limoges, alors qu'elle n'est même pas sous-préfecture, ce statut ayant été attribué aux villes voisines de Rochechouart à 9 km au sud, et de Bellac à 30 km au nord-est, pourtant toutes deux peuplées de 4 000 habitants environ.

Cité de tradition industrielle, la ville est célèbre pour ses papeteries, son industrie du feutre, ses mégisseries et ses ganteries. La ganterie se développe dès le Moyen Âge et acquiert au XVe siècle une grande renommée. Aujourd'hui, une centaine d'ouvriers et trois fabriques produisent annuellement près de 1 500 000 paires de gants, dont plus du quart est exporté.

Saint-Junien est également connue pour ses ostensions, processions cultuelles très populaires.

Saint-Junien est en outre l'une des six villes portes du parc naturel régional Périgord-Limousin.

Ses habitants sont appelés les Saint-Juniauds.

Géographie

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Localisation

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La commune se situe dans l'ouest du département de la Haute-Vienne, à 30 km à l'ouest de Limoges, 33 km au sud-ouest de Bellac, 27 km au sud-est de Confolens, 72 km au nord-est d'Angoulême et 10 km au nord-est de Rochechouart. Elle est directement limitrophe du département de la Charente.

Communes limitrophes

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Les communes limitrophes sont Brigueuil, Chaillac-sur-Vienne, Étagnac, Oradour-sur-Glane, Saillat-sur-Vienne, Saint-Brice-sur-Vienne, Saint-Martin-de-Jussac et Saulgond.

Géologie et relief

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La superficie de la commune est de 5 682 hectares ; l'altitude varie entre 157 et 317 mètres[2]. La commune se trouve dans l'emprise du cratère de la météorite de Rochechouart.

Hydrographie

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Elle est bordée au sud par la Vienne, dans laquelle se jette la Glane à l'ouest de la ville. Au nord, la commune est délimitée par le Goire.

Voies de communication et transports

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Saint-Junien est située sur la RN 141 (Saintes-Angoulême - Limoges - Aubusson - Clermont-Ferrand). L'accès se fait par l'Sortie de Bellac-Saint-Junien.

La ville est également établie sur un axe nord-est/sud-ouest, représenté par la RD 675 (Bellac - Rochechouart - Nontron - Périgueux).

Ligne Caractéristiques
L18 ANGOULÊME ↔ Saint-Junien ↔ LIMOGES-BÉNÉDICTINS
Longueur
118,8 km
Durée
1 h 50
Nb. arrêts
13
Soirée / Dimanche - Férié
 Non / ✔️
Horaires
4 h 50 - 18 h 40
Réseau
TER Nouvelle-Aquitaine

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique altéré », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[3]. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[4].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 1]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[3]

  • Moyenne annuelle de température : 11,7 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 3,3 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 6 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 2] : 15,1 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 3] : 964 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 13,3 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 7,6 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[7] complétée par des études régionales[8] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1996 permet de connaître en continu l'évolution des indicateurs météorologiques[9]. Le tableau détaillé pour la période 1981-2010 est présenté ci-après.

Statistiques 1991-2020 et records station ST JUNIEN (87) - alt : 271 m, situation : lat : 45°54'02"N, lon : 0°55'01"E (à 1,9 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
18,5
28.1.2024
24,2
27.2.2019
25,9
19.3.2005
29,8
30.4.2005
34,9
26.5.2026
41,9
22.6.2026
39,5
18.7.2022
39,7
5.8.2003
35,6
4.9.2023
30,9
1.10.2023
23,9
1.11.2015
18,3
31.12.2021
41,9
2026
Maximale moyenne 8,2 9,5 13,3 16,3 19,6 23,5 25,4 25,6 22,2 17,6 11,8 8,9 16,8
Moyenne 5 5,4 8,4 11 14,3 17,9 19,5 19,5 16,3 13 8,1 5,6 12
Minimale moyenne 1,8 1,4 3,6 5,7 9 12,4 13,7 13,3 10,3 8,4 4,4 2,2 7,2
Record de froid
date du record
−10,5
9.1.2009
−13,6
6.2.2012
−11,8
1.3.2005
−5,3
4.4.2022
−1,1
8.5.1997
3,5
7.6.2020
5,4
10.7.2004
5,2
21.8.2014
1,1
28.9.2008
−4,7
30.10.1997
−9,4
24.11.1998
−11,7
24.12.2001
−13,6
2012
Précipitations
Hauteur (mm) 87,9 72,6 77,9 84,9 89,3 71,9 57,7 67,7 61,8 82,7 100,4 102,3 957,1
≥ 1 mm (jours) 13,3 11,5 11,5 11,8 11,2 9,2 8,2 8,9 8,4 11,4 14,2 13,3 132,8
≥ 5 mm (jours) 5,7 5 5,8 6,3 5,6 4,8 3,8 4,4 4,1 5,4 6,3 7 64,1
≥ 10 mm (jours) 2,6 2,3 2,3 2,7 2,9 2,4 2,1 2,4 1,7 2,3 3,5 3,4 30,6
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
51,4
18.1.1998
35,8
3.2.2003
49
29.3.2024
36,5
30.4.2015
49
20.5.2014
46,6
4.6.2002
29,4
13.7.2021
42,5
8.8.2015
38,6
15.9.2006
63,1
20.10.2009
45,6
6.11.2000
37,4
18.12.1997
63,1
2009
Source : « Fiche 87154003 » [PDF], sur meteofrance.s3.sbg.io.cloud.ovh.net/data, édité le : 06/10/2026 dans l'état de la base
8,2
1,8
87,9
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
9,5
1,4
72,6
fév.
13,3
3,6
77,9
mars
16,3
5,7
84,9
avril
19,6
9
89,3
mai
23,5
12,4
71,9
juin
25,4
13,7
57,7
jui.
25,6
13,3
67,7
août
22,2
10,3
61,8
sep.
17,6
8,4
82,7
oct.
11,8
4,4
100,4
nov.
8,9
2,2
102,3
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Saint-Junien est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 4],[10],[11],[12]. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Junien, une unité urbaine monocommunale[13] de 11 382 habitants en 2022, constituant une ville isolée[14],[15].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Limoges, dont elle est une commune de la couronne[Note 5]. Cette aire, qui regroupe 127 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[16],[17].

Occupation des sols

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L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (70,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (75,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (50,8 %), zones agricoles hétérogènes (17,9 %), forêts (13,4 %), zones urbanisées (10,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,4 %), terres arables (2,2 %), eaux continentales[Note 6] (1,4 %), mines, décharges et chantiers (0,1 %)[18]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine

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En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 6 659, alors qu'il était de 6 036 en 2009[a 1].

Parmi ces logements, 87,3 % des logements, 3,8% des résidences secondaires et 8,9% des logements vacants. Ces logements étaient pour 68,2 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 31,8 % des appartements[a 2].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants, était de 58,1 %, en légère hausse par rapport à 2009 (58,0 %). La part de logements HLM loués vides (logements sociaux), qui était de 20,7 % en 1999, n'était plus que de 17,9 % en 2009, leur nombre ayant baissé : 995 contre 1 019[a 3].

Projets d'aménagements

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Risques majeurs

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Le territoire de la commune de Saint-Junien est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à deux risques technologiques, le transport de matières dangereuses et la rupture d'un barrage, et à un risque particulier : le risque de radon[19]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[20].

Risques naturels

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Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment la Vienne, la Glane et le Goire. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1993 et 1999[21],[19]. Le risque inondation est pris en compte dans l'aménagement du territoire de la commune par le biais du plan de prévention des risques inondation (PPRI) de la « Vienne d'Aixe à Saillat », approuvé le [22].

Carte des zones d'aléa retrait gonflement des sols argileux de Saint-Junien.

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie[23]. 34,2 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (27 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national métropolitain)[Carte 2]. Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort[Note 7],[24].

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et par des mouvements de terrain en 1999[19].

Risque technologique

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La commune est en outre située en aval des barrages de Lavaud-Gelade, dans la Creuse, de Saint-Marc et de Vassivière, des ouvrages de classe A[Note 8]. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à la rupture de cet ouvrage[26].

Risque particulier

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Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Selon la classification de 2018, la commune de Saint-Junien est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif[27].

Plaque de rue de la place Lénine (ici en 2020).

Saint-Junien est une ville de forte tradition communiste, marquée par la municipalité de Joseph Lasvergnas (1919-1939), Martial Pascaud (1944-1965), Roland Mazoin (maire de 1965 à 2001), Pierre Allard (maire de 2001 à 2024), Hervé Baudet (maire depuis 2024). Ces deux derniers sont membres de l'Alternative Démocratie Socialisme (parti localement implanté né d'une scission avec le PCF). Cette particularité est en grande partie due à l'importance du secteur industriel ouvrier de la ganterie aux XIXe et XXe siècles, à l'instar de Limoges.

Ce contexte historique et politique explique de nombreux noms de rues : l'odonymie de Saint-Junien a fait l'objet d'une recherche approfondie menée par des élèves du collège Louise-Michel sous la direction de deux professeurs[28]. En voici des exemples marqués politiquement :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un des volets de la politique du régime de Vichy concerne le nom des rues. S’appuyant sur des dispositions remontant aux derniers mois de la Troisième République[29], il impose la débaptisation de rues dont le nom ne concorde pas avec ses valeurs, notamment celles évoquant l’Angleterre (anglophobie), les Juifs (antisémitisme), le communisme etc. Deux rues de la ville consacrées à des Communards (Eugène Varlin et Zéphirin Camélinat) sont débaptisées[30].

Préhistoire et Antiquité

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Saint-Junien ne semble pas avoir été habité aux temps préhistoriques. Certes, au nord comme au sud de la ville, les dolmens et les menhirs de l'époque néolithique sont relativement nombreux, notamment aux abords des monts de Blond et dans la région de Rochechouart où l'on trouve aussi des outils en pierre. Cependant, les forêts profondes et les vallées humides n'offraient pas des conditions favorables à l'établissement de l'Homme. Cela explique l'absence de vestiges préhistoriques à Saint-Junien, situé à la confluence de la Vienne et la Glane, deux cours d'eau aux rives encaissées.

Pour ces mêmes raisons, la civilisation gallo-romaine, attestée à Chassenon par un grand sanctuaire et des thermes publics, ainsi qu'à Javerdat par des restes de sépultures et de villas, n'a laissé à Saint-Junien que le souvenir de Comodoliac cité en 1316 dans la Chronique d'Etienne Maleu, jeune chanoine chargé par le chapitre de la Collégiale de Saint-Junien de « tenir registre de tous les événements relatifs à la communauté depuis sa fondation »[31].

Dans les rues de Saint-Junien, réemploi d'un monument gallo-romain.
Calvaire oublié sur la route du moulin de l'hôpital, Saint-Junien.

Dès l’an 500, un ascète d’origine panonnienne (Hongrie actuelle), saint Amand, choisit un gîte sur la rive droite de la Vienne, non loin de son confluent avec la Glane, dans une région appelée Comodoliacum. L’évêque de Limoges Rorice Ier lui offre une humble cellule. C’est alors que Junien, originaire du Nord, fils d’un comte de Cambrai, baptisé par saint Remi de Reims, quitta sa famille à l’âge de 15 ans et devint un disciple de saint Amand. Il frappa à la porte de l’ermite, mais celui-ci ne lui répondit pas. La nuit, Junien fut épargné par la neige qui tombait. Il vécut en ermite et après la mort de son maître, vécut à l’emplacement de l’actuelle collégiale. Durant sa vie, il est dit qu'il accomplit quatre grands miracles. Il débarrassa la région d’un dragon qui dévorait bêtes et humains, en le chassant à l’aide d’une croix. Il délivra les Poitevins du feu intérieur qui les brûlait grâce à de l’eau d’une source. Il jeta le démon dans un gouffre, en faisant le signe de croix. Et Junien chassa le démon du neveu de l’évêque de Limoges, Rorice, qui en 540 devenu lui-même évêque (Rorice II) présida ses obsèques. L’évêque fit élever un oratoire à sa mémoire, puis une église desservie par des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Saint Junien est invoqué pour la guérison des aveugles et des paralytiques.

Salle des fêtes de Saint-Junien.
Collégiale Saint-Junien.
Façade de la collégiale Saint-Junien.
Centre Hospitalier.

En 593, Grégoire de Tours est frappé par l’importance du pèlerinage sur le tombeau du saint. Une telle affluence provoque rapidement la naissance d’une agglomération autour de l’abbaye construite en l’honneur du saint. Mais le monastère est détruit par les Normands en 866. Après une tentative de restauration autour de l'an 900, l’abbaye vivote jusqu’à sa sécularisation par Sylvestre II en l’an 1000. Les chanoines ne résidant plus dans l’abbaye, ils contribuent à la renaissance de la ville par la construction de leurs habitations. Un prévôt, saint Israël, entreprend de rebâtir l’église, et ses successeurs poursuivent son œuvre jusqu’à sa consécration en 1100. À la fin du XIIIe siècle, à la suite de troubles et d’incursions armées, la cité est entourée de hautes murailles percées de quatre portes principales.

Au XIVe siècle, le chanoine Étienne Maleu rédige une chronique latine qui retrace l'histoire de Saint-Junien depuis la fondation de l'abbaye[32],[33],[34],[35].

Au XVe siècle, outre l’église qui est le seul monument encore existant de nos jours, l’ensemble collégial comprend cloître, pressoir, granges, psallette du chapitre (école de musique), ensemble épiscopal du seigneur évêque (logis, chapelle, prison, salle de justice) et le cimetière. En 1577, pendant les guerres de Religion, Léonard de Mascureau, un huguenot, est gouverneur de la ville.

Les Hospitaliers

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Les Hospitaliers de la commanderie de Limoges (Le Palais-sur-Vienne) et du grand prieuré d'Auvergne étaient implantés à Saint-Junien. En 1602, on mentionne un commandeur de Limoges et de Saint-Junien et les archives départementales conservent plusieurs terriers établis au cours du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle. En 1727, son commandeur était frère Marc de la Richardie d'Auliac[36]. Ce membre était appelé « Le Temple de Saint-Junien », ce qui laisse supposer une origine templière.

Révolution française

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Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795, sous le nom de Junien-la-Montagne.

Seconde Guerre mondiale

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Par décret du pris après la signature du pacte germano-soviétique, les municipalités communistes sont suspendues. Joseph Lasvergnas, maire communiste depuis 1919, doit quitter son poste le . Le préfet nomme alors une délégation spéciale habilitée à prendre les mêmes décisions qu'un conseil municipal. Son directeur est Emile Gibouin (1871-1952), directeur des papeteries du Limousin et ancien maire de Saint-Martin-de-Jussac, classé à droite[37]. Joseph Lasvergnas l'avait proposé au préfet, car étant le moins marqué politiquement et le plus compétent[38].

Le , la délégation spéciale qui administre la ville décide de changer le nom des rues et places à connotation marxiste. Ainsi, la place Lénine devient la place Sergent Maginot, l'avenue Rosa-Luxembourg devient l'avenue Foch, la rue Karl Marx devient la rue Clemenceau[39]. Deux autres rues subissent le même sort en  : l'avenue Henri Barbusse (écrivain communiste) devient avenue Edouard Branly et l'avenue Vaillant-Couturier (un des fondateurs du parti communiste français) reprend le nom de avenue Thiers[40].

voit l'arrivée en Haute-Vienne de réfugiés de Schiltigheim (Bas Rhin), évacuée car trop proche d'un éventuel front de combat. À Saint Junien, les Alsaciens sont logés soit dans des cantonnements dans le quartier du Châtelard, soit dans des logements de particuliers. Une mairie provisoire de Schiltigheim ouvre au 8-10 place de la République[41].

Après leur retour en Alsace (annexée au Reich) pendant l'été 1940, ils sont remplacés par des réfugiés lorrains de Fonteny (Moselle)[42],[43].

Le , la ville subit un raid aérien (probablement la Légion Condor qui largue 12 bombes, faisant 2 blessés)[44]. À la signature de l'armistice du , Saint-Junien se retrouve en zone libre. La campagne de 1940 a tué 17 Saint-Juniauds et 477 sont prisonniers de guerre[44]. En , Martial Pascaud forme un des premiers réseaux de résistance[44].

Le , l'avenue Jean Jaurès est rebaptisée avenue Pétain, par arrêté préfectoral[45]. Vichy nomme Emile Gibouin maire le [46]. Puis un arrêté préfectoral nomme les membres du nouveau conseil municipal, qui se réunit pour la première fois le [47].

Le maréchal Pétain se voit remettre, par une délégation d'industriels gantiers, 240 paires de gants de peau pour lui-même et sa garde personnelle le [48]. Puis, accompagné de l'amiral Darlan, il visite la cité gantière le , à l'occasion de son voyage en Limousin[49]. Martial Pascaud, communiste, est alors emprisonné par la gendarmerie de St Junien pendant trois jours[50].

En , les habitants juifs de Saint-Junien doivent se faire recenser auprès de la mairie[51]. Le décède l'ancien maire communiste Joseph Lasvergnas. 3000 personnes assistent à ses obsèques et la police tente en vain de diriger l'imposant cortège funèbre directement vers le cimetière pour désengorger les artères de la ville[52].

Village de Glane, plaque honorant Louis René Patriarche, résistant mort pour la France.
Village de Glane, plaque honorant Roger Bissirieix résistant mort pour la France.

Après le débarquement allié en Afrique du Nord (Opération Torch), les Allemands occupent la zone libre (). La résistance s'intensifie. Par des plaques commémoratives sur les maisons, le village de Glane (surnommé le « petit Moscou » en raison de sa forte population ouvrière marxisée) honore les résistants qu'il a abrités et qui sont morts pour la France. Pendant l'été 1943, des botteleuses des campagnes de St Junien, Rochechouart, Saulgond, Etagnac et Blond sont mises hors d'usage, pour éviter l'envoi du fourrage en Allemagne[53]. Le , les résistants fleurissent le monument aux morts[54].

En 1944, les actions de la résistance se multiplient. Des accrochages ont lieu entre des SS et les résistants le [55]. Dans la nuit du 7 au , les résistants tentent de faire sauter le viaduc ferroviaire sur la Vienne. Devant leur échec, ils déboulonnent les rails, font dérailler une locomotive et quelques wagons et la ligne Angoulême-Limoges est interrompue. Dans la matinée du , des maquisards investissent la ville (sans garnison allemande), la mairie de Saint-Junien et le siège de la légion des combattants[56]. Le soir à 19 h, le train en provenance d'Angoulême s'arrête avant le viaduc encombré et les passagers en descendent pour passer à pied sur l'ouvrage d'art et prendre un autre train de l'autre côté, pour poursuivre le voyage jusqu'à Limoges. Parmi eux, dix soldats allemands en armes. L'un d'eux est abattu par les maquisards. Informée de l'incident, la Kommandantur de Limoges dépêche un train chargé de soldats de la Wehrmacht et d'agents de la Gestapo. Ce train arrive à 23 h 15 et les Allemands exigent du maire les plans de la ville. Le lendemain matin, la Gestapo interroge le maire pour obtenir des noms de résistants et de communistes, en vain[56]. Ce même , des ouvriers sont réquisitionnés pour ériger des barricades et tranchées sur la place de la gare[56]. À 14 h, la ville passe sous le contrôle direct de la Wehrmacht. Un couvre feu est instauré, les cinémas sont fermés et il est interdit de quitter la ville sans autorisation[57]. Au cours de l'après-midi, des éléments de la 2e division SS Das Reich (premier bataillon du régiment Der Führer, sous le commandement du major Adolf Diekmann) qui a pour chef Heinz Lammerding, stationnent à Saint Junien. Adolf Diekmann établit son QG à l'hôtel de la gare ; c'est là, dans la salle du rez-de-chaussée, qu'est décidée la destruction d'Oradour-sur-Glane au cours d'une conversation avec des hommes de la Gestapo et de la Milice française de Limoges dirigée par Jean de Vaugelas et Jean Filiol[58]. Il est probable que les représailles devaient initialement toucher Saint-Junien, option finalement écartée en raison de la trop grande taille de la ville et de la présence de résistants[59]. Vers 19h, Eugène Bass, résistant de l'Armée Juive -Organisation Juive de Combat, agent de liaison et faux papiers, est arrêté par la Gestapo à la gare, au moment de repartir pour Limoges. Il sera exécuté et son corps retrouvé route de Rochechouart au lieu dit Chez Mondie[60]. Quelques escarmouches avec les maquisards ont lieu pendant la nuit[56]. Le samedi , à 13 h, une partie de la troupe SS quitte Saint-Junien pour rejoindre Nieul, en passant par Oradour-sur-Glane, où elle massacre 643 habitants . La troupe poursuit sur Nieul, lieu de rassemblement de la division, pour faire route ensuite vers le front de Normandie le [56].

L'arrière garde SS quitte Saint-Junien le dimanche après-midi. La Wehrmacht se maintient dans la ville[56].

Le , les résistants du maquis de Pressac, commandés par le colonel Bernard (Bernard Le Lay, typographe au journal L'Humanité)[61], entrent dans la ville[44]. Bernard proclame la libération de Saint Junien par un discours devant la mairie[62]. L'Abeille de St Junien, journal hebdomadaire, est réquisitionné par les forces françaises de l'intérieur[63], puis devient l'organe du Comité local de Libération[64]. Il prend le nom de Délivrance le . Le , après les combats de Blond, les Allemands avancent en direction de Saint-Junien. Les résistants Francs tireurs partisans du colonel Bernard, alertés par les habitants[65], contre-attaquent et les Allemands se replient. Le conseil municipal d'Émile Gibouin est remplacé par le comité de Libération de Saint-Junien le , ce dernier faisant office de délégation municipale[66]. Le commissaire de la République, le préfet de la Haute-Vienne et le sous-préfet de Rochechouart, lors d'une grande cérémonie le , installent le nouveau conseil municipal provisoire, dirigé par le maire Martial Pascaud, résistant[67]. À partir de , une centaine de prisonniers russes, libérés des camps de concentration, sont abrités au Chatelard[68]. Mi- voit le début du retour des prisonniers de guerre, déportés politiques (dont l'abbé Jean Varnoux)[69] et déportés du travail[70]. Aux élections municipales d', la liste d'union patriotique républicaine antifasciste, menée par Martial Pascaud, obtient tous les sièges face à la liste du parti socialiste SFIO[71]. Martial Pascaud est élu maire le [72].

Activité industrielle

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Une mégisserie de Saint-Junien.

Située au centre d’une région d’élevage et ainsi favorisée par une abondance de matière première telle que peaux de chevreaux et d’agneaux, Saint-Junien bénéficie, en matière de tannage, des qualités exceptionnelles des eaux de la Vienne. Dès le XIe siècle, des maîtres artisans coupaient des gants dans des peaux qu’ils avaient eux-mêmes tannées. Au XVe siècle, la ganterie atteint une grande renommée. Vers 1872, l’apparition des premières machines à coudre et de la « Main de Fer » bouleversent les procédés de fabrication. L’apogée de la mégisserie et de la ganterie se situe en 1927 : quarante fabriques et plus d’un millier d’ouvrières et d’ouvriers travaillent au renom du gant de Saint-Junien. Au début du XXIe siècle, le prestige de certaines maisons locales, qui fournissent de grandes marques telles que Jacques Fath, Christian Dior, Hermès, Lanvin, Cacharel et d’autres, explique la place des gants de peau saint-juniauds qui représentent 45 % de la production française (soit plus de 480 000 paires par an) et sont exportés dans le monde entier[73].

Saint-Junien s’est affirmée aussi comme un lieu privilégié pour la production de papier. Au XVIIe siècle, se comptaient cinq moulins et l’apparition des machines à papier vers 1835 favorisa l’implantation de nombreuses papeteries. Les matières premières telles que la paille et ensuite le bois, abondant en Limousin, ont permis un rapide développement de cette industrie et de ses dérivés : l’impression, l’emballage, le cartonnage.

Le XIXe siècle reste comme le siècle de la prospérité économique de la ville, qui possède alors seize ganteries, treize mégisseries, huit papeteries et cinq tanneries[74].

Politique et administration

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Tendances politiques et résultats

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L'électorat de Saint-Junien est historiquement marqué à gauche, à l'image de la Haute-Vienne. Hormis la période 1939-1944, la ville n'a connu que des maires de gauche depuis 1919, et communistes ou apparentés depuis 1920. Ces derniers font preuve d'une longévité importante, avec 21 ans de mandat pour Martial Pascaud, 36 ans pour Roland Mazoin, et 23 ans pour Pierre Allard, réélu en 2020 pour un quatrième mandat, mais démissionnaire en 2024.

Lors des élections municipales de 2020, le maire sortant Pierre Allard, à la tête d'une liste d'union de gauche a été réélu au premier tour avec 61,16 % des voix face à la liste écologiste de Yoann Balestrat[75].

Administration municipale

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Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 10 000 et 19 999, le nombre de membres du conseil municipal est de 33[76].

Liste des maires

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Période Identité Étiquette Qualité
16 août 1944 28 mars 1965 Martial Pascaud[80] PCF Ouvrier papetier-sachetier, syndicaliste
28 mars 1965 18 mars 2001 Roland Mazoin PCF
puis ADS
Gérant de coopérative ouvrière de production
Député de la Haute-Vienne (2e circ.) (1981 → 1986)
Suppléant du député Marcel Rigout (1978 → 1981)
Conseiller général de Saint-Junien (1967 → 1973)
Conseiller général de Saint-Junien-Est (1973 → 2004)
Conseiller régional du Limousin
18 mars 2001 1er février 2024 Pierre Allard ADS Cadre de la CAF, adjoint au maire (1995 → 2001)
Conseiller général de Saint-Junien-Ouest (2001 → 2015)
Conseiller départemental de Saint-Junien (2015 → )
Vice-président du conseil départemental (2021 → )
Président de la CC Porte Océane du Limousin (2020 → 2026)
Réélu pour le mandat 2020-2026
Démissionnaire
4 mars 2024[81] en cours
(au 21 mars 2026)
Hervé Beaudet ADS Chef de cuisine en collège
Premier adjoint au maire (2014 → 2024)
Président de la CC Porte Océane du Limousin (2026 → )
Maire par intérim de février à mars 2024
Réélu pour le mandat 2026-2032

Instances judiciaires et administratives

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Politique environnementale

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  • Dans son palmarès 2024, l'