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Widukind

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Widukind
Illustration.
Statue moderne de Widukind à Herford, en Allemagne.
Titre
Chef des Saxons
? –
Prédécesseur Théodoric
Successeur Egbert
Biographie
Origine Saxons
Lieu de décès Possiblement Enger, près de Herford
Sépulture Stiftskirche, Enger
Famille Maison d'Odon
Religion Paganisme (jusqu'en 785 puis de nouveau à partir de 792)
Christianisme (de 785 à 792)

Widukind, en français Guiteclin, également connu sous le nom Widuking ou Wittekind, est un chef des Saxons et le principal adversaire du roi franc Charlemagne pendant la guerre des Saxons de 777 à 785.

Il est l'un des plus fermes opposants à la conquête franque et à la christianisation de son peuple, ce qui fait également de lui l'un des principaux adversaires que Charlemagne rencontre durant ses campagnes. Charlemagne prévaut finalement, organise la Saxe comme une province franque et ordonne la conversion des païens saxons au christianisme nicéen. Plus tard, Widukind devient un symbole de l'indépendance saxonne et une figure de légende - le Codex Wittekindeus lui aurait appartenu.

Au VIIIe siècle, le territoire saxon est bordé par la Thuringe au sud, la Rhénanie à l'ouest, les Slaves à l'est et la mer du Nord. À cette époque, trois peuples y cohabitent avec les Westphales de l'Ouest (Westfalen), voisins des Rhénans : les Angrivarii au centre (Angraren, « Angrivares »), les Estphales au sud-est (Ostfalen), voisins des Thuringes, et les Nordalbingiens au nord (Nordalbingen), voisins des Slaves. Tous sont adeptes de la mythologie germanique et descendent des peuples de l'ancienne Germanie.

À partir de 690, le prêcheur Willibrord d'Utrecht et beaucoup d'autres missionnaires chrétiens viennent évangéliser ces peuples.

À partir de 772, les Saxons attaquent la Thuringe : Charlemagne les repousse. Le roi franc emploie la force et la terreur pour soumettre les Saxons. Cette guerre, parée de légitimations religieuses (lutter contre le paganisme était un « devoir sacré »), détruisit systématiquement les lieux de culte comme l'Irminsul[Note 1]. « La destruction du célèbre sanctuaire païen d’Irminsul n’eut pour effet que de les inciter à se venger en brûlant les édifices religieux en Hesse »[1]. La conquête se doubla d'une conversion forcée des habitants, Charlemagne instaure le capitulaire de partibus Saxonie[2]. En , les Saxons rompent leur promesse contrainte, reprenant leurs incursions en Hesse et en Rhénanie. Charlemagne, occupé en Italie, lance contre eux quatre fortes colonnes qui dévastent tout sur leur passage.

En 775, Charlemagne convoque les grands de son royaume à Quierzy et décide d'en finir avec l'indépendance saxonne en convertissant les Saxons au christianisme. « La loi du fer de Dieu » consiste à choisir entre le baptême ou la mort. Les Francs entrent en Westphalie. Les Ostphaliens et Angrariens se rendent sans la moindre résistance tandis que les Westphaliens font subir des dommages importants à l'armée franque, jusqu'à l'arrivée du roi. Pour éviter d'être alors exterminés, ils se rendent et demandent la paix. Les Danois, alors connus sous le nom de Normands, attendent patiemment leur heure afin de reconquérir leurs territoires perdus, occasion qui se présente alors que Charlemagne retourne en Italie pour mater le duc de Frioul Rotgaud en 776. Ils reprennent des territoires, mais le retour rapide de Charlemagne les surprend et les oblige à capituler.

On sait très peu de choses sur la vie de Widukind. Son nom se traduit littéralement par « enfant de la forêt » (c'est-à-dire un loup)[3], plus probablement une kenning qu'un nom propre[4]. Toutes les sources à son sujet proviennent de ses ennemis, les Francs, qui peignent de lui une image négative, le représentant comme un « insurgé » et un « traître ». Widukind est considéré comme le chef de la résistance saxonne par les Francs. Son rôle historique s'inscrit dans le cadre des campagnes de Charlemagne contre les Saxons, qui ont lieu de 772 à 799 et que l'historien Pierre Riché a pu qualifier de « guerre de trente ans ».

Il épouse Geva, sœur de Siegfried, roi de Danemark, et d'Haithabu (Hedeby), ainsi que d'Halfdan, roi de Vestfold[5].

Comme son peuple, c'est un fidèle de la religion germanique durant le deuxième tiers du VIIIe siècle.

Widukind contre Charlemagne de 777 à 785

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La guerre entre Charlemagne et les Saxons, représentation du XIIIe siècle.

En 777, l'absence de Widukind à une assemblée des Saxons convoquée par Charlemagne à Paderborn est fort remarquée. Les Saxons, réunis en tant que vassaux du roi, acceptent de se convertir au christianisme. Fuyant la Saxe après la victoire du roi des Francs, Widukind s'était réfugié au Danemark dont le peuple pratiquait la religion scandinave. En 778, de retour en Saxe alors que l'armée franque est mobilisée en Hispanie, il organise la résistance saxonne. Sous son influence, les Saxons païens menacent l'abbaye de Fulda et contraignent les moines à la fuite ; ces derniers doivent emporter avec eux les reliques de Boniface de Mayence.

Néanmoins, un parti pro-franc se développe au sein de l'aristocratie saxonne, Charlemagne souhaitant y instaurer l'institution comtale. Widukind profite un temps de la politique d'expansion territoriale franque, qui tient Charlemagne éloigné de Saxe. Une fois ce dernier revenu, en guise de répression, il organise le massacre par décapitation de 4 500 personnes et réduit en esclavage 12 000 femmes et enfants parce qu'ils refusaient le baptême à Verden sur la Weser en 782[6]. Widukind se réfugie à nouveau chez ses voisins et se met sous la protection de « Sigfred roi des Danois[7] ». Après cette victoire, Charlemagne réorganise la Saxe, qui devient une province de son empire, et ordonne la conversion forcée des Saxons encore païens.

La plupart des « rebelles » ont été livrés à Charlemagne par les chefs saxons pro-francs, sauf Widukind, introuvable. Ayant à nouveau gagné le Danemark, celui-ci obtient le soutien des Frisons et des Danois établis au nord de l'Elbe. Les Francs sont battus par Widukind au mont Süntel en 782. S'ils sont victorieux l’année suivante, ils doivent hiverner dans le pays de 784 à 785 pour venir à bout du soulèvement.

En 785, Charlemagne instaure en Saxe le capitulaire De partibus Saxoniæ : les païens doivent se convertir sous peine de condamnation à mort