venir
Apparence
Étymologie
[modifier le wikicode]- (Siècle à préciser) Du latin vĕnīre (même sens). Parfaitement régulier en latin, ce verbe en passant en français, est devenu irrégulier, du fait de l’évolution phonétique (alternance des fortes et faibles au présent de l’indicatif ven/vien, amuïssement des voyelles finales atones ou prétoniques internes, épenthèse au futur et au conditionnel présent ; dans l’ordre, on pourrait retracer comme suit la morphologie du mot : *venirát > venrat > vendra > viendra, etc.).
Verbe
[modifier le wikicode]venir \və.niʁ\ ou \vniʁ\ intransitif perfectif 3e groupe (voir la conjugaison)
- Se rendre sur le lieu où se trouve celui qui parle ou dont on parle.
- venez ici, mon enfant. — (1854, Gustave Chouquet, Easy Conversations in French, page 9)
Vers la fin de l'automne, une nuit qu'il faisait sa garde habituelle entre ses deux compagnons Mahmoud et Saïd, ce dernier vint à lui et, légèrement embarrassé, lui confia qu'il aimait Fatouma et qu'il voudrait bien l'épouser.
— (Jehan d'Ivray, « Pour une femme (mœurs égyptiennes), chap. 1 », dans La Nouvelle Revue, tome 69 (avril-mai), Paris, 1891, p. 92)Il serait bon encore d’invoquer la protection du grand thaumaturge vers qui des milliers et des milliers de pèlerins venaient de toutes les provinces, de toutes les nations.
— (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)Un léger souffle l’avertissait de ces présences. Geisha le comparait à ces vagues vents coulis traversant certaines pièces bien closes sans qu’on puisse découvrir d’où ils viennent.
— (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 53)Le pain était arrivé, non sans peine et sans perte : en venant de Grandpré, où se trouvait la boulangerie, plusieurs chariots étaient restés embourbés, d’autres étaient tombés dans les mains de l’ennemi ; […].
— (Johann Wolfgang von Goethe, Campagne de France, 1822 ; traduction française de Jacques Porchat, Paris : Hachette, 1889, page 79)L’empressement des envoyés des puissances pour venir adresser leurs félicitations à la cour des Tuileries avait été extrême.
— (Albert Mansfeld, Napoléon III, Paris, 1861, volume 2, page 301)
- S’étendre jusqu’à un point précis, atteindre une limite.
La marée vient jusqu’à la falaise.
Votre fils me vient à l’épaule.
- Survenir, arriver, se produire inopinément ou fortuitement.
Le vent vient brutalement.
Un malheur ne vient jamais seul.
- Se déplacer en sens inverse, quand celui qui parle invite un autre à l’accompagner.
Nous allons nous promener, venez avec nous.
- Parvenir à la connaissance de quelqu’un.
Cette rumeur est venue jusqu’ici.
Il me vint à l’esprit de lui faire cette proposition.
Ce goût lui est venu naturellement.
- Arriver par succession, échoir.
Les biens qui viennent du côté du père, de la mère.
- Succéder.
Le printemps vient après l’hiver.
Un jour viendra ou vous perdrez tout.
- Provenir de ; trouver son origine dans.
Un foulard de soie sang de bœuf bouffait sous sa mâchoire. Il lui en venait un reflet rose au bord des narines.
— (Henri Troyat, Les Eygletière. III. La Malandre, Flammarion, 1967, page 94)Les produits viennent surtout naturellement des grandes régions de l’industrie textile : Mulhouse pour les tissus de coton et la mercerie, le Nord pour les lainages, Troyes pour la bonneterie.
— (Jean Pierre Fruit, Vexin normand ou Vexin parisien?: Contribution à l'étude géographique de l’espace rural, Presse Universitaires de France, 1974, page 158)Ce mot vient du latin. — Mon aversion pour les chiens vient d’une vieille morsure.
- Naître → voir venir au monde.
Cet enfant est venu à terme.
- Pousser ; croître ; être produit.
Le métis ayant le salvelin pour mère et la truite pour père et vice versa est également d’un développement remarquable et vient dans les eaux moins profondes que celles qu’exige le premier.
— (Jean-Pierre Joseph Koltz, Traité de Pisciculture pratique, 4e édition revue & augmentée, Paris : G. Masson, 1883, page 105)Les arbres n’y viennent pas, il est vrai, si ce n’est dans les jardins abrités; mais c’est moins à cause du froid excessif qu’à cause des grands vents qui soufflent constamment de la mer.
— (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 36)De même le chasseur, quand il intervint pour guider les migrations naturelles des troupeaux, qu’il se contentait au début de suivre, devint un pasteur ; puis éleveur, quand il fit venir artificiellement, « agriculturalement », une partie du fourrage.
— (René Dumont, Voyages en France d’un agronome, Librairie de Médicis, 1951, note no 1 page 13)
- Devenir.
― Tu te fais toujours du mauvais sang, Bérot : tu ne viendras pas vieux, mon ami !
— (Émile Guillaumin, La vie d’un simple, 1904, page 59)
- (Auxiliaire) Semi-auxiliaire du passé récent. → voir venir de.
Et ce qu’il y a de certain, c’est que l’Esprit que nous venons de voir chez les idolâtres pythoniser la statue, la matière inerte et l’animal, c’est-à-dire les médiums de pierre, de bois ou de chair vive, communique à chacun d’eux une partie de ses propres facultés, sa vie, son intelligence, sa science et son mouvement au sein de l’air, où il règne en prince ; principes aeris hujus […]
— (Roger Gougenot des Mousseaux, Les hauts phénomènes de la magie, 1864)Si l'un des pèlerins venait à mourir sur le bateau, le capitaine devrait ne point pratiquer aussitôt l’immersion, mais bien atterrir quelque part et faire ensevelir le défunt dans un cimetière.
— (« Pèlerinage en Terre Sainte au temps jadis », dans Jérusalem, tome 4, 1911, page 368)
- (Impersonnel) Forme impersonnelle, voir aussi revenir.
Il me vient une idée !
Il vient un moment où il faut savoir faire preuve de tempérance.
Et vous vous surprenez à crier brusquement : « On vous le donne votre papier… Ça vient », sur un ton qui n’est pas le vôtre et que vous reconnaissez à peine.
— (Edmonde Charles-Roux, Oublier Palerme, Grasset, 1966)Entre plage et campagne, la vie est ici si douce et la nourriture si variée et délicieuse que l’envie d’aller visiter les autres régions ou sites touristiques, de Messine à Agrigente, ne nous vient pas.
— (Abdourahman Waberi, « En Sicile, l’été, je rencontre des migrants qui me ressemblent trait pour trait », Le Monde. Mis en ligne le 18 août 2019)
- (Anglicisme) Jouir.
Je vais et je viens, je me retiens - Non, maintenant, viens !
— (Serge Gainsbourg, Je t'aime... moi non plus, 1967)Tandis que l’un haletait : « Encore » d’une voix faussement féminine, l’autre cria un « Je viens ! » qui me plaqua contre le mur.
— (Gérard Mordillat, Vive la Sociale !, 1981, page 81)Alors, il ne put plus se retenir, venant en elle en de longs spasmes douloureux.
— (Philippe Morvan, Ours, Calmann-Lévy, 2018)Il s’enfonça dans le sillon humide, et profond comme un fleuve millénaire, et il se mit à bouger en elle. Lentement au début, puis accélérant au rythme de leurs souffles mêlés, courts et saccadés. Il vint en hurlant, impatient.
— (Philippe Morvan, Les Fils du Ciel, Calmann-Lévy, 2021)
Notes
[modifier le wikicode]Variantes
[modifier le wikicode]Synonymes
[modifier le wikicode]Antonymes
[modifier le wikicode]Dérivés
[modifier le wikicode]- à venir
- advenir
- aller et venir
- avenir
- bien venu
- en venir à
- en venir aux mains
- faire venir l’eau à la bouche
- faire venir l’eau au moulin (procurer du profit par son industrie ou à soi ou aux siens)
- innocent comme l’agneau qui vient de naître → voir venir de
- innocent comme l’enfant qui vient de naître → voir venir de
- laisser venir (attendre, ne pas se presser)
- mal venu
- ne pas venir à la cheville de
- nouveau venu
- premier venu
- parvenir
- parvenu
- pouvoir y venir
- prendre les choses comme elles viennent
- prévenir