
Barthes puissance deux
1Il y a vingt ans, Ăric Marty offrait aux lecteurs une Ă©dition des Ćuvres complĂštes de Roland Barthes dans un format semi-poche qui Ă©vitait soigneusement la canonisation dâauteur1. DĂ©coupĂ©e en cinq Ă©tapes chronologiques, prĂ©sentant chacune une grande phase thĂ©orique du travail de Barthes, cette version adressĂ©e Ă un jeune public universitaire corrigeait une Ă©dition prĂ©cĂ©dente, jugĂ©e trop luxueuse2. Cette derniĂšre â avec ses coffrets, ses reliures, ses signets et ses quelque 1800 pages par volume â Ă©rigeait lâauteur en un livre-objet qui contredisait les « inflexions » amicales que rĂ©clamait Barthes aprĂšs lui, dans une mise Ă distance toute ironique de son statut dâauteur3. Cette version actualisĂ©e des Ćuvres complĂštes est aujourdâhui devenue un lieu de rĂ©fĂ©rence pour tout travail de recherche, et Ă©galement un « site », puisquâelle est complĂ©tĂ©e depuis 2013 par un index en ligne qui renvoie, Ă lâaide dâun moteur de recherche, aux occurrences visĂ©es dans la pagination du Seuil4.
2« Ăcrivain et mort », câest donc bien la vie posthume que sâĂ©tait souhaitĂ©e Barthes, dans cette adresse Ă la postĂ©ritĂ© qui semble aujourdâhui lâavoir entendu : car bien que mort â ou parce que mort â il nâen finit pas de vivre dans lâĂ©criture, Ă travers des publications toujours nouvelles. Depuis vingt ans, nous assistons en effet Ă une multiplication exponentielle dâĂ©ditions dâinĂ©dits qui nâachĂšvent pas de complĂ©ter ce portrait dâun Ă©crivain toujours en extension. On connaĂźt dĂ©sormais le Barthes professeur (celui des cours au CollĂšge de France et des sĂ©minaires donnĂ©s Ă lâĂcole pratique des hautes Ă©tudes5), le Barthes diariste (celui du Journal de Deuil ou des Carnets du voyage en Chine6), le Barthes Ă©pistolaire (celui de lâAlbum oĂč apparaissent de larges extraits de sa correspondance7), le Barthes ficheur (celui des « fichiers » et dâun systĂšme trĂšs personnel de notations, mariant le futile et le thĂ©orique dans un ensemble de « notes-journal »8), le Barthes Ă©tudiant (celui des premiĂšres amours pour le théùtre et la tragĂ©die grecque9). Si bien que lâon observe un phĂ©nomĂšne Ă©ditorial qui rĂ©pond, par une sorte dâinversion des courbes, Ă ce devenir de lâĂ©criture dans lâaprĂšs-vie : les livres publiĂ©s aprĂšs la mort de Barthes sont aujourdâhui plus nombreux que ceux publiĂ©s de son vivant.
Le temps dâune gĂ©nĂ©ration
3Vingt ans, câest aussi le temps dâune gĂ©nĂ©ration. Celle Ă laquelle jâappartiens et qui a eu lâopportunitĂ© de dĂ©couvrir lâĆuvre de Barthes en initiant sa recherche depuis cette forme de complĂ©tude en acte, dont la mise au jour progressive a Ă©tĂ© escortĂ©e par autant de publications critiques nouvelles : une anthologie, un album, deux biographies, un Que sais-je ?, une revue en ligne, des numĂ©ros de revues, de multiples thĂšses universitaires. Cette gĂ©nĂ©ration qui nâa pas connu Roland Barthes de son vivant a profitĂ© de la distance temporelle pour se mettre activement au travail, dĂ©gagĂ©e du poids symbolique constituĂ© par lâhĂ©ritage et le surmoi propre au disciple10. On se souvient des premiĂšres parutions posthumes de Barthes dans les annĂ©es 1980 sous lâautoritĂ© amicale et quelque peu discrĂ©tionnaire de François Wahl, de la querelle qui sâen suivit et des lignes de fractures mettant au jour les diffĂ©rents cercles qui avaient Ă©tĂ© ceux de Barthes (« amis », « éditeurs », « étudiants », « famille »11). Aujourdâhui, les espaces sont en partage et les formes de collaboration se nourrissent de lâhorizontalitĂ© et de lâĂ©change international. LâĂ©quipe « Barthes » rĂ©unie en sĂ©minaire dans le cadre de lâITEM (Institut de textes et manuscrits modernes) tĂ©moigne de cette ouverture nouvelle et du devenir de Barthes, hors des rapports de domination et des jeux dâusurpation.
4Ce Barthes puissance deux est lui-mĂȘme le produit de « sa » gĂ©nĂ©ration. Comment en effet ne pas replacer le destin de ses inĂ©dits dans un plus large horizon qui a trait Ă la reviviscence dâun moment intellectuel â aujourdâhui rĂ©volu â oĂč la pensĂ©e sâexerçait en artiste, oĂč lâinvention thĂ©orique Ă©tait goĂ»tĂ©e comme une vĂ©ritable crĂ©ation ? Le succĂšs Ă©ditorial des cours posthumes de Barthes, de Foucault, de Derrida, et plus proche de nous celui du cours de PoĂ©tique de ValĂ©ry â vĂ©ritable piĂšce inaugurale dâun « moment » de magistĂšre thĂ©orique12 â nous dit nĂ©cessairement quelque chose de notre prĂ©sent, de cette façon que nous avons dâorienter notre recherche Ă partir des traces encore vives de la modernitĂ© thĂ©orique. Ă cela sâajoute un goĂ»t renouvelĂ© de lâarchive ressaisie dans sa dimension crĂ©atrice, et lâĂ©mergence de dispositifs philologiques outillĂ©s par les humanitĂ©s numĂ©riques13 : ce qui sây traque, câest le geste de lâinscription savante, lâarchĂ©ologie dâun parcours de pensĂ©e. Nombreux sont les projets digitaux qui sâintĂ©ressent aux « écrivains du savoir », et non plus aux seuls auteurs de fiction, qui ont longtemps prĂ©valu dans les Ă©tudes gĂ©nĂ©tiques14.
Lâeffet-tout-Barthes et lâeffet-dernier-Barthes
5Ce paysage barthĂ©sien fortement enrichi ne va pas sans poser certains problĂšmes. Et il faut sây affronter pour mesurer les consĂ©quences de cette abondance de la vie posthume sur la rĂ©ception dâun auteur. Car les questions relevant de lâordre juridique ou de la dĂ©ontologie scientifique (doit-on publier des textes qui nâont pas eus lâimprimatur de leur auteur ? Doit-on rendre public des notes intimes et Ă©parses ? Doit-on mettre en livre ce qui relevait initialement du « dire » ? etc.) â pour sĂ©rieuses quâelles soient â sonnent toujours un peu en dĂ©calage avec la vĂ©ritable prĂ©occupation qui relĂšve de la pragmatique et qui a trait Ă lâusage que lâon fait des textes, une fois Ă©tablis et disponibles, sous quelque forme que ce soit. Dans le cas de Barthes, il me semble que cette mise au carrĂ© de lâĆuvre Ă©ditĂ©e sâaccompagne de deux effets immĂ©diats qui dĂ©placent lâimage de lâauteur et le centre de gravitĂ© thĂ©orique depuis lequel Barthes Ă©tait jusquâalors envisagĂ©.
6Le premier effet est celui que jâappelle « lâeffet-tout-Barthes ». LâĂ©tude de ce Barthes toujours plus exhaustif entraĂźne un phĂ©nomĂšne involontaire de dĂ©hiĂ©rarchisation des textes en mettant sur le mĂȘme plan lâanthume et le posthume, lâarticle et le livre, le cours et le texte critique. Les Ćuvres Ă©tant dĂ©sormais complĂštes et indexĂ©es, les moteurs de recherches actifs et en ligne, les Ćuvres accessibles en PDF et en Epub, tout apprenti barthĂ©sien a la tentation de gloser Barthes depuis Barthes, de cheminer dans le long cours de lâĆuvre muni du lexique complet de lâauteur. Dâune remarque sur lâ« humeur» belliqueuse de la foule devant le catcheur Thauvin (Mythologies), on en vient au projet dâargumentation des « humeurs » projetĂ© dans La Chambre claire. Si bien que chaque concept soulevĂ© peut donner lieu Ă quantitĂ© dâeffets-retour Ă lâintĂ©rieur du corpus barthĂ©sien, au nom dâune scientificitĂ© qui mise sur lâexhaustivitĂ© et la quantification par preuve lexicomĂ©trique. Cet effet de catalogage, sâil part dâune intention louable dans le sens ouÌ il rend hommage Ă la vivacitĂ© dâun corpus, peut toutefois aussi desservir lâinvention terminologique de Barthes en la rĂ©duisant aÌ un dictionnaire des synonymes.
7Le second effet, plus Ă©vident encore, est « lâeffet-dernier-Barthes ». Exception faite du sĂ©minaire sur Sarrasine de Balzac (1968â1969), la majoritĂ© des leçons ou des inĂ©dits de Barthes courent sur une pĂ©riode qui recouvre lâĂ©criture et la pensĂ©e du « dernier » Barthes, Ă savoir le Barthes qui donne un tour nouveau Ă son Ă©criture Ă partir du Roland Barthes par Roland Barthes (1975) et qui glisse de plus en plus vers ce quâon appellerait aujourdâhui la crĂ©ation critique, en mĂȘlant pensĂ©e et autobiographie dans des dispositifs audacieux, de plus en plus Ă©loignĂ©s de la forme canonique de la dĂ©monstration savante. Cette situation fait naturellement « monter » une figure dâauteur contre une autre, dans une dynamique de recouvrement qui joue aussi dâun phĂ©nomĂšne dâinversion : aujourdâhui, câest le Barthes « romancier » qui domine, celui de la Vita Nova, ayant pour projet dâĂ©crire un livre de pleine littĂ©rature (La PrĂ©paration du roman). Câest aussi le Barthes de la mise Ă distance des signes, celui qui rĂ©clame â via le Neutre et le Zen â une suspension de lâopposition paradigmatique qui arrime le processus du sens au choix et Ă lâexclusion. Promouvant le chemin vers le « dĂ©sapprendre » philosophique15, ce dernier Barthes, fortement amplifiĂ© par les parutions rĂ©centes, tient de plus en plus Ă distance le Barthes Ă succĂšs des annĂ©es 1950, celui qui prĂ©cisĂ©ment se distinguait par la maĂźtrise des signes et leur dĂ©construction mĂ©thodique. Le mythologue dâobĂ©dience marxiste, nourri des sciences du langage et pourvu dâune ambition thĂ©orico-politique (la sĂ©mioclastie16), a fait place Ă une figure moins « terroriste », dont le mordant critique semble sâĂȘtre Ă©moussĂ©.
Dernier paysage ?
8RĂ©duire Barthes Ă ce dernier paysage, avec ses entrĂ©es conceptuelles les plus saillantes (« le Neutre », « le romanesque », « le punctum », « le troisiĂšme sens », « le non-vouloir-saisir », etc.), câest courir le risque de naturaliser son projet intellectuel, de le relire rĂ©trospectivement depuis un point dâaboutissement, dans une logique tĂ©lĂ©ologique. Câest surtout perdre de vue lâhistoire intellectuelle que Barthes fait encore rĂ©sonner dans cette phase apparente de rĂ©tractation critique, dâĂ©branlement de la toute-puissance de la figure de lâIntellectuel. Car lâesquive manifeste de la veine critique ne va pas sans dĂ©cocher dâautres mythologies Ă lâendroit de ses contemporains, fussent-elles en creux et moins directement corrosives que les premiĂšres17. Tout compte fait, les trois cours publiĂ©s du CollĂšge de France esquissent le portrait dâun Barthes faussement inoffensif, maĂźtrisant avec un art consommĂ© ce que lâon pourrait appeler lâapophatisme critique, dĂ©signant son Ă©poque par tout ce quâelle nâest pas, par tout ce quâelle refuse ou nâarrive plus Ă intĂ©grer Ă son horizon intellectuel : le fantasme de la retraite et lâaffirmation de rythmes non grĂ©gaires (Comment vivre ensemble) ; la suspension du jugement et le dĂ©sengagement comme force active (Le Neutre) ; la dimension pathĂ©tique de la pleine LittĂ©rature et son antidote Ă la vie thĂ©orique, dans un jeu de chassĂ©-croisĂ© oĂč « lâAuteur » (jadis mort) se substitue Ă la figure de lâ « Intellectuel », aujourdâhui moribonde (La PrĂ©paration du roman). Câest la mythologie dâun Barthes Ă distance quâil faut donc savoir tenir elle aussi Ă distance, voire combattre, par cette nĂ©cessaire prise en compte de la dimension contrastive qui prĂ©side Ă ses derniĂšres productions. Car le contraste nâest pas une stricte position de lâĂ©cart, mais bien plutĂŽt une forme active dâopposition silencieuse18.
Adieux et retrouvailles
9Le temps des inĂ©dits sâessoufflant peu Ă peu, lâon est aujourdâhui en mesure de voir ce qui se dĂ©tache de cette masse dâarchives, ce qui continue dâagir en surface et qui vient toucher notre prĂ©sent. Pour prendre lâexemple des deux massifs issus des enseignements de Roland Barthes, il est Ă©vident que ce sont les cours au CollĂšge de France (Comment vivre ensemble, Le Neutre, La PrĂ©paration du roman) qui constituent la piĂšce maĂźtresse. Car si les sĂ©minaires de lâĂcole pratique des hautes Ă©tudes (Le Discours amoureux, Le Lexique dâauteur, Sarrasine de Balzac) ont un intĂ©rĂȘt certain sur le plan gĂ©nĂ©tique et sur le plan sociologique (ils nous renseignent concrĂštement sur la dimension pĂ©dagogique de Roland Barthes, sur sa traversĂ©e de Mai 1968, sur sa façon de « lancer » un livre depuis un espace collectif de pensĂ©e), ils nâont pas la dimension thĂ©orique propre aux cours du CollĂšge de France. De plus, ces « inĂ©dits » ne le sont quâen partie car ils entrent de facto en concurrence avec les ouvrages dĂ©jĂ publiĂ©s auxquels les enseignements ont abouti : S/Z, Roland Barthes par Roland Barthes, Fragments dâun discours amoureux19. Or, la version publiĂ©e du vivant de Barthes possĂšde toujours la frappe de lâĂ©criture et une densitĂ© conceptuelle que nâa pas le cours reconstituĂ©. Il y a donc â tout intĂ©rĂȘt scientifique mis Ă part â comme une forme de dĂ©valuation Ă leur Ă©gard, car on accordera toujours plus de prix Ă la version finale voulue par Barthes. Mais au-delĂ des questions de « versionnage », ce que ces publications peinent vraiment Ă rencontrer, câest la fraĂźcheur dâun lectorat, câest lâĂ©coute active et neuve des idĂ©es quâelles mobilisent. En effet, toute une mĂ©moire conceptuelle prĂ©existe Ă ces diffĂ©rentes livraisons par le simple fait que cette mĂ©moire sâest sĂ©dimentĂ©e Ă travers plusieurs gĂ©nĂ©rations de lecteurs : Barthes se « livre » encore, mais dans une langue quâon lui connaĂźt dĂ©jĂ .
10Les inĂ©dits du CollĂšge de France sont tout autres. Dâabord, en raison de la disparition prĂ©coce de Barthes, ils sont restĂ©s sans descendance directe, privĂ©s de tout aboutissement possible sous forme de livre. Ces cours sont restĂ©s Ă lâĂ©tat de « traces » brutes, inchangĂ©es et non retouchĂ©es, et possĂšdent de ce fait vĂ©ritablement le poids de lâarchive. De plus, bien quâadossĂ©es Ă des sĂ©minaires, chacune des sĂ©ances de Barthes au CollĂšge de France possĂšde une dimension de cours magistral que nâont pas les sĂ©minaires de lâĂcole pratique des hautes Ă©tudes. La parole de lâauteur a quelque chose de plus solitaire, de plus continue, de plus ample. Et lâon comprend que ce soit prĂ©cisĂ©ment cette parole quâait voulu retrouver la réédition dĂ©finitive de La PrĂ©paration du roman et du Neutre, aprĂšs une premiĂšre publication, certes plus fidĂšle aux manuscrits, mais moins lisible en raison des ellipses et du systĂšme graphique de Barthes. La retranscription exhaustive de la parole de Barthes, si elle ne fait pas encore un livre de Barthes, donne en revanche accĂšs Ă un timbre, Ă une partition de la pensĂ©e qui est vĂ©ritablement la sienne. Le grain de la voix du cours est lĂ Â : dans ses insistances, dans ses creusements sĂ©mantiques, dans ses liens et ses reprises dâune sĂ©ance Ă lâautre. Cette parole a aussi une tonalitĂ© trĂšs particuliĂšre parce quâelle sâaffronte Ă un manque profond, celui de la mĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e le 25 octobre 1977, dont Barthes rappelle combien il accompagne comme en sourdine le propos de son cours20.
11Cette absence de lâinterlocutrice premiĂšre donne alors Ă ces trois cours la possibilitĂ© dâun hors-piste, la chance dâune dĂ©rive hors des sentiers de la maĂźtrise que Barthes entend justement « dĂ©sapprendre » dans le lieu mĂȘme qui lâinstitue comme MaĂźtre. Câest pourquoi se dĂ©gage de ces cours lâaurore dâune parole nouvelle, pleine dâinnovations sĂ©mantiques et de concepts en devenir, frappĂ©s encore du sceau de la nouveautĂ©. Barthes les quĂȘte dans une autre langue (le chinois, le grec, le latin, lâanglais), dans une autre tradition philosophique (la thĂ©ologie nĂ©gative, la mystique chrĂ©tienne, le Tao, le Zen), dans une autre Ă©poque (le monachisme athonite du ive siĂšcle, le pyrrhonisme primitif du iiie siĂšcle av. J.âC., la tradition haĂŻkiste des xvie et xviie siĂšcles, etc.). Ă bien des Ă©gards, lâexpĂ©rience du CollĂšge de France marque pour Barthes le lieu dâune rĂ©invention de soi dans le sens de lâoubli : chacun des cours vaut comme un adieu aux dĂ©signations dâhier : adieu Ă lâengagement collectif et Ă la communautĂ© des modernes (Comment vivre ensemble) ; adieu Ă lâassertion critique et Ă la figure de lâIntellectuel (Le Neutre) ; adieu Ă la dĂ©nonciation du mythe de lâĂ©crivain (La PrĂ©paration du roman). Câest plus gĂ©nĂ©ralement lâadieu Ă une certaine Ă©poque qui se dit aussi mezzo voce, lâĂ©poque oĂč la ThĂ©orie majuscule avait partout droit de citĂ© et oĂč le combat politique se faisait sous la banniĂšre du signe. Ătrangement, ces trois adieux inaugurent aussi une forme de retrouvaille avec notre prĂ©sent, celui des rĂ©seaux numĂ©riques et des modalitĂ©s nouvelles de communautĂ©, celui du dĂ©sir de Neutre dans lâordre des sexualitĂ©s, celui du pragmatisme (auto)crĂ©ateur et de lâĂ©thique de la vie nouvelle. Barthes puissance deux, câest un Barthes qui est encore en puissance de devenir.

