Lire et traduire la littérature de jeunesse
1MuguraĆ Constantinescu, chercheure comparatiste, a obtenu le prix Perrault du meilleur article inĂ©dit en 1997. Lire et traduire la littĂ©rature de jeunesse rassemble diffĂ©rents articles Ă©crits pour des colloques ou des revues et rĂ©visĂ©s pour cet ouvrage qui se divise en trois parties.
2La premiĂšre partie prĂ©sente des travaux sur des Ćuvres de littĂ©rature de jeunesse, la deuxiĂšme Ă©voque des problĂšmes de traduction dâĆuvres de littĂ©rature de jeunesse et la troisiĂšme rapporte un entretien avec Jean Perrot, spĂ©cialiste en littĂ©rature de jeunesse, directeur et fondateur de lâInstitut International Charles Perrault.
3Lâauteure commence par rappeler que Perrault faisait partie des pionniers qui ont donnĂ© une forme Ă©crite, savante et signĂ©e, Ă des contes oraux, populaires et anonymes. Ă la diffĂ©rence de ses contemporains, il a cherchĂ© Ă les harmoniser dans leur construction. Son Ćuvre est assez rĂ©duite : trois contes en vers et huit en prose. M. Constantinescu examine des dĂ©finitions de lâ« espiĂšglerie » pour en retenir humour, ironie, raillerie, enjouement et badinage. Elle utilise le discours dâaccompagnement de Perrault dans ses contes pour argumenter sa position. Les contes de Perrault constituent une irrĂ©vĂ©rence envers les autoritĂ©s : Perrault va Ă lâencontre de lâAntiquitĂ© canonisĂ©e, Ă lâencontre de la tradition en adaptant des contes oraux pour lâĂ©crit, et Ă lâencontre de la mode des contes de fĂ©es. Perrault « joue » sur plusieurs points dans ses contes.
4Au niveau narratif, Perrault invite Ă diffĂ©rentes lectures : il propose diffĂ©rentes morales et son recueil de contes en prose a plusieurs titres. Il cite des maximes quâil modifie ou non, montrant ainsi une adhĂ©sion ou une distanciation. Il joue aussi sur le public visĂ©, Ă la fois adulte et enfant, par diffĂ©rents degrĂ©s de comprĂ©hension de ses contes.
5Au niveau des symboles, les personnages ne correspondent pas aux clichĂ©s traditionnels : la femme est Ă la fois belle et pleine de manies agaçantes, le roi nâest pas prĂ©sentĂ© comme une autoritĂ© militaire, lâogre nâest pas forcĂ©ment cannibale (dans Le Chat-BottĂ©, il est naĂŻf), Barbe-Bleue est un personnage isolĂ© autant bourreau que victime, les fĂ©es ont leurs dĂ©fauts...
6M. Constantinescu conclut en soulignant quâil y a un rĂ©el jeu entre modernitĂ© et tradition. Le jeu avec le conte traditionnel continue aprĂšs Perrault alors mĂȘme quâil est devenu le modĂšle Ă contester. Elle donne quelques exemples de réécritures du XVIIe au XXIe siĂšcle et souligne aussi le jeu entre tradition et innovation, ainsi que celui entre littĂ©rature gĂ©nĂ©rale et littĂ©rature dâenfance.
7Trois articles traitent du personnage de la fillette dans des Ćuvres de littĂ©rature de jeunesse :
8« Le personnage de la fillette : exploration du monde et rencontre avec le fĂ©erique » ; « Lâinitiation de la fillette au monde, Ă autrui, Ă la diffĂ©rence » ; « La fillette et son rapport Ă lâimagination, au livre, Ă la lecture et Ă lâĂ©criture »
9Le premier article souligne que les personnages fĂ©minins sont trĂšs prĂ©sents dans les contes et la littĂ©rature de jeunesse. Mais la figure de la fillette « aventuriĂšre » se dĂ©tache : les personnages fĂ©minins sont actifs dans lâenfance puis deviennent passifs Ă lâĂąge adulte. Les fillettes orphelines (comme les garçons orphelins) sont plus attirĂ©es par lâaction et lâexploration du monde. Les orphelins sont souvent caractĂ©risĂ©s par une aptitude plus grande Ă la rĂ©volte et Ă la dĂ©sobĂ©issance. Lâauteur compare deux hĂ©roĂŻnes : Lizuca (Le Bois merveilleux, Mihail Sodoveanu) et DorothĂ©e (Le Magicien dâOz, L. Frank Baum). Toutes les deux, orphelines, explorent un autre monde accompagnĂ©es de leur chien. Leur exploration est associĂ©e Ă une rencontre avec le fĂ©erique, Ă une quĂȘte de soi et Ă une quĂȘte dâun chez soi. Les deux hĂ©roĂŻnes sont des passeuses entre deux mondes. Le Bois merveilleux est considĂ©rĂ© par M. Constantinescu comme un vrai plaidoyer pour lâimagination.
10Le deuxiĂšme article autour de la fillette compare trois contes qui racontent aussi une exploration du monde par des hĂ©roĂŻnes mais qui ne prĂ©sentent pas de rencontre avec le merveilleux comme dans les deux histoires prĂ©cĂ©dentes. Il sâagit dâun conte portugais, La Petite Fille et la Mer de Sophia de Mello Breyner, dâun conte roumain, La Petite Fille et la Tortue de Doina Cernica et dâun conte brĂ©silien, RĂȘve noir dâun lapin blanc dâAna Maria Machado. Comme ceux de Perrault, ces contes permettent des lectures Ă plusieurs niveaux et visent autant un public enfant quâadulte. Il nây a pas de dimension spatio-temporelle dĂ©finie comme dans les deux histoires prĂ©cĂ©dentes. Dans La Petite Fille et la Mer, on assiste Ă la rencontre entre deux ĂȘtres de deux mondes diffĂ©rents. Comme dans Le Petit Prince de Saint-ExupĂ©ry, les deux personnages, le petit garçon de la terre et la petite fille de la mer, sâapprivoisent progressivement. Le rire et le jeu sont des constantes de ces contes et les couleurs du paysage sont symboliques des sentiments des enfants. Lâauteure Ă©numĂšre les notions prĂ©sentes dans le conte : amitiĂ©, nostalgie, diffĂ©rence, autrui, chez soi, ailleurs, dĂ©sir de connaissance, Ă©quilibre fragile du monde. Dans La Petite Fille et la Tortue, Ă travers douze petits rĂ©cits, la fillette explore son propre monde, accompagnĂ©e de son amie la Tortue. Il nây a pas dâexploration ou de dĂ©couverte dâun autre monde. LâĂ©pigraphe de Saint-ExupĂ©ry rapproche ce conte du prĂ©cĂ©dent et du Petit Prince. Dans le premier conte, le rire est connu, la tristesse et la souffrance sont dĂ©couvertes aprĂšs la rencontre avec lâautre monde ; dans le second, la fillette apprend dâabord la tristesse puis le rire. La part du jeu est trĂšs restreinte par rapport au premier conte. Dans ce conte comme dans le RĂȘve noir dâun lapin blanc, la fillette est tout de suite familiarisĂ©e avec lâinconnu et les ĂȘtres non-anthropomorphes. Dans ce dernier, des mondes sâopposent : le monde des noirs et celui des blancs, le monde humain et le monde animal, et enfin le monde des enfants et celui des adultes.
11La conclusion rapproche cet article des prĂ©cĂ©dents : dans ces trois contes, il nây a pas de rencontre avec le merveilleux comme dans Le bois merveilleux ou dans Le Magicien dâOz, mais il est remplacĂ© par un Ă©merveillement ; lâespiĂšglerie des contes de Perrault est ici peu prĂ©sente sauf peut-ĂȘtre dans le rire des fillettes ; il nây a pas de rĂ©volte, ni de dĂ©sobĂ©issance.
12Le troisiĂšme article sâintĂ©resse aux personnages fĂ©minins dans trois rĂ©cits oĂč interviennent la lecture et la fiction. Il sâagit de lâHistoire sans fin de Michael Ende, de Realitate ImposibilÄ (RĂ©alitĂ© impossible) de BranduĆa Luciana Grosu et de CĆur dâencre de Cornelia Funke. M. Constantinescu rappelle que le deuxiĂšme rĂ©cit a souvent Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une réécriture au fĂ©minin de lâHistoire sans fin.
13Dans LâHistoire sans fin, les hĂ©ros sont deux garçons : un enfant guerrier du Pays Fantastique et Bastien qui entre au Pays Fantastique par la lecture dâun livre intitulĂ© LâHistoire sans fin. La fillette y est bien reprĂ©sentĂ©e. La Petite ImpĂ©ratrice est le noyau du Pays Fantastique : ĂȘtre mystĂ©rieux Ă lâapparence dâune fillette sans Ăąge, elle est dâune part une enfant et une amie Ă protĂ©ger et dâautre part un ĂȘtre sage, souverain et protecteur avec, par moments, un rĂŽle maternel. Elle est aussi lectrice et baigne dans le milieu humain du livre. Xajide, elle, reprĂ©sente le dĂ©sir de conquĂ©rir. Elle a un caractĂšre violent et passionnel. Elle est la femme tentatrice, la fausse-disciple et la fausse servante. Son imagination est au service du mensonge et de la  faussetĂ©. Quant Ă Christa, fillette du monde rĂ©el, elle est Ă la fois enfant, copine, amie, voire sĆur. Bastien lui raconte des histoires. Elle est proche de lâimagination et du livre. Câest elle qui motive le retour de Bastien dans le rĂ©el. Dans cette histoire, les personnages fĂ©minins ne partent pas en quĂȘte dâelles-mĂȘmes comme Bastien qui, complexĂ© dans le monde rĂ©el, sâĂ©panouit dans le monde imaginaire. Comme Le bois merveilleux, le livre est considĂ©rĂ© par M. Constantinescu comme un vrai plaidoyer pour lâimaginaire et lâimagination.
14Dans Realitate ImposibilÄ, le personnage qui part dans une quĂȘte est une fillette : Crisanta qui, comme Bastien, aime la lecture. Comme Bastien, elle a pour mission de sauver un pays : celui de la Fantaisie. Ce monde est un monde peuplĂ© dâĂȘtres fĂ©minins oĂč le jeu a une place importante. La Princesse Enfantine se lie dâamitiĂ© avec Crisanta et joue avec elle. Comme Peter Pan, elle ne veut pas grandir et, par rapport Ă la Petite ImpĂ©ratrice, elle semble avoir peu de pouvoirs. La FĂ©e Gentille reprĂ©sente le cĂŽtĂ© maternel. AprĂšs son voyage dans le pays de la Fantaisie et sa dĂ©couverte du pays de lâImpossible gouvernĂ© par le roi RĂ©aliste, oĂč les personnages masculins sont plus reprĂ©sentĂ©s, Crisanta devient Ă©crivaine cĂ©lĂšbre. Son exploration dans un autre monde sâaccompagne donc dâune quĂȘte de soi. Crisanta passe en effet de fillette lectrice Ă hĂ©roĂŻne puis dâhĂ©roĂŻne Ă Ă©crivaine.
15Les situations initiales et finales sont des espaces valorisant le livre et favorisant le passage entre Ă©poques et pays diffĂ©rents : chez Ende, il sâagit de la boutique de lâAntiquaire ; chez Grosu, de la chambre de lâĂ©coliĂšre puis du bureau de lâĂ©crivaine. Bastien et Crisanta sont vus comme des passeurs entre deux mondes (comme DorothĂ©e et Lizuca).
16Dans CĆur dâencre, la place du livre est aussi trĂšs importante. Le pĂšre de Meggie, lâhĂ©roĂŻne, est relieur et dispose du don de faire communiquer fiction et rĂ©alitĂ© par la lecture Ă haute voix. Il perd sa femme dans la fiction et fait entrer des bandits dans la rĂ©alitĂ©. Suite Ă la disparition de sa femme, il apprend Ă lire Ă sa fille pour que lui nâait plus Ă le faire Ă haute voix. Meggie « orpheline » compense lâabsence de sa mĂšre par la grande prĂ©sence du livre. Elle se dĂ©couvre le mĂȘme don que son pĂšre et arrive Ă libĂ©rer sa mĂšre qui revient muette de son voyage dans le monde du livre. De retour dans le monde rĂ©el, elle raconte par Ă©crit ses aventures. Sa fille les illustre et projette dâĂ©crire elle-mĂȘme. M. Constantinescu achĂšve son article par lâĂ©vocation dâun Ă©lĂ©ment de la biographie de Cornelia Funke : comme son hĂ©roĂŻne, elle a commencĂ© par illustrer avant dâĂ©crire.
17M. Constantinescu sâintĂ©resse alors Ă une Ćuvre quâun Ă©crivain roumain reconnu (romancier, poĂšte, dramaturge) a Ă©crit pour les enfants Ă la fin de sa vie. Il sâagit de Papuciada de Camil Petrescu.
18Pour situer le contexte de cette Ă©criture, elle rappelle dâabord que la premiĂšre Ă©popĂ©e roumaine date du dĂ©but du XIXe : Tziganiada de Ion Budai Deleanu. Cette Ă©popĂ©e avait dĂ©jĂ un double but : ludique et didactique. Lâauteure Ă©voque ensuite quelques autres Ă©popĂ©es roumaines (ou Ă©crits considĂ©rĂ©s comme telles), achevĂ©es ou inachevĂ©es, puis des traductions dâĂ©popĂ©es antiques contemporaines.
19La forme de Papuciada est comparĂ©e Ă celle des Ă©popĂ©es dâHomĂšre. Les deux diffĂ©rents plans de lâĂ©popĂ©e classique, humain et divin, sont remplacĂ©s par le plan du narrĂ© et celui de la narration : le pĂšre raconte Ă ses trois enfants lâhistoire du hĂ©ros, LuĆŁÄ, avec son ami et son chien. Les deux hĂ©ros sont des enfants qui partent en guerre contre le « mĂ©chant ours ». Lâaspect enfantin et ludique est prĂ©sent dans le contenu de lâĂ©popĂ©e et lâauteur la construit en jouant avec la mĂ©talepse. LâĆuvre a aussi une visĂ©e didactique : les enfants et les petits animaux vont vaincre lâours par la ruse et lâintelligence et, au lieu de tuer leur ennemi, ils vont faire en sorte quâil devienne gentil. Il nây a pas de mort exemplaire comme dans lâĂ©popĂ©e antique, mais apprivoisement. M. Constantinescu propose une lecture selon un triple apprivoisement : dâun genre, lâĂ©popĂ©e ; dâun langage poĂ©tique accessible aux enfants ; dâun topos de la victoire devenant apprivoisement de lâennemi. Elle rappelle que dâautres lectures sont possibles dans cette Ćuvre burlesque qui modernise le genre.
20M. Constantinescu sâintĂ©resse, Ă prĂ©sent, Ă lâanalyse de rĂ©cits fondateurs de lâimaginaire de lâenfance faite par Alain Montandon dans lâouvrage Du rĂ©cit merveilleux ou lâailleurs de lâenfance (Imago, Paris, 2001). Les Ćuvres choisies datent du XIXe et du XXe et sont des contes dâauteur : Le Petit Prince de Saint-ExupĂ©ry, Pinocchio de C. Collodi, Le Magicien dâOz de F. Baum, Peter Pan de J.M. Barrie, LâHistoire sans fin de M. Ende et ET de St. Spielberg. M. Constantinescu remarque lâabsence dâAlice de L. Carroll considĂ©rĂ© comme trĂšs complexe par Alain Montandon, qui hĂ©site Ă le classer comme livre dâenfants tout en y faisant souvent rĂ©fĂ©rence.
21Le Petit Prince est considĂ©rĂ© comme le moi enfantin de lâaviateur qui interroge lâadulte. Câest un personnage orphelin comme une partie des autres hĂ©ros analysĂ©s par A. Montandon. Le Petit Prince est un livre philosophique dont les enfants ne comprennent pas forcĂ©ment le sens mais dont ils ressentent la portĂ©e. Contrairement au Petit Prince, Pinocchio nâest pas rĂ©ellement un enfant mais une marionnette animĂ©e qui nâest enfant que par ses envies et ses interrogations. Le hĂ©ros recherche son identitĂ© et ne devient un petit garçon comme les autres quâaprĂšs sa deuxiĂšme naissance quand il sort du ventre du poisson. A. Montandon dĂ©sapprouve lâadaptation de Walt Disney qui attĂ©nue la vision libertaire de lâenfance et sa maniĂšre de sâopposer aux contraintes du monde adulte. Selon A. Montandon, Le Magicien dâOz rĂ©pond au besoin dâutopie de son auteur dans une AmĂ©rique qui doit affronter la crise Ă©conomique du dĂ©but du XXe. Dans le monde merveilleux du Magicien dâOz, lâargent nâexiste pas et les habitants vivent en harmonie. A. Montandon sâintĂ©resse aussi Ă la vie de son auteur pour la lecture de Peter Pan. Barrie a dĂ» vivre avec une mĂšre absente car absorbĂ©e par le souvenir de son aĂźnĂ© mort. Ainsi A. Montandon voit Peter Pan comme un conte sur la figure maternelle, dans lequel les personnages, mĂȘme le Capitaine Crochet, sont Ă la recherche dâune mĂšre. Lâadaptation de Walt Disney est aussi dĂ©sapprouvĂ©e car elle enlĂšve toute la gravitĂ© du conte de Barrie. A. Montandon justifie son choix dâassocier un conte cinĂ©matographique Ă son analyse en faisant un parallĂšle entre ET et Peter Pan. Spielberg a souffert de lâabsence de son pĂšre suite au divorce de ses parents ; son hĂ©ros, Elliot, surmonte le drame du divorce de ses parents grĂące Ă son amitiĂ© avec ET. Lâintrusion du merveilleux permet la rencontre avec lâaltĂ©ritĂ© et la dĂ©couverte de soi. LâHistoire sans fin matĂ©rialise lâidentification du lecteur au hĂ©ros : Bastien, lecteur, devient le hĂ©ros de la fiction. La mise en abyme symbolise aussi le lien unique entre un lecteur et sa lecture.
22A. Montandon ne considĂšre pas le conte comme une fuite du rĂ©el, mais comme une maniĂšre dâaffronter les conflits actuels. Il sâintĂ©resse aux Ă©lĂ©ments merveilleux de tous ces contes : des fĂ©es et lutin de Peter Pan Ă ET qui reprĂ©sente le merveilleux moderne, en passant par la rose du Petit Prince, qui rappelle les fĂ©es, et par le merveilleux mĂ©canisĂ© du Magicien dâOz. Il analyse le monde merveilleux, lâailleurs de ces Ćuvres, qui est en rĂ©alitĂ© un espace liĂ© Ă la quĂȘte de soi des hĂ©ros. Ces contes dâauteur sont riches en intertextualitĂ©s affichĂ©es ou dissimulĂ©es : chez Collodi, traducteur de Perrault et de Mme dâAulnoy, le lecteur peut reconnaĂźtre des traces de leurs Ćuvres ; de mĂȘme dans Peter Pan, des personnages ou des situations rappellent certains contes de Perrault ; et dans ET, la mĂšre lit Peter Pan Ă ses enfants. Pour A. Montandon, ce nâest pas un hasard puisquâil considĂšre ET comme une réécriture moderne de Peter Pan.
23Pour M. Constantinescu, lâouvrage de A. Montandon montre que le conte dâauteur est un texte littĂ©raire qui offre de multiples lectures et qui a sa place dans la littĂ©rature gĂ©nĂ©rale.
24M. Constantinescu sâintĂ©resse, Ă©galement, au rĂŽle de lâimage Ă travers deux expositions de la fin de lâannĂ©e 2006 : lâexposition dâillustrations de Peter Pan et dâAlice aux pays des merveilles au Salon du livre et de la presse de jeunesse de Montreuil et lâexposition « Il Ă©tait une fois Walt Disney » au Grand Palais Ă Paris.
25Lâauteure analyse la place que prend de plus en plus lâimage dans les livres : de plus en plus dâalbums paraissent, soit créés dĂšs lâorigine comme albums, soit créés Ă partir dâun texte Ă©crit pour un autre type de livre (mĂȘme de Vian ou de Proust), ou mĂȘme créés Ă partir de dessins animĂ©s (comme Kirikou ou tous ceux de Disney). Il existe Ă©galement les albums sans texte. Lâimage dominante dans ce genre de livres permet aussi des lectures Ă plusieurs niveaux.
26Lâexposition de Montreuil rassemblait des Ćuvres de jeunes illustrateurs du monde entier. Des prix rĂ©compensaient les dessins qui correspondaient le mieux aux attentes du jury : il Ă©tait notamment demandĂ© que les illustrations sâadressent Ă la fois Ă un public enfant et Ă un public adulte et que les artistes aient une lecture propre du texte. M. Constantinescu remarque la prĂ©dominance des Ćuvres autour dâAlice, mentionne la diversitĂ© des techniques et des styles et en analyse quelques-unes.
27Au sujet de lâexposition sur Walt Disney, M. Constantinescu rappelle que Walt Disney sâest procurĂ© un grand nombre de livres illustrĂ©s europĂ©ens pour constituer une bibliothĂšque mise Ă la disposition des dessinateurs de ses films dâanimation. Elle sâintĂ©resse plus particuliĂšrement aux sources dâinspiration du dessin animĂ© Blanche-Neige (Gustave DorĂ©, Arthur Rackham, William Blake,âŠ).
28Elle conclut en constatant lâimportance de lâimage publiĂ©e, remarque rĂ©aliste qui va Ă lâencontre dâun mouvement pessimiste qui ne voit plus dâavenir au livre.
29Avant 1989, une seule maison dâĂ©dition publiait des livres de littĂ©rature de jeunesse. Ils Ă©taient rares et fortement idĂ©ologisĂ©s. AprĂšs la chute du rideau de fer, de nouvelles maisons dâĂ©dition se sont fondĂ©es et un grand nombre de livres dĂ©sidĂ©ologisĂ©s sont parus. Lâauteure regrette toutefois la « disneyisation » de lâillustration et la raretĂ© dâauteurs roumains contemporains. Elle mentionne quelques ouvrages qui attestent de lâintĂ©rĂȘt pour la littĂ©rature de jeunesse au niveau de la formation des enseignants et de la recherche universitaire en Roumanie.
30Elle Ă©voque cinq Ćuvres de littĂ©rature de jeunesse roumaines datant de 2002 Ă 2004. Il sâagit dâune parodie dâencyclopĂ©die (Enciclopedia zmeilor de Mircea CÄrtÄrescu), de deux Ćuvres de « fantasy » (Realitate ImposibilÄ de BranduĆa Luciana Grosu, analysĂ© prĂ©cĂ©demment, et Fairia de Radu Pavel Gheo), dâun conte philosophique (La Fillette et la Tortue de Doina Cernica, traduit en français par M. Roman et V. Maillard) et dâun ouvrage illustrĂ© sur lâours (Romulus de Nicolae Daramus).
31La prĂ©sentation des Ćuvres est de longueur variable : lâauteure sâattarde surtout sur les trois premiers ouvrages dont le deuxiĂšme est dĂ©jĂ bien connu du lecteur. De plus, les deux Ćuvres de « fantasy » sont en rapport Ă©troit avec lâĆuvre de M. Ende, LâHistoire sans fin.
32Cette partie regroupe des réflexions portant sur des problÚmes généraux de traduction ou spécifiques à la littérature de jeunesse ou à la langue roumaine.
33Lâauteure commence par sâinterroger sur le sens de « sonner bien ». Elle sâintĂ©resse aux sens de « son » et de « rythme » en citant notamment Valery Larbaud et Meschonnic. Ensuite elle souligne lâimportance de la musicalitĂ© chez Perrault, en particulier dans les formulettes.
34Lâhistorique des traductions de Perrault en roumain qui suit rĂ©vĂšle que les plus anciennes datent de la fin du XIXe et la plus rĂ©cente (au moment de lâĂ©criture de lâarticle) de 2005. Ces traductions vont de la quasi-réécriture Ă la traduction qui respecte le conte de lâauteur. M. Constantinescu les catĂ©gorise en donnant des exemples de son corpus. Lâadaptation-localisation transpose les contes de Perrault dans un milieu roumain. Lâadaptation-abrĂ©viation supprime des dialogues, des personnages ou une partie des morales quand il y en a plusieurs. Lâadaptation-tĂ©lescopage mĂ©lange les contes de Perrault avec des contes dâautres auteurs comme Grimm ou Mme dâAulnoy. Lâadaptation-amplification ajoute des Ă©lĂ©ments. Lâadaptation-libre comporte des ajouts, des modifications, des suppressions, des interventions du narrateur... M. Constantinescu conclut par le constat que la traduction dâun conte, mĂȘme sâil est dâauteur, reste ressentie comme lâĂ©criture dâune histoire qui Ă©tait anonyme et transmise oralement et que lâon peut transformer Ă sa guise.
35Lâauteure prĂ©sente les choix des traducteurs pour les traductions des titres et des noms propres. Les exemples sont rĂ©vĂ©lateurs des possibilitĂ©s qui sâoffrent aux traducteurs : garder les noms dâorigine, les transposer, traduire chaque Ă©lĂ©ment des titres ou des noms signifiants... Elle sâintĂ©resse ensuite Ă quelques formulettes bien connues et analyse les solutions proposĂ©es par les traducteurs. En gĂ©nĂ©ral le jeu de sonoritĂ© prime sur le sens, les formulettes Ă©tant vouĂ©es Ă ĂȘtre retenues grĂące aux rĂ©pĂ©titions de sons et au jeu avec la langue.
36Les premiĂšres adaptations de Pinocchio en roumain sont antĂ©rieures Ă ses premiĂšres traductions. Elles datent de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle. Il existe aussi une version italienne abrĂ©gĂ©e accompagnĂ©e de notes destinĂ©e aux Ă©trangers apprenant lâitalien. AprĂšs 1989, le nombre de traductions et adaptations de Collodi en roumain a augmentĂ© avec des rĂ©fĂ©rences Ă©ditoriales plus ou moins prĂ©cises. Mais lâauteure remarque que lui-mĂȘme, Collodi, a commencĂ© par ĂȘtre traducteur avant dâĂȘtre auteur et quâil a racontĂ© Ă sa maniĂšre notamment des contes de Perrault et de Madame dâAulnoy.
37M. Constantinescu rappelle que, contrairement aux idĂ©es reçues, traduire pour la jeunesse nâest pas plus facile que traduire pour les adultes et que cela comporte des difficultĂ©s particuliĂšres. La simplification ou lâautochtonisation peut mener Ă une aseptisation du texte.
38Le style de Collodi est difficile Ă rendre en roumain. Il sâinspire notamment de contes français et fait preuve dâespiĂšglerie, qui peut ĂȘtre aplanie si le traducteur ne sâintĂ©resse quâĂ la dimension moralisatrice. Pour souligner ce problĂšme, lâauteure prend des exemples de traduction de Pinocchio en français. Des rĂ©pĂ©titions ou des longueurs dans les dialogues, qui font partie du style de lâauteur, ont Ă©tĂ© « corrigĂ©es » dans certaines traductions. Ces difficultĂ©s se retrouvent aussi en roumain.
39Les premiĂšres traductions/adaptations en roumain ne donnent pas le nom de Pinocchio au personnage. Ce nâest quâĂ partir de la version de Disney des annĂ©es 1940 que le nom Pinocchio est utilisĂ©. La version Disney est fortement critiquĂ©e par lâauteure qui sâappuie sur les Ă©crits de Montandon et Bruckner. Elle dĂ©nonce lâĂ©dulcoration, le manichĂ©isme caricatural et lâabsence de remise en question du monde adulte prĂ©sente dans lâoriginal.
40Tout en faisant rĂ©fĂ©rence Ă quelques traductions françaises, elle commente et compare diffĂ©rentes traductions en roumain (datant de 1911 Ă 2001). Elle analyse plus particuliĂšrement les titres, les noms propres et le rendu du style de Collodi (vivacitĂ©, tonalitĂ© archaĂŻque, oralitĂ© des dialogues). La proximitĂ© linguistique du roumain et de lâitalien, langues latines toutes les deux, facilitent le rendu de certaines tonalitĂ©s. Mais les rĂ©gionalismes peuvent ĂȘtre difficilement rendus sans dĂ©placer lâaction dans une rĂ©gion roumaine.
41Lâauteur termine son article en citant Italo Calvino puis Montandon : Pinocchio fait partie des rĂ©cits qui arrivent à « survivre aux changements de goĂ»ts, des modes, du langage, des mĆurs » et il permet de nombreuses « rĂ©activations ». Elle ajoute que la traduction est lâune de ces rĂ©activations mĂȘme si elle est souvent davantage adaptation que traduction. Elle rappelle que Collodi traducteur a adaptĂ© Perrault et que les adaptions de Pinocchio sont une sorte de revanche du destin.
42Lâauteure revient alors sur lâacte de traduire pour les enfants lorsquâil sâagit de textes provenant de cultures Ă©loignĂ©es. Elle sâintĂ©resse Ă deux contes : lâun du Burkina Faso, lâautre du Groenland. Tous les deux sont Ă©crits en français mais comportent des passages ou du vocabulaire en langue moore ou inuit. Ils disposent en outre dâun paratexte explicatif. Le premier nâest pas paru dans un ouvrage destinĂ© Ă la jeunesse, le second si.
43En reprenant des exemples de traductions de Perrault en roumain, elle rappelle quâen littĂ©rature de jeunesse la traduction peut sâĂ©loigner beaucoup de lâoriginal et mĂ©rite souvent davantage le nom dâadaptation ou de version remaniĂ©e. Ce problĂšme est liĂ© Ă la nĂ©cessitĂ© de sâadapter aux possibilitĂ©s de comprĂ©hension de lâenfant. Ainsi la traduction des deux contes choisis vers le roumain pose des problĂšmes de comprĂ©hension car la culture y est diffĂ©rente.
44Le conte burkinabĂ© sâintitule « Lâorpheline » et prĂ©sente un couple orpheline-marĂątre comme dans certains contes de Perrault. La marĂątre est dans ce conte une coĂ©pouse du pĂšre polygame. Cet aspect culturel, la polygamie, pose un problĂšme de traduction en roumain qui ne dispose pas de terme Ă©quivalent à « coĂ©pouse ». Les chants en moore et les lĂ©gumes inconnus des enfants roumains donnent sa couleur locale au conte. La traductrice a choisi de les conserver sans note dans sa publication dans la revue Atelier de traduction, mais prĂ©conise dâajouter un lexique en annexe, avec des images, pour la publication dans un volume.
45Le conte inuit comporte des termes inuits marquĂ©s par un astĂ©risque renvoyant Ă un glossaire. Ainsi, sans ĂȘtre simplifiĂ©, lâouvrage est accessible aux enfants et permet dâĂȘtre compris dans son contexte culturel.
46Lâauteure rappelle, en conclusion, que le conte est un moyen de sâouvrir Ă autrui et Ă dâautres cultures. Il est donc important de ne pas aseptiser le contenu culturel en traduisant.
47Lâauteure rapporte les grandes idĂ©es qui sont ressorties des journĂ©es scientifiques tenues Ă Hanoi et portant sur la spĂ©cificitĂ© de la traduction de la littĂ©rature pour la jeunesse.
48Elena Parualo, de Salerne, a fait une Ă©tude de la traduction en italien par Dacia Maraini de The Secret Sharer de Joseph Conrad. Lâauteure a proposĂ© des principes Ă appliquer pour la traduction dâun texte de littĂ©rature de jeunesse : Ă©viter la simplification, garder la dimension culturelle, respecter le style, respecter lâenfant. Marie Caillat, de Phnom Penh, sâest intĂ©ressĂ©e Ă trois traductions françaises dâAlice au pays des merveilles de Lewis Carroll. LâĂ©quipe vietnamienne organisatrice a, elle, Ă©voquĂ© le problĂšme de la collecte de comptines vietnamienne avant de prĂ©senter les problĂšmes de traduction en français : difficultĂ©s lexicales (formes dialectales, faune et flore spĂ©cifiques Ă certaines rĂ©gions du Vietnam) et difficultĂ©s syntaxiques (jeu de rythmes et de rimes). Johanne Prudâhomme, du QuĂ©bec, sâest intĂ©ressĂ©e Ă deux « traductions » de Harry Potter and The Philosopherâs Stone. La version amĂ©ricaine par sa couverture et son titre en fait un ouvrage pour jeune, mais attĂ©nue la magie. Tandis que la version française le destine plus aux enfants avec un Harry Potter enfant sur la couverture et un titre plus enfantin : Harry Potter Ă lâĂ©cole des sorciers. Vu Van Dai, de Hanoi, sâest intĂ©ressĂ© Ă lâacte de traduire un texte littĂ©raire qui est un texte avec une certaine forme, un contenu linguistique et un contenu culturel. Il faut tenir compte de ces trois dimensions pour Ă©viter les erreurs de traduction. Et il a conclu que pour traduire il fallait surtout travailler sa propre langue en sâappuyant sur la langue de lâauteur. M. Constantinescu Ă©voque ensuite dâautres communications sur lesquelles elle ne sâattarde pas et notamment une communication concernant une expĂ©rience de transposition théùtrale de En famille dâHector Malot dans un lycĂ©e.
49Dans le prolongement, lâauteure prĂ©sente son expĂ©rience de traduction de quelques poĂ©sies ludiques du recueil Jaffabules de Pierre Coran.
50La traduction du mot valise qui constitue le titre pose un premier problĂšme. Et les poĂ©sies elles-mĂȘmes en posent dâautres : les vers comportent beaucoup de jeux de mot et de jeux de sonoritĂ©. La traductrice est donc obligĂ©e de modifier lĂ©gĂšrement le sens de certains vers (ainsi, en roumain les Ă©crevisses bronzent au lieu dâavoir la jaunisse) pour conserver des jeux de sonoritĂ©. Elle doit aussi compenser certaines pertes par des effets de mĂȘme ordre en dâautres endroits du texte. Et de conclure que « la traduction pour enfants [âŠ] est loin dâĂȘtre un jeu dâenfants. »
51Le roman Sans famille dâHector Malot a beaucoup de succĂšs en Roumanie oĂč il est frĂ©quemment traduit et adaptĂ©. Lâauteure compare cinq de ses traductions. Elle analyse dans un premier temps la prĂ©sence ou non de la dĂ©dicace dâH. Malot Ă sa fille qui signifie lâintentionnalitĂ© de lâouvrage. Elle sâintĂ©resse ensuite au titre traduit par le premier traducteur en roumain « Seul au monde » et repris par la suite. Cette traduction enlĂšve lâeffet de symĂ©trie avec le dernier chapitre du roman dont le titre « En famille » sera aussi celui dâun roman Ă©crit plus tard. Elle relĂšve ensuite les acclimatations dans les traductions : transformation de certains noms, suppression de toponymes, transposition de rĂ©fĂ©rences gastronomiques. Puis elle sâintĂ©resse aux simplifications : le nombre de chapitres est variable suivant les traductions dans lesquelles des passages entiers peuvent ĂȘtre Ă©liminĂ©s.
52Lâauteure propose quelques axes de rĂ©flexion pour la traduction de la littĂ©rature de jeunesse Ă partir de dossiers parus dans diffĂ©rentes revues. Les traducteurs citĂ©s ont fait part de leurs expĂ©riences et de leurs difficultĂ©s dans ces revues : difficultĂ© de traduire un texte simple, danger de la simplification, question de lâadaptation pour une autre cultureâŠ
53Cette interview de Jean Perrot, directeur et fondateur de lâInstitut International Charles Perrault, commence par le rappel du rĂŽle de cet institut : Ă©tudier et prĂ©senter les enjeux de la littĂ©rature de jeunesse. Les questions posĂ©es permettent Ă Jean Perrot dâexpliquer le parcours qui lâa menĂ© Ă la recherche en littĂ©rature de jeunesse et de « raconter » lâhistoire de ce domaine en France. Il revient sur les chercheurs qui ont ouvert la brĂšche : Paul Hazard, Marc Soriano, Denise Escarpit, Isabelle NiĂšres-Chevrel, Francis et DaniĂšle Marcoin ; il mentionne aussi Nadine Decourt et Bernadette Bricout, spĂ©cialistes du conte. Il Ă©voque les formations universitaires existantes au moment de lâentretien et le rĂŽle des multimĂ©dias dans la littĂ©rature de jeunesse actuelle.
54Cet ouvrage qui peut paraĂźtre assez disparate constitue malgrĂ© tout une certaine unitĂ©. Mais, sâagissant dâune collection dâarticles, les rĂ©pĂ©titions sont frĂ©quentes. Le contenu de certaines Ćuvres est rappelĂ© plusieurs fois et certains Ă©lĂ©ments dâanalyse peuvent paraĂźtre redondants. Lâouvrage est Ă considĂ©rer pour ce quâil est : une succession dâarticles qui sont reliĂ©s entre eux et qui peuvent se rĂ©pĂ©ter.
55Les Ćuvres Ă©tudiĂ©es sont Ă la fois des classiques de la littĂ©rature de jeunesse et des Ćuvres dâauteurs contemporains. Il est, Ă mon avis, tout aussi intĂ©ressant pour les lecteurs qui ne connaissent pas trop le domaine que pour ceux qui sâintĂ©ressent dĂ©jĂ Ă la littĂ©rature de jeunesse. Les analyses sont toujours faites Ă plusieurs niveaux et les Ćuvres considĂ©rĂ©es ont trĂšs souvent un double destinataire : adulte et enfant. Les problĂšmes de traduction soulevĂ©s sont pour partie spĂ©cifiques Ă la littĂ©rature de jeunesse et pour partie relĂšvent de la traductologie en gĂ©nĂ©ral.

