Acta fabula
ISSN 2115-8037

Dossier critique
Volume 11, numéro 5
Véronique Médard

Lire et traduire la littérature de jeunesse

Muguraß Constantinescu, Lire et Traduire la littĂ©rature de jeunesse, Suceava : Editura universităƣii din Suceava, 2008, 300 p., EAN 9789736662959.

1Muguraß Constantinescu, chercheure comparatiste, a obtenu le prix Perrault du meilleur article inĂ©dit en 1997. Lire et traduire la littĂ©rature de jeunesse rassemble diffĂ©rents articles Ă©crits pour des colloques ou des revues et rĂ©visĂ©s pour cet ouvrage qui se divise en trois parties.

2La premiĂšre partie prĂ©sente des travaux sur des Ɠuvres de littĂ©rature de jeunesse, la deuxiĂšme Ă©voque des problĂšmes de traduction d’Ɠuvres de littĂ©rature de jeunesse et la troisiĂšme rapporte un entretien avec Jean Perrot, spĂ©cialiste en littĂ©rature de jeunesse, directeur et fondateur de l’Institut International Charles Perrault.

3L’auteure commence par rappeler que Perrault faisait partie des pionniers qui ont donnĂ© une forme Ă©crite, savante et signĂ©e, Ă  des contes oraux, populaires et anonymes. À la diffĂ©rence de ses contemporains, il a cherchĂ© Ă  les harmoniser dans leur construction. Son Ɠuvre est assez rĂ©duite : trois contes en vers et huit en prose. M. Constantinescu examine des dĂ©finitions de l’« espiĂšglerie » pour en retenir humour, ironie, raillerie, enjouement et badinage. Elle utilise le discours d’accompagnement de Perrault dans ses contes pour argumenter sa position. Les contes de Perrault constituent une irrĂ©vĂ©rence envers les autoritĂ©s : Perrault va Ă  l’encontre de l’AntiquitĂ© canonisĂ©e, Ă  l’encontre de la tradition en adaptant des contes oraux pour l’écrit, et Ă  l’encontre de la mode des contes de fĂ©es. Perrault « joue » sur plusieurs points dans ses contes.

4Au niveau narratif, Perrault invite Ă  diffĂ©rentes lectures : il propose diffĂ©rentes morales et son recueil de contes en prose a plusieurs titres. Il cite des maximes qu’il modifie ou non, montrant ainsi une adhĂ©sion ou une distanciation. Il joue aussi sur le public visĂ©, Ă  la fois adulte et enfant, par diffĂ©rents degrĂ©s de comprĂ©hension de ses contes.

5Au niveau des symboles, les personnages ne correspondent pas aux clichĂ©s traditionnels : la femme est Ă  la fois belle et pleine de manies agaçantes, le roi n’est pas prĂ©sentĂ© comme une autoritĂ© militaire, l’ogre n’est pas forcĂ©ment cannibale (dans Le Chat-BottĂ©, il est naĂŻf), Barbe-Bleue est un personnage isolĂ© autant bourreau que victime, les fĂ©es ont leurs dĂ©fauts...

6M. Constantinescu conclut en soulignant qu’il y a un rĂ©el jeu entre modernitĂ© et tradition. Le jeu avec le conte traditionnel continue aprĂšs Perrault alors mĂȘme qu’il est devenu le modĂšle Ă  contester. Elle donne quelques exemples de réécritures du XVIIe au XXIe siĂšcle et souligne aussi le jeu entre tradition et innovation, ainsi que celui entre littĂ©rature gĂ©nĂ©rale et littĂ©rature d’enfance.

7Trois articles traitent du personnage de la fillette dans des Ɠuvres de littĂ©rature de jeunesse :

8« Le personnage de la fillette : exploration du monde et rencontre avec le fĂ©erique » ; « L’initiation de la fillette au monde, Ă  autrui, Ă  la diffĂ©rence » ; « La fillette et son rapport Ă  l’imagination, au livre, Ă  la lecture et Ă  l’écriture »

9Le premier article souligne que les personnages fĂ©minins sont trĂšs prĂ©sents dans les contes et la littĂ©rature de jeunesse. Mais la figure de la fillette « aventuriĂšre » se dĂ©tache : les personnages fĂ©minins sont actifs dans l’enfance puis deviennent passifs Ă  l’ñge adulte. Les fillettes orphelines (comme les garçons orphelins) sont plus attirĂ©es par l’action et l’exploration du monde. Les orphelins sont souvent caractĂ©risĂ©s par une aptitude plus grande Ă  la rĂ©volte et Ă  la dĂ©sobĂ©issance. L’auteur compare deux hĂ©roĂŻnes : Lizuca (Le Bois merveilleux, Mihail Sodoveanu) et DorothĂ©e (Le Magicien d’Oz, L. Frank Baum). Toutes les deux, orphelines, explorent un autre monde accompagnĂ©es de leur chien. Leur exploration est associĂ©e Ă  une rencontre avec le fĂ©erique, Ă  une quĂȘte de soi et Ă  une quĂȘte d’un chez soi. Les deux hĂ©roĂŻnes sont des passeuses entre deux mondes. Le Bois merveilleux est considĂ©rĂ© par M. Constantinescu comme un vrai plaidoyer pour l’imagination.

10Le deuxiĂšme article autour de la fillette compare trois contes qui racontent aussi une exploration du monde par des hĂ©roĂŻnes mais qui ne prĂ©sentent pas de rencontre avec le merveilleux comme dans les deux histoires prĂ©cĂ©dentes. Il s’agit d’un conte portugais, La Petite Fille et la Mer de Sophia de Mello Breyner, d’un conte roumain, La Petite Fille et la Tortue de Doina Cernica et d’un conte brĂ©silien, RĂȘve noir d’un lapin blanc d’Ana Maria Machado. Comme ceux de Perrault, ces contes permettent des lectures Ă  plusieurs niveaux et visent autant un public enfant qu’adulte. Il n’y a pas de dimension spatio-temporelle dĂ©finie comme dans les deux histoires prĂ©cĂ©dentes. Dans La Petite Fille et la Mer, on assiste Ă  la rencontre entre deux ĂȘtres de deux mondes diffĂ©rents. Comme dans Le Petit Prince de Saint-ExupĂ©ry, les deux personnages, le petit garçon de la terre et la petite fille de la mer, s’apprivoisent progressivement. Le rire et le jeu sont des constantes de ces contes et les couleurs du paysage sont symboliques des sentiments des enfants. L’auteure Ă©numĂšre les notions prĂ©sentes dans le conte : amitiĂ©, nostalgie, diffĂ©rence, autrui, chez soi, ailleurs, dĂ©sir de connaissance, Ă©quilibre fragile du monde. Dans La Petite Fille et la Tortue, Ă  travers douze petits rĂ©cits, la fillette explore son propre monde, accompagnĂ©e de son amie la Tortue. Il n’y a pas d’exploration ou de dĂ©couverte d’un autre monde. L’épigraphe de Saint-ExupĂ©ry rapproche ce conte du prĂ©cĂ©dent et du Petit Prince. Dans le premier conte, le rire est connu, la tristesse et la souffrance sont dĂ©couvertes aprĂšs la rencontre avec l’autre monde ; dans le second, la fillette apprend d’abord la tristesse puis le rire. La part du jeu est trĂšs restreinte par rapport au premier conte. Dans ce conte comme dans le RĂȘve noir d’un lapin blanc, la fillette est tout de suite familiarisĂ©e avec l’inconnu et les ĂȘtres non-anthropomorphes. Dans ce dernier, des mondes s’opposent : le monde des noirs et celui des blancs, le monde humain et le monde animal, et enfin le monde des enfants et celui des adultes.

11La conclusion rapproche cet article des prĂ©cĂ©dents : dans ces trois contes, il n’y a pas de rencontre avec le merveilleux comme dans Le bois merveilleux ou dans Le Magicien d’Oz, mais il est remplacĂ© par un Ă©merveillement ; l’espiĂšglerie des contes de Perrault est ici peu prĂ©sente sauf peut-ĂȘtre dans le rire des fillettes ; il n’y a pas de rĂ©volte, ni de dĂ©sobĂ©issance.

12Le troisiĂšme article s’intĂ©resse aux personnages fĂ©minins dans trois rĂ©cits oĂč interviennent la lecture et la fiction. Il s’agit de l’Histoire sans fin de Michael Ende, de Realitate Imposibilă (RĂ©alitĂ© impossible) de Brandußa Luciana Grosu et de CƓur d’encre de Cornelia Funke. M. Constantinescu rappelle que le deuxiĂšme rĂ©cit a souvent Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une réécriture au fĂ©minin de l’Histoire sans fin.

13Dans L’Histoire sans fin, les hĂ©ros sont deux garçons : un enfant guerrier du Pays Fantastique et Bastien qui entre au Pays Fantastique par la lecture d’un livre intitulĂ© L’Histoire sans fin. La fillette y est bien reprĂ©sentĂ©e. La Petite ImpĂ©ratrice est le noyau du Pays Fantastique : ĂȘtre mystĂ©rieux Ă  l’apparence d’une fillette sans Ăąge, elle est d’une part une enfant et une amie Ă  protĂ©ger et d’autre part un ĂȘtre sage, souverain et protecteur avec, par moments, un rĂŽle maternel. Elle est aussi lectrice et baigne dans le milieu humain du livre. Xajide, elle, reprĂ©sente le dĂ©sir de conquĂ©rir. Elle a un caractĂšre violent et passionnel. Elle est la femme tentatrice, la fausse-disciple et la fausse servante. Son imagination est au service du mensonge et de la  faussetĂ©. Quant Ă  Christa, fillette du monde rĂ©el, elle est Ă  la fois enfant, copine, amie, voire sƓur. Bastien lui raconte des histoires. Elle est proche de l’imagination et du livre. C’est elle qui motive le retour de Bastien dans le rĂ©el. Dans cette histoire, les personnages fĂ©minins ne partent pas en quĂȘte d’elles-mĂȘmes comme Bastien qui, complexĂ© dans le monde rĂ©el, s’épanouit dans le monde imaginaire. Comme Le bois merveilleux, le livre est considĂ©rĂ© par M. Constantinescu comme un vrai plaidoyer pour l’imaginaire et l’imagination.

14Dans Realitate Imposibilă, le personnage qui part dans une quĂȘte est une fillette : Crisanta qui, comme Bastien, aime la lecture. Comme Bastien, elle a pour mission de sauver un pays : celui de la Fantaisie. Ce monde est un monde peuplĂ© d’ĂȘtres fĂ©minins oĂč le jeu a une place importante. La Princesse Enfantine se lie d’amitiĂ© avec Crisanta et joue avec elle. Comme Peter Pan, elle ne veut pas grandir et, par rapport Ă  la Petite ImpĂ©ratrice, elle semble avoir peu de pouvoirs. La FĂ©e Gentille reprĂ©sente le cĂŽtĂ© maternel. AprĂšs son voyage dans le pays de la Fantaisie et sa dĂ©couverte du pays de l’Impossible gouvernĂ© par le roi RĂ©aliste, oĂč les personnages masculins sont plus reprĂ©sentĂ©s, Crisanta devient Ă©crivaine cĂ©lĂšbre. Son exploration dans un autre monde s’accompagne donc d’une quĂȘte de soi. Crisanta passe en effet de fillette lectrice Ă  hĂ©roĂŻne puis d’hĂ©roĂŻne Ă  Ă©crivaine.

15Les situations initiales et finales sont des espaces valorisant le livre et favorisant le passage entre Ă©poques et pays diffĂ©rents : chez Ende, il s’agit de la boutique de l’Antiquaire ; chez Grosu, de la chambre de l’écoliĂšre puis du bureau de l’écrivaine. Bastien et Crisanta sont vus comme des passeurs entre deux mondes (comme DorothĂ©e et Lizuca).

16Dans CƓur d’encre, la place du livre est aussi trĂšs importante. Le pĂšre de Meggie, l’hĂ©roĂŻne, est relieur et dispose du don de faire communiquer fiction et rĂ©alitĂ© par la lecture Ă  haute voix. Il perd sa femme dans la fiction et fait entrer des bandits dans la rĂ©alitĂ©. Suite Ă  la disparition de sa femme, il apprend Ă  lire Ă  sa fille pour que lui n’ait plus Ă  le faire Ă  haute voix. Meggie « orpheline » compense l’absence de sa mĂšre par la grande prĂ©sence du livre. Elle se dĂ©couvre le mĂȘme don que son pĂšre et arrive Ă  libĂ©rer sa mĂšre qui revient muette de son voyage dans le monde du livre. De retour dans le monde rĂ©el, elle raconte par Ă©crit ses aventures. Sa fille les illustre et projette d’écrire elle-mĂȘme. M. Constantinescu achĂšve son article par l’évocation d’un Ă©lĂ©ment de la biographie de Cornelia Funke : comme son hĂ©roĂŻne, elle a commencĂ© par illustrer avant d’écrire.

17M. Constantinescu s’intĂ©resse alors Ă  une Ɠuvre qu’un Ă©crivain roumain reconnu (romancier, poĂšte, dramaturge) a Ă©crit pour les enfants Ă  la fin de sa vie. Il s’agit de Papuciada de Camil Petrescu.

18Pour situer le contexte de cette Ă©criture, elle rappelle d’abord que la premiĂšre Ă©popĂ©e roumaine date du dĂ©but du XIXe : Tziganiada de Ion Budai Deleanu. Cette Ă©popĂ©e avait dĂ©jĂ  un double but : ludique et didactique. L’auteure Ă©voque ensuite quelques autres Ă©popĂ©es roumaines (ou Ă©crits considĂ©rĂ©s comme telles), achevĂ©es ou inachevĂ©es, puis des traductions d’épopĂ©es antiques contemporaines.

19La forme de Papuciada est comparĂ©e Ă  celle des Ă©popĂ©es d’HomĂšre. Les deux diffĂ©rents plans de l’épopĂ©e classique, humain et divin, sont remplacĂ©s par le plan du narrĂ© et celui de la narration : le pĂšre raconte Ă  ses trois enfants l’histoire du hĂ©ros, Luƣă, avec son ami et son chien. Les deux hĂ©ros sont des enfants qui partent en guerre contre le « mĂ©chant ours ». L’aspect enfantin et ludique est prĂ©sent dans le contenu de l’épopĂ©e et l’auteur la construit en jouant avec la mĂ©talepse. L’Ɠuvre a aussi une visĂ©e didactique : les enfants et les petits animaux vont vaincre l’ours par la ruse et l’intelligence et, au lieu de tuer leur ennemi, ils vont faire en sorte qu’il devienne gentil. Il n’y a pas de mort exemplaire comme dans l’épopĂ©e antique, mais apprivoisement. M. Constantinescu propose une lecture selon un triple apprivoisement : d’un genre, l’épopĂ©e ; d’un langage poĂ©tique accessible aux enfants ; d’un topos de la victoire devenant apprivoisement de l’ennemi. Elle rappelle que d’autres lectures sont possibles dans cette Ɠuvre burlesque qui modernise le genre.

20M. Constantinescu s’intĂ©resse, Ă  prĂ©sent, Ă  l’analyse de rĂ©cits fondateurs de l’imaginaire de l’enfance faite par Alain Montandon dans l’ouvrage Du rĂ©cit merveilleux ou l’ailleurs de l’enfance (Imago, Paris, 2001). Les Ɠuvres choisies datent du XIXe et du XXe et sont des contes d’auteur : Le Petit Prince de Saint-ExupĂ©ry, Pinocchio de C. Collodi, Le Magicien d’Oz de F. Baum, Peter Pan de J.M. Barrie, L’Histoire sans fin de M. Ende et ET de St. Spielberg. M. Constantinescu remarque l’absence d’Alice de L. Carroll considĂ©rĂ© comme trĂšs complexe par Alain Montandon, qui hĂ©site Ă  le classer comme livre d’enfants tout en y faisant souvent rĂ©fĂ©rence.

21Le Petit Prince est considĂ©rĂ© comme le moi enfantin de l’aviateur qui interroge l’adulte. C’est un personnage orphelin comme une partie des autres hĂ©ros analysĂ©s par A. Montandon. Le Petit Prince est un livre philosophique dont les enfants ne comprennent pas forcĂ©ment le sens mais dont ils ressentent la portĂ©e. Contrairement au Petit Prince, Pinocchio n’est pas rĂ©ellement un enfant mais une marionnette animĂ©e qui n’est enfant que par ses envies et ses interrogations. Le hĂ©ros recherche son identitĂ© et ne devient un petit garçon comme les autres qu’aprĂšs sa deuxiĂšme naissance quand il sort du ventre du poisson. A. Montandon dĂ©sapprouve l’adaptation de Walt Disney qui attĂ©nue la vision libertaire de l’enfance et sa maniĂšre de s’opposer aux contraintes du monde adulte. Selon A. Montandon, Le Magicien d’Oz rĂ©pond au besoin d’utopie de son auteur dans une AmĂ©rique qui doit affronter la crise Ă©conomique du dĂ©but du XXe. Dans le monde merveilleux du Magicien d’Oz, l’argent n’existe pas et les habitants vivent en harmonie. A. Montandon s’intĂ©resse aussi Ă  la vie de son auteur pour la lecture de Peter Pan. Barrie a dĂ» vivre avec une mĂšre absente car absorbĂ©e par le souvenir de son aĂźnĂ© mort. Ainsi A. Montandon voit Peter Pan comme un conte sur la figure maternelle, dans lequel les personnages, mĂȘme le Capitaine Crochet, sont Ă  la recherche d’une mĂšre. L’adaptation de Walt Disney est aussi dĂ©sapprouvĂ©e car elle enlĂšve toute la gravitĂ© du conte de Barrie. A. Montandon justifie son choix d’associer un conte cinĂ©matographique Ă  son analyse en faisant un parallĂšle entre ET et Peter Pan. Spielberg a souffert de l’absence de son pĂšre suite au divorce de ses parents ; son hĂ©ros, Elliot, surmonte le drame du divorce de ses parents grĂące Ă  son amitiĂ© avec ET. L’intrusion du merveilleux permet la rencontre avec l’altĂ©ritĂ© et la dĂ©couverte de soi. L’Histoire sans fin matĂ©rialise l’identification du lecteur au hĂ©ros : Bastien, lecteur, devient le hĂ©ros de la fiction. La mise en abyme symbolise aussi le lien unique entre un lecteur et sa lecture.

22A. Montandon ne considĂšre pas le conte comme une fuite du rĂ©el, mais comme une maniĂšre d’affronter les conflits actuels. Il s’intĂ©resse aux Ă©lĂ©ments merveilleux de tous ces contes : des fĂ©es et lutin de Peter Pan Ă  ET qui reprĂ©sente le merveilleux moderne, en passant par la rose du Petit Prince, qui rappelle les fĂ©es, et par le merveilleux mĂ©canisĂ© du Magicien d’Oz. Il analyse le monde merveilleux, l’ailleurs de ces Ɠuvres, qui est en rĂ©alitĂ© un espace liĂ© Ă  la quĂȘte de soi des hĂ©ros. Ces contes d’auteur sont riches en intertextualitĂ©s affichĂ©es ou dissimulĂ©es : chez Collodi, traducteur de Perrault et de Mme d’Aulnoy, le lecteur peut reconnaĂźtre des traces de leurs Ɠuvres ; de mĂȘme dans Peter Pan, des personnages ou des situations rappellent certains contes de Perrault ; et dans ET, la mĂšre lit Peter Pan Ă  ses enfants. Pour A. Montandon, ce n’est pas un hasard puisqu’il considĂšre ET comme une réécriture moderne de Peter Pan.

23Pour M. Constantinescu, l’ouvrage de A. Montandon montre que le conte d’auteur est un texte littĂ©raire qui offre de multiples lectures et qui a sa place dans la littĂ©rature gĂ©nĂ©rale.

24M. Constantinescu s’intĂ©resse, Ă©galement, au rĂŽle de l’image Ă  travers deux expositions de la fin de l’annĂ©e 2006 : l’exposition d’illustrations de Peter Pan et d’Alice aux pays des merveilles au Salon du livre et de la presse de jeunesse de Montreuil et l’exposition « Il Ă©tait une fois Walt Disney » au Grand Palais Ă  Paris.

25L’auteure analyse la place que prend de plus en plus l’image dans les livres : de plus en plus d’albums paraissent, soit créés dĂšs l’origine comme albums, soit créés Ă  partir d’un texte Ă©crit pour un autre type de livre (mĂȘme de Vian ou de Proust), ou mĂȘme créés Ă  partir de dessins animĂ©s (comme Kirikou ou tous ceux de Disney). Il existe Ă©galement les albums sans texte. L’image dominante dans ce genre de livres permet aussi des lectures Ă  plusieurs niveaux.

26L’exposition de Montreuil rassemblait des Ɠuvres de jeunes illustrateurs du monde entier. Des prix rĂ©compensaient les dessins qui correspondaient le mieux aux attentes du jury : il Ă©tait notamment demandĂ© que les illustrations s’adressent Ă  la fois Ă  un public enfant et Ă  un public adulte et que les artistes aient une lecture propre du texte. M. Constantinescu remarque la prĂ©dominance des Ɠuvres autour d’Alice, mentionne la diversitĂ© des techniques et des styles et en analyse quelques-unes.

27Au sujet de l’exposition sur Walt Disney, M. Constantinescu rappelle que Walt Disney s’est procurĂ© un grand nombre de livres illustrĂ©s europĂ©ens pour constituer une bibliothĂšque mise Ă  la disposition des dessinateurs de ses films d’animation. Elle s’intĂ©resse plus particuliĂšrement aux sources d’inspiration du dessin animĂ© Blanche-Neige (Gustave DorĂ©, Arthur Rackham, William Blake,
).

28Elle conclut en constatant l’importance de l’image publiĂ©e, remarque rĂ©aliste qui va Ă  l’encontre d’un mouvement pessimiste qui ne voit plus d’avenir au livre.

29Avant 1989, une seule maison d’édition publiait des livres de littĂ©rature de jeunesse. Ils Ă©taient rares et fortement idĂ©ologisĂ©s. AprĂšs la chute du rideau de fer, de nouvelles maisons d’édition se sont fondĂ©es et un grand nombre de livres dĂ©sidĂ©ologisĂ©s sont parus. L’auteure regrette toutefois la « disneyisation » de l’illustration et la raretĂ© d’auteurs roumains contemporains. Elle mentionne quelques ouvrages qui attestent de l’intĂ©rĂȘt pour la littĂ©rature de jeunesse au niveau de la formation des enseignants et de la recherche universitaire en Roumanie.

30Elle Ă©voque cinq Ɠuvres de littĂ©rature de jeunesse roumaines datant de 2002 Ă  2004. Il s’agit d’une parodie d’encyclopĂ©die (Enciclopedia zmeilor de Mircea Cărtărescu), de deux Ɠuvres de « fantasy » (Realitate Imposibilă de Brandußa Luciana Grosu, analysĂ© prĂ©cĂ©demment, et Fairia de Radu Pavel Gheo), d’un conte philosophique (La Fillette et la Tortue de Doina Cernica, traduit en français par M. Roman et V. Maillard) et d’un ouvrage illustrĂ© sur l’ours (Romulus de Nicolae Daramus).

31La prĂ©sentation des Ɠuvres est de longueur variable : l’auteure s’attarde surtout sur les trois premiers ouvrages dont le deuxiĂšme est dĂ©jĂ  bien connu du lecteur. De plus, les deux Ɠuvres de « fantasy » sont en rapport Ă©troit avec l’Ɠuvre de M. Ende, L’Histoire sans fin.

32Cette partie regroupe des réflexions portant sur des problÚmes généraux de traduction ou spécifiques à la littérature de jeunesse ou à la langue roumaine.

33L’auteure commence par s’interroger sur le sens de « sonner bien ». Elle s’intĂ©resse aux sens de « son » et de « rythme » en citant notamment Valery Larbaud et Meschonnic. Ensuite elle souligne l’importance de la musicalitĂ© chez Perrault, en particulier dans les formulettes.

34L’historique des traductions de Perrault en roumain qui suit rĂ©vĂšle que les plus anciennes datent de la fin du XIXe et la plus rĂ©cente (au moment de l’écriture de l’article) de 2005. Ces traductions vont de la quasi-réécriture Ă  la traduction qui respecte le conte de l’auteur. M. Constantinescu les catĂ©gorise en donnant des exemples de son corpus. L’adaptation-localisation transpose les contes de Perrault dans un milieu roumain. L’adaptation-abrĂ©viation supprime des dialogues, des personnages ou une partie des morales quand il y en a plusieurs. L’adaptation-tĂ©lescopage mĂ©lange les contes de Perrault avec des contes d’autres auteurs comme Grimm ou Mme d’Aulnoy. L’adaptation-amplification ajoute des Ă©lĂ©ments. L’adaptation-libre comporte des ajouts, des modifications, des suppressions, des interventions du narrateur... M. Constantinescu conclut par le constat que la traduction d’un conte, mĂȘme s’il est d’auteur, reste ressentie comme l’écriture d’une histoire qui Ă©tait anonyme et transmise oralement et que l’on peut transformer Ă  sa guise.

35L’auteure prĂ©sente les choix des traducteurs pour les traductions des titres et des noms propres. Les exemples sont rĂ©vĂ©lateurs des possibilitĂ©s qui s’offrent aux traducteurs : garder les noms d’origine, les transposer, traduire chaque Ă©lĂ©ment des titres ou des noms signifiants... Elle s’intĂ©resse ensuite Ă  quelques formulettes bien connues et analyse les solutions proposĂ©es par les traducteurs. En gĂ©nĂ©ral le jeu de sonoritĂ© prime sur le sens, les formulettes Ă©tant vouĂ©es Ă  ĂȘtre retenues grĂące aux rĂ©pĂ©titions de sons et au jeu avec la langue.

36Les premiĂšres adaptations de Pinocchio en roumain sont antĂ©rieures Ă  ses premiĂšres traductions. Elles datent de la premiĂšre moitiĂ© du XXe siĂšcle. Il existe aussi une version italienne abrĂ©gĂ©e accompagnĂ©e de notes destinĂ©e aux Ă©trangers apprenant l’italien. AprĂšs 1989, le nombre de traductions et adaptations de Collodi en roumain a augmentĂ© avec des rĂ©fĂ©rences Ă©ditoriales plus ou moins prĂ©cises. Mais l’auteure remarque que lui-mĂȘme, Collodi, a commencĂ© par ĂȘtre traducteur avant d’ĂȘtre auteur et qu’il a racontĂ© Ă  sa maniĂšre notamment des contes de Perrault et de Madame d’Aulnoy.

37M. Constantinescu rappelle que, contrairement aux idĂ©es reçues, traduire pour la jeunesse n’est pas plus facile que traduire pour les adultes et que cela comporte des difficultĂ©s particuliĂšres. La simplification ou l’autochtonisation peut mener Ă  une aseptisation du texte.

38Le style de Collodi est difficile Ă  rendre en roumain. Il s’inspire notamment de contes français et fait preuve d’espiĂšglerie, qui peut ĂȘtre aplanie si le traducteur ne s’intĂ©resse qu’à la dimension moralisatrice. Pour souligner ce problĂšme, l’auteure prend des exemples de traduction de Pinocchio en français. Des rĂ©pĂ©titions ou des longueurs dans les dialogues, qui font partie du style de l’auteur, ont Ă©tĂ© « corrigĂ©es » dans certaines traductions. Ces difficultĂ©s se retrouvent aussi en roumain.

39Les premiĂšres traductions/adaptations en roumain ne donnent pas le nom de Pinocchio au personnage. Ce n’est qu’à partir de la version de Disney des annĂ©es 1940 que le nom Pinocchio est utilisĂ©. La version Disney est fortement critiquĂ©e par l’auteure qui s’appuie sur les Ă©crits de Montandon et Bruckner. Elle dĂ©nonce l’édulcoration, le manichĂ©isme caricatural et l’absence de remise en question du monde adulte prĂ©sente dans l’original.

40Tout en faisant rĂ©fĂ©rence Ă  quelques traductions françaises, elle commente et compare diffĂ©rentes traductions en roumain (datant de 1911 Ă  2001). Elle analyse plus particuliĂšrement les titres, les noms propres et le rendu du style de Collodi (vivacitĂ©, tonalitĂ© archaĂŻque, oralitĂ© des dialogues). La proximitĂ© linguistique du roumain et de l’italien, langues latines toutes les deux, facilitent le rendu de certaines tonalitĂ©s. Mais les rĂ©gionalismes peuvent ĂȘtre difficilement rendus sans dĂ©placer l’action dans une rĂ©gion roumaine.

41L’auteur termine son article en citant Italo Calvino puis Montandon : Pinocchio fait partie des rĂ©cits qui arrivent Ă  « survivre aux changements de goĂ»ts, des modes, du langage, des mƓurs » et il permet de nombreuses « rĂ©activations ». Elle ajoute que la traduction est l’une de ces rĂ©activations mĂȘme si elle est souvent davantage adaptation que traduction. Elle rappelle que Collodi traducteur a adaptĂ© Perrault et que les adaptions de Pinocchio sont une sorte de revanche du destin.

42L’auteure revient alors sur l’acte de traduire pour les enfants lorsqu’il s’agit de textes provenant de cultures Ă©loignĂ©es. Elle s’intĂ©resse Ă  deux contes : l’un du Burkina Faso, l’autre du Groenland. Tous les deux sont Ă©crits en français mais comportent des passages ou du vocabulaire en langue moore ou inuit. Ils disposent en outre d’un paratexte explicatif. Le premier n’est pas paru dans un ouvrage destinĂ© Ă  la jeunesse, le second si.

43En reprenant des exemples de traductions de Perrault en roumain, elle rappelle qu’en littĂ©rature de jeunesse la traduction peut s’éloigner beaucoup de l’original et mĂ©rite souvent davantage le nom d’adaptation ou de version remaniĂ©e. Ce problĂšme est liĂ© Ă  la nĂ©cessitĂ© de s’adapter aux possibilitĂ©s de comprĂ©hension de l’enfant. Ainsi la traduction des deux contes choisis vers le roumain pose des problĂšmes de comprĂ©hension car la culture y est diffĂ©rente.

44Le conte burkinabĂ© s’intitule « L’orpheline » et prĂ©sente un couple orpheline-marĂątre comme dans certains contes de Perrault. La marĂątre est dans ce conte une coĂ©pouse du pĂšre polygame. Cet aspect culturel, la polygamie, pose un problĂšme de traduction en roumain qui ne dispose pas de terme Ă©quivalent Ă  « coĂ©pouse ». Les chants en moore et les lĂ©gumes inconnus des enfants roumains donnent sa couleur locale au conte. La traductrice a choisi de les conserver sans note dans sa publication dans la revue Atelier de traduction, mais prĂ©conise d’ajouter un lexique en annexe, avec des images, pour la publication dans un volume.

45Le conte inuit comporte des termes inuits marquĂ©s par un astĂ©risque renvoyant Ă  un glossaire. Ainsi, sans ĂȘtre simplifiĂ©, l’ouvrage est accessible aux enfants et permet d’ĂȘtre compris dans son contexte culturel.

46L’auteure rappelle, en conclusion, que le conte est un moyen de s’ouvrir à autrui et à d’autres cultures. Il est donc important de ne pas aseptiser le contenu culturel en traduisant.

47L’auteure rapporte les grandes idĂ©es qui sont ressorties des journĂ©es scientifiques tenues Ă  Hanoi et portant sur la spĂ©cificitĂ© de la traduction de la littĂ©rature pour la jeunesse.

48Elena Parualo, de Salerne, a fait une Ă©tude de la traduction en italien par Dacia Maraini de The Secret Sharer de Joseph Conrad. L’auteure a proposĂ© des principes Ă  appliquer pour la traduction d’un texte de littĂ©rature de jeunesse : Ă©viter la simplification, garder la dimension culturelle, respecter le style, respecter l’enfant. Marie Caillat, de Phnom Penh, s’est intĂ©ressĂ©e Ă  trois traductions françaises d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. L’équipe vietnamienne organisatrice a, elle, Ă©voquĂ© le problĂšme de la collecte de comptines vietnamienne avant de prĂ©senter les problĂšmes de traduction en français : difficultĂ©s lexicales (formes dialectales, faune et flore spĂ©cifiques Ă  certaines rĂ©gions du Vietnam) et difficultĂ©s syntaxiques (jeu de rythmes et de rimes). Johanne Prud’homme, du QuĂ©bec, s’est intĂ©ressĂ©e Ă  deux « traductions » de Harry Potter and The Philosopher’s Stone. La version amĂ©ricaine par sa couverture et son titre en fait un ouvrage pour jeune, mais attĂ©nue la magie. Tandis que la version française le destine plus aux enfants avec un Harry Potter enfant sur la couverture et un titre plus enfantin : Harry Potter Ă  l’école des sorciers. Vu Van Dai, de Hanoi, s’est intĂ©ressĂ© Ă  l’acte de traduire un texte littĂ©raire qui est un texte avec une certaine forme, un contenu linguistique et un contenu culturel. Il faut tenir compte de ces trois dimensions pour Ă©viter les erreurs de traduction. Et il a conclu que pour traduire il fallait surtout travailler sa propre langue en s’appuyant sur la langue de l’auteur. M. Constantinescu Ă©voque ensuite d’autres communications sur lesquelles elle ne s’attarde pas et notamment une communication concernant une expĂ©rience de transposition théùtrale de En famille d’Hector Malot dans un lycĂ©e.

49Dans le prolongement, l’auteure prĂ©sente son expĂ©rience de traduction de quelques poĂ©sies ludiques du recueil Jaffabules de Pierre Coran.

50La traduction du mot valise qui constitue le titre pose un premier problĂšme. Et les poĂ©sies elles-mĂȘmes en posent d’autres : les vers comportent beaucoup de jeux de mot et de jeux de sonoritĂ©. La traductrice est donc obligĂ©e de modifier lĂ©gĂšrement le sens de certains vers (ainsi, en roumain les Ă©crevisses bronzent au lieu d’avoir la jaunisse) pour conserver des jeux de sonoritĂ©. Elle doit aussi compenser certaines pertes par des effets de mĂȘme ordre en d’autres endroits du texte. Et de conclure que « la traduction pour enfants [
] est loin d’ĂȘtre un jeu d’enfants. »

51Le roman Sans famille d’Hector Malot a beaucoup de succĂšs en Roumanie oĂč il est frĂ©quemment traduit et adaptĂ©. L’auteure compare cinq de ses traductions. Elle analyse dans un premier temps la prĂ©sence ou non de la dĂ©dicace d’H. Malot Ă  sa fille qui signifie l’intentionnalitĂ© de l’ouvrage. Elle s’intĂ©resse ensuite au titre traduit par le premier traducteur en roumain « Seul au monde » et repris par la suite. Cette traduction enlĂšve l’effet de symĂ©trie avec le dernier chapitre du roman dont le titre « En famille » sera aussi celui d’un roman Ă©crit plus tard. Elle relĂšve ensuite les acclimatations dans les traductions : transformation de certains noms, suppression de toponymes, transposition de rĂ©fĂ©rences gastronomiques. Puis elle s’intĂ©resse aux simplifications : le nombre de chapitres est variable suivant les traductions dans lesquelles des passages entiers peuvent ĂȘtre Ă©liminĂ©s.

52L’auteure propose quelques axes de rĂ©flexion pour la traduction de la littĂ©rature de jeunesse Ă  partir de dossiers parus dans diffĂ©rentes revues. Les traducteurs citĂ©s ont fait part de leurs expĂ©riences et de leurs difficultĂ©s dans ces revues : difficultĂ© de traduire un texte simple, danger de la simplification, question de l’adaptation pour une autre culture


53Cette interview de Jean Perrot, directeur et fondateur de l’Institut International Charles Perrault, commence par le rappel du rĂŽle de cet institut : Ă©tudier et prĂ©senter les enjeux de la littĂ©rature de jeunesse. Les questions posĂ©es permettent Ă  Jean Perrot d’expliquer le parcours qui l’a menĂ© Ă  la recherche en littĂ©rature de jeunesse et de « raconter » l’histoire de ce domaine en France. Il revient sur les chercheurs qui ont ouvert la brĂšche : Paul Hazard, Marc Soriano, Denise Escarpit, Isabelle NiĂšres-Chevrel, Francis et DaniĂšle Marcoin ; il mentionne aussi Nadine Decourt et Bernadette Bricout, spĂ©cialistes du conte. Il Ă©voque les formations universitaires existantes au moment de l’entretien et le rĂŽle des multimĂ©dias dans la littĂ©rature de jeunesse actuelle.

54Cet ouvrage qui peut paraĂźtre assez disparate constitue malgrĂ© tout une certaine unitĂ©. Mais, s’agissant d’une collection d’articles, les rĂ©pĂ©titions sont frĂ©quentes. Le contenu de certaines Ɠuvres est rappelĂ© plusieurs fois et certains Ă©lĂ©ments d’analyse peuvent paraĂźtre redondants. L’ouvrage est Ă  considĂ©rer pour ce qu’il est : une succession d’articles qui sont reliĂ©s entre eux et qui peuvent se rĂ©pĂ©ter.

55Les Ɠuvres Ă©tudiĂ©es sont Ă  la fois des classiques de la littĂ©rature de jeunesse et des Ɠuvres d’auteurs contemporains. Il est, Ă  mon avis, tout aussi intĂ©ressant pour les lecteurs qui ne connaissent pas trop le domaine que pour ceux qui s’intĂ©ressent dĂ©jĂ  Ă  la littĂ©rature de jeunesse. Les analyses sont toujours faites Ă  plusieurs niveaux et les Ɠuvres considĂ©rĂ©es ont trĂšs souvent un double destinataire : adulte et enfant. Les problĂšmes de traduction soulevĂ©s sont pour partie spĂ©cifiques Ă  la littĂ©rature de jeunesse et pour partie relĂšvent de la traductologie en gĂ©nĂ©ral.