Acta fabula
ISSN 2115-8037

Volume 13, numéro 4
Marie-Ève Benoteau-Alexandre

Claudel, poÚte français ?

Emmanuelle KaĂ«s, Paul Claudel et la langue, Paris : Classiques Garnier, coll. « Études de littĂ©rature des xxe et xxie siĂšcles », sĂ©rie Claudel n° 1, 2011, 477 p., EAN 9782812402784.

1Quoi de plus fondamental que la langue pour un Ă©crivain ? Et cependant, si les travaux d’Henri Guillemin et plus tard de GĂ©rald Antoine avaient pu dessiner les linĂ©aments d’une stylistique de Claudel, il manquait aux Ă©tudes claudĂ©liennes un ouvrage de synthĂšse sur le rapport du poĂšte Ă  la langue. C’est cette lacune que vient heureusement combler l’ouvrage d’Emmanuelle KaĂ«s, Paul Claudel et la langue, paru en 2011.

2Les limites du livre sont indiquĂ©es dĂšs l’introduction : le champ chronologique est celui de la dĂ©cennie 1920‑1930, « moment grammatical » de la critique française et de Claudel lui‑mĂȘme. C’est la pĂ©riode des RĂ©flexions et propositions sur le vers français, du Soulier de Satin, mais Ă©galement des textes brefs (discours, articles) sur la grammaire, oĂč le discours de Claudel sur la langue est de loin le plus fourni. Cette restriction chronologique n’exclut Ă©videmment pas des excursions hors de cette pĂ©riode, qu’il s’agisse de TĂȘte d’Or, en amont, ou des réécritures tardives des drames claudĂ©liens. Autre limite pointĂ©e dans l’introduction : le domaine de la traduction est exclu de l’étude, comme dĂ©jĂ  suffisamment Ă©tudiĂ© par la critique — ce qui peut paraĂźtre discutable, le rapport Ă  la langue y Ă©tant dĂ©cisif. L’objet d’étude ainsi dĂ©fini est, ainsi que le montre E. KaĂ«s, d’une grande richesse et peut servir de point d’ancrage pour apprĂ©hender l’ensemble de l’Ɠuvre de Claudel.

3Remarquable, l’ouvrage l’est par bien des aspects, et particuliĂšrement en ce qu’il tresse continuellement histoire, linguistique et poĂ©tique, renouvelant notre comprĂ©hension de l’écriture claudĂ©lienne. L’histoire, en effet, est sans cesse prĂ©sente, par le biais d’une contextualisation rigoureuse qui, Ă©tayĂ©e par de nombreux documents, fait surgir aux yeux du lecteur l’arriĂšre‑plan indispensable Ă  la comprĂ©hension des prises de position de Claudel sur la langue.

Politique de la langue

4C’est probablement dans la premiĂšre partie de l’ouvrage que le recours Ă  l’histoire est prĂ©dominant. Il permet de faire Ă©merger la dimension proprement « politique » et « polĂ©mique » — deux termes mis en valeur par E. KaĂ«s — du rapport de Claudel Ă  la langue. ConsacrĂ©s respectivement aux « prĂ©supposĂ©s de la critique anti‑claudĂ©lienne », au « recours claudĂ©lien aux savoirs linguistiques » et Ă  la question du « gĂ©nie de la langue » vue par Claudel diplomate, les trois premiers chapitres montrent en effet un Claudel tout entier dans le dĂ©bat d’idĂ©es et parfaitement conscient des enjeux politiques de ses prises de position. DerriĂšre les attaques de la critique anti‑claudĂ©lienne qui stigmatise l’obscuritĂ© et le caractĂšre Ă  peine français de la langue de Claudel se cache un nationalisme de droite proche de l’Action française. Leur violence est rappelĂ©e par la reproduction en annexe d’articles ou d’extraits de livres consacrĂ©s Ă  Claudel, signĂ©s Lasserre, ThĂ©rive ou Souday, adversaires fĂ©roces de Claudel. Le reproche principal et l’enjeu fondamental de cette querelle critique rĂ©side dans la contradiction entre l’hermĂ©tisme de la langue de Claudel qui met en pĂ©ril la fonction de communication du langage littĂ©raire et le projet « catholique » du poĂšte qui implique en droit une dimension apostolique. C’est en partie pour leur rĂ©pondre que Claudel, dans son « moment grammatical », s’intĂ©resse Ă  la linguistique — car ce n’est jamais sur le terrain du style, remarque E. KaĂ«s, qu’il rĂ©pond Ă  ses dĂ©tracteurs. L’objet du deuxiĂšme chapitre est donc d’établir aussi rigoureusement que possible les sources de Claudel en matiĂšre de linguistique (elles sont maigres), et d’observer les surprenantes convergences qui existent entre son discours sur la langue et les thĂ©ories linguistiques contemporaines. Claudel, comme Charles Bally qu’il n’a probablement pas lu, prend pour rĂ©fĂ©rence la langue parlĂ©e contre la langue Ă©crite, privilĂ©giant la spontanĂ©itĂ© de la langue orale sur des rĂšgles grammaticales sclĂ©rosĂ©es et faisant ainsi preuve d’un libĂ©ralisme aux antipodes des principes de la critique nĂ©o‑classique de droite. Objet du troisiĂšme chapitre, les confĂ©rences consacrĂ©es Ă  la langue et Ă  la littĂ©rature françaises que Claudel prononce au Japon en 1922 constituent une mĂȘme rĂ©ponse Ă  la critique conservatrice. Claudel y parle cependant non pas d’abord en tant qu’écrivain, mais bien en tant que diplomate, et c’est revĂȘtu de sa fonction politique qu’il aborde les grands mythes culturels français, le « gĂ©nie de la langue » et la « clartĂ© française », pour en modifier subtilement la teneur. En effet, il les extrait de leur intemporalitĂ© pour les rĂ©introduire dans l’histoire : le « gĂ©nie de la langue » n’est pas donnĂ© mais construit, Ă  la fois par la littĂ©rature et par un peuple en mouvement qui crĂ©e la langue dans l’arĂšne politique. L’imaginaire rĂ©volutionnaire et romantique est alors prĂ©gnant (ce qui n’est pas toujours le cas chez Claudel) et marque la vive opposition de Claudel aux valeurs conservatrices du maurrassisme.

Du mot au style

5Les trois chapitres suivants, qui forment une seconde partie dans l’ouvrage, sont consacrĂ©s aux  soubassements thĂ©oriques de la stylistique claudĂ©lienne. Ce n’est plus « la langue » dans son ensemble, mais les diffĂ©rents niveaux du discours qui y sont analysĂ©s : le mot, puis la phrase et enfin le style. L’exposĂ© sur le lexique, au quatriĂšme chapitre, met au jour la puissance de la rĂȘverie poĂ©tique de Claudel autour du signifiant comme du signifiĂ©. Du cĂŽtĂ© du signifiant, E. KaĂ«s, Ă  la suite de G. Genette dans Mimologiques, s’intĂ©resse Ă  l’intrigante rĂ©flexion de Claudel sur les idĂ©ogrammes. Elle montre que les IdĂ©ogrammes occidentaux peuvent ĂȘtre compris comme la raison du conservatisme de Claudel en matiĂšre d’orthographe, « unique limite Ă  son libĂ©ralisme linguistique » (p. 181). Est alors pointĂ©e une contradiction rĂ©elle entre le primat accordĂ© Ă  la langue parlĂ©e d’une part et d’autre part l’importance d’une forme graphique fixe. Cette derniĂšre peut cependant ĂȘtre malmenĂ©e, ou tout du moins dĂ©construite, ainsi que le montrent Ă  la fois la pratique des vers coupĂ©s au milieu du mot dans les premiers drames (TĂȘte d’Or, La Ville) et les poĂšmes de Cent phrases pour Ă©ventails oĂč « l’intĂ©gritĂ© graphique » (p. 195) est remise en question. E. KaĂ«s y voit le dĂ©sir de Claudel de « mettre Ă  l’épreuve la fonction de communication du langage » (p. 197) : la forme habituelle de la langue est brisĂ©e tandis que s’impose avec force l’idiosyncrasie d’un individu. Faut‑il y voir la lĂ©gitimation des critiques adressĂ©es Ă  Claudel qu’E. KaĂ«s prĂ©sentait dans le chapitre 1 ? L’auteur ne le dit pas, mais on se trouve alors face Ă  la contradiction fondamentale qui marque le rapport de Claudel Ă  la langue : celui‑ci rĂ©fute l’accusation d’hermĂ©tisme, dit s’inscrire dans le « commun » de la langue et s’exprime pourtant dans une langue Ă©minemment idiolectale. C’est la mĂȘme idiosyncrasie forte qui est Ă  l’Ɠuvre dans le rapport pour le moins fantaisiste de Claudel Ă  l’étymologie ou dans sa pratique de la nĂ©ologie : quoiqu’il s’agisse d’exprimer les potentialitĂ©s de la langue, ou de faire rĂ©sonner une langue autre (par exemple le latin biblique dans les commentaires exĂ©gĂ©tiques) Ă  l’intĂ©rieur de sa propre parole, s’affirme avec force un rapport personnel, individuel Ă  la langue. Jacques RiviĂšre parle Ă  propos des Odes de la « formidable propriĂ©tĂ© des mots » de Claudel, de leur « justesse Ă©norme » (lettre citĂ©e, p. 367) qui fait que, paradoxalement, Claudel est Ă  peine un poĂšte français. Si, Ă  propos de cette lettre et de la « langue dramatique » de Claudel, E. KaĂ«s souligne Ă  juste titre la « vraie rupture entre son propos thĂ©orique qui privilĂ©gie la langue telle qu’on la parle et sa langue d’écrivain Ă©prouvĂ©e comme Ă©cart par rapport Ă  l’usage » (p. 366), il semble que cette contradiction eĂ»t pu ĂȘtre mise en avant dĂšs le chapitre consacrĂ© au lexique.

6L’étude de l’unitĂ© grammaticale supĂ©rieure, la phrase, entremĂȘle considĂ©rations linguistiques (la phrase comme « geste », dans la lignĂ©e de Marcel Jousse), histoire littĂ©raire et remarques esthĂ©tiques. À travers les jugements de Claudel sur ses prestigieux devanciers — éloge de Pascal et de Rimbaud, Ă©reintement de Hugo et de Flaubert pour ne citer qu’eux — se dessine en effet l’esthĂ©tique claudĂ©lienne de la phrase d’oĂč, une fois de plus, l’intention polĂ©mique n’est pas absente. La phrase, ainsi que le montre E. KaĂ«s, est vĂ©ritablement pour Claudel « le lieu du style », le lieu de cet « ïambe fondamental » tant glosĂ© par la critique claudĂ©lienne et dont l’auteur renouvelle ici l’interprĂ©tation. Son importance dans l’esthĂ©tique claudĂ©lienne est telle que, dans le texte majeur que constituent les RĂ©flexions et propositions sur le vers français, Claudel se livre Ă  une « occultation du vers libre » (p. 300) au profit de la prose. Le constat de ce paradoxe conduit E. KaĂ«s Ă  dĂ©velopper une passionnante lecture du cĂ©lĂšbre essai. Quelle sera en dĂ©finitive la phrase claudĂ©lienne ? Une phrase complexe bien charpentĂ©e, sur le modĂšle de la pĂ©riode latine, « à incidentes », oĂč les diffĂ©rents constituants ont tendance Ă  « s’autonomiser ». On rejoint alors des considĂ©rations proprement stylistiques. C’est cependant au chapitre suivant (« De la langue au style ») que le style est abordĂ© pour lui-mĂȘme. E. KaĂ«s y Ă©tudie de maniĂšre fort intĂ©ressante le paradoxe et la contradiction fondamentale de l’attitude claudĂ©lienne, qu’elle exprime en termes de « dĂ©nĂ©gation » (p. 311) : « alors que la critique lui reproche un dĂ©tournement idiosyncrasique de la langue commune, Claudel, dans les rĂ©ponses qu’il lui apporte, ne cesse de souligner le continuum qui unit l’usage poĂ©tique de la langue Ă  la langue de tous. [
] La tension [est] Ă©vidente entre l’approche thĂ©orique des questions de langue et de style et l’écriture du poĂšte et du dramaturge, qui donne au lecteur le sentiment d’un idiolecte puissant. » Comment Claudel conçoit‑il le style ? Non comme une langue Ă  part qui pourrait s’acquĂ©rir Ă  force de travail (sont ici visĂ©s Flaubert ou ValĂ©ry), mais comme le prolongement, l’actualisation et l’exemplification d’un sens innĂ© de la langue qui n’est pas propre Ă  l’écrivain. Le propos de ce dernier n’est pas de « faire de l’art », mais bien plutĂŽt de rĂ©pondre Ă  un « besoin d’expression » irrĂ©pressible. Il n’y a donc pas rupture, selon Claudel, entre l’écrivain et son lecteur. Telle est la maniĂšre dont, sur le plan thĂ©orique, Claudel rĂ©pond aux accusations d’hermĂ©tisme — ce qu’a parfaitement compris RiviĂšre qui, dans la lettre dĂ©jĂ  mentionnĂ©e, souligne la « justesse » et la « propriĂ©té » de la langue de Claudel ; mais celles‑ci sont telles que Claudel en devient presque « barbare ». Peut-on cependant en rester lĂ , et cette justification qu’apporte Claudel Ă  ses dĂ©tracteurs n’est‑elle pas en partie guidĂ©e, une fois de plus, par les nĂ©cessitĂ©s de la polĂ©mique ? En d’autres termes, dans quelle mesure Claudel croit‑il Ă  une inscription de son style dans le « commun » de la langue ? Il paraĂźt en effet parfaitement conscient de la dimension fortement idiosyncrasique de son usage de la langue lorsqu’il Ă©crit Ă  l’une de ses filleule, Ă  propos des psaumes : « On les a bien traduits dans toutes les langues, pourquoi ne les traduirais-je pas en claudĂ©lien1 ? » Et dans un brouillon de la prĂ©face de Paul Claudel rĂ©pond les psaumes, il s’exclame : « C’est le polclaudel que je parle ! ». La tension entre rupture et continuitĂ© par rapport Ă  un usage commun de la langue est donc probablement plus forte qu’E. KaĂ«s ne le dit, et la contradiction semble insoluble puisque le lecteur n’est pas le seul Ă  Ă©prouver ce « sentiment d’un idiolecte puissant » que Claudel sait revendiquer.

De la théorie à la pratique

7À ces six chapitres s’ajoutent un septiĂšme et un « épilogue » qui, par le changement d’objet qu’ils manifestent, demandent Ă  ĂȘtre traitĂ©s Ă  part. Dernier chapitre de l’ouvrage, « l’entier de la langue » sort de l’étude des textes thĂ©oriques de Claudel, jusqu’alors dominante, pour examiner sa pratique d’écrivain, et plus prĂ©cisĂ©ment la façon dont Claudel exploite toute l’étendue des potentialitĂ©s linguistiques du français. Deux pĂ©riodes sont alors examinĂ©es, d’une part celle du premier théùtre de Claudel oĂč se multiplient les mots « du terroir » et les variations socio‑linguistiques, d’autre part celle des réécritures tardives des drames oĂč Claudel tente de se dĂ©barrasser du lyrisme par l’utilisation d’un langage populaire — pratique qui dĂ©ment le conservatisme thĂ©orique qu’E. KaĂ«s rappelle avec insistance sans souligner explicitement cette nouvelle contradiction. L’auteur, Ă  la suite de la critique claudĂ©lienne, y voit un « échec ». Mais peut‑on dire pour autant que Claudel confonde « dĂ©libĂ©rĂ©ment le sujet lyrique et la personne de l’auteur » (p. 372) et qu’il s’agisse pour lui de rejoindre le « langage commun » ? La langue populaire, que Claudel associe Ă  l’« enfantin » et au « familier » n’est pas rĂ©servĂ©e aux réécritures des drames, on la trouve Ă©galement dans les traductions des psaumes comme dans les poĂšmes composĂ©s dans ces mĂȘmes annĂ©es. Plus que l’effacement de l’auteur, c’est — me semble‑t‑il — le dĂ©sir d’authenticitĂ© et de sincĂ©ritĂ© qui prĂ©side Ă  l’adoption de ce nouveau style, comme en tĂ©moignent les expressions tirĂ©es des lettres Ă  J.‑L. Barrault qui stigmatisent l’« accoutrement lyrique » ou encore un « lyrisme tapageur et creux » (citĂ©es p. 370). Nous sommes alors une fois de plus du cĂŽtĂ© du « besoin d’expression » qui caractĂ©rise la langue littĂ©raire et non de la volontĂ© de « rĂ©introduire les valeurs de l’intersubjectivité » (p. 372). La destruction du lyrisme qui dit, selon E. KaĂ«s, « la fin de tout projet littĂ©raire » (ibid.), est probablement davantage Ă  mettre au compte d’un changement d’esthĂ©tique (qui correspond peu ou prou Ă  une sortie du symbolisme) et ne signifie pas pour autant la sortie de la littĂ©rature.

8L’épilogue, intitulĂ© « la baleine et le grammairien », constitue pour finir une belle Ă©tude d’une trentaine de pages consacrĂ©e Ă  la « poĂ©tique de la langue dans Le Soulier de satin ». Écrite dans les annĂ©es 1920, et par consĂ©quent contemporaine des principaux textes de Claudel sur la grammaire, la langue et le style, la piĂšce met en scĂšne, dans la scĂšne 2 de la TroisiĂšme JournĂ©e, les critiques auxquelles Claudel est en butte. Le conservatisme linguistique, facteur de mort, est tournĂ© en dĂ©rision par le biais d’une violente satire. À l’opposĂ© se trouve la baleine, sĂ©minale, qui suscite le dĂ©goĂ»t des pĂ©dants et en qui E. KaĂ«s propose de voir le portrait de l’artiste.

9Par le vaste champ des rĂ©fĂ©rences mobilisĂ©es — notamment linguistiques — mais Ă©galement par le dĂ©tour systĂ©matique par l’histoire littĂ©raire, Paul Claudel et la langue s’impose comme un ouvrage de rĂ©fĂ©rence pour la critique claudĂ©lienne. On peut toutefois regretter que le domaine de l’exĂ©gĂšse — qui reprĂ©sente, en volume, la majeure partie de l’Ɠuvre de Claudel — n’ait pas Ă©tĂ© davantage Ă©tudiĂ©. Il n’est pas sĂ»r, par exemple, qu’il donne Ă  voir une « attitude radicalement diffĂ©rente » (p. 410). À nouveau, il convient de distinguer les affirmations tonitruantes par lesquelles Claudel rejette l’exĂ©gĂšse historico‑critique de la rĂ©alitĂ© de ses lectures et de sa pratique d’exĂ©gĂšte. La langue biblique, en tant qu’elle est langue poĂ©tique aussi bien — et mĂȘme plus — qu’une autre, est soumise Ă  la mĂȘme attention. Elle n’est certes pas « un objet coupĂ© de son contenu sacré » (p. 410) et la forme reste toujours fortement liĂ©e au sens ; mais n’était‑ce pas dĂ©jĂ , par exemple, la spĂ©cificitĂ© des idĂ©ogrammes claudĂ©liens (cf. p. 187) ?

10Premier ouvrage de la sĂ©rie Claudel dans la collection des « Études de littĂ©rature des xxe et xxie siĂšcles » aux Ă©ditions Classiques Garnier, Paul Claudel et la langue est un ouvrage destinĂ© Ă  faire date. Reste Ă  souhaiter que tous les opus de cette sĂ©rie soient aussi riches et fĂ©conds pour la critique claudĂ©lienne.