Trois couronnes pour un roi
Le prĂ©sent compte rendu est Ă paraĂźtre en version anglaise dans le numĂ©ro 19 de la revue Emblematica. Il est ici donnĂ© dans sa version originale, avec lâaimable autorisation de lâauteur et de la revue.
1Lâouvrage de Nuccio Ordine est un livre tout aussi brillant que singulier. Il est en effet le fruit dâun trĂšs long commerce avec les textes et les rĂ©alitĂ©s de la Renaissance, avec lâattachement particulier quâon connaĂźt Ă lâauteur pour la figure de Giordano Bruno dont il est un des spĂ©cialistes les plus reconnus. Ce livre a dâailleurs pour origine le chapitre XIV dâun prĂ©cĂ©dent livre de lâauteur publiĂ© il y a plus de dix ans1. Depuis lors, N. Ordine nâa eu de cesse dâaffiner ses hypothĂšses. Ce livre montre aussi combien le monde de la recherche est vivant et connectĂ©, puisque les analyses de N. Ordine ont Ă©tĂ© relancĂ©es par la dĂ©couverte de Michael Bath, qui a tout rĂ©cemment retrouvĂ© un jeton unique frappĂ© par Marie Stuart, jeton qui porte la fameuse devise aux trois couronnes2, mais datĂ© de 1560 (et avec un autre motto), ce qui prouve en fait que Marie Stuart avait en rĂ©alitĂ© « inventé » la fameuse devise dĂšs 1560, quinze ans avant que Henri III ne lâadoptĂąt pour lui-mĂȘme.
2Cet ouvrage traite dâun sujet trop peu reprĂ©sentĂ© dans la littĂ©rature savante en gĂ©nĂ©ral, celui de la devise. Forme mixte associant une image â « corps » â Ă un motto â « ùme » â et destinĂ©e Ă un porteur dont elle est censĂ© dire le projet de vie â câest le sens de lâitalien impresa â, la devise se prĂȘte plus souvent aux exposĂ©s de moindre dimension. En se consacrant Ă lâĂ©tude dâune seule devise, celle de la reine dâĂcosse et de France, Marie Stuart, devenue celle du roi de France et de Pologne, Henri III, et Ă ses mĂ©tamorphoses, lâouvrage montre la richesse et les enjeux idĂ©ologiques considĂ©rables de ce genre de pratique. Dans la reprise quâen fait Henri III, la devise associe le motif des trois couronnes au motto « Manet ultima caelo », « La derniĂšre reste au ciel » et N. Ordine nous fait progressivement dĂ©couvrir la richesse et la complexitĂ© du motif, dues Ă la multiplicitĂ© de ses emplois possibles et de ses sens variables selon les circonstances politiques.
3Le livre est nettement divisĂ© en deux parties. La premiĂšre, constituĂ©e des deux premiers chapitres, offre une Ă©tape propĂ©deutique ou initiatique « aux mystĂšres de la devise » aux trois couronnes â lâauteur lui-mĂȘme Ă©voquant Ă plusieurs reprises une « nĂ©cessaire digression ». Elle tourne autour dâun motif connexe Ă celui de cette devise, celui du symbolisme des Ă©toiles jumelles, les fameux GĂ©meaux, liĂ©s Ă la navigation heureuse, au bon gouvernement et Ă la protection, symboles politiques donc particuliĂšrement dâactualitĂ© en cette pĂ©riode troublĂ©e. Pour ce faire, lâauteur nous introduit au monde des emblĂšmes â en particulier lâemblĂšme Spes proxima dâAlciat â, nous conduit Ă la cour de France et aux « mystĂšres » des devises du Balet comique de la Royne (1581) â dont la devise dâHenri III est cependant absente.
4Bien que lâexposĂ© sur les Ă©toiles jumelles soit passionnant et tout Ă fait pertinent dans le contexte dâune symbolique politique prĂ©cise liĂ©e Ă Henri III, la remarque de lâauteur (p. 48 et pl. 11) concernant la prĂ©sence du corps de la devise mais sans le motto sur le frontispice de la publication liĂ©e au Balet comique de la Royne ne nous semble guĂšre convaincante. En effet les armes de France sont placĂ©es au centre de la page, comme de juste, et obligatoirement surmontĂ©es dâune couronne royale Ă leur Ă©chelle, et les monogrammes royaux â H surmontĂ© dâune couronne â au nombre de quatre sont forcĂ©ment placĂ©s aux quatre coins de la page, sans former pour autant un ensemble 3+2 ou 2+3 intentionnel. Nous aurions la mĂȘme disposition avec le monogramme couronnĂ© de nâimporte quel roi ayant une autre devise. Non, la nĂ©cessitĂ© de ce chapitre est bien de prĂ©parer lâĂ©tude de la devise aux trois couronnes et il nâĂ©tait pas utile de trouver un lien visible â au demeurant inexistant. Mais lâĂ©vocation du Balet comique de la Royne est justement lâoccasion dâĂ©voquer un personnage autrement important, le mystĂ©rieux Gordon, un Ăcossais que lâauteur nous fait ensuite retrouver Ă Londres dans lâentourage de Giordano Bruno.
5La seconde partie du livre, formĂ©e de quatre chapitres suivis dâaddenda, est tout entiĂšre consacrĂ©e Ă la devise aux trois couronnes dont on suit le destin en partant dâHenri III et de Marie Stuart pour aller jusquâau roi de France et de Navarre, Henri IV, qui sâen est Ă©galement servi. N. Ordine commence par esquisser briĂšvement les antĂ©cĂ©dents de la devise. Câest lĂ , avouons-le, le moment le moins convaincant de tout lâouvrage, parce que trouver les vĂ©ritables sources dâune devise et ses Ă©ventuels antĂ©cĂ©dents est toujours riche dâenseignement et permet de rĂ©soudre certains mystĂšres. Or, dans le cas prĂ©sent â mais nous y reviendrons â lâauteur nâa malheureusement pas trouvĂ© la source qui confirme pourtant, comme on le verra, ses plus brillantes hypothĂšses.
6Dans cette seconde partie oĂč il est surtout question de politique via lâemploi que les rois de France, dâEspagne et dâAngleterre font alors des symboles, N. Ordine rencontre nombre dâautres devises dâimportance â « Donec totum impleat orbem », « Vnus non sufficit orbis », etc. (Notons en passant quâun pratique index des mottos permet au lecteur de retrouver facilement la devise qui lâintĂ©resse). N. Ordine montre de maniĂšre efficace comment, dans la devise dâHenri III, câest la fameuse troisiĂšme couronne qui pose le plus question et se retrouve susceptible dâinterprĂ©tations divergentes, voire totalement opposĂ©es. Marie Stuart, reine dâĂcosse puis de France, Henri III, roi de Pologne puis de France, et Henri IV, roi de Navarre puis de France, ont en commun dâavoir Ă©tĂ© des souverains de deux royaumes, jamais de trois. Pour Henri III, cette troisiĂšme couronne est, selon les circonstances, toute spirituelle et constitue une façon de proclamer quâil nâa dâyeux que pour la gloire post mortem, la seule qui vaille et lui sera octroyĂ©e parce quâil se sera montrĂ© un roi trĂšs chrĂ©tien, câest-Ă -dire attachĂ© Ă la paix et Ă la concorde, tant de ses sujets que des nations. Mais, tout aussi bien â et parfois en mĂȘme temps, câest lĂ une ambiguitĂ© que permet la devise â la troisiĂšme couronne est une image de souverainetĂ© on ne peut plus rĂ©elle et elle pouvait alors ĂȘtre comprise, en particulier en raison des tractations en vue du mariage du duc dâAlençon avec Elizabeth IĂšre, comme une aspiration française Ă un troisiĂšme royaume, celui dâAngleterre en lâoccurrence, que la France aurait bien vu lui ĂȘtre assujetti. DâoĂč lâintĂ©rĂȘt lĂ©gitime de N. Ordine pour la figure de Giordano Bruno qui réécrit le motto initial de la devise, devenant sous sa plume « Tertia manet in caelo », « La troisiĂšme reste au ciel ». Avec beaucoup de conviction, N. Ordine y perçoit une intention du Nolain â venu de France et sĂ©journant alors Ă Londres, protĂ©gĂ© de longue date par lâambassadeur de France, Castelnau â de ne pas alarmer lâAngleterre et de montrer au contraire par un signe clair dans cette symbolique royale complexe que « la troisiĂšme couronne demeurerait de toute façon au ciel » (p. 164) et quâon devait donc sâen tenir donc au sens spirituel.
7Le chapitre suivant est consacrĂ© Ă la devise originelle (1560), celle de Marie Stuart, qui a pour corps trois couronnes superposĂ©e, dont la plus haute apparaĂźt dans les nuĂ©es, littĂ©ralement dessinĂ©e par des Ă©toiles rassemblĂ©es en une sorte de constellation, et avec pour motto : « Aliamque caelo moratur », « Il/Elle en attend une autre au ciel », antĂ©rieur Ă la devise dâHenri III (1575). Ce chapitre est nourri par les rĂ©sultats rĂ©cents des passionnantes recherches de Michael Bath sur lâemblĂ©matique de la reine dâĂcosse. Dans son ouvrage dĂ©jĂ citĂ©, ce dernier montre que la devise peut certes avoir le sens spirituel dĂ©jĂ Ă©voquĂ©, mais que la frappe par Marie Stuart de la mĂ©daille en 1560 â durant sa derniĂšre annĂ©e passĂ©e en France â peut aussi tĂ©moigner de lâattachement bien terrestre de la reine dâĂcosse (et de France) Ă la couronne dâAngleterre Ă laquelle elle prĂ©tendait encore et dont il lui est dĂ©sormais interdit de porter les armes par le traitĂ© dâEdimbourg, mĂȘme si elle ne voulut jamais ratifier ce traitĂ©. N. Ordine prolonge ces rĂ©sultats grĂące Ă sa connaissance approfondie de Giordano Bruno. En effet, un assez mystĂ©rieux Ăcossais, John Gordon, paraĂźt avoir servi de lien entre le milieu entourant Marie Stuart Ă la fin des annĂ©es 1550 et, Ă la fois, le milieu parisien autour du roi â Gordon participe Ă lâorganisation du Balet comique de la Royne (1581) â et le milieu londonien oĂč lâon retrouve justement Bruno en mĂȘme temps que lui. Ă partir de toutes ces donnĂ©es, N. Ordine peut affirmer de maniĂšre fondĂ©e que, dans lâExpulsion de la bĂȘte triomphante de Bruno, « lâĂ©loge final dâHenri III coĂŻncide avec lâexaltation de sa devise comme symbole dâune vocation sincĂšrement anti-impĂ©raliste ».
8N. Ordine sâinterroge encore sur le rapport existant entre ces trois couronnes et la triple couronne, la tiare papale ou triregnum, avec la question cruciale de savoir si câest la couronne cĂ©leste qui doit lâemporter sur la terrestre. Les rĂ©ponses sont lĂ encore multiples, subtiles, changeantes et lâauteur excelle Ă nous faire toucher du doigt ces incertitudes de lâinterprĂ©tation. Dans les quelques pages qui achĂšvent le dernier chapitre avant des addenda qui prouvent Ă lâenvi que cette recherche est de celles que lâauteur poursuit inlassablement sa vie durant, N. Ordine Ă©voque encore la figure inattendue dâHenri IV Ă qui il est arrivĂ© de reprendre la devise de son prĂ©dĂ©cesseur, prouvant sâil en Ă©tait besoin la capacitĂ© dâadaptation protĂ©iforme de cette devise â la couronne Ă©tant lĂ encore susceptible dâĂȘtre une rĂ©compense spirituelle ou, au contraire, terrestre, suite Ă la paix que le nouveau roi fait rĂ©gner dans ses Ă©tats.
9Mais nous voudrions revenir, comme promis, aux antĂ©cĂ©dents du motif des trois couronnes propre Ă cette devise, et pour lesquels il ne nous semble pas que les dĂ©monstrations de N. Ordine puissent emporter lâadhĂ©sion. N. Ordine allĂšgue plusieurs antĂ©cĂ©dents : « Marguerite du Danemark (1353-1412) avait utilisĂ© les trois couronnes comme symbole des trois royaumes rĂ©unifiĂ©s sous son autorité : le Danemark, la SuĂšde et la NorvĂšge » ; la ville de Cologne avait trois couronnes dans ses armes, en souvenir des reliques des rois mages â mais comme ce ne sont pas les seuls meubles de lâĂ©cu3, ce nâest guĂšre concluant ; quant Ă la ville dâOxford, lâauteur a confondu ses armes avec celles de lâuniversitĂ© et, une fois encore, ce nâest pas pertinent parce que ce ne sont pas les seuls meubles de cet Ă©cu complexe4. Enfin, dans le cĂ©lĂ©brissime portrait de MĂ©hmet II par Gentile Bellini, on voit aussi les trois couronnes censĂ©es reprĂ©senter « le royaume dâAsie, celui de TrĂ©bizonde et celui de la Grande GrĂšce » oĂč il prĂ©tendait rĂ©gner.
10On notera dâabord que les armes ou plutĂŽt des Ă©lĂ©ments pris aux armes dâune ville ne sauraient vraiment convenir pour servir Ă un roi, qui plus est dans une devise qui appartient Ă un genre constitutivement diffĂ©rent. Quant aux deux personnages qui ont choisi trois couronnes, sâils sont bien des souverains de trois royaumes, ils ont pour particularitĂ© dâĂȘtre trĂšs extĂ©rieurs au milieu français. Marguerite est une quasi-inconnue et le sultan ottoman un ennemi de la religion chrĂ©tienne : ils ne sauraient aucunement constituer un modĂšle. Or reprendre la devise dâun souverain, fĂ»tâce en la modifiant, câest lui rendre hommage. La solution nâest donc pas lĂ .
11Quel est donc le mystĂ©rieux premier porteur des trois couronnes auquel Marie Stuart puis Henri III ont voulu rendre un hommage appuyé ? Câest un roi de trois royaumes, un roi fameux, armĂ© dâune Ă©pĂ©e magique, un roi chrĂ©tien « emblĂ©matique », alors extrĂȘmement populaire dans lâEurope entiĂšre, un des Neuf preux, qui portait justement comme blason « dâazur (puis de gueules) aux trois couronnes dâor ». Il sâagit Arthur, le roi mythique dâAngleterre, de Bretagne et dâĂcosse, armĂ© de sa fidĂšle Excalibur, assis avec ses chevaliers autour de la Table Ronde. Car, pour ĂȘtre un personnage imaginaire, Arthur nâen a pas moins des armoiries (Ă peu prĂšs) fixes5. Or câest en particulier par les armoiries imaginaires que le Moyen Ăge sâest transmis au monde des devises â et de lâemblĂšme.
12Dans les reprĂ©sentations dâArthur que nous offrent Ă foison les manuscrits et les tapisseries conservĂ©es â comme on pouvait le voir dans la superbe exposition rĂ©cente de la BnF6 â, nous trouvons toutes les trois conformations possibles des trois couronnes quâon a rencontrĂ©es dans les mĂ©dailles et gravures du xvie siĂšcle. On les trouve disposĂ©es en un triangle pointe en bas â à lâinstar des armes de France â dans une enluminure du MaĂźtre de Charles du Maine montrant le Combat dâArthur et de PalamĂšde7 ; on les voit placĂ©es en un triangle pointe en haut sur la housse du cheval dâArthur dans une tapisserie de la premiĂšre moitiĂ© du xvie siĂšcle, et câest la disposition visible sur les mĂ©dailles dâHenri III (fig. 6 et 7) ou sur la gravure Ă la couronne dâĂ©pines (fig. 1) ; on voit enfin les trois couronnes superposĂ©es dans le Triomphe des Neuf Preux â sur champ dâazur (http://expositions.bnf.fr/arthur/grand/041.htm)8 ou sur champ de gueules qui rappelle les armes dâAngleterre (http://expositions.bnf.fr/arthur/grand/044.htm)9 â ainsi que dans le Petit armorial Ă©questre de la Toison dâor (http://expositions.bnf.fr/arthur/grand/049.htm) et câest ainsi quâelles apparaissent, fautâil sâen Ă©tonner, sur lâexceptionnel jeton de Marie Stuart (fig. 21).
13Henri III, tout comme Marie Stuart, ont baignĂ© dans cette culture hĂ©ritĂ©e du Moyen Ăge, mais toujours bien vivante. On nâen retiendra pour preuve quâun seul fait. Peut-ĂȘtre renforcĂ©s dans leur goĂ»t pour les romans de chevalerie par leur expĂ©dition en Italie â oĂč les princes aiment tellement ces romans quâils appellent leur fils Galeazzo en souvenir de Galaad ou Borso en hommage Ă Bohort10 â les rois de France sont des collectionneurs invĂ©tĂ©rĂ©s de manuscrits des romans arthuriens au point que la collection enrichie par François Ier, le grandâpĂšre dâHenri III, constitue le noyau principal des collections actuelles de la BnF en ce domaine. Au xvie siĂšcle, Arthur, roi dâAngleterre, de Bretagne â rattachĂ©e depuis peu Ă la France â et dâĂcosse, dĂ©fenseur de la foi chrĂ©tienne contre les paĂŻens, initiateur de la quĂȘte du Graal, Ă©tait sans nul doute une figure dont les symboles pouvaient sâimposer Ă qui rĂ©gnait dĂ©jĂ sur deux royaumes et pouvait aspirer Ă un troisiĂšme, le royaume chrĂ©tien, quâil sâagisse de sa forme terrestre ou de son idĂ©e cĂ©leste. On ne sâĂ©tonnera pas non plus que Marie Stuart ait choisi pour son jeton de superposer les trois couronnes, ce qui rappelle les armes tardives dâArthur, celles sur champ de gueules oĂč il suffit de changer les couronnes en lĂ©opards pour obtenir les armes dâAngleterre (et cela dâautant plus que des couronnes conviennent autant Ă une reine quâĂ un roi et ne posent donc pas de difficultĂ© liĂ©e au genre) ; on ne sâĂ©tonnera pas davantage de trouver la disposition en triangle pour Henri III : câest celle des armes de France, qui sâimposent Ă lui aussi pour Ă©voquer ses propres aspirations11. Se poser en possible hĂ©ritier dâArthur â pour acquĂ©rir un royaume terrestre ou cĂ©leste â nâĂ©tait sans doute pas la moindre habiletĂ© dâHenri III, qui eut lâidĂ©e dâemprunter la devise de Marie Stuart en la modifiant. PeutâĂȘtre avaitâil Ă lâesprit ces vers inspirĂ©s par les Neuf Preux, quâon retrouve dans un cartouche sur la tapisserie mentionnĂ©e plus haut : « Artus noble et preux crestien suis / Qui troys royaulmes par force conquis / Dedans AthĂšnes fis chercher maint Ă©crit / Pour soustenir la foi de Jesus Christ ». Pour la devise, comme on le voit, la connaissance des sources est essentielle pour Ă©clairer les aspects les plus complexes de sa symbolique. Il nous semble que leur connaissance apporte une confirmation solide aux hypothĂšses brillantes de N. Ordine dont les pages qui prĂ©cĂšdent nâont pu donner quâune faible image.
14En conclusion, ce livre de Nuccio Ordine est dâune lecture tout Ă fait stimulante â servie par la traduction fluide et Ă©lĂ©gante de Luc Hersant et dâabondantes illustrations en noir et blanc. Il laisse espĂ©rer que dâautres chercheurs nâhĂ©siteront pas Ă suivre cette voie et Ă prendre le risque de consacrer des ouvrages dâampleur Ă ces formes brĂšves mais illustres que sont les devises, qui plongent profondĂ©ment dans les mentalitĂ©s de la Renaissance et disent toujours bien plus quâelles ne paraissent montrer.

