Acta fabula
ISSN 2115-8037

Volume 14, numéro 8
titre article
Nicolas Aude

Enfances déracinées : le roman familial russe des écrivains français

Ruth Diver, Enfants russes, écrivains français. Nathalie Sarraute, Romain Gary, Paris : Honoré Champion, coll. « BibliothÚque de littérature générale et comparée », 2013, 520 p., EAN 9782745324603.

1Dans l’imposant chapitre qu’elle consacre Ă  Romain Gary, Ruth Diver ne manque pas de souligner la valeur emblĂ©matique d’une petite fable souvent rapportĂ©e par l’écrivain lui‑mĂȘme dans ses livres et entretiens : l’histoire du camĂ©lĂ©on de bonne volonté :

On le mit sur un tapis vert, et il devint vert. On le mit sur un tapis rouge, et il devint rouge. On le mit sur un tapis blanc, et il devint blanc. Jaune, et il devint jaune. On le plaça alors sur un tapis écossais et le pauvre caméléon éclata1.

2 L’allĂ©gorie n’éclaire pas uniquement la destinĂ©e individuelle de Gary, jusqu’au suicide qui y mit fin. Elle hyperbolise peut‑ĂȘtre aussi ces « embarras de l’identitĂ©2 » qui, pour Vincent Descombes dans un livre rĂ©cent, constituent les nouveaux dĂ©fis que pose Ă  chacun d’entre nous l’« idiome identitaire3 » dans lequel notre Ă©poque Ă©volue. C’est bien ce discours de l’identitĂ© plurielle, si omniprĂ©sent, qui constitue le paradigme des Ă©tudes comparatistes dans lequel s’inscrit la recherche de R. Diver.

3La singularitĂ© de son ouvrage distingue toutefois celui‑ci du nombre plĂ©thorique de publications consacrĂ©es aux littĂ©ratures d’exil et Ă  l’importance du mĂ©tissage interculturel dans la crĂ©ation moderne. En articulant une pluralitĂ© d’approches (psychologie culturelle, socio‑histoire, imagologie, Ă©tudes de rĂ©ception, trauma studies), R. Diver se propose de dĂ©gager la cohĂ©rence Ă  la fois symbolique, psychologique et historique d’une expĂ©rience commune Ă  deux Ă©crivains français du xxe siĂšcle, Nathalie Sarraute et Romain Gary, que presque tout dans leurs esthĂ©tiques romanesques respectives semblait pourtant sĂ©parer. La prise en compte du dĂ©racinement subi dans l’enfance est jugĂ©e nĂ©cessaire tant cette expĂ©rience ouvre dans notre apprĂ©hension mĂȘme d’Ɠuvres souvent familiĂšres des territoires inconnus, ceux d’une russitĂ© latente, occultĂ©e ou trompeuse qu’il convient de mettre au jour pour complĂ©ter notre vision. En effet, la prĂ©cocitĂ© du traumatisme de l’exil ayant engendrĂ©, selon l’auteur, diffĂ©rentes stratĂ©gies d’occultation, de rĂ©invention du passĂ© russe chez ces Ă©crivains nĂ©s Natalia Tcherniak et Roman Kacew, l’ouvrage se donne pour programme une vĂ©ritable hermĂ©neutique interculturelle dont l’objectif consiste Ă  dĂ©voiler la face cachĂ©e de leurs Ɠuvres inscrites au patrimoine français.

Espaces autobiographiques

4Il est toutefois une question que l’ouvrage soulĂšve et ne tranche pas, Ă  savoir celle des contours du corpus et de l’objet mĂȘme de sa dĂ©marche interprĂ©tative. L’approche psychobiographique qui y domine se dĂ©ploie avant tout Ă  travers l’étude des textes rĂ©fĂ©rentiels de Gary et de Sarraute. Au‑delĂ  de leurs autobiographies officielles respectives, La Promesse de l’aube (1960) et Enfance (1983), R. Diver s’attache Ă  dĂ©busquer mĂ©thodiquement le moindre aveu d’affiliation identitaire exprimĂ© par les deux Ă©crivains dans leurs autres productions Ă  caractĂšre rĂ©fĂ©rentiel, notamment leurs entretiens respectifs mais Ă©galement dans leurs notices biographiques, renouvelĂ©es au fil des Ă©ditions, immense corpus de textes regroupĂ©s sous l’étiquette anglo‑saxonne de life writings. L’enjeu est une mise en lumiĂšre des Ă©volutions de chacun dans l’expression de leurs « orientations d’acculturation4 », l’auteur s’appuyant en grande partie sur les thĂ©ories issues de la psychologie interculturelle. L’examen diachronique de ces deux parcours individuels montre en effet le caractĂšre mouvant et instable d’une identitĂ© culturelle conçue selon une perspective rĂ©solument Ă©nonciative et non point rĂ©ifiante. VĂ©cue diffĂ©remment selon les alĂ©as historiques et personnels, l’affiliation identitaire de Gary se rĂ©nove sans cesse, tout en maintenant la rĂ©fĂ©rence au passĂ© russe. R. Diver montre par ailleurs que les intermittences de la mention des origines russes chez Sarraute Ă©pousent grosso modo les Ă©volutions des dispositions de la sociĂ©tĂ© française envers l’immigration et l’existence d’un fait multiculturel en France, ce jusqu’à la parution d’Enfance au milieu des annĂ©es 80.

5Quelle place dĂšs lors la fiction occupe‑t‑elle dans cette enquĂȘte ? Celle‑ci est certainement seconde dans l’ordre de la dĂ©monstration. Force est de constater qu’une conception documentaire de l’Ɠuvre prĂ©domine dans l’étude, oĂč l’auteur s’ingĂ©nie Ă  identifier aveux masquĂ©s et symptĂŽmes du trauma. Voir en la madame Rosa de La Vie devant soi (1975), roman pourtant signĂ© Emile Ajar,une Mina Kacew plus authentique que celle reprĂ©sentĂ©e dans La Promesse de l’aube en ce qu’elle tĂ©moigne de la violence des persĂ©cutions xĂ©nophobes et de l’existence du trauma ne revient‑il pas Ă  rĂ©pĂ©ter quelque peu les illusions biographiques d’une critique sainte‑beuvienne postulant la prĂ©existence d’une vĂ©ritĂ© du sujet qu’il reviendrait Ă  la critique de rĂ©vĂ©ler ? C’est que l’étude de R. Diver affiche sans la rĂ©soudre une hĂ©sitation entre deux dĂ©finitions du corpus qu’elle se donne : l’une considĂ©rant l’Ɠuvre, Ă©tendue Ă  l’ensemble des discours rĂ©fĂ©rentiels et fictifs de l’écrivain, comme l’instrument du positionnement identitaire de ce dernier, en accord avec la conception Ă©nonciative et Ă©volutive de l’identitĂ© prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©e, l’autre faisant de cette Ɠuvre un document censĂ© exprimer une vĂ©ritĂ© prĂ©existante, concernant Ă  la fois les faits qui composent la biographie de l’individu et la rĂ©alitĂ©, plus problĂ©matique encore, de son positionnement interculturel donnĂ© une fois pour toute. Alors qu’il se prĂ©sente comme une tentative de raffinement des catĂ©gories issues de la psychologie interculturelle, l’ouvrage pĂšche peut‑ĂȘtre par son maniement de ces catĂ©gories rigides, visant Ă  rendre compte d’une double disposition Ă  l’égard des cultures d’origine et d’adoption. Outre le fait qu’ils minimisent la valeur performative de ces Ɠuvres composĂ©es en situation interculturelle, les mots assimilation, intĂ©gration, individualisme et marginalisation rendent difficilement compte de la complexitĂ© des postures autrices et des stratĂ©gies identitaires qui sont en jeu dans ces Ɠuvres.

Les esquives de l’affiliation identitaire

6Tout l’intĂ©rĂȘt de ce corpus rĂ©side effectivement dans le fait que l’appartenance ne s’y donne jamais comme telle. Elle semble au contraire mobiliser une variĂ©tĂ© d’éthĂš qui s’accompagne de diffĂ©rentes stratĂ©gies identitaires. La premiĂšre, celle de Sarraute, s’apparente Ă  une volontĂ© de dissimulation Ă©rigĂ©e en un principe poĂ©tique novateur. « Aborder l’Ɠuvre de Nathalie Sarraute dans une perspective interculturelle relĂšverait presque de la profanation » (p. 64), nous avertit R. Diver. La profanation s’effectue d’abord Ă  l’encontre de la figure d’auteur, construite par Sarraute elle‑mĂȘme, qui tend vers l’anonymat, contre les affiliations de genre, de nationalitĂ©, et dans une remarquable cohĂ©rence avec son entreprise romanesque de dĂ©construction du personnage. À la vacuitĂ© identitaire exhibĂ©e par Nathalie Sarraute s’oppose de maniĂšre tout Ă  fait frappante la stratĂ©gie d’affabulation de soi‑mĂȘme mise en Ɠuvre par Romain Gary. L’ouvrage fait une place importante aux diffĂ©rentes Ă©tudes consacrĂ©es Ă  la pseudonymie et aux phĂ©nomĂšnes d’autotraduction si caractĂ©ristiques du parcours littĂ©raire et public de cet Ă©crivain. La rĂ©cente biographie que lui a consacrĂ©e Myriam Anissimov5 permet enfin de souligner l’importance de la judĂ©itĂ© comme point aveugle de cette construction identitaire sophistiquĂ©e.

7C’est notamment en ce point aveugle que se rejoignent les trajectoires personnelles et littĂ©raires de nos deux Ă©crivains. Dans Enfance, l’appartenance Ă  la culture juive est en effet Ă  la fois mentionnĂ©e et minimisĂ©e par sa mise en contraste avec la culture laĂŻque socio‑dĂ©mocrate du milieu paternel. L’étude de R. Diver montre cependant que dans le discours autobiographique qui concerne la pĂ©riode ayant suivi la vague d’immigration blanche orthodoxe de 1920 la judĂ©itĂ© de Nathalie Sarraute constitue prĂ©cisĂ©ment ce qui lui rend impossible toute auto‑identification complĂšte et dĂ©finitive avec ses origines linguistiques et gĂ©ographiques russes. Manifeste sous forme de contradictions et de provocations ironiques, l’inscription « fantomatique »6 de la judĂ©itĂ© dans l’Ɠuvre de Romain Gary dĂ©nonce l’imposture d’une biculturalitĂ© franco‑russe dans laquelle ne s’épuise pas la relation identitaire, quoiqu’en dise en apparence le titre de l’ouvrage.

Roman russe

8La réévaluation de l’importance de la culture russe chez Sarraute et Gary implique dĂšs lors une part de traduction, de rĂ©invention, de mĂ©tissage et de fictionnalisation, Ă  rebours d’une conception essentialiste de la russitĂ©. La rĂ©appropriation par ces auteurs de la grande tradition littĂ©raire russe dans leurs Ɠuvres romanesques Ă©crites en langue française semble ĂȘtre l’une des premiĂšres manifestations de ce roman russe de l’identitĂ©. On est d’autant plus autorisĂ© Ă  parler de roman que cette rĂ©appropriation exclut la crĂ©ation poĂ©tique en langue russe, Ă  l’exception du monumental Pouchkine sous la plume de Gary.

9La thĂšse de R. Diver selon laquelle la Russie, globalement absente de l’énoncĂ© des romans de Sarraute, Ă  l’instar de toute autre caractĂ©risation spatio‑temporelle de l’action, se retrouverait omniprĂ©sente au niveau de leur Ă©nonciation par l’utilisation dialogique d’un intertexte romanesque russe peut toutefois sembler tout Ă  fait contestable. En effet, peut‑on lĂ©gitimement considĂ©rer la triple rĂ©fĂ©rence aux figures tutĂ©laires — ou repoussoirs — de DostoĂŻevski, TchĂ©khov et TolstoĂŻ comme un instrument d’affirmation identitaire spĂ©cifiquement russe ? L’histoire du roman que construit Sarraute dans L’Ère du soupçon (1956) est avant tout une histoire transnationale : la tĂ©lĂ©ologie qui anime le dĂ©veloppement du genre, telle qu’elle est postulĂ©e par l’avant‑garde du Nouveau Roman, s’exprime par delĂ  les frontiĂšres linguistiques et nationales. Les sommes romanesques de Balzac, TolstoĂŻ ou Thomas Mann apparaissent dĂšs lors comme des contre‑modĂšles situĂ©s sur un mĂȘme plan symbolique. La dĂ©mystification par Sarraute de l’idylle de l’enfance, idylle rousseauiste avant d’ĂȘtre tolstoĂŻenne, peut tout aussi bien ĂȘtre inscrite par la critique dans le prolongement de l’entreprise autobiographique russe subversive d’un Maxime Gorki que dans une ligne française qui irait de Jules VallĂšs Ă  Jean‑Paul Sartre. Il est intĂ©ressant enfin de noter que le DostoĂŻevski Ă©voquĂ© dans les essais critiques n’est jamais le prophĂšte russe du Discours sur Pouchkine, contempteur de la modernitĂ© et porte‑parole d’un nationalisme messianique. C’est d’un DostoĂŻevski crĂ©ateur de formes novatrices qu’il est question, soit d’un DostoĂŻevski dĂ©nationalisĂ©. NĂ©anmoins, la mise en regard de certaines Ɠuvres romanesques de Gary, en particulier des Enchanteurs (1973), avec la veine drolatique de la prose russe et son esthĂ©tique grotesque qui irait de Gogol jusqu’aux Ɠuvres contemporaines d’un Viktor Erofeev paraĂźt infiniment plus fĂ©conde puisqu’elle permet de rendre compte de la singularitĂ© du positionnement du romancier dans l’esthĂ©tique des lettres françaises du xxe siĂšcle.

10C’est pourtant dans la reprĂ©sentation de cette Russie perdue et dans le maniement des clichĂ©s qui lui sont associĂ©s que s’éprouve peut‑ĂȘtre le plus chez ces deux Ă©crivains l’achĂšvement d’un processus d’acculturation au sein de l’espace français. Leurs Ɠuvres, autobiographiques ou fictives, lorsqu’elles abordent la question des origines et du passĂ© familial russe, ne contournent pas les stĂ©rĂ©otypes qui font de la Russie l’un des espaces privilĂ©giĂ©s de l’exotisme romanesque français. Ces stĂ©rĂ©otypes participent au contraire Ă  une entreprise de sĂ©duction du public, en mĂȘme temps qu’ils s’inscrivent chez Sarraute dans le prolongement d’une rĂ©flexion consubstantielle Ă  l’Ɠuvre tout entiĂšre sur la nature du lieu commun et sur la violence qu’à grand peine celui‑ci dissimule. En vĂ©ritĂ©, pour ces deux Ă©crivains, il semble que l’on puisse recourir Ă  une opposition entre surface et profondeur impliquant l’existence d’une double lecture. En postulant, Ă  la suite d’autres travaux, une « double allocution7 » Ă  l’intĂ©rieur des Ɠuvres Ă©crites en situation d’interculturalitĂ©, R. Diver s’attache Ă  mettre au jour la face cachĂ©e de ces derniĂšres, accessibles aux seuls lecteurs munis des compĂ©tences linguistico‑culturelles requises. Le multilinguisme de l’Ɠuvre de Nathalie Sarraute fait l’objet de trĂšs intĂ©ressants dĂ©veloppements Ă  l’intĂ©rieur du chapitre qui lui est consacrĂ©. Dans une lecture attentive Ă  la pluralitĂ© des cultures en prĂ©sence dans le texte des Enchanteurs de Romain Gary, R. Diver met Ă©galement en lumiĂšre les incohĂ©rences rĂ©fĂ©rentielles et autres piĂšges onomastiques que l’écrivain semble avoir voulu semer sur le chemin du lecteur non averti, rappelant fortement le goĂ»t pour la mystification d’un Vladimir Nabokov. La citation tronquĂ©e de l’incipit d’Anna KarĂ©nine au seuil d’Ada or Ardor en constitue peut‑ĂȘtre l’exemple le plus cĂ©lĂšbre. Semblable Ă  une telle attitude de dĂ©rision, l’« art de tromper son monde » (p. 328) mis en Ɠuvre par Gary se trouve dĂ©samorcĂ© par le commentaire de R. Diver qui perce la complicitĂ© ironique de l’auteur et de ses lecteurs russophones derriĂšre la surface romanesque des stĂ©rĂ©otypes.

11On peut toutefois discerner dans cette Ă©tude une forme d’incomplĂ©tude qui dĂ©coule d’un postulat apolitique de dĂ©part, probablement quelque peu illusoire. En effet, tout roman russe digne de ce nom contient, si l’on peut dire dĂšs son commencement, une part de dialogues Ă©crits en français Ă  l’intĂ©rieur du rĂ©cit cadre. C’est donc sans surprise que l’on retrouve cette scĂšne topique dans les deux autobiographies franco‑russes de Sarraute et Gary : Ă  la scĂšne d’Enfance oĂč la grand‑mĂšre russe en visite Ă  Paris parle en français Ă  table par habitude et pour ne pas se faire comprendre des domestiques, qui parlent pourtant dĂ©sormais eux aussi français, rĂ©pond celle de La Promesse de l’aube oĂč le jeune Roman Kacew et sa mĂšre, assaillis par les huissiers de Wilno, trouvent une revanche symbolique dans l’usage de leur langue d’adoption. La trajectoire migratoire personnelle n’épuise donc pas la question interculturelle dans un contexte russe prĂ©rĂ©volutionnaire oĂč langues française et russe sont initialement coprĂ©sentes. En choisissant des auteurs prĂ©cocement acculturĂ©s et situĂ©s entre deux cultures a priori non concernĂ©es par les relations coloniales de domination politico‑symbolique, R. Diver a certes choisi de dĂ©gager sa rĂ©flexion des considĂ©rations de gĂ©opolitique littĂ©raire. L’exploration de la relation des Ă©crivains Ă  la Russie perdue et aux autres composantes de leur identitĂ© culturelle devrait cependant ĂȘtre complĂ©tĂ©e par une enquĂȘte socio‑historique sur leurs rapports ainsi que sur ceux de leurs milieux russophones respectifs Ă  la langue française avant et aprĂšs l’immigration. Sans cette enquĂȘte, c’est tout un pan de l’histoire du positionnement identitaire de ces enfants russes devenus Ă©crivains français qui manque Ă  notre comprĂ©hension.


***

12L’étude comparatiste bipartite de Ruth Diver rĂ©alise nĂ©anmoins sa promesse, celle de nous ouvrir de nouveaux territoires d’étrangetĂ© au sein d’Ɠuvres pourtant familiĂšres de la littĂ©rature française. La diversitĂ© des approches convoquĂ©es dans cet ouvrage permet de cerner efficacement la difficultĂ© de l’objet et son caractĂšre insaisissable, justifiĂ©s par l’occultation relative et le dĂ©guisement du discours sur les origines qu’a provoquĂ©s la violence du trauma, confirmant ainsi l’opinion selon laquelle ce qu’on ne peut pas dire clairement peut nĂ©anmoins ĂȘtre lu.