Acta fabula
ISSN 2115-8037

Volume 16, numéro 3
titre article
Filippos Katsanos

Presses & plumes en GrÚce de la fin du XIXe siÚcle à la Seconde Guerre mondiale

Eftychia Amilitou, L'Écrivain et le Camelot.LittĂ©rature mĂ©diatique en GrĂšce (1880-1945), Paris : HonorĂ© Champion, coll. « BibliothĂšque de littĂ©rature gĂ©nĂ©rale comparĂ©e », 2014, 552 p., EAN 9782745326478.

1PubliĂ©e sous le titre L’Écrivain et le camelot, la thĂšse d’Eftychia Amilitou s’inscrit dans la continuitĂ© de L’Espace de l’éphĂ©mĂšre1, l’ouvrage sĂ©minal de PanayiĂłtis MoullĂĄs qui a Ă©tĂ© l’un des premiers Ă  Ă©tudier la « paralittĂ©rature » grecque du xixe siĂšcle dans un contexte socioculturel global et Ă  Ă©mettre l’hypothĂšse de son interaction forte avec le domaine de la presse. Si les analyses d’E. Amilitou se dĂ©ploient en prioritĂ© Ă  partir de la figure emblĂ©matique de GrigĂłrios XenĂłpoulos, Ă©crivain polygraphe dont la carriĂšre s’étend des annĂ©es 1880 Ă  la fin des annĂ©es 1940, l’ouvrage rĂ©ussit parfaitement Ă  atteindre l’objectif fixĂ© par son auteure, celui de dĂ©passer les « strictes limites de la monographie » autour d’une personnalitĂ© littĂ©raire. Le choix de XenĂłpoulos pour une exploration plus gĂ©nĂ©rale de la littĂ©rature mĂ©diatique en GrĂšce se rĂ©vĂšle judicieux. Sa prĂ©sence centrale sur la scĂšne littĂ©raire pour plus d’un demi-siĂšcle ainsi que l’inscription de son activitĂ© dans un contexte culturel de transition oĂč le paradigme d’homme de lettres Ă©volue radicalement, permettent d’élaborer une rĂ©flexion plus vaste sur le fait littĂ©raire et la façon dont celui-ci est perçu et redĂ©fini au fil des diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations d’écrivains. La bibliographie secondaire qui informe Ă  la fois la rĂ©flexion et la mĂ©thodologie de l’ouvrage est par ailleurs une garantie supplĂ©mentaire du caractĂšre englobant de l’étude proposĂ©e. Se nourrissant d’un ensemble de travaux dans les domaines de la sociocritique (M. Angenot), de la sociologie (P. Bourdieu), de l’analyse du discours (R. Amossy, D. Maingueneau) et de la poĂ©tique historique du support (A. Vaillant et M.‑È. ThĂ©renty), l’étude du cas XenĂłpoulos se transforme en une enquĂȘte plus globale sur l’identitĂ© d’écrivain en rĂ©gime mĂ©diatique et sur la façon dont le discours littĂ©raire se forme au contact d’autres types de discours, facteurs sociaux, systĂšmes de contraintes et supports. L’ouvrage s’articule en deux parties. La premiĂšre (chapitres 1 Ă  3), dans une approche relevant de l’histoire littĂ©raire et de la sociologie de la littĂ©rature, Ă©tudie les diffĂ©rentes stratĂ©gies par lesquelles XenĂłpoulos s’insĂšre et se positionne dans un champ littĂ©raire grec en pleine mutation. La deuxiĂšme (chapitres 4 Ă  7), dans une perspective davantage poĂ©tique, cherche Ă  repĂ©rer « la marque d’une littĂ©rature journalistique » dans l’Ɠuvre romanesque de l’auteur.

Une synthĂšse sur l’histoire de la littĂ©rature & de la presse grecques

2L’Écrivain et le camelot fait partie de ces ouvrages qui sont appelĂ©s Ă  jouer le rĂŽle de vĂ©ritables passeurs. Par son caractĂšre « pĂ©riphĂ©rique » et le peu d’influence qu’elle a exercĂ© Ă  l’international depuis ses origines, la littĂ©rature nĂ©ohellĂ©nique jouit d’une visibilité restreinte. S’il existe bien entendu des ouvrages qui s’écrivent en dehors de l’espace hellĂ©nophone, une trĂšs grande partie de la recherche Ă©crite en GrĂšce reste encore inaccessible pour les chercheurs Ă©trangers qui n’ont pas la possibilitĂ© de la lire dans sa langue originale. Cela est vrai pour le domaine de la littĂ©rature mais encore davantage pour celui de la presse. Dans les chapitres 1 et 4 de son ouvrage qui fonctionnent en diptyque, E. Amilitou pallie ce manque en offrant une synthĂšse documentĂ©e et problĂ©matisĂ©e qui porte sur une chronologie Ă©tendue Ă  la fois de roman et de presse nĂ©ohellĂ©nique.

3Dans le chapitre liminaire, l’histoire littĂ©raire grecque est envisagĂ©e sous une diversitĂ© d’aspects depuis la fondation de l’État grec jusqu’aux annĂ©es 1930. La formation d’un canon pĂ©dagogique et moral ainsi que le combat contre l’influence d’une littĂ©rature hĂ©gĂ©monique française considĂ©rĂ©e comme corruptrice de mƓurs sont replacĂ©s dans le contexte politique de l’émergence des identitĂ©s nationales au xixe siĂšcle. Si la prĂ©sentation des dĂ©buts du roman grec reste schĂ©matique de l’aveu mĂȘme de l’auteure, puisque que la pĂ©riode des annĂ©es 1830‑1880 ne concerne pas directement l’étude, les enjeux des grands genres qui ont eu une influence dĂ©terminante sur l’évolution de la prose sont finement dĂ©crits dans leur diachronie, de l’étude des mƓurs (ithographĂ­a) qui se constitue en modĂšle central de la littĂ©rature lĂ©gitime au premier grand genre populaire Ă  large diffusion, le « roman de brigandage » qui s’épanouit au dĂ©but du xxe siĂšcle. Une importance capitale est Ă©galement accordĂ©e au rĂŽle que les diffĂ©rentes gĂ©nĂ©rations d’écrivains jouent dans la fabrique des thĂ©ories de la littĂ©raritĂ© et en particulier celles de la prose romanesque. La gĂ©nĂ©ration d’écrivains-journalistes de 1880 qui s’autoproclame point zĂ©ro de l’histoire d’un roman national en GrĂšce est dĂ©crite dans son opposition avec celle de 1930 formĂ©e par des jeunes romanciers modernisateurs qui se veulent les relais de la culture occidentale et qui entretiennent une attitude plus ambiguĂ« envers le milieu journalistique auquel ils collaborent, le considĂ©rant dĂ©sormais non plus comme un « nid des lettrĂ©s » mais davantage comme le « tombeau des muses ».

4Tout comme le chapitre un, le chapitre quatre qui ouvre la deuxiĂšme partie de l’ouvrage, apporte des Ă©lĂ©ments de contextualisation, concernant cette fois-ci non pas l’histoire littĂ©raire, mais l’histoire de la presse athĂ©nienne et plus gĂ©nĂ©ralement du champ journalistique entre 1880 et 1945. Dans le contexte actuel oĂč les Ă©tudes francophones sur la presse, comme en tĂ©moigne le site de recherche MĂ©dias 19, adoptent de plus en plus des approches comparatistes par l’exploration de phĂ©nomĂšnes de « mondialisation mĂ©diatique », le travail d’E. Amilitou prĂ©sente l’avantage de rendre disponible pour les chercheurs non-hellĂ©nophones une synthĂšse Ă  la fois prĂ©cise et nourrie portant sur l’histoire, les genres journalistiques et la mise en page de la presse athĂ©nienne. Dans un paysage grec des Ă©tudes sur la presse oĂč dominent les approches encyclopĂ©diques et historiques, le prĂ©sent travail se dĂ©tache nettement par l’intĂ©rĂȘt constant qu’il manifeste pour les contenus mĂȘme du journal et pour ses poĂ©tiques2. Par ses analyses et la qualitĂ© des traductions françaises de divers textes journalistiques grecs, E. Amilitou rĂ©ussit Ă  donner Ă  ses lecteurs francophones un accĂšs privilĂ©giĂ© aux rĂ©alitĂ©s des journaux et revues athĂ©niennes de la fin du long xixe siĂšcle et de l’entre-deux-guerres.

Une figure emblĂ©matique d’un champ littĂ©raire en mutation

5Les chapitres 2 et 3 de l’ouvrage traitent plus spĂ©cifiquement du parcours de GrigĂłrios XenĂłpoulos et notamment des diffĂ©rentes stratĂ©gies d’insertion de ce polygraphe fĂ©cond dans le champ littĂ©raire grec. Ils attirent l’attention sur le paradoxe constitutif de son identitĂ©, caractĂ©ristique d’une pĂ©riode transitoire : la quĂȘte constante de distinction et sa rĂ©ussite Ă  cumuler divers signes de consĂ©cration se combinait avec la promotion d’un « art accessible » qui s’inscrivait pleinement dans une logique communicationnelle avec un public voulu le plus large possible. À travers divers articles et textes autobiographiques de XenĂłpoulos, ainsi que par plusieurs lectures mĂ©tapoĂ©tiques de certains de ses romans replacĂ©s dans leur contexte de rĂ©daction, l’auteure dessine le portrait Ă©volutif d’un littĂ©rateur qui faisait preuve d’une souplesse extraordinaire, capable d’assumer avec talent des positions aussi contradictoires que celles de dramaturge boulevardier, de pĂ©dagogue indulgent et de prescripteur majeur de bon goĂ»t en matiĂšre littĂ©raire. Les analyses portant sur le rapport entre XenĂłpoulos et le naturalisme français ainsi que sur sa contribution Ă  l’émergence du nouveau genre du « roman athĂ©nien » se rĂ©vĂšlent particuliĂšrement Ă©clairantes.

6Dans le chapitre final de la premiĂšre partie, E. Amilitou Ă©tudie Ă©galement les querelles littĂ©raires qui Ă©clatent Ă  propos de l’Ɠuvre de XenĂłpoulos et les divers arguments que celui-ci utilise pour sa dĂ©fense. Dans le contexte socioculturel grec de l’entre-deux-guerres oĂč le champ journalistique et littĂ©raire s’autonomise, oĂč une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’écrivains redĂ©finit les critĂšres de valeur d’une Ɠuvre littĂ©raire Ă  partir d’une idĂ©ologie d’un Art pur goĂ»tĂ© par les happy few, la figure de XenĂłpoulos se trouve Ă©rigĂ©e en contre-modĂšle, en « dinosaure Ă  dĂ©trĂŽner ». AccusĂ© de dĂ©grader l’Art en se conformant aux goĂ»ts d’un public sans culture et de procĂ©der en Ă©crivain professionnel Ă  sa marchandisation, son Ɠuvre théùtrale tout comme romanesque devient l’emblĂšme d’une « littĂ©rature industrielle » honnie : une revue littĂ©raire peu amĂšne inventera mĂȘme en 1925, le nĂ©ologisme « xenopoulisme » pour Ă©voquer la tactique littĂ©raire des « dĂ©magogues de l’Art » qui, combinant conformisme et opportunisme, n’auraient d’autre but que de remplir leur bourse.

La fabrique médiatique & interdiscursive du roman

7Dans les chapitres 5 Ă  7, l’auteure s’approprie la dĂ©marche de M.‑È. ThĂ©renty qui, dans son ouvrage La LittĂ©rature au quotidien3, mettait en Ă©vidence l’influence rĂ©ciproque de la presse et de la littĂ©rature en explorant parallĂšlement la « matrice littĂ©raire » du journal et la « matrice mĂ©diatique » du roman. Cela aboutit dans un premier temps Ă  des analyses lumineuses qui portent sur la contamination de l’écriture informative du journal par la fiction. Tout type de texte est mis Ă  contribution pour la dĂ©monstration, des articles de presse fortement littĂ©rarisĂ©s aux divers amalgames entre « romanciers » et « journalistes » prĂ©sents dans les discours sociaux tout comme dans les discours mĂ©tapoĂ©tiques des quelques fictions romanesques du journal.

8Dans un deuxiĂšme temps, E. Amilitou illustre l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© discursive qu’exhibentles « romans athĂ©niens » de XenĂłpoulos (ce qu’elle considĂšre comme Ă©tant une preuve manifeste de l’effet-rubrique) et Ă©tudie la façon dont le romancier s’institue, Ă  travers son Ɠuvre littĂ©raire, comme un chroniqueur de la vie Ă  la capitale grecque. La marque mĂ©diatique des romans de XenĂłpoulos est rĂ©sumĂ©e de la façon suivante :

On pourrait discerner dans les romans de XenĂłpoulos deux tendances de mise en rĂ©cit journalistique. D’une part une sorte d’impressionnisme discursif, qui reprend le tape-Ă -l’Ɠil du discours de la feuille pour mieux s’y fondre et fusionner avec le reste de la matiĂšre, et d’autre part une sorte de voyeurisme discursif propre Ă  la culture mĂ©diatique, qui fait que les discours (et les illustrations) passent en revue devant l’Ɠil du lecteur curieux d’apprendre, par exemple, ce qui se dit dans les salons bourgeois, lorsqu’il ne peut pas y accĂ©der, ou ce qui se dit (ou que l’on s’imagine ĂȘtre dit) dans les milieux pauvres, plus ou moins folklorisĂ©s. (p. 315)

9On trouve Ă©galement des remarques intĂ©ressantes sur la façon dont la reprĂ©sentation romanesque d’AthĂšnes relĂšve, dans le cas de XenĂłpoulos, d’un imaginaire sĂ©riel liĂ© au genre du « roman athĂ©nien ». L’auteure montre notamment comment l’espace urbain est dĂ©crit Ă  travers une taxinomie rĂ©currente et reconnaissable pour le lecteur fidĂ©lisĂ©.

10Le sixiĂšme chapitre poursuit l’exploration des interactions entre presse et littĂ©rature mais se situe davantage au niveau de l’analyse thĂ©matique. Il traite de la façon dont l’Ɠuvre romanesque de XenĂłpoulos s’insĂšre dans le domaine plus vaste du discours social contemporain en Ă©tablissant un rĂ©seau complexe d’intertextualitĂ© et d’interdiscursivitĂ© avec la page du journal. Plusieurs faits d’actualitĂ© et leurs Ă©chos romanesques sont Ă©voquĂ©s mais l’analyse s’intĂ©resse plus longuement Ă  ce que les journaux grecs de l’entre-deux-guerres appellent « le problĂšme fĂ©minin ». Cette perspective, intĂ©ressante pour les Ă©tudes fĂ©minines et de genre, donne lieu Ă  des analyses concernant la façon dont le roman reflĂšte les divers discours contemporains sur les femmes et conduit mĂȘme l’auteure Ă  nuancer, Ă  sa façon, la thĂšse rĂ©currente de la critique post-gramscienne qui, de Ch. Grivel Ă  U. Eco, se plaĂźt Ă  souligner le conformisme et le conservatisme du genre romanesque. Sur ce point, E. Amilitou souligne que mĂȘme si l’orientation argumentative tend la plupart du temps Ă  la dĂ©fense du rĂŽle « traditionnel » de la femme, la place donnĂ©e Ă  un « discours du modernisme » occupe malgrĂ© tout une place trĂšs importante dans les genres « divertissants » de l’époque (p. 378).

11Des dĂ©veloppements auraient Ă©tĂ© intĂ©ressants ici concernant le rapport que les feuilletons de XenĂłpoulos entretenaient avec d’autres feuilletons publiĂ©s dans la presse au mĂȘme moment, notamment, dans une dĂ©marche davantage comparatiste, avec les nombreux succĂšs romanesques français du xixe siĂšcle (Ponson Du Terrail, Balzac, Dumas, etc.) republiĂ©s trĂšs frĂ©quemment dans le feuilleton des journaux athĂ©niens de l’entre-deux-guerres. Cela aurait permis de mieux explorer la dynamique des interfĂ©rences entre romans traduits et originaux dans un contexte mĂ©diatique mais, en l’absence de toute bibliographie secondaire sur ce sujet, il est bien Ă©vident qu’un travail d’une telle ampleur devenait irrĂ©alisable dans le cadre d’une thĂšse.

12Le chapitre qui clĂŽt l’ouvrage traite de la reprĂ©sentation du livre et du journal omniprĂ©sents dans l’Ɠuvre de XenĂłpoulos, qui a souvent tendance Ă  fictionnaliser son travail d’écrivain et de journaliste. L’auteure propose des analyses pertinentes de cette transposition de l’espace autobiographique dans l’univers romanesque, en montrant qu’il s’agit d’une pratique souvent parodique qui s’intĂšgre malgrĂ© tout Ă  une stratĂ©gie de lĂ©gitimation de l’auteur lui-mĂȘme par fiction interposĂ©e. L’étude se conclut par une maximalisation des interfĂ©rences entre toute la production Ă©crite de XenĂłpoulos Ă  travers la proposition du concept de « mĂ©moire auctoriale » :

De la mĂ©moire interdiscursive on passe Ă  ce qu’on pourrait appeler une mĂ©moire auctoriale : l’auteur brise le cadrage des colonnes et traverse les pages du journal sous ses qualitĂ©s de chroniqueur, de dramaturge, de romancier, de critique, dans un mouvement circulaire d’un rĂ©seau auctorial qu’il s’est construit lui-mĂȘme, oĂč chaque rubrique se trouve en relation de rĂ©sonance avec une autre, et chacune sert Ă  lĂ©gitimer l’autre. (p. 412)


***

13L’Écrivain et le camelot est en somme un ouvrage d’une rigueur exemplaire qui, tout en reconstituant le parcours d’une figure importante Ă  l’intĂ©rieur du champ littĂ©raire, donne une image complĂšte des mutations qui interviennent dans les pratiques de crĂ©ation littĂ©raire avec l’entrĂ©e de la GrĂšce dans l’ùre mĂ©diatique. Une telle Ă©tude mĂ©riterait Ă©galement d’ĂȘtre Ă©tendue Ă  d’autres Ă©crivains tout aussi prolifiques que XenĂłpoulos mais relĂ©guĂ©s Ă  la pĂ©riphĂ©rie du systĂšme littĂ©raire, comme AristĂ­dis KiriakĂłs, figure importante du journalisme et grand romancier populaire du dĂ©but du xxe siĂšcle. Tout en souhaitant par ailleurs que cet ouvrage trouve dans le champ de la recherche toute la place qu’il mĂ©rite, nous espĂ©rons que les appels rĂ©currents d’E. Amilitou pour une Ă©tude historique et sociologique globale des lectorats de romans en GrĂšce qui reste encore Ă  faire, seront entendus.