Acta fabula
ISSN 2115-8037

Volume 16, numéro 5
titre article
Guillaume Cousin

Paganini, ou la formation d’un archĂ©type du gĂ©nie romantique

Marie-HélÚne Rybicki, Le Mythe de Paganini dans la presse et la littérature de son temps, Paris : Classiques Garnier, coll. « Perspectives comparatistes », 2014, 610 p., EAN 9782812429309.

1Toute personne intĂ©ressĂ©e par l’époque romantique connaĂźt l’attention portĂ©e au violoniste Nicolo Paganini Ă  la fin de la Restauration et au dĂ©but de la monarchie de Juillet. C’est donc une lacune dans la critique littĂ©raire que vient combler Marie‑HĂ©lĂšne Rybicki avec cet ouvrage consacrĂ© au virtuose italien. Dans cet essai, l’auteur se propose d’étudier Paganini Ă  travers les articles de presse et les textes de fiction qui lui sont consacrĂ©s de 1814 Ă  1886 dans les domaines français, anglais, allemand et italien.

Mise au jour des éléments constitutifs du mythe paganinien

2Comme le fait remarquer l’auteur, « [r]etracer la vie de Paganini avec prĂ©cision n’est pas une mince affaire » (p. 14), mais cela s’impose dans la mesure oĂč c’est une biographie fantasmatique de Paganini qui a donnĂ© naissance Ă  sa rĂ©cupĂ©ration littĂ©raire. Il faut donc Ă©tablir la biographie la plus prĂ©cise pour mieux percevoir les modifications prĂ©sentes dans la presse et la littĂ©rature. Pour cela, l’auteur s’appuie sur divers documents d’époque qu’elle confronte Ă  la biographie de rĂ©fĂ©rence d’Edward Neill1. Parmi ces sources premiĂšres, M.‑H. Rybicki exploite en particulier la « Notice sur Paganini Ă©crite par lui-mĂȘme » (1830), la premiĂšre biographie de Paganini Ă©crite par Julius Max Schottky2 et la Notice biographique sur Nicolo Paganini de François‑Joseph FĂ©tis3.

3Le premier chapitre de l’ouvrage est consacrĂ© Ă  une « vie de Paganini » Ă©tablie Ă  partir d’un vaste corpus italien, français, allemand et anglais, puisque l’auteur suit le parcours europĂ©en du virtuose afin de mettre au jour la « naissance d’un mythe ». Car c’est bien l’existence romanesque du virtuose qui donne naissance Ă  ce mythe et aux lignes de force qui ne cesseront de revenir dans les portraits journalistiques et littĂ©raires. Ce qui ressort du dĂ©pouillement de M.‑H. Rybicki, c’est tout d’abord l’effet produit par l’aspect maladif de Paganini :

[
] Maux nerveux, furonculoses, rhumatismes, syphilis, affection du larynx, auxquels s’ajoutent les effets secondaires nĂ©fastes des traitements au mercure et Ă  l’opium, soumettent l’organisme du musicien Ă  de dures Ă©preuves. [
]

4En outre, la maladie donne au musicien une apparence dĂ©charnĂ©e, un teint jaunĂątre et met en relief ses traits Ă©maciĂ©s. Cette physionomie particuliĂšre retient l’attention des spectateurs. (p. 29)

5À cela s’ajoute un sĂ©jour en prison suite Ă  l’« affaire Cavanna » : en mai 1815, Paganini est mis sous les verrous pour dĂ©tournement de mineure et promesse de mariage rompue. Cette incarcĂ©ration devient la base de crĂ©ations imaginaires sur la vie de Paganini : il aurait Ă©tĂ© condamnĂ© pour le meurtre de sa fiancĂ©e et c’est en prison qu’il aurait pactisĂ© avec le diable
 Le virtuose italien acquiert ainsi peu Ă  peu une aura sulfureuse. Car, plus qu’en Italie, « c’est surtout en Autriche, puis en Allemagne et en France, que son image de suppĂŽt de Satan Ă©tait cultivĂ©e » (p. 42).

6Une autre caractĂ©ristique du violoniste italien appartient au domaine musical. M.‑H. Rybicki, bien que ne faisant pas Ɠuvre de musicologue, montre que le mythe de Paganini ne peut se construire qu’en raison des prouesses techniques du violoniste : « dotĂ© d’une oreille infaillible » (p. 67), il se distingue par ses compositions pour une corde, son mimĂ©tique « suonare parlante », sa remise Ă  l’honneur de la « scordatura », son jeu dans une position inhabituelle et sa capacitĂ© Ă  faire de la partition un simple support.

7La biographie de Paganini fait donc apparaßtre les grandes lignes du mythe en construction : apparence physique trÚs frappante, mystérieux emprisonnement et virtuosité musicale.

Paganini dans la presse : du factuel au fictionnel

8L’intĂ©rĂȘt de l’approche de M.‑H. Rybicki, c’est de montrer comment les articles de presse font passer Paganini d’artiste rĂ©el Ă  type littĂ©raire, en Ă©vitant l’écueil tĂ©lĂ©ologique.

9Paganini est d’abord un objet d’étude pour les critiques musicaux de l’époque. Sur ce point, disons d’emblĂ©e qu’il faut nuancer l’affirmation d’Arthur Pougin, reprise par l’auteur, selon laquelle « les articles de musique insĂ©rĂ©s dans les journaux de Paris Ă©taient Ă©crits par de simples littĂ©rateurs absolument ignorants des choses de l’art. » (p. 17). Que l’on ne partage pas leurs avis ne suffit pas Ă  nier l’intĂ©rĂȘt des Ă©crits de Castil‑Blaze, Joseph d’Ortigue, Gustave Imbert de LaphalĂšque
 Patrick Berthier a d’ailleurs mis en valeur le « propos critique, souvent profond, informĂ©, exigeant » des revues musicales françaises4.

10M.‑H. Rybicki part de l’aspect technique du jeu paganinien et en arrive tout d’abord aux effets produits sur les femmes, qu’il s’agisse de la princesse Élisa, de Mary Shelley, de Felicia Hemans, de Clara Novello ou bien encore de Mme de Lamothe‑Langon. On rejoint alors ce que Paganini appelle « elettricismo », notion qui dĂ©signe « cette facultĂ© qui fait passer l’ñme d’un exĂ©cutant au bout des doigts pour traduire en sons les Ă©motions » (p. 82). L’auteur fait ainsi apparaĂźtre la dimension Ă©rotique de la rĂ©ception de Paganini par les auditrices. Ces effets, qui Ă©chappent au domaine rationnel, participent d’une sorte d’impossibilitĂ© Ă  classer le virtuose italien. L’auteur montre que les termes « enchanteur », « sorcier », « dĂ©mon » rendent compte du fait que Paganini Ă©chappe Ă  toute classification traditionnelle. C’est cette idĂ©e que l’on retrouve dans l’affirmation du diabolisme du violoniste. On ne peut que souscrire Ă  la conclusion donnĂ©e Ă  l’analyse d’un tel vocabulaire :

[
] ConnotĂ©e, d’une part, Ă  une perfection insoupçonnĂ©e et inĂ©galĂ©e chez le musicien, la prĂ©sence du diable est, d’autre part, la manifestation de la perplexitĂ© face au phĂ©nomĂšne qu’incarne Paganini. Elle exprime ce pouvoir malĂ©fique qui annihile toute forme de sens critique et soumet le public Ă  l’entiĂšre domination du virtuose. Instrument d’une mystification, l’intercession du diable est, Ă  notre sens, une façon d’occulter la dĂ©mission de l’entendement face au mystĂšre paganinien et la difficultĂ©, voire l’impossibilitĂ©, de saisir le « message » musical du violoniste. (p. 156)

11Les libertĂ©s qu’il prend avec les compositions autres que les siennes provoquent de nombreuses critiques, Ă  tel point qu’il les abandonne pour mieux se consacrer Ă  celles qu’il a créées et qui correspondent Ă  son exĂ©cution a capriccio. Pour certains, il est reprĂ©sentatif de l’école italienne, mais M.‑H. Rybicki rappelle que c’est Louis Spohr, violoniste allemand, qui est vu comme le continuateur de l’école vĂ©nitienne illustrĂ©e par Pugnani et Tartini (p. 92). La classification de Paganini dans telle ou telle Ă©cole se rĂ©vĂšle importante, car l’école française de violon prĂ©tend alors ĂȘtre supĂ©rieure aux autres :

Avec tout ce qu’il avait d’extravagant, de dĂ©mesurĂ©, d’excessif, avec ce qu’il avait de novateur aussi, Paganini incarnait littĂ©ralement l’antithĂšse de Baillot [
]. (p. 94)

12Extravagance, dĂ©mesure, excĂšs
 Tout est propice Ă  ĂȘtre dĂ©placĂ© sur le terrain de la querelle entre classiques et romantiques, ce qui ne manque pas d’ĂȘtre fait en 1831 par Alexandre Guibal du Rivage5, tenant du classicisme. Mais M.‑H. Rybicki rappelle que la « bataille d’Hernani du violon » n’eut jamais lieu (p. 105‑106). Le grand sujet de dĂ©bat fut bien plutĂŽt la dimension gĂ©niale ou charlatanesque de Paganini.

13Le virtuose italien est considĂ©rĂ© comme un gĂ©nie dans nombre de textes de presse. L’auteur prend appui sur de textes de l’Allgemeine Theaterzeitung ou du Morgenblatt de Stuttgart pour montrer que la conception du gĂ©nie s’inscrit dans la lignĂ©e de celle du Kant de la Critique de la facultĂ© de juger puisqu’on y retrouve les notions de « marginalité », d’« inintelligibilité » et d’« exemplarité » (p. 114). D’autres, Ă  l’image d’A. B. Marx, David d’Angers ou Nerval, prĂ©fĂšrent voir dans la virtuositĂ© paganinienne une inspiration qui tient du « dĂ©monique », force positive qu’il faut distinguer du « dĂ©moniaque » et du « mĂ©phistophĂ©lique » (p. 115‑118). Mais pour d’autres, Paganini est un « histrion », un « danseur de corde », un « funambule » (p. 121). C’est dans cette opposition que se crĂ©e le mythe de Paganini, qui incarnera « le drame de l’artiste incompris » (p. 123). Surtout, Paganini devient l’archĂ©type du virtuose qui s’enferme dans ses prouesses techniques et ne comprend pas qu’il doit placer son but « non en lui, mais hors de lui » (Liszt, « Sur Paganini Ă  propos de sa mort6 »). On peut d’ailleurs s’étonner que l’essai de M.‑H. Rybicki ne cite pas celui de CĂ©cile Reynaud, Liszt et le virtuose romantique7, qui porte prĂ©cisĂ©ment sur cette question de la lĂ©gitimitĂ© du virtuose Ă  l’ñge romantique. Liszt apparaĂźt en effet comme le virtuose qui a su lever la tĂȘte vers les cieux. M.‑H. Rybicki fait bien apparaĂźtre la rupture dans la conception du gĂ©nie romantique que reprĂ©sente le passage de Paganini Ă  Liszt :

Jusqu’à ce que Franz Liszt surgisse sur le devant de la scĂšne, Paganini illustre les multiples facettes de la virtuositĂ©, telle que le xixe siĂšcle l’a engendrĂ©e. Se trouvant au centre des tensions et des dissensions qui secouent le monde musical europĂ©en, Paganini cristallise sur lui les enjeux esthĂ©tiques nouveaux, les contradictions et les hĂ©sitations de la critique. Comme l’analyse des documents de l’époque permet de le constater, le personnage de Paganini est ambivalent, fuyant, miroir des fantasmes artistiques de son temps. (p. 145)

14Le mythe de Paganini a donc Ă  voir avec l’imaginaire romantique de l’artiste, empreint de fictionnel. M.‑H. Rybicki propose alors une Ă©tude des dĂ©signations de Paganini qui l’unissent avec d’autres figures mythiques ou en cours de mythification (que l’on pense Ă  Byron et Ă  Hoffmann). L’Italien est alors affiliĂ© Ă  OrphĂ©e, Hercule, aux Titans, aux mystĂšres d’Isis. Mais le rapprochement le plus significatif est celui entre Paganini et deux personnages de l’Ɠuvre hoffmannienne : le conseiller Crespel et le kapellmeister Kreisler. Paganini devient alors un personnage fantastique, voire, chez Balzac, le genre qui lui correspond : le « conte fantastique8 ».

15La presse est donc bien le « lieu d’une transformation, elle a assurĂ© le transfert progressif du musicien rĂ©el au personnage littĂ©raire si bien que, de sujet d’actualitĂ©, Paganini devient sujet de fiction. » (p. 180)

Fictions paganiniennes

16L’auteur fait le choix de regrouper son corpus de textes sous l’angle gĂ©nĂ©rique, et commence son analyse par l’ensemble poĂ©tique. M.‑H. Rybicki constate Ă  juste titre que ces poĂšmes « supportent mal l’assaut du temps » (p. 207). Divin, pathĂ©tique, diabolisme, dĂ©chirement intĂ©rieur sont les thĂšmes que l’on retrouve le plus souvent, traitĂ©s au moyen des « clichĂ©s de la poĂ©sie romantique la plus fade » (id.). Gautier, avec ses « Variations sur le Carnaval de Venise », est l’un des rares Ă  libĂ©rer Paganini « du carcan de la poĂ©sie de circonstance en donnant une rĂ©elle interprĂ©tation poĂ©tique de sa musique. » (p. 199).

17Du cĂŽtĂ© de la scĂšne, l’auteur recense six vaudevilles traitant le personnage de Paganini entre 1828 et 1883. LĂ  encore, aucune piĂšce ne se distingue par sa qualitĂ©. Retenons seulement, comme l’indique M.‑H. Rybicki, que « le comique de ces piĂšces est exempt de noirceur et de malveillance et contrebalance l’image diabolique, rĂ©pandue dans de nombreux articles de presse. » (p. 229).

18Les textes les plus intĂ©ressants se trouvent — et l’on pouvait s’y attendre —, dans le corpus des nouvelles fantastiques. Si une Ă©tude d’ensemble aurait sans doute Ă©tĂ© plus intĂ©ressante, c’est une approche chronologique qu’a choisi d’adopter l’auteur, qui analyse l’un aprĂšs l’autre les textes suivants : « La Torre degli Spiriti » (anonyme, s. d.), « Fantaisie en si bĂ©mol mineur » (Lyser, 1830), Nuits florentines (Heine, 1836), « Hoffmann et Paganini » (Janin, 1831), « Les deux notes » (Aloysius Block [Raymond Brucker], 1831), « Ugolino » (Raymond Brucker, 1833), « L’ñme errante » (anonyme, 1843), « Il violino a corde humane » (Ghislanzoni, 1868). Il ressort de l’étude de chaque nouvelle quelques lignes de force que M.‑H. Rybicki rĂ©sume dans sa conclusion : prĂ©sence du diable (sauf chez Janin et dans « L’ñme errante »), apparence physique frappante, musique extraordinaire, effets sur l’auditoire, dualitĂ© de l’artiste (« fantastique et rĂ©el », « humain et divin », « corps et Ăąme », p. 324), nature dĂ©miurgique du virtuose.

Paganini, ainsi reprĂ©sentĂ©, sert d’archĂ©type Ă  ce qu’on appelle gĂ©nĂ©ralement « le virtuose romantique ». [Mais] le personnage littĂ©raire de Paganini se dĂ©marque non seulement de la conception de l’artiste romantique professĂ©e, par exemple, par Wackenroder ou Kleist, il marque aussi une Ă©volution sensible dans la vision de l’artiste hĂ©ritĂ©e d’Hoffmann [
] Paganini est un musicien accompli, il n’est pas seulement reconnu socialement mais aussi artistiquement. Son chef‑d’Ɠuvre existe et ne reste pas Ă  l’état de rĂȘve [
]. (p. 325)

19La derniĂšre partie du corpus Ă©tudiĂ© concerne les « propos anecdotiques sur Paganini ». Dans ces textes, Paganini n’occupe le plus souvent qu’une place secondaire. Par exemple, dans « Drei BlĂ€tter aus dem Tagebuch eines Reisenden » de Rellstab, le narrateur croise trois fois Paganini : en prison, via un rĂ©cit de Rode, et en concert Ă  Berlin ; dans Clarinette de Bechstein, le hĂ©ros devient le secrĂ©taire personnel de Paganini. Les autres textes analysĂ©s sont « Nicolo Paganini » (Theodor Drobisch, 1845), « Ein Neujahrs-Geschenk von Paganini » (Schnyder von Wartensee, 1849), « Une sonate muette » (Samuel‑Henry Berthoud, 1832), « Esquisse de la vie d’un virtuose » (Barbara, 1857) et Le Voyage d’un jeune virtuose en Italie (A. E. de Saintes [Alexis Eymery], avant 1854). À partir de ces textes, M.‑H. Rybicki met au jour la mutation essentielle de la figure de l’artiste :

[
] tous les auteurs dĂ©pouillent peu ou prou le virtuose de ses traits fantastiques et romantiques. Cette dĂ©sacralisation substitue le clichĂ© Ă  l’exceptionnel, le vulgaire au transcendant, le pathĂ©tique au grotesque [
], le rĂ©alisme au fantastique. L’artiste sublime, dont Paganini constituait l’archĂ©type, s’efface progressivement et, sur le devant de la scĂšne musico‑littĂ©raire, apparaĂźt un musicien veule, sans envergure, paria d’un nouveau genre mais, d’un point de vue romanesque, tout aussi prometteur que son prĂ©dĂ©cesseur. (p. 401)


***

20Comme le signale Marie‑HĂ©lĂšne Rybicki dans sa conclusion, « [l]’image de Paganini qui nous parvient Ă  travers la presse et la littĂ©rature est une construction, une illusion ». L’auteur complĂšte donc la dĂ©finition du virtuose romantique Ă  travers l’exemple du plus grand virtuose italien du violon au xixe siĂšcle.

21NĂ©anmoins, on peut regretter que cette analyse bienvenue sĂ©pare presse et littĂ©rature. L’auteur affirme que le passage de Paganini dans la fiction « conduit Ă  se demander Ă  quel point les frontiĂšres entre la littĂ©rature et la critique journalistique sont hermĂ©tiques et dans quelle mesure, Ă  cette Ă©poque, l’une influence l’autre » (p. 167). Or, l’essai ne rĂ©pond pas prĂ©cisĂ©ment Ă  cette question, et le lecteur ne trouve Ă  aucun moment des renvois attendus au renouveau actuel des Ă©tudes sur les liens entre presse et littĂ©rature9. Il aurait sans doute Ă©tĂ© plus intĂ©ressant de mĂȘler presse et littĂ©rature, d’autant plus que l’auteur semble ne pas prendre en compte le fait que plusieurs nouvelles Ă©tudiĂ©es sont originellement publiĂ©es dans la presse.

22L’autre regret tient Ă  l’apparente mĂ©connaissance des Ă©tudes les plus rĂ©centes sur le romantisme et ses auteurs. Il est difficile, aujourd’hui, de renvoyer Ă  un article de GĂ©rard de Nerval contenu dans l’édition PlĂ©iade de 1956 (p. 171), alors que seule l’édition dite « Nouvelle PlĂ©iade » de 1989‑1994 a pu bĂ©nĂ©ficier du travail de Michel Brix sur Nerval journaliste10. On peut Ă©galement s’interroger sur les bornes donnĂ©es au romantisme français (1820‑1843) d’aprĂšs l’ouvrage de Max Milner, Le Romantisme, datĂ© de 1973 (p. 231). C’est Ă©galement Ă  cet ouvrage que l’auteur renvoie pour une Ă©tude du genre frĂ©nĂ©tique, alors qu’on attendait des renvois aux Ă©tudes d’Anthony Glinoer11 ou Émilie PĂ©zard12. De mĂȘme, sur la fantaisie, l’auteur semble ignorer les rĂ©cents travaux de Sylvain Ledda13 ou Pierre Laforgue14.

23C’est enfin la mĂ©connaissance de certains auteurs de l’époque qui transparaĂźt au dĂ©tour d’une phrase. On ne saurait partager l’affirmation selon laquelle Jules Janin acquit sa renommĂ©e grĂące au Journal des DĂ©bats (p. 273), alors qu’en 1829 il est pour tous, et pour longtemps encore, l’auteur de L’Âne mort et la Femme guillotinĂ©e.

24Ces quelques rĂ©serves n’îtent rien Ă  l’apport de M.‑H. Rybicki Ă  l’étude des liens entre presse et littĂ©rature. Â