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Concorde (avion)

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Concorde
Description de cette image, également commentée ci-aprÚs
Un Concorde d'Air France Ă  l’atterrissage Ă  l'aĂ©roport international du Kansai au Japon, en 1994.
RĂŽle Avion de ligne supersonique,
long-courrier
Constructeur
Équipage 3 navigants techniques et 6 navigants commerciaux
Premier vol
Mise en service
Retrait
Production 20 exemplaires (dont 6 non commerciaux)
AnnĂ©es de production 1967 – 1979

Dimensions

Description de l'image Concordev1.0.png.
Longueur 61,66[1] m
Envergure 25,60[1] m
Hauteur 12,19[1] m
Surface alaire 358,25[1] m2
Masse et capacité d'emport
Max. à vide 79,3[2] t
Max. au décollage 185,1[2] t
Max. à l'atterrissage 111,1[2] t
KérosÚne 119 500[2] l
Passagers 100 passagers en version commerciale ou 110 suivant les besoins
Fret 4,35 t[2]
Motorisation
Moteur(s) 4 turboréacteurs Rolls-Royce/Snecma Olympus 593 Mk.610[3]
Poussée unitaire 169,3[4] kN
Poussée totale 677 kN
Performances
Vitesse de croisiÚre maximale 2 172[4] km/h (Mach 2,02[4])
Vitesse maximale 2 369[4] km/h (Mach 2,23[4])
Distance franchissable 6 200 km
Altitude de croisiÚre 16 000 à 18 000 m
Vitesse ascensionnelle 25,41 m/s
Charge alaire 440 kg/m2
Rapport poussée/poids 0,373
Premier vol du prototype français du Concorde à Toulouse le , piloté par André Turcat.

Le Concorde est un avion supersonique construit entre 1967 et 1979. Il s'agit d'un avion de ligne conçu conjointement par Sud-Aviation (devenue par la suite Aérospatiale puis Airbus) et British Aircraft Corporation (devenue ensuite British Aerospace). Il est exploité entre 1976 et 2003 par Air France et British Airways. Son premier vol a eu lieu en 1969.

Sa vitesse de croisiĂšre est de Mach 2,04, soit environ 2 172 km/h, Ă  une altitude variant de 16 000 à 18 000 m. DotĂ© d'une aile delta dite « gothique » et de turborĂ©acteurs Ă  postcombustion, dĂ©veloppĂ©s initialement pour le bombardier britannique Avro Vulcan, il fut le premier avion civil Ă  ĂȘtre Ă©quipĂ© de commandes de vol Ă©lectriques analogiques.

Les vols commerciaux commencĂšrent le et prirent fin vingt-sept ans plus tard, entre mai et . La forte consommation de carburant avait rendu l’exploitation de Concorde dĂ©ficitaire. Son dĂ©clin fut prĂ©cipitĂ© par l'accident du vol 4590 d'Air France en , unique accident majeur d'un Concorde, qui entraĂźna la mort de 113 personnes.

Confiné à des liaisons survolant principalement les mers et océans, à cause du bang supersonique, peu apprécié des populations des villes et villages survolés, et exploité par deux compagnies seulement, l'appareil ne fut produit qu'à vingt exemplaires, dont six non commerciaux pour essais et mise au point. Certaines prévisions estimaient le nombre de commandes du Concorde entre 200 et 300 appareils, 200 étant le seuil de rentabilité pour les investissements liés à son développement. Cependant, il fut l'un des moteurs importants du développement technologique et stratégique européen et eut en plus un fort impact culturel. Avec le Tupolev Tu-144 (lequel n'a transporté des passagers que durant quelques mois), il fut le seul avion supersonique de transport de voyageurs à avoir été exploité pendant une assez longue période.

Développement

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Un Concorde dans la livrée, briÚvement utilisée par Air France, aux couleurs de la marque de boisson Pepsi en .

EncouragĂ©s par les progrĂšs de l’aviation supersonique depuis le franchissement du mur du son par Charles Yeager et son Bell X-1 en 1947, AmĂ©ricains, SoviĂ©tiques, Britanniques et Français se lancent dans une course au premier avion supersonique commercial Ă  la fin des annĂ©es 1950[5].

Coopération franco-britannique

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L'entreprise française Sud-Aviation et l'entreprise britannique Bristol Aeroplane Company dĂ©veloppent respectivement leurs supersoniques Super-Caravelle et Bristol 223. Ces derniers sont financĂ©s par leurs gouvernements respectifs, ceux-ci tenant Ă  contrer la domination aĂ©rienne amĂ©ricaine. Dans les annĂ©es 1960, les deux projets sont dĂ©jĂ  bien avancĂ©s, mais les Ă©normes coĂ»ts de dĂ©veloppement des appareils amĂšnent les États Ă  faire collaborer les deux entreprises[6]. Le dĂ©veloppement du Concorde est donc plus un accord international franco-britannique qu'un accord commercial entre les constructeurs. Le traitĂ© de coopĂ©ration, dont les discussions durent environ un an, est signĂ© le [7] par Geoffroy de Courcel, ambassadeur de France au Royaume-Uni, et Julian Amery, ministre britannique de l'Aviation.

British Aircraft Corporation (BAC) et Sud Aviation se partagent les coĂ»ts de l'appareil, Bristol Aero Engines (rachetĂ© par Rolls-Royce en 1966) et SNECMA font de mĂȘme pour dĂ©velopper le turborĂ©acteur dĂ©rivĂ© du Bristol Olympus. Les Britanniques veulent un modĂšle long-courrier (transatlantique) alors que les Français veulent un moyen-courrier. Le , Ă  la suite des Ă©lections gĂ©nĂ©rales britanniques du qui conduisent Ă  la victoire du parti travailliste, le Royaume-Uni se retire du projet, mais fait volte-face deux mois plus tard.

Concord ou Concorde

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Le , le président français Charles de Gaulle suggÚre que l'avion soit baptisé « Concorde » et, le , une premiÚre maquette grandeur nature du « Concord » sans « e » est présentée ; une polémique s'ensuit sur le nom de l'avion. Le ministre britannique de la Technologie Tony Benn met fin à la polémique en annonçant : « Le Concord britannique s'écrira désormais avec un « e » car cette lettre signifie aussi Excellence, England, Europe et Entente »[8].

Les travaux d’étude dĂ©butent l’annĂ©e suivante, conjointement dans les bureaux de la BAC et de Sud Aviation. Un cahier des charges est dĂ©fini, se voulant trĂšs innovateur : l’avion doit ĂȘtre capable de voler Ă  plus de Mach 2.0, en emportant 70 passagers minimum sur une liaison transatlantique. Il est alors en concurrence directe avec le Boeing 2707, le Lockheed L-2000 et le Tupolev 144.

L’opinion publique reste d'abord dubitative quant à la conception d’un avion de ligne supersonique, seulement quatre ans aprùs la mise en service de la Caravelle.

Selon le cahier des charges, le Concorde doit ĂȘtre le premier avion civil au monde Ă  disposer de commandes de vol Ă©lectriques et analogiques, de turborĂ©acteurs Ă  postcombustion, d’un pilote automatique et d’une aile nĂ©ogothique dĂ©veloppĂ©e par l’ONERA en France. C’est d’ailleurs ce mĂȘme organisme qui assure toutes les Ă©tudes aĂ©rodynamiques du fuselage et des ailes grĂące Ă  des maquettes et une soufflerie supersonique. Tous les plans sont alors entiĂšrement dessinĂ©s Ă  la main, parfois en Ă©chelle 1:1. Le principal outil de calcul et de simulation est l'ordinateur CDC 3600 du centre de calcul de Courbevoie de Sud-Aviation, qui est connectĂ© Ă  des machines-outils Ă  commande numĂ©rique fonctionnant dans l’usine toulousaine de l’avionneur[9].

C’est Ă©galement un des premiers programmes aĂ©ronautiques au monde Ă  bĂ©nĂ©ficier d’un simulateur de vol pour l’entrainement des Ă©quipages d’essais.

Innovations techniques

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Beaucoup d'améliorations technologiques trÚs communes dans les avions de ligne actuels sont utilisées pour la premiÚre fois avec le Concorde.

Le Concorde est le premier avion civil Ă  disposer de commandes de vol entiĂšrement Ă©lectriques et analogiques : en vol supersonique se produit une augmentation importante de tempĂ©rature sur la cellule, ce qui provoque l'allongement du fuselage[10]. Comme une transmission par cĂąbles aurait Ă©tĂ© trop compliquĂ©e, des commandes entiĂšrement Ă©lectriques sont adoptĂ©es. Toujours pour la mĂȘme raison, l'avion dispose de turborĂ©acteurs reliĂ©s en « thrust-by-wire », ancĂȘtres des turborĂ©acteurs actuels contrĂŽlĂ©s par FADEC[11].

Le pilote automatique permet une gestion automatique de la puissance — un dispositif plus connu de nos jours sous le nom d'« auto-manette » —, autorisant un contrĂŽle « mains libres » (ou hands off) de l'avion de la montĂ©e initiale Ă  l'atterrissage.

L'Ă©lectricitĂ© Ă  bord est produite par des IDG (Integrated Driving Generator), prĂ©dĂ©cesseurs de mĂȘme technologie que ceux montĂ©s sur les avions actuels (Airbus et Boeing). Le Concorde dispose de trois circuits hydrauliques Ă  haute pression de 28 MPa (soit 4 000 PSI) pour les composants lĂ©gers Ă  circuits hydrauliques utilisant un liquide hydraulique Ă  huile synthĂ©tique (M2 V) rĂ©sistant Ă  la tempĂ©rature.

Pour le freinage, le Concorde est Ă©quipĂ© d'un systĂšme SPAD (acronyme de « SystĂšme perfectionnĂ© anti-dĂ©rapant ») de contrĂŽle de glissement, c'est-Ă -dire de l'Ă©cart de vitesse entre roues freinĂ©es et roues non freinĂ©es, fourni par Hispano-Suiza[12]. Par rapport au principe de contrĂŽle de la dĂ©cĂ©lĂ©ration angulaire des roues freinĂ©es, ce systĂšme permet de rĂ©duire les distances d'arrĂȘt de 15 % sur sol sec et d'amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© sur sol mouillĂ©. Ce systĂšme est repris par Airbus et sur les avions militaires français Ă  partir du Mirage F1. Le systĂšme de freinage est contrĂŽlĂ© Ă©lectriquement. Une commande agit sur une servovalve faisant interface entre la consigne Ă©lectrique d'entrĂ©e et la grandeur hydraulique (dĂ©bit ou pression) agissant sur les freins hydrauliques. Ce systĂšme remplace les commandes classiques hydromĂ©caniques, plus lourdes et plus complexes Ă  installer. Ce systĂšme est complĂ©tĂ© sur les avions d'Airbus par l'orientation de la roue avant sur l'A320. Des disques de freins en carbone ventilĂ©s offrent un gain de masse de 500 kg par rapport Ă  des disques en acier, ainsi qu'une meilleure tenue Ă  l'Ă©chauffement.

Le rééquilibrage des masses (gestion du centrage) permet une optimisation des performances. Pendant toutes les phases de vol, le carburant est déplacé entre les divers réservoirs afin de positionner au mieux le centre de gravité par rapport au centre de poussée dans la phase de vol concernée (centrage avant en subsonique, centrage arriÚre pour le vol supersonique)[13].

Des piÚces sont usinées à partir d'une ébauche unique (et non issues d'un assemblage), ce qui permet de réduire la masse et la nomenclature des composants. Les gouvernes de direction et élevons sont constitués de matériaux composites. Toutefois, le vieillissement du matériau entraine des pertes partielles de gouvernes, particuliÚrement de direction.

Certaines de ces nouveautĂ©s technologiques ont vingt ans d'avance. Si les coĂ»ts de conception sont Ă©levĂ©s, cela a toutefois permis aux constructeurs aĂ©ronautiques français et anglais de rester dans la course avec les États-Unis, puis de crĂ©er Airbus. Nombre de ces amĂ©liorations sont maintenant des standards dans les avions de ligne actuels.

Coopération Rolls-Royce / SNECMA

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Inscription sur le flanc de la nacelle, indiquant l'association des deux groupes.

Pour atteindre des vitesses supersoniques, le Concorde utilise une version modifiĂ©e du Bristol BE10 Olympus, turborĂ©acteur Ă  double flux avec postcombustion qui Ă©quipe alors le bombardier stratĂ©gique anglais Avro Vulcan et le chasseur TSR.2. Rolls-Royce Plc, alors propriĂ©taire du groupe Bristol Engines, s’associe Ă  la SNECMA pour dĂ©velopper l’Olympus 593 destinĂ© Ă  ĂȘtre montĂ© sur le Concorde.

En effet, l’association des deux groupes n’en est pas à son coup d’essai :

La rĂ©partition du travail de chaque sociĂ©tĂ© est ainsi la suivante : Rolls Royce se charge de dĂ©velopper un nouveau rĂ©acteur de performances basĂ© sur le BE 10 Olympus tandis que SNECMA se charge d’y adapter une postcombustion, un canal d'Ă©jection Ă  tuyĂšre variable, un ensemble d’éjections secondaires incluant un dispositif d'inversion de poussĂ©e et un silencieux rĂ©tractable.

Le moteur qui en découle et qui est monté sur les Concorde de série est le Rolls-Royce/SNECMA Olympus 593, équipé des tuyÚres SNECMA Type 28.

Assemblage et présentation au public

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Le prototype Concorde français en postcombustion à pleine puissance au décollage lors de son premier vol, le à l'aéroport de Toulouse-Blagnac. André Turcat chef pilote, se trouve aux commandes avec son équipe : Jacques Guignard, copilote, Michel Rétif, mécanicien navigant, et Henri Perrier, ingénieur navigant. Le vol dure alors 29 minutes.

L'assemblage d'un premier prototype, le Concorde 001, débute à Toulouse en et l'avion sort des hangars le sous l'immatriculation F-WTSS, « TSS » signifiant « Transport SuperSonique ». Au moins une section est construite en Grande-Bretagne, puis acheminée à Toulouse via Cherbourg dans un des ferries de la compagnie Townsend Thoresen : le jeu entre le colis et la porte du ferry n'excÚde pas 10 cm de chaque cÎté. Un second prototype, immatriculé G-BSST, sort des chaßnes le suivant. L'avion est présenté officiellement, le . Il est ensuite présenté à la population toulousaine le .

Ces prototypes ne volent pas immĂ©diatement, subissant pendant plusieurs mois des essais au sol, essentiellement de commandes de vol, de motorisation (point fixe), des systĂšmes de pressurisation de la cabine, et les essais de fatigue de la structure. Se font Ă©galement plusieurs essais de roulage volontairement interrompus pour tester l’efficacitĂ© des barriĂšres de fin de piste.

Premier vol et essais

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Le premier vol d'essai de Concorde 001 a lieu au-dessus de Toulouse, le .

L’évĂšnement est sans prĂ©cĂ©dent. Bien qu’il soit reportĂ© de trois jours en raison d’une mauvaise mĂ©tĂ©o, plus de 400 journalistes de tous les pays se ruent autour de l’avion, et des milliers de spectateurs s’amassent dans les gradins et les champs aux alentours de l’aĂ©roport pour espĂ©rer le voir s’envoler. À 15 h 38, l’équipage composĂ© des pilotes d’essai AndrĂ© Turcat et Jacques Guignard, de l’ingĂ©nieur Henri Perrier et du mĂ©canicien navigant Michel RĂ©tif reçoit l’autorisation de dĂ©collage. Les chaines de tĂ©lĂ©visions retransmettent l’évĂšnement en direct. AprĂšs une course de 1 500 m, le Concorde dĂ©colle Ă  la vitesse de 180 nƓuds (330 km/h), avec un angle de dix degrĂ©s. Il monte Ă  l’altitude de 9 000 pieds, oĂč il rejoint un Gloster Meteor et un MS Paris II, chargĂ©s de filmer l’évĂšnement. Ayant reçu l’ordre de ne pas actionner le nez ni les trains pour Ă©viter une Ă©ventuelle panne hydraulique, le pilote ne dĂ©passe pas la vitesse de 290 nƓuds (540 km/h). Au cours du vol, il procĂšde Ă  des essais de gouvernes, changements d'altitude et de vitesse. AprĂšs 27 min de vol, il se prĂ©sente en finale Ă  170 nƓuds (315 km/h), toujours escortĂ© par les chasseurs français. Il se pose en douceur, freine grĂące au parachute d’empennage, et rejoint le parking, oĂč les journalistes se ruent pour interviewer l’équipage. Turcat dĂ©clare en sortant de l’avion : « La machine vole, et je peux ajouter qu’elle vole bien ! »

Le prototype 001 est rejoint pour les essais par Concorde 002, qui vole pour la premiÚre fois un mois plus tard, le depuis le Bristol Filton Airport (en)[14].

Ces vols donnent ainsi le coup d'envoi au plus long programme d'essai de toute l'histoire de l'aéronautique civile.

L'équipage complet du premier vol le 2 mars 1969, (de gauche à droite) : Henri Perrier, ingénieur navigant, Jacques Guignard, copilote, André Turcat, chef pilote, et Michel Rétif, mécanicien navigant.

Concorde effectue sa premiÚre entrée dans le domaine supersonique le au cours du 45e vol, piloté par Jean Pinet. Le , au cours de son 102e vol, il atteint Mach 2, vitesse qu'il maintient pendant une durée de 52 minutes[15]. Le programme d'essais en vol se déroulant sans incident, cette version de développement commence les démonstrations destinées au grand public le . Deux appareils de préproduction sont également construits pour les essais, en plus des prototypes. Le premier (no 101) est construit à Filton ; il intÚgre plusieurs modifications par rapport aux prototypes, dont une voilure plus grande, de 25,6 m d'envergure, un fuselage rallongé et une verriÚre sur le nez à la place des hublots. Le second appareil (no 102), de construction française, est le premier à avoir l'aspect et les dimensions des futurs avions de série ; le cÎne de queue est allongé, portant la longueur totale à 61,66 m, et les tuyÚres 28 à coquilles sont équipées pour la premiÚre fois. Les deux premiers avions de série sont également engagés dans le programme d'essais, le premier d'entre eux vole le .

Au cours des essais, Concorde établit des records de vitesse et d'altitude. Le , Concorde 001 atteint une altitude de 68 000 pieds, soit plus de 20 700 mÚtres. Le record de vitesse est établi le à Mach 2,23 par Concorde 101.

En , quatre ans aprĂšs la mise en service de l'avion, Jean Pinet raconte que lors des trois vols d'essais, Concorde 1 rĂ©alisa malgrĂ© ses 110 tonnes, une figure acrobatique appelĂ©e « tonneau barriqué » : « Il y eut trois vols avec probablement un seul tonneau barriquĂ© au cours de chacun d’eux », Ă©crit-il, « Mais au dernier vol, un Ă©branlement sonore de la structure – dĂ» probablement Ă  un incident sur les commandes de vol n’apprĂ©ciant pas l’obligation imprĂ©vue Ă  laquelle elles Ă©taient soumises -, rappela chacun Ă  la prudence »[16].

En , peu avant d'ĂȘtre retirĂ© des vols, le prototype 001 est Ă©quipĂ© d'appareils de mesure afin de suivre une Ă©clipse de Soleil totale. Le vol a lieu le , entre l'aĂ©roport de Gran Canaria (Ăźles Canaries) et Fort-Lamy (maintenant N'DjamĂ©na) capitale du Tchad, avec AndrĂ© Turcat aux commandes. L'avion vole Ă  plus de Mach 2,05, Ă  plus de 17 000 mĂštres d'altitude, et reste ainsi dans l'ombre en suivant l'Ă©clipse pendant 74 minutes[17],[18].

Les essais des Concorde enregistrent plus de 5 000 heures de vol[19] sans trop de problÚmes, les appareils de présérie et les deux premiers avions de série servant à terminer la mise au point, notamment des entrées d'air. Au total, plus de 2 000 heures de tests sont réalisées à vitesse supersonique[20]. Avec autant d'heures d'essais, le Concorde est testé environ quatre fois plus longtemps qu'un avion commercial subsonique moyen ou long-courrier[réf. nécessaire]. « Malgré sa construction relativement simple, le Concorde est de loin l'avion civil le plus cher qui ait jamais été construit »[21].

Commandes et vols de démonstration

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En l'absence de toute Ă©tude de marchĂ©, le consortium estime un potentiel de commandes de plus de cent avions, passĂ©es par les principales compagnies aĂ©riennes de l'Ă©poque. En 1967, un volume global de 69 commandes (plus vraisemblablement des options) est annoncĂ©[22]. Cinq commandes fermes d'appareils sont effectuĂ©es par British Airways le , la compagnie aĂ©rienne devenant ainsi le premier client de l'avion. Le , le second prototype 002 effectue des dĂ©monstrations au Moyen-Orient et en ExtrĂȘme-Orient. Celles-ci se concluent par un nombre important de commandes pour l'avion, 74 commandes ou options Ă©tant prĂ©vues par seize compagnies aĂ©riennes, dont huit nord-amĂ©ricaines.

Les hangars de BAe Systems Ă  Filton, oĂč ont Ă©tĂ© construits les Concorde britanniques.
L'usine Sud-Aviation de Saint-Martin-du-Touch, oĂč ont Ă©tĂ© construits les Concorde français.
Client Options Signature Annulation
Panair do Brasil3octobre 196110 février 1965
Pan Am63 juin 196331 janvier 19732 options suppl. en 1964
Air France63 juin 19632 options suppl. en 1964
BOAC63 juin 19632 options suppl. en 1964
Continental Airlines324 juillet 1963Mars 1973
American Airlines47 octobre 1963Février 19732 options suppl. en 1965
TWA416 octobre 196331 janvier 19732 options suppl. en 1965
MEA24 décembre 1963Février 1973
Qantas619 mars 19642 annulée en mai 1966
Air India215 juillet 1964Février 1975
Japan Airlines330 septembre 19651973
Sabena2Février 1973
Eastern Airlines228 juin 1966Février 19732 options suppl. en
2 autres options suppl. le 28 avril 1967
United Airlines629 juin 196626 octobre 1972
Braniff International3Février 1973
Lufthansa3Avril 1973
Air Canada46 juin 1972[23]

Avant mĂȘme le choc pĂ©trolier, les coĂ»ts de conceptions et d'achats du supersonique explosent. Jean-Jacques Servan-Schreiber en 1971 parle de « Vietnam industriel »[24] et quelques voix dissidentes font Ă©tat que les 11 milliards de francs investis pour le dĂ©veloppement seront difficilement rentabilisĂ©s, en plus des problĂšmes touchant Ă  la viabilitĂ© de la liaison transatlantique[25]. Cependant, Ă  partir de 1973, une combinaison de nombreux facteurs nĂ©gatifs causent l'annulation de la presque totalitĂ© des commandes en option. Parmi ceux-ci, les plus importants sont le premier choc pĂ©trolier d', les difficultĂ©s financiĂšres des compagnies aĂ©riennes, l'absence de soutien du projet en AmĂ©rique du Nord, l'accident du Tupolev 144 au salon du Bourget, concurrent direct soviĂ©tique[26],[27], et les problĂšmes environnementaux, comme les fumĂ©es sortant des rĂ©acteurs au dĂ©collage en postcombustion et le bruit gĂ©nĂ©rĂ© par le bang caractĂ©ristique du vol en rĂ©gime supersonique[28]. Finalement, Air France et British Airways restent les seuls acquĂ©reurs de l'avion.

Parmi les autres projets d'avions de ligne supersoniques proposĂ©s, seul le projet soviĂ©tique aboutit. Le Tupolev Tu-144 est prĂ©vu pour transporter 140 passagers Ă  la vitesse de Mach 2. Le prototype soviĂ©tique effectue son premier vol le Ă  la base de Joukovski, prĂšs de Moscou[rĂ©f. nĂ©cessaire], mais n'est finalement vendu qu'Ă  Aeroflot. Leur principal opposant amĂ©ricain, le Boeing 2707, projet techniquement plus audacieux muni d'une cellule en titane et d'une voilure Ă  gĂ©omĂ©trie variable, est sĂ©lectionnĂ© en 1966 par le CongrĂšs amĂ©ricain face au Lockheed L-2000. Il doit ĂȘtre capable de transporter 300 passagers Ă  une vitesse proche de Mach 2,7. Cependant, face Ă  de grandes difficultĂ©s techniques et de fortes oppositions politiques et environnementales, le projet est annulĂ© cinq ans plus tard, en 1971[29].

À la suite de cette dĂ©cision, l'Administration FĂ©dĂ©rale AĂ©ronautique (FAA) interdit le survol du territoire amĂ©ricain Ă  vitesse supersonique pour les avions civils, ce qui contribua Ă  l'annulation des commandes de Concorde par les compagnies nord-amĂ©ricaines[30].

Les deux compagnies aériennes européennes restantes française et anglaise, commencent les vols de démonstration et d'essais vers diverses destinations à partir de 1974. Le Concorde reçoit son certificat de navigabilité le de l'année suivante[31]. Toulouse, en France, et Filton, au Royaume-Uni, sont les deux seuls centres de production des appareils.

Les premiers associés, BAC (qui devint BAE Systems) et Aérospatiale (qui devint EADS), sont les copropriétaires de Concorde. La responsabilité est ensuite transférée à Airbus, lorsque l'entreprise qui regroupe BAE Systems et EADS est fondée[réf. nécessaire].

DÚs les premiers vols commerciaux du Concorde en 1976, Aérospatiale propose de développer une version B, pour réduire le bruit de l'avion et porter sa distance franchissable de 6 800 à 7 500 km (le projet initial français, dénommé Super Caravelle, avait un rayon d'action de 4 500 km). Cela entraine diverses modifications. Au plan aérodynamique, l'envergure est augmentée pour améliorer la finesse, des becs de bord d'attaque sont montés pour augmenter la portance et réduire l'assiette de l'avion aux basses vitesses. La finesse passe ainsi de 3,9 à 4,2 au décollage, de 5 à 5,5 en montée, de 11,5 à 12,9 en vol subsonique (Mach 0,93) et de 7,1 à 7,7 en vol supersonique. Au plan des moteurs, des modifications internes augmentent la poussée à basse vitesse, la réchauffe (postcombustion) est supprimée, la consommation est réduite, notamment entre Mach 1,2 et 1,7 (-20 %), le bruit est réduit.

Le programme n'est jamais lancé, en raison de l'absence de commandes[32].

Exploitation commerciale

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Vols réguliers

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Premier vol commercial

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Un Concorde au décollage.

Le premier vol commercial a lieu le , sous la forme de deux vols simultanés[33] organisés par les deux pays partenaires :

Ce double vol inaugural est retransmis à la télévision dans le monde entier en direct[36]. En France, la chaßne TF1 transmet en direct les différentes étapes des vols tout au long de la journée : le journal de 13 h de TF1 est dédié au décollage de Paris[37] et Londres. Les programmes sont interrompus à 15 h 30 pour l'atterrissage du Concorde Air-France à Dakar, puis au journal de 20 h pour l'arrivée en direct à Rio de Janeiro[38].

Vols Air France

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  • Venezuela : la premiĂšre liaison commerciale Air France Paris–Caracas via les Açores est effectuĂ©e le (avec vol retour le lendemain).
  • Suisse : le premier vol Paris–GenĂšve (non rĂ©gulier) a lieu le et dure 37 minutes.
  • États-Unis : L'interdiction au Concorde d'atterrir sur le territoire des États-Unis, les autoritĂ©s portuaires de ce pays invoquant des raisons environnementales et des nuisances sonores, gĂȘna les compagnies qui voulaient faire des trajets transatlantiques. Le , le secrĂ©taire amĂ©ricain aux transports William Coleman lĂšve l'interdiction pour les vols supersoniques au-dessus des eaux territoriales et autorise les atterrissages Ă  Washington et Ă  New York ; mais le , les autoritĂ©s portuaires new-yorkaises opposent pour six mois le survol local au Concorde[39]. Avec le peu de choix qu'elles ont en destinations, Air France et British Airways commencent les liaisons transatlantiques avec Washington (District de Columbia) le . En 1977, les nuisances sonores que les New-Yorkais devaient subir sont Ă©clipsĂ©es par les avantages que procure le Concorde, et la liaison Paris et Londres vers l'aĂ©roport new-yorkais John F. Kennedy commence le . Une destination vers Los Angeles est dĂšs le dĂ©but envisagĂ©e, jugĂ©e intĂ©ressante d'un point de vue commercial, mais n'a jamais vu le jour en raison de l'interdiction du Concorde Ă©mis par les autoritĂ©s californiennes locales en raison des nuisances sonores, mais aussi pour des contraintes liĂ©es Ă  l'autonomie de carburant, avec la nĂ©cessitĂ© d'un ravitaillement au Canada, et de problĂšmes d'infrastructures de l'aĂ©roport de Los Angeles, non Ă©quipĂ©s pour permettre de recevoir le Concorde[40].

Jusqu'en 1982, les destinations pour Air France sont : Rio de Janeiro, Caracas, Dakar, Mexico, Washington, Dallas et New York.

À partir de 1983, pour rentabiliser au maximum son supersonique, la compagnie rĂ©duit ses vols Ă  la seule destination de New York, assurant cependant, en plus, des vols spĂ©ciaux appelĂ©s charters et des tours du monde. Le temps de vol moyen sur l'un ou l'autre des itinĂ©raires est d'environ trois heures et demie. Jusqu'en 2003, Air France et British Airways assurent des liaisons quotidiennes avec New York.

Concorde dessert la Barbade[41] pendant la saison de vacances d'hiver et à partir de 1984, British Airways transporte, dans le cadre de ses vols charter / tour du monde, des touristes à destination du cercle polaire vers Rovaniemi en Finlande[42],[43],[41] mais parraine également les vols d'enfants atteints du cancer, car le village du PÚre Noël y est construit dans les années 1980.

Singapore Airlines

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Le Concorde singapourien
(G-BOAD) à l'aéroport d'Heathrow en 1979.
Le Concorde singapourien
(G-BOAD) à l'aéroport d'Heathrow en 1980.

En 1972, un Concorde se pose Ă  Singapour lors de son vol de promotion[44]. Provenant de Bangkok, il y a fait escale devant une large foule[44]. Singapour est une escale idĂ©ale, l'idĂ©e Ă©tant de pouvoir proposer des vols rapides depuis l'Europe vers l'Australie. Avec un Concorde, la durĂ©e est en effet rĂ©duite de 18 Ă  11 heures[44]. Si la compagnie aĂ©rienne Singapore Airlines est intĂ©ressĂ©e, elle n'est pas prĂȘte Ă  acheter l'appareil, le jugeant trop onĂ©reux et prĂ©fĂ©rant donc le louer[44]. En parallĂšle, British Airways nĂ©gocie directement avec le gouvernement de Singapour pour une ligne Londres - BahreĂŻn - Singapour, avec la volontĂ© de la prolonger vers Melbourne[44].

En 1977, puis de 1979 Ă  1980, British Airways et Singapore Airlines partagent un avion, un accord Ă©tant finalement trouvĂ© entre les deux compagnies. Un Concorde doit ĂȘtre ainsi partagĂ© pour effectuer des vols entre BahreĂŻn et l'aĂ©roport international de Changi Ă  Singapour, et des vols aller-retour Londres - BahreĂŻn - Singapour[44],[45]. La durĂ©e du vol est de 10 heures, ce qui comprend un arrĂȘt Ă  BahreĂŻn de 40 minutes pour se ravitailler en carburant. L'appareil, immatriculĂ© « G-BOAD », est peint aux couleurs de la compagnie singapourienne sur le flanc gauche et aux couleurs de la compagnie britannique du cĂŽtĂ© droit[44],[46],[45]. Pour diverses raisons, Ă  la fois politiques et environnementales, l'Inde interdit le survol de ses terres, ce qui rallonge sensiblement le trajet[44].

Le vol inaugural est planifiĂ© pour . Par rapport Ă  un vol traditionnel en premiĂšre classe, les billets sont 15 % plus onĂ©reux[44]. Il est calculĂ© Ă  l'Ă©poque que l'avion doit au moins ĂȘtre rempli avec 60 passagers (sur les 100 places disponibles) pour que la ligne soit rentable[44]. De plus, les conditions humides Ă  Singapour entrainent une diminution des performances de l'appareil, obligeant celui-ci Ă  n'embarquer que 86 passagers au maximum lors des vols retour[44].

Peu de temps avant ce vol, la Malaisie, pour des raisons qui semblent politiques, refuse le survol du pays. L'Indonésie, sous demande de Singapour, accepte son survol et le Concorde décolle bien le pour ce vol inaugural[44]. Le détour réduit les capacités d'emport du Concorde, celui-ci devant emporter plus de carburant. Le nombre de passagers maximum passe ainsi de 100 à 90 vers Singapour et 86 à 70 pour le retour[44]. Malheureusement, les vols ne sont que d'une courte durée[44],[45], l'Indonésie n'ayant accepté son survol que durant une semaine, ce qui correspond à trois vols. Le pays ne change pas d'avis, surtout pour ne pas froisser ses relations avec la Malaisie[44]. Finalement, le quatriÚme vol, parti de Londres, doit faire demi-tour à Bahreïn pour revenir à Londres[45].

Ces divers incidents n'entravent pas la volonté de créer une ligne durable. En attendant les différents accords, il est décidé de ne pas changer la livrée, ce qui explique que ce Concorde est aperçu à travers le monde (Washington, Dallas, New York et Barcelone)[44].

En 1978, un accord est finalement obtenu avec la Malaisie pour effectuer des vols durant une période d'essai de six mois. L'Indonésie accepte également son survol[44]. Le service reprend donc en avec trois vols aller-retour prévus par semaine[44]. Cette ligne est principalement dévolue au monde des affaires, la princesse Margaret l'emprunte néanmoins pour une visite officielle en Asie[44].

Devant cette reprise, il est imaginĂ© de la prolonger vers Hong Kong, Manille ou SĂ©oul, ce qui diminuerait fortement la durĂ©e des vols par rapport aux offres disponibles[44]. Le Concorde, dans sa livrĂ©e spĂ©ciale, apparaĂźt mĂȘme sur les billets de 20 dollars de Singapour[44],[47]. NĂ©anmoins, la ligne n'est pas rentable et les pertes sont estimĂ©es entre 14 et 18 millions de dollars par an[44]. De plus, British Airways commence Ă  se plaindre de l'accord pris avec Singapore Airlines sur le partage des coĂ»ts, estimant que la compagnie de Singapour n'apporte pas assez de passagers[44]. Le partenariat est toutefois prolongĂ©[44].

L'annĂ©e 1980 montre cependant que le nombre de passagers depuis Singapour vers Londres diminue fortement, au point de ne remplir l'avion qu'Ă  moitiĂ©. De plus, les passagers commencent Ă  se plaindre du confort trĂšs relatif du Concorde, la cabine Ă©tant Ă©troite et bruyante par rapport Ă  des avions conventionnels[44]. Devant les pertes, la ligne est finalement arrĂȘtĂ©e en [44],[45]. AprĂšs ce vol, le Concorde, immatriculĂ© « G-BOAD », est repeint aux couleurs de la British Airlines et continue son service sur d'autres lignes[44].

Autres compagnies

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De 1978 Ă  1980, la compagnie amĂ©ricaine Braniff International loua deux Concorde, l'un appartenant Ă  British Airways et l'autre Ă  Air France. Ils sont utilisĂ©s pour effectuer des vols rĂ©guliers Ă  vitesse subsonique entre l'aĂ©roport Fort Worth de Dallas Ă  l'aĂ©roport international Dulles de Washington, D.C., vols qui continuent ensuite vers l'Europe[48]. Pour des raisons de lĂ©galitĂ©, les avions utilisĂ©s par Braniff sont enregistrĂ©s aux États-Unis mais aussi dans les deux États d'origine (France, Royaume-Uni). Les vols Dallas-Washington sont assurĂ©s par des Ă©quipages de la Braniff, puis des Ă©quipages français et britanniques prennent le relais pour le vol transatlantique vers Paris ou Londres. Cependant, les vols ne sont pas bĂ©nĂ©ficiaires, ce qui force Braniff Ă  arrĂȘter les opĂ©rations en .

Autres vols

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Vols charters

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AprĂšs l'arrĂȘt des vols commerciaux autres que vers JFK, les compagnies Air France et British Airways tentent, Ă  partir de 1983, de rentabiliser autrement les avions (maintenance, Ă©quipage).

Les équipes commerciales développent des vols à la demande pour les entreprises, mais aussi pour les agences de voyages, pour des tours du monde ou comme complément à des croisiÚres en paquebot. Des vols sont effectués pour marquer certains événements médiatiques comme la Coupe du monde de football, les Jeux olympiques (transport de la flamme olympique en 1992 pour les jeux d'Albertville), les Grands Prix de Formule 1, le Carnaval de Rio, etc. Dans le monde de l'aéronautique, la présence de l'avion est appréciée, comme lors de l'inauguration de l'aéroport de Kansai ou, jusqu'en , dans les meetings d'aviation.

Tours du monde

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Ces tours du monde durent environ un mois. Les passagers sont surtout américains. Les principales agences sont Kuoni, Intrav Missouri et TMR France (Marseille). Certaines années, chez Air France, jusqu'à six tours du monde sont effectués.[réf. souhaitée]

Du au , un Concorde d'Air France effectue le tour du monde en 34 h 52 min de vols[49].

Du 15 au , l’avion supersonique rĂ©alise un record pour un tour du monde en 31 h 27 min 49 s. Ce vol de la compagnie Air France en six escales, dĂ©colle et atterrit Ă  l'aĂ©roport international de New York - John-F.-Kennedy[50].

En 1995, plusieurs événements politiques et contentieux diplomatiques déroutent deux tours du monde. L'un de ces événements est une vague d'attentats en France et l'autre, la reprise des essais nucléaires français en Polynésie. Les escales de remplacement sont Nouméa avec un transfert des passagers par vol subsonique vers Christchurch et Sydney ainsi que Londres au lieu de Paris.

Une pause est faite en 1991 pendant la premiĂšre guerre du Golfe.

En , la Chine donne l'autorisation d'atterrir à Pékin, pour British Airways et Air France. Mais le bruit au décollage amÚne les Chinois à interdire Pékin au Concorde. Les escales en Chine se font alors à Tianjin à 140 km au sud de Pékin, en bord de mer[51].

Vols présidentiels

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Le , le Concorde emporte le prĂ©sident de la RĂ©publique française Georges Pompidou[52]. C'est la premiĂšre fois qu'un chef d'État utilise un prototype pour effectuer un voyage officiel[53]. Durant ce vol, le prĂ©sident Pompidou donne une interview en direct au micro de l'ORTF, dans laquelle il dĂ©clare : « Je suis frappĂ© par la stabilitĂ© de l'appareil Ă  plus de deux mille kilomĂštres Ă  l'heure. Je ne m'en apercevrais mĂȘme pas, tant le vol est calme, doux et silencieux, si je ne voyais pas les cĂŽtes de France au loin, qui dĂ©filent devant nous Ă  une vitesse extraordinaire. À tout le personnel d’AĂ©rospatiale, des ingĂ©nieurs aux techniciens et Ă  tous les travailleurs, je voudrais dire, pour la joie qu'ils me donnent aujourd'hui, de tout cƓur merci ».

Les 12-13-, Pompidou se rend Ă  un sommet autour de la question monĂ©taire aux Açores, Ă  bord du Concorde, qui est l'objet de toutes les curiositĂ©s, alors que le prĂ©sident des États-Unis, Richard Nixon s'y rend, lui, avec son Boeing 707. ImpressionnĂ© par le Concorde, Richard Nixon dĂ©cide de monter Ă  bord pour le visiter, alors que son pays a abandonnĂ© son projet d'avion supersonique, le Boeing 2707, quelques mois plus tĂŽt[54].

Georges Pompidou, le premier chef d'État Ă  utiliser Concorde pour ses dĂ©placements.

De 1981 à 1995, aprÚs un voyage de François Mitterrand en Chine avec un Concorde en mode supersonique, tous les voyages présidentiels lointains seront effectués en Concorde. Celui-ci était aménagé en bureau et chambres à coucher dans la cabine avant, la cabine arriÚre étant réservée aux invités. Une photocopieuse était installée en cabine arriÚre. Un systÚme de chiffrement des communications dites « sensibles » était installé avec un téléphone vers le bureau du président. Un pilote spécialiste radio était embarqué pour s'occuper des communications présidentielles.

En pleine crise du Rainbow Warrior et des essais nuclĂ©aires Ă  Mururoa, le vol du avec escale en Guyane pour le lancement de la fusĂ©e Ariane 3 depuis Kourou tourne au dĂ©sastre : Ă  Paris aprĂšs deux demi-tours pendant le roulage en raison de problĂšmes de train avant, le Concorde de François Mitterrand doit ĂȘtre Ă©changĂ© contre un autre appareil non Ă©quipĂ© des amĂ©nagements prĂ©sidentiels[55]. Un autre changement de Concorde se fera Ă  Cayenne pour terminer le vol jusqu'Ă  Mururoa dans des conditions prĂ©sidentielles.

D'autres présidents ou rois ont affrété le Concorde pour leurs déplacements, soit par les vols réguliers vers New York (assemblée générale des Nations unies), soit des transports vers l'Afrique comme le président Mobutu (Zaïre) ou le président Houphouët-Boigny (CÎte d'Ivoire).

Vols pontificaux

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Lors des voyages du pape, la rÚgle est que le pays recevant le pape organise le voyage de départ vers sa destination suivante.

Lors du passage du pape Jean-Paul II sur l'ßle de La Réunion le , un Concorde d'Air France (F-BTSC) est affrété pour le transporter entre Saint-Denis de La Réunion et Lusaka en Zambie.

Maintenance

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Avec des contraintes techniques draconiennes en matiĂšre de sĂ©curitĂ© des vols et de ponctualitĂ©, l'entretien du Concorde revient trĂšs cher. Il peut ĂȘtre comparĂ© Ă  celui d'une Ă©curie de Formule 1, trĂšs gourmande en heures de main-d'Ɠuvre et en piĂšces de rechange : la maintenance d'un Concorde requĂ©rait 18 à 20 heures par heure de vol alors que celle d'un avion classique de la mĂȘme Ă©poque est en moyenne de 2 heures. Quel que soit le nombre d'heures de vol, chacun donne lieu Ă  des stationnements au sol prolongĂ©s et les frais courent mĂȘme si l'avion ne vole pas.

L'arrivée du Concorde ne manqua pas de provoquer une évolution de la formation dans le secteur de la maintenance avionique puisque les commandes étaient électriques et hydrauliques, dont certaines bénéficiaient de tests embarqués. L'électronique et l'informatique firent leur entrée dans les métiers de l'entretien aéronautique et automobile, y compris les métiers de mécanicien et d'électricien.

Comme les autres avions, le programme d'entretien est déposé par la compagnie aérienne. Cependant, les deux compagnies avaient deux philosophies différentes en matiÚre d'entretien, particuliÚrement dans l'utilisation et l'occupation des mécaniciens.

British Airways
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Le choix de British Airways est de créer un département entretien spécialement réservé au Concorde.

DĂšs les dĂ©buts de l'exploitation de Concorde, le choix est Ă©galement de crĂ©er un dĂ©partement Concorde, mais la frĂ©quence des vols, la sous-utilisation des mĂ©caniciens et les coĂ»ts de maintenance entraĂźnent la crĂ©ation d'un dĂ©partement Avions europĂ©ens, dans un premier temps en 1979 pour l'A300, en 1984 pour l'A310, puis en 1989 pour l'A320. À partir de 1990, la maintenance des Concorde est partagĂ©e avec seulement les A300 et A310. En 2001, aprĂšs l'accident de Gonesse, un dĂ©partement Concorde seul est recréé jusqu'en 2003, annĂ©e de fin de l'exploitation.

Cette organisation permet d'occuper les mécaniciens en permanence, mais aussi de maintenir les compétences dans les technologies nouvelles.

Dans les escales rĂ©guliĂšres, comme JFK, une Ă©quipe spĂ©cialisĂ©e est en permanence sur place. À partir de 1995, la maintenance Ă  JFK est sous-traitĂ©e Ă  l'entreprise Mach 2, créée par d'anciens mĂ©caniciens d'Air France.

Dans les autres escales, deux mécaniciens sont envoyés sur place pour assurer les pleins et la maintenance.

Pour les tours du monde, un technicien superviseur est en permanence à bord en vol, en plus de l'officier mécanicien navigant, et deux mécaniciens envoyés sur place assurent la maintenance dans chaque escale. Un lot de bord permet d'assurer un dépannage de qualité permettant la poursuite du vol.

Accident de Gonesse

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Avant l'accident de Gonesse en 2000, le Concorde n'a jamais connu d'avaries majeures entraĂźnant des pertes humaines.

EnquĂȘtes

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L'enquĂȘte prĂ©liminaire qui a suivi l'accident met en cause le talon d'Achille du Concorde, la fragilitĂ© des pneumatiques. Des dizaines de cas d'Ă©clatement de pneumatiques sont survenus depuis sa mise en service, avec dans plusieurs cas, la perforation d'un rĂ©servoir ou d'une aile, notamment Ă  Washington et Ă  Dakar en 1979.

Le , le F-BTSC du vol 4590 Air France, vol charter à destination de New York, avec des passagers de nationalité allemande, décolle de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle puis s'écrase deux minutes plus tard sur un hÎtel à la Patte-d'Oie de Gonesse, provoquant la mort de 113 personnes : cent passagers, neuf membres d'équipage et quatre personnes au sol[56].

L'accident du serait dû, notamment, à une cause extérieure : une lame métallique tombée d'un DC-10 de Continental Airlines[57]. Cette lame aurait causé l'éclatement d'un pneu qui aurait projeté des débris sur l'aile. Une fuite de carburant et l'allumage de celui-ci ont entraßné du pompage (décrochage aérodynamique des pales des compresseurs) et des pertes massives de puissance sur le moteur numéro 2, puis sur le numéro 1. La cause retenue par la version officielle est celle-ci.

L'analyse dĂ©taillĂ©e de cet accident par le Bureau d'enquĂȘtes et d'analyses pour la sĂ©curitĂ© de l'aviation civile rĂ©vĂšle que quatre facteurs (causes probables) se sont conjuguĂ©s pour provoquer cet Ă©crasement[58].

L'accident a obligé à faire de nouvelles modifications sur le Concorde. Entre autres, des contrÎles électriques améliorés, des protections anti-perforation en kevlar des réservoirs des ailes (au nombre de treize) et le montage de pneus nouvelle technologie Radial NZG[59] (Near Zero Growth) Michelin plus résistants et plus légers de 20 kg (le Concorde utilisait jusqu'alors des pneus Dunlop pour les avions affrétés par British Airways, et Goodyear pour les avions affrétés par Air France[60]). Cependant, le nombre de passagers est réduit d'une dizaine, rendant l'exploitation de l'appareil d'autant moins rentable. Les deux itinéraires sont rouverts le .

Un autre scĂ©nario, prĂ©sentĂ© comme une nouvelle hypothĂšse, est rendu public par le magazine SpĂ©cial investigation dans son Ă©mission nommĂ©e « Concorde – Le crash d'un mythe », diffusĂ©e le Ă  22 h 35 sur Canal+. Cette nouvelle hypothĂšse serait Ă©tayĂ©e par de nombreux tĂ©moignages (pompiers, pilotes, personnel de l'aĂ©roport
) qui affirment que Concorde Ă©tait dĂ©jĂ  en feu prĂšs d'un kilomĂštre avant la position sur la piste de la lamelle incriminĂ©e par l'enquĂȘte du BEA. Le documentaire affirme que l'appareil Ă©tait en surcharge d'environ 1,5 tonne et qu'une entretoise manquait depuis plusieurs jours sur le train d'atterrissage dont un pneu a Ă©clatĂ©. L'Ă©clatement en lui-mĂȘme serait dĂ» Ă  un dĂ©faut sur la piste de dĂ©collage.

Il est Ă  noter que l'absence de l'entretoise ainsi que la surcharge ne sont pas des Ă©lĂ©ments nouveaux : connus et publiĂ©s dans le rapport officiel du BEA, ils ont Ă©tĂ© analysĂ©s et jugĂ©s sans effet sur l'accident. L'Ă©cart d'un kilomĂštre revendiquĂ© par le documentaire est Ă©galement sujet Ă  caution : la distance correspond Ă  celle qui sĂ©pare le dĂ©faut de raccord sur la piste, et le lieu oĂč la lamelle a Ă©tĂ© retrouvĂ©e (aprĂšs le passage de l'avion). De plus, alors que le documentaire indique que des tĂ©moignages sont ignorĂ©s par la thĂšse officielle, on trouve pourtant, dans l'annexe 6 du rapport du BEA, ceux de pompiers et d'un commandant de bord, proches de la scĂšne qui ont entre autres orientĂ©s les conclusions de l'analyse sur le dĂ©part de feu. Enfin, cet autre scĂ©nario ne prend pas en compte le fait que des traces et dĂ©bris d'Ă©lastomĂšre, retrouvĂ©s sur la lamelle, ont Ă©tĂ© analysĂ©s comme correspondant Ă  la matiĂšre du pneumatique de Concorde.

Le procÚs relatif à cet accident s'est ouvert le au palais de justice de Pontoise. Le , l'accusation a requis[57] :

  • la condamnation Ă  une amende de 175 000 euros de Continental Airlines, ce qui entraĂźnerait sa responsabilitĂ© civile ;
  • dix-huit mois de prison avec sursis contre son mĂ©canicien John Taylor et Stanley Ford, son chef d'Ă©quipe ;
  • deux ans de prison avec sursis contre Henri Perrier, 80 ans, directeur du programme Concorde Ă  AĂ©rospatiale (devenue EADS) de 1978 Ă  1994. « Il est celui qui avait la conscience des risques, de ce qu'il fallait faire. Il aurait pu empĂȘcher l'accident »[61], a dit le procureur Ă  son propos ;
  • la relaxe de Jacques HĂ©rubel, 74 ans, ingĂ©nieur en chef de ce programme de 1993 Ă  1995 et de Claude Frantzen, 72 ans, un des principaux dirigeants de la direction gĂ©nĂ©rale de l'aviation civile (DGAC) de 1966 Ă  1994.

Le , la justice rend son verdict et condamne Continental Airlines Ă  une amende de 200 000 euros et Ă  verser un million d'euros de dĂ©dommagement en faveur d'Air France (500 000 euros pour « prĂ©judice moral » et la mĂȘme somme pour « atteinte Ă  l'image »). Continental Airlines, par la voix de son avocat Me Olivier Metzner, a dĂ©cidĂ© de faire appel de cette dĂ©cision. Le chaudronnier John Taylor est condamnĂ© Ă  quinze mois de prison avec sursis, son chef d'Ă©quipe, Stanley Ford, ayant Ă©tĂ© relaxĂ©. Les trois autres prĂ©venus (Henri Perrier, Jacques HĂ©rubel et Claude Frantzen) ont Ă©tĂ© relaxĂ©s.

Le , Air France dĂ©cide de faire appel en raison des propos tenus aprĂšs l'annonce du verdict par Continental Airlines (« dĂ©cision absurde », « dĂ©termination des autoritĂ©s françaises de dĂ©tourner l'attention de la responsabilitĂ© d'Air France, qui appartenait Ă  l'État au moment de l'accident »)[62]. Le procĂšs en appel aboutit Ă  la relaxe de Continental Airlines et de John Taylor sur le plan pĂ©nal, tandis que la condamnation de Continental Airlines Ă  verser un million d'euros Ă  Air France est maintenue sur le plan civil[63].

Retrait du service

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Avant le désastre de Gonesse, Air France et British Airways voulaient maintenir le Concorde en exploitation jusqu'en 2007 voire 2017. Il est indiqué que l'appareil n'est rentable qu'avec un faible coût du carburant et des subventions publiques. Air France relativise les pertes financiÚres du fait que Concorde représente une part d'activité inférieure à 1 % chez la compagnie[64],[65]. Néanmoins, les rumeurs d'abandon sont récurrentes depuis les années 1980[66],[67].

AprÚs l'accident de Gonesse, les avions subissent une remise à niveau et un renforcement de la protection des réservoirs. Ils sont remis en service le . Mais de nouveaux problÚmes apparaissent avec plusieurs incidents : problÚmes moteur le , le et le . Un Concorde de la British Airways connaßt un souci majeur le  : il perd une de ses gouvernes alors qu'il amorce sa descente vers l'aéroport JFK de New York[68]. Le , British Airways et Air France annoncent simultanément le retrait de leurs Concorde pour l'année suivante. Les raisons invoquées sont notamment la baisse constante du nombre de passagers depuis l'accident de Gonesse le et le coût élevé de la maintenance et la consommation de carburant. De plus, le trafic aérien mondial connaßt une grave crise aprÚs les attentats du 11 septembre 2001, les nouvelles normes contre la pollution, le bruit et la hausse du prix du kérosÚne. Mais la raison essentielle vient de la décision d'EADS de ne plus assurer l'entretien du supersonique à partir d'[69].

Dans le mĂȘme temps, Richard Branson offre la somme d'une livre sterling pour acheter un appareil Ă  British Airways qui aurait servi dans la Virgin Atlantic, mais cette offre est refusĂ©e. Plus tard, il Ă©crit dans The Economist que l'offre finale Ă©tait de cinq millions de livres sterling et qu'il voulait utiliser le Concorde pendant encore de nombreuses annĂ©es. Cette offre Ă©tait probablement destinĂ©e Ă  faire de la publicitĂ© pour Virgin, Airbus ayant de toute façon refusĂ© de continuer Ă  livrer des piĂšces de rechange pour Concorde.[rĂ©f. nĂ©cessaire]

Le Concorde No 215 - 9F-BVFF exposĂ© Ă  l'aĂ©roport de Roissy 49° 00â€Č 39″ N, 2° 33â€Č 12″ E.

Les derniers vols commerciaux de Concorde avec Air France dĂ©collent de l'aĂ©roport JFK de New York pour le dernier vol rĂ©gulier New York vers Paris et de Roissy avec la derniĂšre boucle supersonique et atterrissent Ă  Roissy le . Le dernier Concorde Ă  atterrir en service commercial devait ĂȘtre le « Sierra Delta » en provenance de New York, mais un problĂšme sur le moteur no 4 retarde de 45 minutes le dĂ©collage du « Fox Bravo », chargĂ© d'effectuer la derniĂšre boucle supersonique au-dessus de l'Atlantique, et le « FB » atterrit donc finalement le dernier vers 18 h 30 alors que le « Sierra Delta » se pose Ă  17 h 45 (les arrivĂ©es Ă©tant initialement prĂ©vues Ă  une minute d'intervalle). Les camions de pompiers arrosent l'avion comme de coutume sur la piste de l'aĂ©roport John F. Kennedy alors que, Ă  Roissy, 15 000 personnes attendaient les deux derniers Concorde.

La fin de l'aventure Concorde avec Air France est marquĂ©e, pour le « Fox Bravo », par un vol au-dessus du golfe de Gascogne Ă  vitesse supersonique. De retour de sa boucle au-dessus de l'Atlantique, le « Fox Bravo » survole Orly, l'aĂ©rodrome de Lognes, puis passe Ă  la verticale de Roissy avant de s'y poser. De nombreux vĂ©hicules de piste, voitures de gendarmerie et de pompiers escortent les deux derniers Concorde aprĂšs leurs atterrissages respectifs. Les deux avions font une longue promenade sur les voies de circulation de Roissy, s'arrĂȘtant entre autres devant le siĂšge d'Air France et devant les milliers de personnes venues assister aux deux derniers atterrissages de l'avion en service commercial.

Mais c'est le que Concorde effectue pour sa toute derniùre fois la liaison New York–Paris Charles de Gaulle, à l'issue d'un vol VIP non commercial, à bord du F-BVFB.

Les derniers vols de convoyage vers les musĂ©es des Concorde se sont effectuĂ©s de cette maniĂšre : le , le Concorde F-BVFA est le premier Ă  rejoindre son musĂ©e, il quitte Roissy pour rejoindre la collection du Smithsonian Museum de Washington, oĂč il est exposĂ© officiellement le de la mĂȘme annĂ©e. Le , c'est le F-BTSD qui rejoint la collection du MusĂ©e de l'Air et de l'Espace du Bourget, il effectue un court vol entre Roissy et Le Bourget, et arrive en vol durant le salon du Bourget 2003 devant le PrĂ©sident Jacques Chirac, prĂ©sent pour l'occasion. Le , le Concorde F-BVFB quitte Paris pour rejoindre Karlsruhe-Baden en Allemagne, oĂč il se pose pour la derniĂšre fois pour rejoindre par voie fluviale et terrestre la collection du musĂ©e automobile et technologique de Sinsheim aux cĂŽtĂ©s de son rival le Tupolev-144. Le , le F-BVFC effectue l'ultime vol Concorde français entre Paris et Toulouse, oĂč il est depuis exposĂ© au sein du musĂ©e Aeroscopia, avec Ă  son bord AndrĂ© Turcat, et autres acteurs du projet Concorde.

Une enchÚre a par ailleurs lieu chez Christie's à Paris le . 1 300 personnes sont présentes pour acheter des objets et des photos des moments importants de la vie du Concorde. Parmi ces objets, certains voient leur valeur multipliée par dix (voire plus) par rapport à la mise à prix.

British Airways

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Un Concorde britannique au-dessus de Bristol lors de son dernier vol.

Le dernier vol de British Airways décolle de la Barbade le [réf. nécessaire].

La derniĂšre semaine de vols de dĂ©monstration de l'avion se fait au-dessus de Birmingham le , Ă  Belfast le 21, Manchester le 22, Cardiff le 23, et Édimbourg le 24. Chaque jour, l'avion part de Heathrow et va jusqu'aux villes concernĂ©es en volant Ă  basse altitude en vol subsonique. Il y eut environ 650 personnes ayant gagnĂ© Ă  un concours et 350 personnes invitĂ©es qui ont volĂ© dans l'avion.

Élisabeth II consent Ă  faire Ă©clairer le chĂąteau de Windsor pour la soirĂ©e du , pour le passage de Concorde au-dessus du chĂąteau aprĂšs un dĂ©collage de Londres. C'est, pour le supersonique, un honneur suprĂȘme, car seuls quelques avions des principaux chefs d'État ont droit Ă  ce privilĂšge.

British Airways retire officiellement l'avion de sa flotte le jour suivant, le . Cette sortie dĂ©finitive se fait avec l'un des Concorde qui quitte New York avec une fanfare similaire Ă  celle qu'a connu son homologue d'Air France, tandis que, simultanĂ©ment, deux autres avions paradent, l'un au-dessus du golfe de Gascogne pour Air France, et l'autre au-dessus d'Édimbourg pour British Airways. Les trois avions ont obtenu la permission spĂ©ciale de voler Ă  basse altitude. Les deux Concorde qui faisaient des tours atterrissent respectivement Ă  16 h 1 et 16 h 3 Ă  l'heure britannique et celui venant de New York Ă  16 h 5. Chacun des trois avions passe alors 45 minutes en roulant au sol autour de l'aĂ©roport de Heathrow, avant de dĂ©barquer ses derniers passagers d'un vol supersonique commercial[70]. Le pilote du vol New York/Londres est Mike Bannister (en), qui est aussi le pilote du premier vol commercial d'un Concorde aux couleurs de British Airways, qui a eu lieu en 1976.

Parmi les passagers de ce dernier vol transatlantique, il y a, comme souvent, de nombreuses célébrités du monde du spectacle et des affaires, des cadres ou des dirigeants de grandes compagnies internationales.

Il y a eu par la suite une vente aux enchĂšres de piĂšces dĂ©tachĂ©es d'un Concorde de British Airways qui s'est dĂ©roulĂ©e le au centre d'exposition d'Olympia, dans le quartier Kensington de Londres. Les articles vendus sont hĂ©tĂ©roclites et comprenaient : un compteur de Mach, le cĂŽne du nez, le siĂšge du pilote, des fauteuils de passagers et mĂȘme des couverts, des cendriers et des couvertures utilisĂ©s Ă  bord de l'appareil. Environ 1 129 000 euros sont rĂ©coltĂ©s, dont 752 720 sont donnĂ©s Ă  l'association 'Get Kids Going!' qui offre aux enfants handicapĂ©s et aux jeunes l'occasion de faire du sport.

Descriptif technologique

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Cellule et fuselage

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Poste de pilotage

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Poste de pilotage du Concorde.
En détail. Génération avant le cockpit en verre.

L'entrée du poste de pilotage se fait par un couloir bas (1,75 m de haut) d'une longueur de 2 mÚtres. Dans les armoires électroniques de chaque cÎté, sont disposés des calculateurs servant au pilotage automatique, navigation, communications VHF[71], batterie, conditionnement d'air, conduite moteur. La partie supérieure est réservée aux panneaux disjoncteurs.

Trois siĂšges Ă  manƓuvre Ă©lectrique sont disposĂ©s dans le cockpit, les deux siĂšges des pilotes, commandant de bord[72] et officier pilote de ligne[72] avec des planches de bord similaires Ă  droite et Ă  gauche pour la navigation.

La partie centrale, conduite moteur, commande du pilote automatique et pylÎne, radionavigation et communications est commune. En partie supérieure, au-dessus des pare-brise, un panneau de centrale d'alarme avec en fonction des niveaux d'alarme des voyants de couleurs différentes. Au panneau supérieur, les commandes de vol, les poignées coupe-feu, les éclairages extérieurs feux de navigation et phares.

Le poste de l'OMN[72], siÚge orientable soit vers le panneau ou vers l'avant en position décollage, derriÚre l'OPL, est équipé de nombreux indicateurs et interrupteurs : conditionnement d'air, électricité, carburant, indicateurs complémentaires moteurs, panneau de démarrage, commandes des entrées d'air et hydrauliques. Le panneau, du plafond au plancher, est équipé d'indications et commandes. Sur la cloison gauche du cockpit, encore des panneaux disjoncteurs.

Deux siĂšges observateurs peuvent ĂȘtre utilisĂ©s en fonction des besoins, l'un derriĂšre le CDB, l'autre dans le couloir central derriĂšre l'OMN.

En raison de la forme élancée de l'avant nécessaire afin d'avoir de bonnes performances pour le vol supersonique, les pilotes ont généralement une trÚs mauvaise visibilité vers l'avant. Cela ne cause pas de problÚme en vol de croisiÚre, mais un peu plus dans les phases de décollage et d'atterrissage. C'est ce qui explique pourquoi les pilotes doivent abaisser le nez de l'avion pour une meilleure visibilité pour ces phases de décollage et d'atterrissage.

Aménagements de cabine

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Aménagement de la cabine passagers chez British Airways.

L'appareil est séparé en deux cabines, 40 passagers pour la cabine avant et 60 passagers pour la cabine arriÚre, les toilettes, les vestiaires et les portes centrales servant de séparation entre les deux cabines. Les siÚges sont installés par rangées de quatre, séparés en deux par un couloir central.

À l'entrĂ©e de la cabine avant, un office de prĂ©paration avec four est installĂ© pour le service repas. La conservation des aliments est faite avec de la carboglace. Le mĂȘme type d'Ă©quipement est installĂ© en cabine arriĂšre.

Il n'y a ni vidéo ni projection de film pendant les vols, mais un choix de musiques est disponible à chaque siÚge avec écouteur.

Trois cabinets de toilette sont installées, un à l'avant pour les passagers de la cabine avant et l'équipage et deux entre les deux cabines.

Chaque siÚge dispose d'un porte-bagages en partie supérieure et des vestiaires à porte-manteaux sont installés en extrémité de chaque cabine.

Dans la kichenette[73] arriĂšre, des calculateurs, entrĂ©es d'air, communications longue portĂ©e (HF) sont disposĂ©s de chaque cĂŽtĂ© avec accĂšs par la kichenette. Au fond, un accĂšs mĂšne vers la soute arriĂšre, mais ne peut ĂȘtre ouvert qu'au sol.

Deux soutes peuvent accueillir les bagages des passagers, l'une sous la cabine avant, l'autre derriÚre la kichenette[73] arriÚre. Chaque soute dispose d'une entrée indépendante. Les soutes à bagages ont un volume de 19,74 m3 et ne sont pas ventilées. De ce fait, le transport d'animaux vivants est exclu.

Toutes les parties disponibles restantes sont utilisées pour les équipements : centrale à inertie et radar à l'avant, soute hydraulique, soute de conditionnement d'air.

Nez basculant

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L'aile delta n'est que trÚs peu portante à faible vitesse, ce qui oblige l'avion à avoir un angle d'incidence élevé durant les phases de décollage et d'atterrissage. La visibilité vers l'avant s'en trouve fortement réduite lors du décollage et en phase d'approche.

En rĂ©ponse Ă  ce problĂšme, le Concorde — comme le Tupolev Tu-144 — est Ă©quipĂ© d'un nez et d'une visiĂšre mobiles inclinables, pour une meilleure visibilitĂ© du pilote Ă  basse vitesse et meilleure pĂ©nĂ©tration dans l'air Ă  haute vitesse. L'ensemble nez-visiĂšre peut prendre quatre positions :

L'appareil de présérie britannique 101 (G-AXDN) est le premier à posséder une véritable verriÚre sur le nez.
  • inclinaison de 5° lors des phases de manƓuvres au sol et de dĂ©collage ;
  • inclinaison de 12,5° Ă  l'atterrissage ;
  • nez relevĂ© et visiĂšre baissĂ©e en vol subsonique (en pratique, la visiĂšre est relevĂ©e dĂšs la phase de montĂ©e initiale achevĂ©e) ;
  • nez et visiĂšre relevĂ©s en vol supersonique et lors du stationnement sur le parking du tarmac.

Matériaux utilisés

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Le fuselage et la voilure du Concorde sont construits en alliage d'aluminium, connu sous la référence RR58 en Grande-Bretagne et AU2GN[74] en France. Cet alliage a été mis au point afin d'offrir le meilleur compromis entre masse, résistance aux déformations et résistance à la température. L'échauffement cinétique en vol supersonique est important : 127 °C sur le nez de l'appareil, 100 °C environ sur le bord d'attaque des ailes. Cet échauffement provoque une dilatation du fuselage et un allongement de celui-ci pouvant aller jusqu'à 23 centimÚtres[10],[75].

Partie essentielle et spĂ©cifique de cet avion : l'aile adaptĂ©e au vol supersonique. Le concept d'aile delta (triangulaire) est modifiĂ© afin d'avoir de meilleures performances aux basses vitesses. Cette modification de l'aile du Concorde porte un nom spĂ©cifique : l'aile gothique. En effet, si on regarde le plan de l'aile, on s'aperçoit que la forme en plan est en ogive, d'oĂč le nom « gothique ».

Les travaux de l'Onera, dans les annĂ©es 1950 ont dĂ©montrĂ© de nombreuses hypothĂšses. L'augmentation de la flĂšche Ă  l'emplanture (apex) permet une augmentation de la portance, notamment grĂące Ă  la portance tourbillonnaire. Une corde Ă  emplanture plus longue offre plus de volume pour les rĂ©servoirs qui est un point-clef du projet. Les ailes du Concorde disposent de bords d'attaque Ă  double courbure, il y a ainsi une augmentation de la surface en bout d'aile. Les commandes de vol sont multifonctions, les Ă©levons sont Ă  la fois les ailerons pour le roulis et les gouvernes de profondeur pour le tangage. Il n'y a pas d'aĂ©rofreins qui sont inutiles sur une aile delta Ă  forte traĂźnĂ©e, ni de volet dĂ©porteurs, ni encore de volets de bord d'attaque et de bord de fuite. Du fait de son faible allongement (ici 1,55[76]), une aile delta est peu portante avec un Czmax ≈ 1, l'avion doit avoir un angle d'incidence Ă©levĂ© au dĂ©collage et Ă  l'atterrissage, ce qui gĂȘne fortement la visibilitĂ© du pilote depuis le cockpit.

En l'absence de volets, les vitesses minimales pour une portance maximale sont obtenues de la façon suivante. Au dĂ©collage, l'hypersustentation se fait sous trois formes : la portance tourbillonnaire, qui augmente le Cz de 20 % ; l'effet de sol qui augmente le Cz de 12 %, pendant le roulage et Ă  faible hauteur ; la composante verticale de la poussĂ©e, trĂšs forte avec la postcombustion. Pour 70 t de poussĂ©e, on obtient 16 à 20 t de portance (sur 185 t) Ă  un angle de cabrĂ© de 13° Ă  17°. Au total, un coefficient de portance d'environ 0,65 pour une masse de 170 t permet de dĂ©coller aux environs de 200 kt (soit 360 km/h), soit une vitesse supĂ©rieure de 50 Ă  60 % Ă  celle d'un avion de ligne subsonique (entre 125 et 135 kt). À l'atterrissage, on perd la composante de la poussĂ©e, mais l'avion est plus lĂ©ger car il a consommĂ© 80 tonnes de kĂ©rosĂšne. La vitesse d'atterrissage est d'environ 280 km/h.

Motorisation

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Le Concorde est un quadriréacteur. Les réacteurs sont disposés deux par deux sous les ailes. Les nacelles, dans lesquelles ils sont logés, sont réalisées en acier et matériaux résistants aux trÚs hautes températures. Des panneaux de protection thermique sont installés au plafond pour isoler les réservoirs situés dans les ailes. Des détecteurs d'incendie y sont installés.

La grande difficultĂ© de conception et de mise au point des rĂ©acteurs vient du fait que l'avion vole en subsonique et en supersonique, alors que la vitesse de l'air Ă  l'intĂ©rieur du rĂ©acteur doit ĂȘtre infĂ©rieure Ă  la vitesse du son mĂȘme en supersonique. Pour cela, les constructeurs ont partagĂ© le moteur en trois parties : les entrĂ©es d'air, le moteur lui-mĂȘme et la tuyĂšre.

Ces trois parties disposent de leurs commandes et contrĂŽles particuliers.

Entrées d'air

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Entrées d'air des réacteurs droits du Concorde.

Le but des entrĂ©es d'air est d'amener la vitesse de l'air Ă  une vitesse compatible avec le fonctionnement du moteur (environ Mach 0,5). Des panneaux articulĂ©s, appelĂ©s « rampes » assurent cette fonction. Ces rampes sont manƓuvrĂ©es par des tubes de torsions, eux-mĂȘmes entraĂźnĂ©s par un moteur hydraulique. Ces moteurs sont au nombre de deux : un normal et un autre de secours.

Illustration des flux aux différents régimes de vol du Concorde (décollage, subsonique, supersonique).

On distingue trois phases de fonctionnement[3] :

  1. Vitesse de 0 à Mach 0,5 : le débit d'air passant par les entrées d'air est insuffisant jusqu'à Mach 0,5. Un volet d'air additionnel, situé en partie inférieure s'ouvre du fait de la différence de pression entre l'extérieur et l'intérieur de l'entrée d'air ;
  2. Vitesse de Mach 0,5 à Mach 1,2 : le volet d'air additionnel se referme. Les rampes sont en position haute ;
  3. Vitesse supĂ©rieure Ă  Mach 1,2 : en vol supersonique, une onde de choc se crĂ©e Ă  partir des bords de la prise d'air. Lorsque l'air passe Ă  travers l'onde de choc, sa vitesse devient subsonique. En compensation (il s'agit de l'observation des lois de conservation en aĂ©rodynamique compressible), la pression augmente. L'air arrive ainsi dans le compresseur Ă  une vitesse convenable (environ Mach 0,5) et Ă  plus haute pression. La position de l'onde de choc est cruciale, et doit ĂȘtre contrĂŽlĂ©e en fonction de la vitesse. Les rampes sont positionnĂ©es afin d'adapter la gĂ©omĂ©trie de l'entrĂ©e d'air Ă  la vitesse de l'avion. Ces entrĂ©es d'air Ă©taient contrĂŽlĂ©es par des calculateurs d'entrĂ©e d'air (AICU), deux par moteur, situĂ©s en partie avionique du galley[73] arriĂšre. Des informations de pression d'air, tempĂ©rature, et nombre de Mach alimentent les calculateurs.
    En vol supersonique, de l'air prélevé par quatre petits volets, situés dans les coins supérieur et inférieur au niveau de l'entrée du moteur propre, permet de refroidir la nacelle du moteur. Ces volets sont fermés en subsonique et en cas de feu ou surchauffe moteur par action sur la poignée coupe-feu.
    À l'intĂ©rieur de l'entrĂ©e, une sonde de tempĂ©rature et quatre sondes de pression permettent de connaĂźtre les paramĂštres d'entrĂ©e d'air.
    Au poste de mécanicien navigant, un indicateur par entrée d'air permet de contrÎler en permanence le rapport de pression (IPRE : Indicator pressure ratio error).
    Le systÚme d'entrée d'air est équipé d'un systÚme embarqué de test pour les essais et recherche de panne en maintenance.
Deux réacteurs présentés en position verticale de part et d'autre d'une vitrine.
Turboréacteurs Rolls-Royce Snecma Olympus 593 au Sinsheim Technik Museum.

Le Concorde est propulsé par des turboréacteurs composés de trois ensembles : l'entrée d'air conçue par British Aircraft Corporation, le réacteur Olympus 593 conçu conjointement par Rolls-Royce et Snecma et le canal d'éjection mis au point par la Snecma. Des modifications importantes ont permis d'accroßtre la poussée et de diminuer la consommation en régime subsonique. La version définitive est la Mk IV.

Des entrées d'air moteurs à section variable à régulation électronique[3] servent à réduire la vitesse de l'air entrant dans le réacteur. Une sortie des gaz à section variable augmente la vitesse de l'air sortant. Le dégivrage de la voilure et des entrées d'air moteurs est entiÚrement électrique soit en continu soit par cycle, limitant les tuyauteries d'air. Cette spécificité n'est pas reprise sur les avions actuels.

La conception difficile, la réalisation et la mise au point de l'entrée d'air du réacteur ont été prises en charge en partie par la Snecma.

Cependant, il n'y a pas d'APU, ce qui impose la présence d'un groupe électrique et à air indépendant dans chaque escale. Un projet a été étudié mais abandonné (prototype APU au Musée de l'Air et de l'Espace, don de M. Chevalier). Le Boeing 727 est le premier avion civil à disposer d'APU intégré pour la mise en route des réacteurs.

Les Concorde français sont équipés de réacteurs identiques à ceux équipant les Concorde britanniques, mais assemblés par la Snecma.

Constitution du moteur
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Simple flux, double corps (compresseurs basse pression (N1) et haute pression (N2)), chambres de combustion annulaire, turbines haute et basse pression. Un systÚme de postcombustion (ou réchauffe) est ajouté. Une tuyÚre à section variable (AJ : Area Jet) vient se positionner à l'arriÚre.

Un relais accessoire, entraßné par le corps haute pression N2, permet d'entraßner les vario-alternateurs, les pompes hydrauliques, les pompes d'alimentation en carburant haute et basse pression.

La régulation de la poussée est effectuée par le biais du corps haute pression N2 (contrairement aux moteurs d'aujourd'hui qui se régulent au N1). Ce dernier (N2) réagit aux variations de débit carburant piloté par la manette des gaz associée au moteur. L'attelage basse pression N1 est régulé par la tuyÚre primaire (AJ), montée en sortie de canal de réchauffe (postcombustion). Le N1 est ajusté au N2. Le rapport de vitesses des deux compresseurs doit rester dans une plage de fonctionnement compatible. La régulation du N1 n'interfÚre pas sur celle du N2 car un phénomÚne de saturation (ou bouchon) permet de dissocier les deux. ConcrÚtement, un col sonique est présent dans le distributeur de la turbine BP. Les paramÚtres variants en amont n'affectent pas ceux situés en aval et inversement. C'est une particularité de ce moteur. Ce systÚme a permis de se passer de clapet de décharge.

L'équipage ajuste et contrÎle la poussée par la vitesse de rotation du corps haute pression (N2) au moyen de deux calculateurs de poussée (TCU) par moteurs, l'un suppléant l'autre en cas de panne. Au poste de pilotage, des indicateurs à aiguilles et à tambours permettent de contrÎler les paramÚtres de vitesse de rotation moteur, de consommation de carburant, de pressions et de températures.

La postcombustion (appelée aussi réchauffe) est utilisée pour le décollage et pour passer le mur du son, à partir de Mach 0,97 et jusqu'à Mach 1,7. Elle permet d'obtenir une poussée supplémentaire d'environ 18 % pendant ces deux phases, mais au prix d'une consommation trÚs élevée (80 tonnes par heure au décollage au lieu de 20 en croisiÚre). La postcombustion est réalisée par une pompe et un régulateur de carburant haute pression envoyant du carburant dans les gaz d'échappement du moteur. Elle est commandée par le pilote au moyen d'un interrupteur situé derriÚre les manettes de poussée moteur au travers d'un calculateur électronique.

La postcombustion n'est pas allumĂ©e sur les quatre moteurs en mĂȘme temps, mais par paire symĂ©trique, d'abord les moteurs 1 et 4 (moteurs extĂ©rieurs, les plus Ă©loignĂ©s du fuselage) puis les moteurs 2 et 3.

Une couronne de sondes mesurant les températures des gaz de turbine (TGT) est disposée dans le cÎne de queue du moteur.

La tuyÚre (14) est à géométrie variable à l'aide d'une couronne de volets.
La tuyÚre (28) du moteur Olympus 593 est à géométrie variable. Au premier plan, les inverseurs de poussée.

Cette partie située en arriÚre du moteur est faite d'un tube d'acier haute température d'environ 1 m de diamÚtre et 2,50 m de longueur. La partie tube est une cheminée pour les gaz d'échappement en sortie de turbine. Elle est terminée par deux équipements :

  • les tuyĂšres 14 : une couronne de petits volets appelĂ©e « AJ » permettant par leur mouvement de modifier la section de sortie de la tuyĂšre. Ce dispositif est destinĂ© Ă  augmenter la pression pour accĂ©lĂ©rer la vitesse des gaz, donc augmenter la vitesse de l'avion particuliĂšrement en supersonique. Ces volets sont commandĂ©s par des vĂ©rins pneumatiques dont l'ordre d'ouverture ou de fermeture est Ă©mis par le calculateur de poussĂ©e (TCU) au travers d'un moteur Ă©lectrique (PNT) commandant un servomoteur Ă  gaz (PNC) ;
  • les tuyĂšres 28 : deux coquilles mobiles sur chaque moteur sont installĂ©es Ă  l'extrĂ©mitĂ© de la tuyĂšre. Ce sont les inverseurs de poussĂ©e utilisĂ©s comme systĂšme d'appoint au freinage des roues et comme ralentisseur de vitesse dans la phase de retour en subsonique. C'Ă©tait l'un des rares avions Ă  utiliser les inverseurs en vol. Ces coquilles servaient aussi Ă  moduler le flux du rĂ©acteur. Ces inverseurs sont actionnĂ©s par un moteur pneumatique commandĂ© par la manette inverseur de poussĂ©e situĂ© en avant des manettes de poussĂ©e au poste de pilotage.

Train d'atterrissage et freins

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Le train d'atterrissage principal gauche du Concorde au musée du Bourget.

Train d'atterrissage

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CĂŽne de queue du Concorde avec la roulette de queue.

Le train d'atterrissage est un train dit « tricycle » : un train principal sous chaque aile plus un train avant sous la cabine avant. La commande est électrique, elle pilote des électrovannes qui envoient un fluide dans des vérins hydrauliques. La sortie, comme la rentrée, est normalement hydraulique, mais en cas d'urgence, aprÚs déverrouillage manuel, chaque train est sorti par gravité.

Le train avant se replie vers l'avant ; les deux trains principaux, aprÚs raccourcissement, se replient latéralement dans leur logement situé en partie dans le fuselage. Une fois le train rentré, des portes ferment les logements.

Une roulette dite « de queue » rétractable est installée au niveau du cÎne de queue pour protéger le fuselage en cas d'incidence trop élevée pendant le décollage.

Les disques de freins principaux, au nombre de huit, un par roue, sont en carbone pour réduire la masse de l'avion. Ce point clef de la conception n'est adopté qu'à partir de l'avion 102.

Le Concorde dispose de trois possibilités de freinage : un freinage normal avec antipatinage, un freinage « alternate » et un freinage de secours.

Les roues avant sont freinées par un frein à disque pour le freinage à la rentrée du train uniquement.

Un transmetteur de position pédale électrique commande la puissance hydraulique pour les freinages normal et alternate. Le freinage de secours est entiÚrement hydraulique, des pédales de frein aux freins. Des ventilateurs permettent le refroidissement accéléré des freins.

Une sonde de température est installée sur chaque frein dont la température est transmise au cockpit.

Il y a quatre roues sur le bogie de chaque train principal. Les pneus sont gonflés à l'azote pour limiter l'échauffement des roues. Il n'y a pas de transmetteurs de pression des pneus comme sur les avions actuels, mais, à la suite d'un incident à Washington en 1979, un systÚme de détection de sous-gonflage a été installé sur chaque train principal. Il s'agit de mesurer les contraintes du bogie dû, par exemple, à une roue dégonflée ou crevée, par des détecteurs d'effort collés sur le bogie. Le signal est envoyé dans le cockpit sur des voyants au panneau avant et au panneau OMN de l'officier mécanicien navigant.

Le test du systÚme de contrÎle est quotidien et l'alarme de sous-gonflage pendant le roulage nécessite un retour au parking pour vérifications. De plus, la vérification des pressions des roues est effectuée avant chaque vol. L'orientation des roues avant est faite à l'aide d'un volant pour chaque pilote. Le signal généré par le volant est envoyé vers un calculateur. Un vérin hydraulique commandé électriquement oriente le train avant en fonction de la consigne reçue.

Génération électrique

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La gĂ©nĂ©ration Ă©lectrique est de mĂȘme principe que sur les autres avions modernes contemporains (Boeing 747) (triphasĂ© 115⁄200 V et 400 Hz avec mise en parallĂšle des quatre alternateurs). Ceux-ci sont entraĂźnĂ©s par les quatre moteurs, par l'intermĂ©diaire du boĂźtier accessoires. Il y avait un IDG (de l'anglais Integrated Driving Generator) par moteur.

La nouveauté sur les Concorde sont des générateurs électriques mis en place pour gagner du poids, réunissant les deux fonctions, régulation de fréquence et générateur électrique en un seul équipement appelé IDG. Le gain de poids est d'environ 40 kg par alternateur. Cette technologie fut reprise par des constructeurs d'équipements, pour les avions modernes à partir de l'Airbus A310. Tous les avions en sont maintenant équipés.

Les commandes et contrĂŽles des tension et frĂ©quence de chaque IDG sont gĂ©rĂ©s par un moteur et un calculateur, appelĂ© Generator Control Unit (GCU). Les paramĂštres (tension, frĂ©quence et tempĂ©rature de l'huile de refroidissement) peuvent ĂȘtre vĂ©rifiĂ©s par l'officier mĂ©canicien navigant (OMN). Un bouton-poussoir et un voyant de synchronisme permettent de faciliter la mise en parallĂšle des alternateurs, qui est normalement automatique (mĂȘme tension, mĂȘme frĂ©quence et mĂȘme rotation de phase).

En cas de panne, le mécanicien navigant peut déconnecter mécaniquement l'IDG à partir du poste de pilotage. Le vol se poursuit avec trois générateurs. De plus, pour respecter la réglementation, un alternateur de secours entraßné par un circuit hydraulique est également installé. En dernier recours, un convertisseur statique courant continu/courant alternatif assure le courant alternatif à partir des batteries de bord. Ces deux batteries cadmium/nickel assurent le dernier secours en 28 V. La recharge de ces batteries et l'alimentation électrique continue, sont assurées par des transfo-redresseurs 115/28 via des contrÎleurs de charge.

Au sol, moteurs arrĂȘtĂ©s, l'avion est alimentĂ© par un groupe de parc de minimum 90 kW de puissance.

Éclairages

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Phares d’atterrissage d'un Concorde prùs de la jonction d'aile.

Le Concorde dispose de nombreux Ă©clairages. Les commandes des Ă©clairages se situent dans le cockpit, juste au-dessus du pare-brise afin d'ĂȘtre accessible aux deux pilotes. Deux phares d'atterrissage rĂ©tractables d'une puissance de 600 W sont situĂ©s Ă  l'intrados, prĂšs du bord d'attaque, Ă  proximitĂ© de la jonction entre l'aile et le fuselage. Deux phares de roulage et de dĂ©collage Ă©galement rĂ©tractables sont situĂ©s sous le fuselage. En avant du cockpit, en partie infĂ©rieure du fuselage, de chaque cĂŽtĂ© se trouvent deux phares de virage. Trois feux de navigation sont inclus soit dans les ailes, soit dans le cĂŽne de queue, afin d'Ă©viter les traĂźnĂ©es supplĂ©mentaires. Trois feux anticollision Ă  flash rouge sont situĂ©s de part et d'autre du fuselage au dĂ©but de la jonction entre l'aile et le fuselage et un Ă  l'arriĂšre en extrĂ©mitĂ© de fuselage.

À l'arriĂšre, le boĂźtier de feu de navigation est commun avec le feu anticollision. La fixation de ce feu est renforcĂ©e afin de parer Ă  la dĂ©gradation due aux vibrations dans cette partie de l'avion. Les logements de trains d'atterrissage sont Ă©clairĂ©s au sol Ă  des fins d'inspection.

Circuits hydrauliques

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Comme la Caravelle et les Airbus actuels, le Concorde est doté de trois circuits hydrauliques. Circuits normaux appelés vert et bleu et circuit secours appelé jaune. Le liquide est de l'Oronite, un liquide synthétique résistant à la température de fonctionnement en vol soit 120 °C. Ces circuits sont alimentés par des réservoirs situés dans la soute hydraulique placée sous la soute arriÚre.

Au sol, moteurs arrĂȘtĂ©s, la pression est gĂ©nĂ©rĂ©e par deux pompes Ă©lectriques, une pour le circuit vert et une pour le circuit bleu, alimentĂ©es en triphasĂ©. Le circuit jaune peut ĂȘtre utilisĂ© par une ou les deux Ă©lectro-pompes sous rĂ©serve qu'on ait orientĂ© le sĂ©lecteur sur jaune. Ces pompes sont commandĂ©es par des interrupteurs situĂ© au panneau mĂ©canicien navigant. Tous les Ă©quipements hydrauliques peuvent ĂȘtre commandĂ©s par la pression dĂ©livrĂ©e par ces pompes.

En situation de maintenance, des groupes de parcs hydrauliques sont utilisés pour les essais prolongés notamment les essais de rentrée de train alors que quand les moteurs sont en route, la pression hydraulique est délivrée par les pompes entraßnées par les moteurs.

Les circuits hydrauliques commandent les trains d'atterrissage (rétraction/extension, freins), les commandes de vol et le nez basculant.

En dernier recours, en cas de perte des trois circuits hydrauliques, une hĂ©lice (RAT, ram air turbine) rĂ©tractable situĂ©e sous l'aile gauche peut ĂȘtre sortie Ă  partir du poste de pilotage. Cette hĂ©lice, mue par le vent relatif liĂ© au dĂ©placement de l'avion, entraĂźne une pompe hydraulique permettant de conserver un minimum de commandes de vol et les freins en freinage secours (pas d'antipatinage) ainsi que l'alternateur de secours. Pendant la vie de l'avion, cet Ă©quipement de secours n'a jamais servi. Seuls des essais en maintenance garantissent le bon fonctionnement en cas de besoin en vol.

Circuits carburants et réservoirs

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Réservoirs de kérosÚne du Concorde.

Treize réservoirs[56] contenant au total 95,8 t de kérosÚne, soit environ 119 500 L (densité 0,8) permettent d'alimenter les réacteurs. Ces réservoirs sont répartis dans les ailes, dans le cÎne de queue derriÚre la soute à bagages et dans le fuselage en partie basse en avant des trains d'atterrissage principaux. Les réacteurs sont alimentés à partir des quatre réservoirs dits « nourrices ». Ceux-ci se remplissent pendant le vol par transfert de carburant à partir des autres réservoirs.

Le transfert de carburant.

La consommation de carburant pouvant varier en fonction des vents, de la charge passagers et bagages, du temps estimĂ© d'attente Ă  l'arrivĂ©e (notamment de CDG vers JFK), une quantitĂ© de carburant supplĂ©mentaire (environ 1 600 L) peut ĂȘtre ajoutĂ©e dans les parties hautes des rĂ©servoirs (surplein).

La quantitĂ© de carburant pour un vol vers les États-Unis est le plein complet Ă  pleine charge, soit 95 t avec environ 13 t restant Ă  l'arrivĂ©e (le tableau de caractĂ©ristiques indique 7 tonnes). Le retour vers l'Europe ne nĂ©cessite pas le plein complet grĂące aux vents favorables. La quantitĂ© pour le retour est d'environ 78 t avec Ă©galement 13 t restant. Cette quantitĂ© restante pouvant ĂȘtre utilisĂ©e en cas de panne du conditionnement d'air ou du moteur, et dĂ©gagement en cas d'indisponibilitĂ© de l'escale d'arrivĂ©e.

En plus de l'alimentation des rĂ©acteurs, le carburant remplit deux autres fonctions. Il est utilisĂ© pour le centrage et l'Ă©quilibrage. AprĂšs le passage du mur du son, l'Ă©quilibre aĂ©rodynamique est modifiĂ©, le centre de portance recule. Pour compenser cet effet, les ingĂ©nieurs auraient pu utiliser le braquage des gouvernes de profondeur, mais ce systĂšme n'Ă©tait pas acceptable, car il aurait produit une augmentation significative de la traĂźnĂ©e, ce qui aurait entraĂźnĂ© une surconsommation de carburant, rĂ©duisant considĂ©rablement l'autonomie de l'avion. La solution trouvĂ©e pour parer Ă  ce phĂ©nomĂšne consiste Ă  dĂ©placer vers l'arriĂšre le centre de gravitĂ© de l'appareil. Sur Concorde, la seule masse dĂ©plaçable est le carburant dans les rĂ©servoirs. Le transfert du carburant se fait de l'avant vers l'arriĂšre pour le vol supersonique et le contraire pour le retour en subsonique comme sur le Dassault Mirage IV. Trois rĂ©servoirs situĂ©s dans le fuselage, deux Ă  l'avant et un Ă  l'arriĂšre servent principalement Ă  cette fonction. Le transfert s'effectue par deux conduits dits « main gallery » entre les trois rĂ©servoirs. Pendant ces transferts, le dĂ©placement du carburant est entendu en cabine. À Mach 0,93, transfert vers l'arriĂšre du carburant, aux environs de Mach 1,2, dĂ©but du transfert vers l'avant. Pendant l'avitaillement, la sĂ©quence de chargement du carburant permet de ne pas « poser » l'avion sur la roulette de queue. Une table des volumes des rĂ©servoirs permet de connaĂźtre la rĂ©partition du carburant. Enfin, le carburant est Ă©galement utilisĂ© pour le refroidissement de l'air de conditionnement de la cabine.

Conditionnement d'air

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Selon la vitesse, le maintien de la température en cabine peut se faire de deux maniÚres. En vol subsonique, la cabine est réchauffée par le prélÚvement d'air sur les étages compresseur haute pression. Pour des vitesses supersoniques, la climatisation est rendue difficile par l'échauffement de la cellule en raison des frottements de l'air. Le refroidissement se fait par échange avec le carburant, prélÚvement des frigories. Une surconsommation de carburant peut obliger à revenir en subsonique plus tÎt que prévu afin de conserver une température acceptable en cabine.

Quatre groupes de conditionnement d'air sont utilisés, mais une surveillance accrue de la température par l'officier mécanicien navigant est nécessaire pour éviter une augmentation de la température cabine non compatible avec le confort des passagers. La pressurisation de la cabine est réalisée par quatre vannes (ouflow valves) commandées par un contrÎleur de pressurisation. L'officier mécanicien navigant (OMN) programme le systÚme manuellement. Quatre indicateurs permettent la surveillance de la pressurisation. Il y a un variomÚtre cabine, un altimÚtre cabine, un indicateur d'écart de pression externe/interne (delta P) et un indicateur de position de vanne de régulation de pression de la cabine.

Circuit de secours oxygĂšne

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L'avion dispose de deux circuits de secours Ă  oxygĂšne.

Le circuit pour les pilotes comprend une bouteille oxygÚne gazeux qui alimente cinq masques à oxygÚne dans le poste de pilotage. Le circuit cabine passagers est constitué de trois bouteilles, installées en soute arriÚre, qui alimentent des masques pour cent passagers et six personnels commerciaux.

Des petites bouteilles portatives sont installées à bord afin de permettre aux personnels commerciaux de se déplacer et circuler en cabine avec un masque à oxygÚne si besoin.

Vitesse et altitude

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Dans la cabine assez étroite d'un avion, un indicateurs à diodes marque 0.95 sur la paroi de séparation.
MachmÚtre de la cabine arriÚre du Concorde G-BOAB en 1984 (sur la paroi de séparation), alors qu'il va passer en vol supersonique (Ma 0,95).

Comme les autres avions de la mĂȘme Ă©poque (747, A300, DC-10), le Concorde est Ă©quipĂ© de deux centrales aĂ©rodynamiques et d'un circuit de secours. Les centrales, situĂ©es dans l'entrĂ©e du cockpit, rĂ©cupĂšrent les informations de nombreux instruments. La mesure de la vitesse est obtenue grĂące Ă  des tubes de Pitot situĂ©s de chaque cĂŽtĂ© du fuselage avant. L'altitude est mesurĂ©e Ă  l'aide des prises statiques situĂ©es de part et d'autre du fuselage en arriĂšre des portes avant. La tempĂ©rature est relevĂ©e en utilisant des sondes sous le nez. La tempĂ©rature est trĂšs importante pour le calcul du nombre de Mach. Les informations sont distribuĂ©es par des tuyauteries souples et rigides situĂ©es sous les planchers cabine et poste de pilotage sauf pour la tempĂ©rature (informations Ă©lectriques).

On retrouve les instruments classiques mais doubles, puisque servant en mode électrique (normal) et secours (pneumatique) sur chaque planche de bord. Ces indicateurs sont les altimÚtres pour l'altitude et les anémomÚtres pour la vitesse par rapport à l'air. Les machmÚtres indiquent la vitesse en nombre de Mach. Pour le calcul de celle-ci, il est nécessaire de connaßtre la température de l'air ambiant et la vitesse. Les variomÚtres sont utilisés pour connaßtre la variation d'altitude. Il y a également les indicateurs de température. Les informations reçues par ces instruments sont des informations calculées par les centrales aérodynamiques ayant pour origine les pressions prises par les Pitot et les prises statiques. Des sondes d'incidences et de dérapages, au nombre de deux chacune, complÚtent le dispositif aérodynamique. Deux sondes de dégivrage sont également installées. Toutes les sondes sont dégivrées en subsonique.

Le circuit de secours est entiĂšrement pneumatique, des sondes aux indicateurs. Le Pitot est constituĂ© par la pointe de perche de nez et la prise statique est placĂ©e sur la partie externe de cette mĂȘme perche.

Deux recopies machmÚtres installés à l'avant des cabines avant et arriÚre permettent aux passagers de suivre l'évolution du Mach en croisiÚre.

Un test embarqué commandé par deux interrupteurs situés en arriÚre du pylÎne permet de simuler les vitesses et altitudes au sol.

Cap et horizon artificiel

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Trois centrales à inertie permettent d'obtenir les informations de cap et horizon de maniÚre indépendante de systÚmes terrestres. Ces centrales, situées en soute électronique, sous le cockpit avec accÚs par une porte indépendante, sont chacune couplées à une batterie de petite capacité pour permettre d'assurer l'alimentation des centrales en cas de perte de réseau électrique.

Afin de lire et d'utiliser un cap magnĂ©tique, les centrales sont couplĂ©es Ă  un coupleur compas, qui permet de corriger le cap gĂ©ographique donnĂ© par les centrales Ă  inertie pour obtenir un cap magnĂ©tique. Deux vannes de flux situĂ©es sur le toit de l'avion permettent de rĂ©cupĂ©rer les informations magnĂ©tiques. Ces informations peuvent ĂȘtre lues sur les instruments de bord de chaque cĂŽtĂ©, mais les informations de cap et d'altitudes distribuĂ©es sur chaque planche sont d'origine diffĂ©rente pour faciliter la dĂ©tection de pannes ou d'erreurs d'indications.

Le temps d'alignement et chauffe des centrales à inertie est d'environ 18 minutes. Ces centrales sont utilisées pour effectuer de la navigation par waypoints. Ces points de repÚre sont insérés un par un par les équipages. Les informations des centrales sont utilisées pour le cap, l'altitude (horizon artificiel), les corrections de vitesse et d'altitude, le calcul de la vitesse par rapport au sol et de la vitesse ascensionnelle, ainsi que pour le pilote automatique.

Couplé au pilote automatique, l'avion peut rejoindre son point de destination automatiquement sans autre surveillance que la vérification du passage du waypoint.

Radionavigation

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Des systĂšmes d'aide Ă  la navigation par radio sont installĂ©s sur Concorde. Il y a deux VOR, radio navigation en VHF[71], constituĂ©s de deux antennes, deux rĂ©cepteurs et boĂźtes de commandes, et des indicateurs RMI VOR pour la chaĂźne automatique et les HSI pour les chaĂźnes manuelles. Les VOR sont couplĂ©s aux centrales Ă  inertie pour le recalage des positions. Deux systĂšmes ILS sont utilisĂ©s pour le guidage des approches de prĂ©cision. Ces systĂšmes utilisent les mĂȘmes instruments de vol que les VOR. Le rĂ©cepteur VOR/ILS NC 250 est fourni par la firme française CSF.

Deux DME permettent de calculer les distances de l'avion par rapport aux stations au sol. L’antenne DME/ATC est fournie par l’entreprise française STAREC, comme celle de la radiobalise. Le rĂ©cepteur de radiobalise est fabriquĂ© sous la dĂ©signation MKA-28C par Bendix Corporation (en), qui fournit Ă©galement le radiocompas DFA-73-A.

Le Concorde est équipé de deux ADF dont les antennes sont fixées sur le toit du fuselage et dont les récepteurs sont installés dans les armoires électroniques situées dans le galley[73] arriÚre. Deux RMI ADF permettent la visualisation des indications de directions des stations et couvrent la gamme de 190 à 1750 kHz en trois bandes.

Deux radio altimĂštres AHV-5 de marque TRT permettent de lire les altitudes d'approche (infĂ©rieur Ă  2 000 mĂštres) avec prĂ©cision (au pied prĂšs). La prĂ©cision de cet Ă©quipement est de +/- 3 % entre 0 et 100 pieds d’altitude[77]. Les antennes sont situĂ©es sous le fuselage Ă  hauteur de la soute avant. Les Ă©metteurs-rĂ©cepteurs sont installĂ©s au fond de la soute avant.

Il y a un systĂšme radar mĂ©tĂ©o EKCO (en) E390/564 en bande X comprenant l’antenne M.6002.A installĂ©e dans le radĂŽme de nez qui Ă©met un faisceau de 2°7, balayant un secteur de + 60° en azimut et un secteur de + 35° en site. Elle est conçue pour fonctionner aux tempĂ©ratures allant de – 60 Ă  + 135°C. Plus un ou deux Ă©metteurs-rĂ©cepteurs M 6000.A situĂ©s en soute Ă©lectronique avant, un ou deux indicateurs M.6001.A et la boĂźte de commande M.6003.A. L’indicateur radar a un Ă©cran monocouleur de 13 cm de diamĂštre et permet le choix de quatre Ă©chelles correspondant aux distances de 30, 60, 180 et 360 milles nautiques qui permettaient la dĂ©tection des zones nuageuses en vol.

Deux systĂšmes ATC type Collins 914A offrent 4096 codes dans les modes A, B, C et D, ce qui permet d'envoyer les informations de situation et altitude vers les Centres de ContrĂŽle en vol. Deux systĂšmes anticollision en vol TCAS ont Ă©tĂ© installĂ©s en 1998 Ă  la suite de l'obligation d'installation pour les vols, vers les États-Unis dans un premier temps.

Pilotes automatiques

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Le Concorde est équipé de deux pilotes automatiques/directeur de vol, permettant de faciliter la conduite du vol aux pilotes pendant le vol[78]. Le panneau de commande (AFCS) est situé, comme pour les autres avions, sur le panneau situé au-dessus des indications moteurs. Il permet d'engager les différents modes PA/DV.

Les calculateurs PA, sont situĂ©s dans les meubles avioniques situĂ©s de chaque cĂŽtĂ© du couloir d'entrĂ©e du cockpit. Un test embarquĂ© permet la dĂ©tection et le dĂ©pannage des PA. La liaison PA/Commande de vol s'effectue par les relay-jack situĂ©s sous le plancher du poste de pilotage. À l'avant des manettes de poussĂ©e, un panneau avec des boutons de commande permet de faire Ă©voluer en PA dit manuel. De plus, en PA, des bielles d'effort permettent de piloter l'avion en mode PA dit « pilotage transparent » Ă  partir des manches sur simple effort du pilote. Les signaux d'effort transmis par les bielles sont traitĂ©s par les calculateurs PA avant d'ĂȘtre envoyĂ©s sur les commandes de vol.

Le Concorde est certifié atterrissage tout temps dit CAT 3 A, hauteur de décision 25 pieds.

Communications radio

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Le Concorde est Ă©quipĂ© des systĂšmes traditionnels de communications radio. Il dispose de deux radios VHF[71] de 350 km de portĂ©e. Les Ă©quipements VHF comme le rĂ©pondeur de radar secondaire sont fournis par SEDELEC-Wilcox. Les postes VHF type 807 possĂšdent 1360 canaux espacĂ©s de 25 kHz dans la gamme de 116 Ă  150 MHz, Les Ă©metteurs rĂ©cepteurs VHF sont situĂ©s dans l'armoire Ă©lectronique situĂ© dans l'entrĂ©e du poste de pilotage. Les antennes sont situĂ©es, une sur le toit, l'autre sous le fuselage. Celle sous le fuselage a pour particularitĂ© d'ĂȘtre double (VHF et VOR).

Il y a Ă©galement deux radios longue portĂ©e (HF) pour les routes empruntĂ©es au-dessus des ocĂ©ans et parties dĂ©sertiques qui rendent obligatoire l'utilisation permanente de la HF. La nouveautĂ© du Concorde est l'utilisation d'une antenne HF structurale situĂ©e dans la partie basse du bord d'attaque de l'empennage vertical (tous les avions modernes sont maintenant Ă©quipĂ©s de cette façon). La firme amĂ©ricaine Collins fournit l’émetteur-rĂ©cepteur HF type 618T fonctionnant dans la gamme de 2 Ă  30 MHz ; cet ensemble Ă  bande latĂ©rale unique commande les deux boĂźtes d'accord HF qui sont situĂ©es dans l'Ă©paisseur de l'empennage vertical (portes ovales situĂ©es Ă  gauche). La garantie du fonctionnement du systĂšme nĂ©cessite un essai par la maintenance avant chaque vol.

La compagnie Marconi fournit le dĂ©codeur SELCAL AD-900 qui peut ĂȘtre connectĂ© aux Ă©quipements VHF et HF[79].

Aucun avion n'a été équipé de systÚme téléphone satellite ni d'ACARS (contrÎle automatique de l'état de l'avion en vol).

Sécurité

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Détections incendie et fumée

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À la mise en service, la dĂ©tection incendie moteur est rĂ©alisĂ©e avec des dĂ©tecteurs dits de « flamme ». Des cellules disposĂ©es dans les nacelles moteurs, trois doubles par moteur, sont chargĂ©es de dĂ©tecter les flammes et la fumĂ©e. Trop sensibles et non fiables, d'une maintenance difficile (accĂšs trĂšs difficile) ces dĂ©tecteurs sont remplacĂ©s ensuite par des dĂ©tecteurs classiques de l'Ă©poque dits « capacitifs ».

La détection incendie et fumée soutes est des plus classiques. Il y a deux types de détecteurs, détecteurs « ambiance » et détecteurs « prélÚvement ». Les détecteurs « ambiance » analysent l'air ambiant grùce à des cellules photoélectriques. Les détecteurs « prélÚvement » analysent l'air des conduits d'évacuation de l'air de ventilation des équipements.

Enregistreurs de vol

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Comme sur tous les autres avions, deux enregistreurs de paramÚtres équipent le Concorde. Il y a un enregistreur de paramÚtres dit DFDR, qui est réglementaire, situé dans la partie basse des meubles avionique du galley[73] arriÚre. Un autre enregistreur de paramÚtres dit QAR se situe en partie avionique du cockpit. Cet enregistreur dispose dans un premier temps d'une cassette, puis d'un disque optique facilement remplaçable, le but étant un accÚs rapide aux paramÚtres de vol par la compagnie à des fins de contrÎle de trajectoires et de maintenance dans des conditions définies par la compagnie.

Comme pour tous les avions de ligne, le Concorde est équipé d'un enregistreur de conversation. Celui-ci, situé en partie avionique du galley arriÚre, permet l'enregistrement des conversations du cockpit dÚs la préparation du vol de l'équipage et jusqu'à la fin de celui-ci. Il est également équipé d'une balise émettrice sous-marine.

L'altitude de vol étant élevée, un détecteur de rayonnement cosmique est installé à bord. Un indicateur permet à l'équipage de contrÎler en permanence le niveau de rayons cosmiques.

Liste des appareils et leur histoire

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Le Concorde F-BTSD Sierra Delta à cÎté du prototype français 001, exposés au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

Seuls vingt Concorde – prototypes, appareils de prĂ©sĂ©rie et exemplaires de sĂ©rie – ont Ă©tĂ© construits Ă  Toulouse chez Sud-Aviation ou Ă  Filton chez British Aerospace (plus deux cellules pour essais statiques[80]), six pour les essais et quatorze pour les vols commerciaux. Il y a ainsi eu :

  • deux prototypes (un français et un britannique) ;
  • deux appareils de prĂ©sĂ©rie ;
  • seize appareils de sĂ©rie dont :
    • les deux premiers, qui n'ont jamais fait de service commercial car la mise au point complĂšte n'Ă©tant pas terminĂ©e,
    • les quatorze autres, firent les vols commerciaux, dont neuf qui Ă©taient encore en service en .

Sur les vingt appareils construits, dix-huit ont Ă©tĂ© prĂ©servĂ©s. Ils ont Ă©tĂ© remis par convoyage en vol, aux constructeurs, aux compagnies aĂ©riennes Air France et British Airways qui ont exploitĂ© l'avion supersonique, Ă  des musĂ©es, Ă  des aĂ©roports ou des associations aux États-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en France. Les deux manquants sont le 211 qui servit de piĂšces de rechange avant d'ĂȘtre ferraillĂ©, et le 203 qui s'est Ă©crasĂ© Ă  Gonesse le . Cela reprĂ©sente 90 % des appareils produits qui ne sont pas dĂ©truits, pour l'instant. Cela est trĂšs rare en aĂ©ronautique.

Impact culturel, politique et économique

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Cet avion, s'il n'a pas Ă©tĂ© un succĂšs commercial, s'est rĂ©vĂ©lĂ©, en revanche, une trĂšs grande rĂ©ussite technologique. Il reste un symbole fort de technologie ultramoderne malgrĂ© ses cinquante ans, et nombreux sont ceux qui aiment ses formes sculpturales. Il est de plus un symbole de fiertĂ© nationale pour beaucoup de gens au Royaume-Uni et en France — étant gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© en France comme un avion français, et au Royaume-Uni comme un avion britannique.

L'Ă©conomiste Jacques Sapir relĂšve que le Concorde a permis la « diffusion des savoirs et des Ă©quipements dans l’industrie aĂ©ronautique française », un phĂ©nomĂšne « essentiel pour le succĂšs ultĂ©rieur du programme Airbus »[81].

Le Concorde détient toujours le record des liaisons commerciales les plus rapides :

  • Paris / New York en 3 h 30 min (durĂ©e commerciale habituelle) ;
  • New York / Paris en 2 h 59 min 40 s, record du  ;
  • New York / Londres en 2 h 52 min 59 s le  ;
  • tour du monde en vol supersonique sur avion de ligne, record des 15-[82] : en 31 h 27 min 21 s (avec escales), dont 18 h 40 min 8 s en vol supersonique[83].

Le passager qui a le plus souvent volĂ© sur Concorde, un Britannique dĂ©nommĂ© Fred Finn, a effectuĂ© 718 vols sur Concorde entre 1976 et 2003, dont trois le mĂȘme jour[84],[85],[86].

Concorde et la diplomatie

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La Reine Élisabeth II et le Prince Philip Mountbatten descendant d'un Concorde Ă  la Base aĂ©rienne de Bergstrom en 1991.

La vitesse et les horaires de Concorde (départ à 11 h de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et arrivée à 8 h 45 à l'aéroport John-F. Kennedy) ont facilité certaines négociations diplomatiques[87]. Dans des moments critiques pour la paix dans le monde (Yougoslavie et guerre du Golfe), les diplomates et Kofi Annan, ex-secrétaire général de l'ONU, ont utilisé le Concorde dans les deux sens.

De plus, le passage des chefs d'État et diplomates Ă  Paris pour prendre le Concorde Ă©tait l'occasion d'une visite au locataire de l'ÉlysĂ©e avant de s'envoler vers leur destination finale.

En 1991, François Mitterrand a utilisé le Concorde pour se rendre en Arabie saoudite quelques jours avant la guerre du Golfe afin de rencontrer le roi et de soutenir les troupes françaises stationnées dans le Royaume.

Prise en compte de l'opinion

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La rĂ©action des riverains d'aĂ©roports contre la perspective d'importantes nuisances sonores dues aux vols a aussi reprĂ©sentĂ© un changement social important. Avant les premiers essais en vol du Concorde, les nouveautĂ©s de l'industrie civile aĂ©ronautique Ă©taient largement acceptĂ©es par les gouvernements dĂ©mocratiques et leurs Ă©lecteurs. Les protestations populaires, particuliĂšrement sur le survol de la cĂŽte est des États-Unis, contre le bruit du Concorde ont marquĂ© un point de rupture politique. Par la suite, les scientifiques et ingĂ©nieurs de domaines variĂ©s ont commencĂ© Ă  prendre en compte plus sĂ©rieusement les impacts environnementaux et sociaux de leurs innovations.

De ce point de vue, le grand bond en avant technique incarnĂ© par le Concorde a aussi Ă©tĂ© un bond en avant pour la sensibilisation du public et des mĂ©dias aux conflits entre la technologie et les Ă©cosystĂšmes naturels, qui sont toujours d'actualitĂ©. GrĂące Ă  cela, beaucoup d'avions actuels produisent moins de particules polluantes et de nuisances sonores, et cela est peut-ĂȘtre une partie de l'hĂ©ritage du Concorde. L'usage et la construction de murs antibruit le long des lignes SNCF de TGV et d'autoroute n'auraient peut-ĂȘtre pas Ă©tĂ© si dĂ©veloppĂ©s sans les protestations des annĂ©es 1970 au sujet de la pollution sonore des avions.

Un Concorde en vol, accompagnĂ© d’avions de chasse nettement plus petits qui utilisent des fumigĂšnes de couleur.
En 2002, au jubilé de la reine, un Concorde britannique avec de part et d'autre les Red Arrows.

Un billet sur une ligne rĂ©guliĂšre Concorde Ă©tait un privilĂšge pour les plus aisĂ©s. Cependant, certains vols charter circulaires — les boucles supersoniques — ou aller simple avec retour en voiture, train ou bateau, Ă©taient organisĂ©s et accessibles Ă  des passionnĂ©s moins fortunĂ©s.

Le Concorde est aussi apparu lors d'événements royaux au Royaume-Uni, volant parfois en formation avec la patrouille des Red Arrows. Il a aussi participé à de nombreux salons aéronautiques, et a été accompagné par la Patrouille de France.

Un timbre a été édité en France à son effigie, l'exemplaire en photo étant le F-BTSC. Un cachet premier courrier postal supersonique a également existé pour la premiÚre desserte de Rio de Janeiro par courrier postal en Concorde qui n'eut cependant pas de suite.

La Britannique Barbara Harmer et la Française Béatrice Vialle sont les deux seules femmes pilotes professionnelles du Concorde. Jacqueline Auriol a piloté l'appareil en tant que pilote d'essai.

Avenir supersonique

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En 1992, AĂ©rospatiale Avions a prĂ©sentĂ© un avant-projet de supersonique « Alliance » dit ATSF pour Avion de Transport Supersonique du Futur. Ce projet devait transporter 250 personnes sur 10 000 km Ă  une vitesse similaire (Mach 2). GrĂące Ă  un allongement plus important (2,2 au lieu de 1,56) la finesse aĂ©rodynamique aurait Ă©tĂ© de 10 au lieu de 7,3 pour le Concorde ; la consommation spĂ©cifique (rapportĂ©e Ă  la poussĂ©e) restant du mĂȘme ordre, 1,1 au lieu de 1,2 kg/daN/h), la consommation par passager pour 100 km serait descendue de 18 Ă  13 L. Les valeurs actuelles (en 2010) pour les avions subsoniques les plus Ă©conomes sont de l'ordre de 2,5 Ă  3 L/100 km par passager[88],[89].

En , la compagnie EADS qui codétient Airbus (avec BAe Systems) annonça qu'elle travaillait avec des compagnies aériennes japonaises pour développer un avion plus grand et deux fois plus rapide (hypersonique) que Concorde[90]. Le projet ZEHST a été présenté au salon international du Bourget en .

Concernant les aides d'État Ă  la recherche, le rĂ©seau « Recherche aĂ©ronautique sur le supersonique » créé en 2000 par la direction de la Technologie (ministĂšre de la Recherche) a Ă©tĂ© clos en 2004.

Un accord de coopération entre le Groupement des industriels français de l'aéronautique et de l'espace (Gifas) et son homologue japonais SJAC a été signé lors du Salon du Bourget 2005[91]. Le supersonique franco-japonais qui pourrait succéder au Concorde devrait transporter 250 personnes entre Mach 1,6 et 1,8 à 23 000 mÚtres d'altitude, sur 13 000 kilomÚtres. Son premier vol pourrait s'effectuer en 2017[92].

Les projets « hypersoniques » plus futuristes que réalistes étant mis de cÎté, il semble qu'un avion supersonique « possible » aurait une vitesse d'environ Mach 1,6, et des moteurs à double flux sans réchauffe présentant le meilleur rendement possible en subsonique. La question de la finesse aérodynamique, trÚs inférieure à celle d'un avion subsonique, reste entiÚre.

La compagnie britannique Reaction Engines Limited est engagée dans un programme de recherche appelé LAPCAT[93], financé à 50 % par l'Union européenne via l'Agence spatiale européenne (ESA). Ce projet a pour but d'étudier la possibilité d'un avion fonctionnant à l'hydrogÚne et transportant 300 passagers, l'A2. Cet avion hypersonique serait capable de voler entre Bruxelles et Sydney à Mach 5 en 4,6 heures. Il s'agit seulement d'une application prospective dérivée de leur projet d'avion spatial Skylon comprenant les technologies clefs, notamment le trÚs innovant moteur hybride Sabre dont la variante appliquée à l'avion civil A2 s'appelle Scimitar ; celui-ci autorise l'entrée d'air à haute vitesse dans les moteurs, mais l'air est néanmoins refroidi et ralenti avant d'entrer dans le compresseur du moteur au moyen de l'hydrogÚne, embarqué dans d'imposants réservoirs, qui sert à la fois de refroidisseur et de carburant.

Un autre projet encore plus ambitieux est Ă©tudiĂ© par l'agence spatiale allemande (Deutsches Zentrum fĂŒr Luft- und Raumfahrt) et soutenu Ă©galement par l'Union europĂ©enne et l'ESA. Cet avion suborbital, le SpaceLiner, serait capable de relier l'Australie Ă  l'Europe en seulement 90 minutes en atteignant une vitesse maximale supĂ©rieure Ă  Mach 20.

La prochaine gĂ©nĂ©ration d'avion supersonique pourrait ĂȘtre l'avion Overture construit par l'entreprise Boom Technology[94], ou encore le Lockheed Martin X-59 QueSST (« Quiet Supersonic Transport »).

Aspects juridiques du programme Concorde

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Cadre juridique du projet

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La réalisation du Concorde est le résultat d'une coopération interétatique dont le fondement est l'accord du de Londres conclu entre la France et le Royaume-Uni « pour la construction d'un avion de transport supersonique civil ». Par ce traité, les gouvernements orchestrent le projet et chapeautent le travail des industriels. D'ailleurs, le traité entérine les accords passés entre industriels, c'est-à-dire entre les constructeurs français et les constructeurs britanniques. Il s'agit de l'accord du concernant l'ensemble propulsif, passé entre la Société française nationale d'études de construction des moteurs d'avion (SNECMA) et Bristol Siddeley d'une part, et de l'accord du concernant les éléments de cellule, conclu entre Sud Aviation et British Aircraft Corporation, d'autre part[95].

Ce traité a été modifié par 6 annexes ultérieures sur la définition technique des avions (annexe 1), quant à l'organisation au sein des industries nationales (annexes 2 et 3), portant calendrier du programme (annexe 4), définissant un plan de financement et un échéancier des engagements (annexe 5), et enfin relativement au partage du travail (annexe 6)[95].

Le traitĂ© pose un principe d'une Ă©galitĂ© parfaite entre les deux États : « le principe de la collaboration est le partage Ă©gal entre les deux pays, du travail, des dĂ©penses engagĂ©es par les deux pays et du produit des ventes » (article 2).

À la suite de nombreuses « crises de coopĂ©ration »[96], en 1964, la Grande-Bretagne souhaite se retirer du programme mais l'accord ne contenant aucune clause de retrait, le projet commun pourra ĂȘtre menĂ© Ă  bien.

Processus de certification

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Sécurité : la certification de navigabilité

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D'aprĂšs l'article 31 de la Convention universelle de Chicago de 1944 relative Ă  l'aviation civile internationale : « tout aĂ©ronef employĂ© Ă  la navigation internationale doit ĂȘtre muni d'un certificat de navigabilitĂ© dĂ©livrĂ© par l'État dans lequel il est immatriculé »[97]. À cette fin, les États Ă©tablissent les normes techniques, autrement appelĂ©es « rĂšglements de navigabilité », Ă  l'instar de la cĂ©lĂšbre « FAR part 25 » (Federal Aviation Regulations part 25) contenant les prescriptions techniques de sĂ©curitĂ© en matiĂšre de conception publiĂ©es par l'administration amĂ©ricaine[98]. Les constructeurs se voient dĂ©livrer un certificat de navigabilitĂ© si leur avion est contrĂŽlĂ© par les États comme conforme Ă  leurs rĂšglements de navigabilitĂ©[99],[100].

Les constructeurs de Concorde déposent leur demande en 1960 auprÚs des administrations françaises et britanniques (la DGAC, direction générale de l'aviation civile, et l'ARB, Air Registration Board) et en 1965 auprÚs de l'administration américaine (la Federal Aviation Administration, FAA). Prévus pour 1966, les essais en vol ont finalement lieu en 1969 et le premier certificat est délivré en 1975. La rédaction de nouvelles normes de navigabilité s'est en effet avérée chronophage, pour combler ce qu'on appelle communément un vide juridique.

Absence de normes adaptées aux vols supersoniques

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Dans les annĂ©es 1960, les rĂšglements de navigabilitĂ© nationaux sont adaptĂ©s aux caractĂ©ristiques des vols subsoniques, et ne peuvent pas rĂ©pondre aux exigences du transport supersonique. De plus, les États-Unis travaillent aussi Ă  la rĂ©alisation de leur programme supersonique (jusqu'en 1971, date de son abandon par le SĂ©nat amĂ©ricain). Ils sont donc eux aussi dans l'obligation de faire Ă©voluer leurs rĂšglements de navigabilitĂ©, qui plus est, en commun avec les Anglais et Français.

D'une part, l'article 33 de la Convention de Chicago relative Ă  l'aviation civile internationale de 1944 pose un principe de reconnaissance mutuelle de la validitĂ© des certificats : « Les certificats de navigabilitĂ© (
) dĂ©livrĂ©s ou validĂ©s par l’État contractant dans lequel l’aĂ©ronef est immatriculĂ©, seront reconnus valables par les autres États contractants si les conditions qui ont rĂ©gi la dĂ©livrance ou la validation de ces certificats (
) sont Ă©quivalentes ou supĂ©rieures aux normes minimales qui pourraient ĂȘtre Ă©tablies conformĂ©ment Ă  la Convention ». Par « normes minimales », on entend notamment les normes fixĂ©es Ă  l'annexe 8 (Ă  la convention prĂ©citĂ©e de 1944) adoptĂ©e en 1949[101]. Cette annexe 8 « NavigabilitĂ© des aĂ©ronefs » comprend les rĂšgles minimales en matiĂšre de sĂ©curitĂ© des aĂ©ronefs et en matiĂšre de dĂ©livrance des certificats. Cette annexe, toujours en vigueur, a pour but d'assurer un standard minimal de sĂ©curitĂ© des vols internationaux civils. Cela prĂ©cisĂ©, le principe de reconnaissance mutuelle n'est pas absolu dans sa portĂ©e, notamment au regard de la question de l'importation des avions.

Et d'autre part, dans les annĂ©es 1960, des compagnies amĂ©ricaines se sont positionnĂ©es pour l'achat d'avions Concorde (notamment la compagnie Braniff). Or, en matiĂšre d'avions importĂ©s, des accords particuliers ont Ă©tĂ© conclus, en marge des accords bermudiens. Ici, l'accord du entre la France et la Grande-Bretagne stipule : « les autoritĂ©s aĂ©ronautiques auront le droit de subordonner leur reconnaissance de toute certification Ă©mise par les autoritĂ©s de l'État exportateur, Ă  l'observation de toute exigence additionnelle que l'État importateur considĂšre comme nĂ©cessaire pour ĂȘtre assurĂ© que le produit atteint un niveau de sĂ©curitĂ© Ă©quivalent Ă  celui auquel conduirait l'application de la lĂ©gislation, de la rĂ©glementation et des exigences en vigueur en la matiĂšre pour un produit similaire fabriquĂ© dans l'État importateur » (art. 4). L'accord du conclu entre les États-Unis et la Grande-Bretagne contient une disposition similaire[102]. À travers la disposition prĂ©citĂ©e, il s'agit de garantir une compĂ©tition Ă©conomique Ă©quitable entre avions importĂ©s et avions nationaux tout en tirant les standards de sĂ©curitĂ© vers le haut.

Ainsi, en vertu de ces accords, les avions Concorde franco-anglais importés peuvent théoriquement se voir opposer par les Américains des prescriptions supplémentaires applicables aux avions supersoniques américains.

À ce stade de leur programme, les trois États protagonistes ont donc un intĂ©rĂȘt commun Ă  Ă©tablir des normes harmonisĂ©es pour supprimer les obstacles juridiques dans la rĂ©alisation de leurs programmes technologiquement complexes et coĂ»teux[103].

Élaboration normative tripartite : FAUSST

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La coopération normative tripartite commence en 1961 avec une premiÚre conférence. La seconde se tient en 1963. Réunion des membres de la DGAC, du ARB et la FAA, la conférence prend le nom de « FAUSST » (French, Anglo, US Supersonic Transport), forum visant à créer des rÚglements de navigabilité harmonisés[104].

AprÚs sept années, le Forum FAUSST débouche sur l'élaboration de normes communes en 1968 appelées « SST STANDARDS » (supersonic transportation standards) et qui servent ensuite de référentiel de certification.

Concorde finalement certifié en 1975 et 1979

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Entre 1969 et 1975, deux mille heures de simulateur permettent de lever des doutes sur 8 000 points de certification[105]

Mille sept (1007) heures de certification seront nĂ©cessaires pour lever les 2 000 restants. À l'issue de ce travail, Concorde reçoit son certificat de navigabilitĂ© de la DGAC () puis du ARB (). Il recevra son certificat amĂ©ricain le [106].

Nuisances : Concorde démuni de certificat

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En plus d'un certificat de navigabilitĂ©, les aĂ©ronefs doivent aussi obtenir un certificat de limitation de nuisance attestant qu'ils respectent les normes en vigueur de limitation de bruit (et de pollution aĂ©rienne) ce qui inclut les minima de l'annexe 16 « bruit des aĂ©ronefs » (1971) Ă  la Convention de Chicago[107]. Mais Concorde ne possĂšde aucun certificat de limitation de nuisances. En ce qui concerne le bruit plus particuliĂšrement, la certification franco-britannique ou amĂ©ricaine aurait nĂ©cessitĂ© l'Ă©laboration de normes acoustiques nouvelles adaptĂ©es aux supersoniques. Cependant, les États dĂ©cident de ne pas se livrer Ă  une telle opĂ©ration. Concorde bĂ©nĂ©ficiera donc d'un « traitement de faveur »[108].

Notamment, la rĂ©glementation des États-Unis, la « FAR part 36 » fixant les niveaux acoustiques, n'a pas Ă©tĂ© adaptĂ©e aux supersoniques. L'administration amĂ©ricaine a dĂ©cidĂ© que les avions Concorde mis en service avant 1980 – soit tous les avions Concorde – seraient exemptĂ©s de plafonds acoustiques. Ils bĂ©nĂ©ficient de ce qui a Ă©tĂ© appelĂ© la « clause du grand-pĂšre » aux États-Unis[109] (voir ci-aprĂšs).

Au sein de l'OACI, ce traitement privilégié se retrouve dans l'ancien chapitre 12.2 de l'annexe 16 « bruit des aéronefs » (actuel chapitre 3 modifié) : pour les demandes de certification de supersoniques introduites avant 1975 (c'est le cas de Concorde), aucun niveau acoustique n'est applicable[110].

Pour de nombreux pays de l'Ă©poque, accueillir Concorde est un honneur, et ils sont prĂȘts Ă  accepter son atterrissage sur leurs sols, mĂȘme non muni d'un certificat de nuisances (BrĂ©sil, SĂ©nĂ©gal, Mexique notamment). Ils se rĂ©vĂšlent des « destinations accueillantes »[111].

Enfin, les certificats de limitation de nuisances ne bénéficient pas du principe de reconnaissance mutuelle.

Statut juridique du bang supersonique

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En raison des craintes des populations survolĂ©es, le , un arrĂȘtĂ© du Premier ministre français crĂ©e une commission « chargĂ©e d'Ă©tudier les implications d'une Ă©ventuelle expĂ©rimentation destinĂ©e Ă  Ă©tudier la tolĂ©rance des populations au bruit engendrĂ© par le vol supersonique »[112].

L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) vote Ă©galement une premiĂšre rĂ©solution no A-16-4 en sur le sujet, qui est complĂ©tĂ©e par une deuxiĂšme en 1978 (no A 22-14) dĂ©nommĂ©e « problĂšmes techniques et Ă©conomiques que pose la mise en service commerciale d'avions supersoniques »[113]. L'OACI y invite les États qui ont entrepris la construction d'avions supersoniques Ă  lui prĂ©senter des propositions sur la maniĂšre de protĂ©ger les populations des effets du bang[110].

Finalement, le , malgrĂ© les espoirs franco-britanniques, la FAA interdit le survol du territoire amĂ©ricain en mode supersonique dans sa rĂ©glementation FAR 91[114]. En cette mĂȘme annĂ©e 1973, l'Allemagne, le Canada, le Danemark, le Japon, la NorvĂšge, les Pays-Bas, la SuĂšde et la Suisse imitent les États-Unis. Cette interdiction finit par se gĂ©nĂ©raliser dans le monde[115]. Concorde ne pourra survoler Ă  vitesse supersonique que les territoires aĂ©riens adjacents Ă  la haute mer (zone internationale). Les terres habitĂ©es seront survolĂ©es en mode subsonique, le temps de rejoindre la limite des eaux territoriales. Les routes au-dessus des eaux internationales (ocĂ©ans) seront donc privilĂ©giĂ©es pour les vols Concorde. Enfin, la seule compagnie amĂ©ricaine (Braniff) Ă  exploiter l'avion assure les lignes intĂ©rieures amĂ©ricaines en mode subsonique.

Procédures judiciaires pour atterrir à l'aéroport New York JFK

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4 fĂ©vrier 1976 : l'autorisation fĂ©dĂ©rale d'atterrir aux États-Unis

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Au moment de délivrer aux compagnies un permis d'exploitation du Concorde sur le sol américain, le contexte américain est assez peu favorable. Sur le plan politique fédéral par exemple, dÚs 1975 un sénateur et un représentant tentent d'introduire une proposition de loi pour supprimer les aides fédérales aux aéroports laissant atterrir des avions supersoniques ne respectant pas la FAR 36. La tentative échoue, comme les suivantes intentées jusqu'en 1977[116].

L'administration amĂ©ricaine dĂ©livre finalement aux compagnies Air France et British Airways un permis d'exploitation sur le sol amĂ©ricain. Dans sa dĂ©cision du , les deux principaux arguments juridiques de la dĂ©cision du secrĂ©taire d'État W. T. Coleman sont les suivants :

  • la FAR 36 n'est pas applicable aux supersoniques ; par ailleurs, 80 % des subsoniques amĂ©ricains ne la respectent pas - les Boeing 747 sont quasiment aussi bruyants que Concorde ; refuser l'accĂšs de Concorde au territoire amĂ©ricain est donc de nature discriminatoire ; l'Ă©quitĂ© commande d'autoriser l'accĂšs de Concorde au sol amĂ©ricain ;
  • conformĂ©ment au National Environmental Policy Act (NEPA), la FAA a rĂ©alisĂ© une Ă©tude d'impact ne permettant pas d'Ă©tablir que Concorde reprĂ©sente une menace particuliĂšre pour l'environnement.

Concorde est donc autorisĂ© Ă  atterrir aux États-Unis au titre d'une pĂ©riode test de 16 mois, puis dĂ©finitivement en .

La décision administrative « Coleman » fait l'objet d'un recours produit par le Comté de Fairfax dans lequel se situe l'aéroport de Washington Dulles et par une association de protection de l'environnement appelée Environmental Defense Fund.

Finalement, la juridiction américaine saisie confirme la décision Coleman qui devient pleinement exécutoire le [117].

Si Concorde peut atterrir Ă  Washington dĂšs le , il devra attendre plus d'un an et demi pour atterrir Ă  New York JFK en raison d'une dĂ©cision du prise par l'AutoritĂ© Portuaire des États de New York et du New Jersey, qui gĂšre l'aĂ©roport de New York JFK.

11 mars 1976 : l'interdiction locale d'atterrir à New York JFK

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Coup d'arrĂȘt pour la rĂ©alisation du programme
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Atterrir Ă  New York est Ă©videmment crucial pour la rĂ©ussite du programme Concorde. Or, le , l'AutoritĂ© Portuaire de New York et du New Jersey vote une rĂ©solution refusant temporairement l'accĂšs de Concorde aux installations portuaires de l'aĂ©roport JFK de New York[118]. L'autoritĂ© motive l'interdiction par le non-respect des limites maximales fixĂ©es par l'autoritĂ© elle-mĂȘme (Ă  savoir 112 PN dĂ©cibels, Perceived Noise Decibels, « bruit perçu ») et par la production de basses frĂ©quences aux effets inconnus sur la santĂ©. À l'Ă©poque, les douze commissaires constituant l'AutoritĂ© sont directement sous l'autoritĂ© de l'État de New York, dont le gouverneur Hugh Carey est un des plus influents dĂ©tracteurs du Concorde[119].

Les compagnies et constructeurs du Concorde s'emploient alors activement à démontrer à l'Autorité que l'avion peut respecter les 112 dB en utilisant les pistes 31L et 22R avec une procédure de décollage particuliÚre, et que Concorde n'émet pas de basses fréquences dangereuses.

L'Autorité renouvelle son interdiction le puis le pour une durée indéterminée. AprÚs une campagne active mais infructueuse de communication auprÚs de l'Autorité, les compagnies, constatant le temps perdu, portent l'affaire devant la justice américaine.

Une interdiction annulée par la justice américaine
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Tout se joue en appel le [120]. Le juge Kaufmann donne d'abord raison Ă  l'AutoritĂ© en rappelant l'affaire City of Burbank vs. Lockheed Air Terminal de 1973. Dans cet arrĂȘt prĂ©citĂ©, la Cour SuprĂȘme admet que la compĂ©tence fĂ©dĂ©rale (Ă  travers la FAR 91 et en particulier la FAR 36) ne fait pas obstacle Ă  celle des propriĂ©taires d'aĂ©roports d'Ă©dicter des niveaux acoustiques complĂ©mentaires. Cependant, le juge Kaufman pose une rĂ©serve Ă  cette compĂ©tence : « les propriĂ©taires peuvent refuser l'accĂšs de leurs aĂ©roports Ă  des avions considĂ©rĂ©s trop bruyants, Ă  condition qu'un tel refus ne soit ni arbitraire ni discriminatoire »[121]. Or, Ă  l'audience, l'AutoritĂ©, si elle reconnaĂźt que Concorde peut respecter les 112 DĂ©cibels, ne parvient toujours pas Ă  dĂ©montrer l'existence de basses frĂ©quences dangereuses pour la santĂ© malgrĂ© 17 mois d'Ă©tudes[122]. L'inaction publique est jugĂ©e dĂ©raisonnable et donc discriminatoire envers un aĂ©ronef Ă©tranger. Le , la procĂ©dure judiciaire se termine[123] et Concorde peut atterrir Ă  New York le [124].

Cinquante ans du premier vol du Concorde

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Le , un peu partout dans le monde on fĂȘtait les cinquante ans du premier vol du Concorde. En effet, ce fut le que s'Ă©lançait dans les airs le tout premier Concorde 001 depuis l'aĂ©roport de Toulouse-Blagnac, Ă  15 heures passĂ©es de 38 minutes.

Le musĂ©e Aeroscopia Ă  Toulouse organise Ă  cette date une journĂ©e spĂ©ciale oĂč Ă©taient prĂ©vues diffĂ©rentes activitĂ©s. Comme la visite du cockpit du Concorde 201, le premier Concorde de sĂ©rie ou encore une sĂ©ance de dĂ©dicace en prĂ©sence de GĂ©rard Maoui, le coauteur du livre Concorde La lĂ©gende du supersonique (AndrĂ© Rouayroux et GĂ©rard Maoui, Éditions Privat, 2018)[125].

Le musĂ©e aĂ©rospatial de Bristol a organisĂ© un Ă©vĂ©nement singulier. Le nez et la visiĂšre du Concorde 216 (immatriculĂ© G-BOAC) ont Ă©tĂ© mis en mouvement. Pour cela le circuit hydraulique du Concorde a Ă©tĂ© re-pressurisĂ© et certains circuits Ă©lectriques ont dĂ» ĂȘtre rĂ©activĂ©s[126].

Classement monument historique du Concorde 001

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Le Concorde 001 exposé à Aeroscopia Blagnac est classé monument historique par la ministre de la culture Rachida Dati le [127].

Produits dérivés

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Jeux et jouets

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  • En 1977, la marque française Joustra sort une rĂ©plique en tĂŽle Ă  friction du Concorde. Devant le succĂšs commercial rencontrĂ© par ce jouet, une version tĂ©lĂ©guidĂ©e apparaĂźt au catalogue 1978.
  • En la marque de jouets de construction danoise Lego annonce sortir dans le monde une reproduction de l'avion franco-britannique dans sa gamme Lego Icons. Ce produit est alors annoncĂ© Ă  destination d'un public adulte[128].
  • Depuis , le Concorde est prĂ©sent dans le magasin du jeu de simulation Microsoft Flight Simulator 2020. Il inclut des fonctionnalitĂ©s rĂ©alistes comme les rĂ©chauffes, le vol supersonique ou encore la gĂ©nĂ©ration de vortex Ă  forte incidence[129].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (en) « Dimensions - Concordesst.com ».
  2. 1 2 3 4 5 (en) « Masses - Concordesst.com ».
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  4. 1 2 3 4 5 (en) « Performances - Concordesst.com ».
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  20. ↑ Les chiffres issus des additions des temps de vols des appareils prototypes et de prĂ©-sĂ©rie collectĂ©s sur le site http://www.concordesst.com donnent un total de 2 004 heures en vol supersonique.
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  70. ↑ « British Airways fĂȘte le Concorde (photos, vidĂ©os) », Air Journal,‎ (lire en ligne, consultĂ© le )
  71. 1 2 3 De very hight frequency, soit « trÚs haute fréquence »
  72. 1 2 3 Dans le jargon aéronautique, les sigles CDB, OPL et OMN désignent respectivement le commandant de bord, l'officier pilote de ligne (plus connu sous le nom de copilote), et l'officier mécanicien navigant.
  73. 1 2 3 4 5 Dans un avion, le galley dĂ©signe l'endroit spĂ©cialement amĂ©nagĂ© oĂč l'on prĂ©pare les repas.
  74. ↑ « Description technique du Concorde ».
  75. ↑ « Concorde, l’avion qui s’allongeait en vol », sur aeronewstv.com (consultĂ© le ).
  76. ↑ Les avions de transport, Peyrat-Armandy, page 224
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  80. ↑ « Aerospatiale/BAC Concorde », sur aeroflight.co.uk.
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  95. 1 2 Sur cette partie, voir Thierry Amarantinis, « La coopération franco-britannique et l'accord du 29 novembre 1962 pour la réalisation de Concorde », Revue générale de l'air, 1969.
  96. ↑ Expression tirĂ©e de l'Ă©tude de Jean Toucsoz, « La coopĂ©ration aĂ©ronautique franco-britannique : l'affaire Concorde », Annuaire du droit international, 1965, p. 174-192.
  97. ↑ Le texte de la convention est consultable dans toutes les langues sur le site de l'OACI : https://www.icao.int/publications/Documents/7300_cons.pdf
  98. ↑ Se reporter aux normes "FAR" en matiĂšre de sĂ©curitĂ© des aĂ©ronefs : FAR 21 Ă  FAR 35 sur le site de la FAA : https://www.faa.gov/regulations_policies/faa_regulations. Ou alors sur le site officiel de rĂšglementation en ligne suivant : https://www.ecfr.gov/cgi-bin/text-idx?SID=cedd9863b5c95a3b53310ea8493e50ad&mc=true&tpl=/ecfrbrowse/Title14/14CIsubchapC.tpl
  99. ↑ Michel Bourgeois, Certification des aĂ©ronefs civils, dans Pierre Vellas, La vie de l'avion commercial, 1990, PĂ©done, p. 79 et s.
  100. ↑ Sur les questions juridiques relatives Ă  la certification du Concorde, voir les diffĂ©rents articles sur le sujet dans Pierre Vellas, La Vie de l'avion commercial, 1990, ed. Pedone.
  101. ↑ L'annexe 8 et 16 OACI sont en libre accùs sur le site de l'OACI.
  102. ↑ (en) Eleanor Mac Dowell, « Contemporary practice of the US relating to international law: supersonic transport », American Journal of International Law, no 70,‎ , p. 564-570
  103. ↑ AndrĂ© Turcat, « Les chemins de l'homologation », dans Pierre Vellas, La vie de l'avion commercial, ed. Pedone, .
  104. ↑ N. Harpur, The Airworthiness Certification of Concorde dans REVUE SAE Transaction, Paper 710756, 1971, vol. 80.
  105. ↑ voir La vie de l'avion commercial, MĂ©dine, 1990, article Forestier Jean p. 29.
  106. ↑ Une copie du certificat dĂ©livrĂ© par la FAA au Concorde peut ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ© sur http://www.concordesst.com/A45eu.pdf (domaine public).
  107. ↑ L'annexe 8 et 16 de la convention "OACI" sont consultables sur son site officiel.
  108. ↑ Claude Frantzen, « ProblĂšmes de rĂšglementation pour les avions supersoniques », Actes du Symposium de Strasbourg, 1989, p. 145.
  109. ↑ (en) Kenneth Owen, « Concorde and the Americans », International politics and the supersonc transports, Smithonian Institution Press, 1997, p. 144, pour les questions d'inapplicabilitĂ© de la FAR 36 Ă  Concorde.
  110. 1 2 Thierry Mankiewicz, « Organisation de l'aviation civile internationale », Annuaire du droit international, 1977, p. 625 et s., notamment pages 644 et s.
  111. ↑ Claude-Alain Sarre, Le dossier vĂ©ritĂ© du Concorde : 1959-2000, , 384 p. (ISBN 978-2951880702), p. 237
  112. ↑ Texte officiel non retrouvĂ© sur www.legifrance.gouv.fr. Source : Sarre 2002, p. 227
  113. ↑ Lien vers toutes les rĂ©solutions de l'OACI : https://www.icao.int/publications/Documents/9902_en.pdf.
  114. ↑ Plus exactement : il s'agit du Code of Federal Regulation Part 91.817 and Appendix B to Part 91. Source site officiel de la FAA, article "supersonic flights" : [lire en ligne]. Voir aussi Jean Forestier, « Un point de vue trĂšs personnel », Icare, vol. 2,‎ , p. 188.
  115. ↑ Sarre 2002, p. 227.
  116. ↑ (en) Kenneth Owen, Concorde and the Americans : International politics and the supersonic transports, Smithonian Institution Press, .
  117. ↑ Environmental defense fund Inc vs Departement of Transportation, 6 environmental law reports, May 19 1976 (per curiam) ; US Court of Columbia 1976, Dockets 76-1105, -1231,1-1259, -1260, -1321.
  118. ↑ (en) Joshua Muss, Aircraft noise: federal preemption of local control: Concorde and other recent cases, in Journal of Air Law and Commerce, 1977, no 43
  119. ↑ Kenneth Owen, Concorde and the Americans.
  120. ↑ PremiĂšre instance, Juge Pollack: DĂ©cision :US District Court, southern district of NY, no 76, civ 1276, 11 may 1976 432 fed. Supplement 1216-1226.
  121. ↑ US Court of Appeals, second circuit, no 1403, docket 77-72237 14 juin 1977, 558, federal reporter 2nd 75-86
  122. ↑ Voir dĂ©cision prĂ©citĂ©e.
  123. ↑ DĂ©cision US Reports vol 434 17 oct. 1977 order A 327.
  124. ↑ Voir Environmental law reports: indefinite ban against Concorde landing overturned as unreasonable, oct. 1977, no 7, 10195.
  125. ↑ « Anniversaire cinquantenaire du 1er vol Concorde : JournĂ©e spĂ©ciale samedi 02 mars 2019 MusĂ©e aeroscopia – Toulouse », sur airitage.fr (consultĂ© le ).
  126. ↑ (en-US) « Droop Nose », sur Aerospace Bristol (consultĂ© le ).
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  128. ↑ « Lego sort son Concorde », sur avionslegendaires.net, (consultĂ© le )
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  • (en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu de l’article de WikipĂ©dia en anglais intitulĂ© « Concorde » (voir la liste des auteurs).

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Bibliographie

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  • (en) James R. Ashlock, « Supersonic Transport Progress Stalled », Aviation Week, New York (États-Unis), McGraw-Hill, vol. 78, no 3,‎ , p. 40 (ISSN 0005-2175, lire en ligne, consultĂ© le ).

Filmographie et documentaires télévisés

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Émissions radiophoniques

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Articles connexes

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Liens externes

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  • (en) « ConcordeSST », documentation extensive sur le Concorde
  • « Les Vols de Concorde », site qui rassemble des donnĂ©es sur les vols du Concorde Ă  partir des carnets de vols confiĂ©s par du personnel volant ou sols

Bases de données et dictionnaires

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