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Droit estonien

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Le droit estonien est issu d'une tradition juridique d’Europe continentale. Il appartient, plus exactement, Ă  la famille romano-germanique, dans laquelle la distinction entre droit public et droit privĂ© est le fondement de l’organisation juridique. Le droit Ă©crit, notamment la loi, occupe une place centrale parmi les sources du droit. La jurisprudence, la coutume et la doctrine n’ont quÂŽun rĂŽle secondaire.

Histoire du droit estonien

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Le systĂšme juridique estonien commence Ă  se dĂ©velopper dĂšs la proclamation d’indĂ©pendance de l’Estonie le [1]. Le droit estonien se forme par rĂ©fĂ©rence aux systĂšmes juridiques qui ont Ă©tĂ© en vigueur dans le pays alors sous domination Ă©trangĂšre (systĂšmes juridiques allemand, suĂ©dois, polonais, russe et dans une moindre mesure, français, par l’intermĂ©diaire de l’Empire russe)[1]. La formation du droit estonien a pris Ă©galement en compte la tendance juridique europĂ©enne de l’époque.

En 1940, l’Estonie est contrainte de remplacer son systĂšme juridique par celui de l’Union soviĂ©tique. Elle ne pourra retrouver son droit national quÂŽaprĂšs son retour Ă  l’indĂ©pendance le [1]. À partir de ce moment-lĂ , l’Estonie entreprend de rĂ©former son droit. Ceci se traduit non seulement par un rĂ©examen de la lĂ©gislation en vigueur entre 1920 et 1940 et un remplacement progressif du droit issu de la pĂ©riode soviĂ©tique, mais Ă©galement par un travail de codification des rĂšgles de droit (citons par exemple le Code de commerce de 1995 et le Code pĂ©nal de 2001). Les nouveaux textes de loi adoptĂ©s en Estonie sont Ă©laborĂ©s en prenant comme modĂšle principalement ceux des États membres de l'Union europĂ©enne. Dans l’objectif d’une adhĂ©sion Ă  l’Union europĂ©enne qui a abouti le , l’Estonie s’est Ă©galement efforcĂ©e d’harmoniser sa lĂ©gislation avec le droit de l'Union europĂ©enne.

Sources du droit de l'Union

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Constitution

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Le fondement du systĂšme juridique estonien est la Constitution adoptĂ©e par rĂ©fĂ©rendum le qui dispose dans son premier article que l’Estonie est une rĂ©publique dĂ©mocratique autonome et indĂ©pendante[2]. La loi fondamentale est placĂ©e au sommet de la hiĂ©rarchie des rĂšgles de droit[3]. Ainsi, toutes les autres rĂšgles de droit nationales et les traitĂ©s internationaux que l’Estonie souhaite ratifier doivent ĂȘtre conformĂ©s Ă  la Constitution. Cette derniĂšre peut ĂȘtre modifiĂ©e par rĂ©fĂ©rendum ou par le Riigikogu (Parlement estonien) selon diffĂ©rentes procĂ©dures[4].

Droit international

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Les principes et les normes du droit international universellement reconnus font partie intégrante du systÚme juridique estonien[5].

L'article 123 dispose[6] :

« La république d'Estonie ne conclut pas de traités internationaux contraires à la Constitution. Si les lois ou autres actes de l'Estonie sont en contradiction avec les traités internationaux ratifiés par le Riigikogu, les dispositions du traité s'appliquent. »

— Article 123 de la Constitution

Droit européen

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L'article 3 de la loi portant amendement de la Constitution de la rĂ©publique d’Estonie pour son adhĂ©sion Ă  l'Union dispose que[7] :

« DĂšs lors que l’Estonie fait partie de l’Union europĂ©enne, la Constitution de la rĂ©publique d’Estonie est appliquĂ©e en prenant compte des droits et obligations qui rĂ©sultent du traitĂ© d’adhĂ©sion. »

— Article 3 de la loi amendant la Constitution

Sans pour autant ĂȘtre suffisant pour rĂ©pondre aux questions liĂ©es Ă  l'adhĂ©sion, cette disposition permit d'Ă©clairer la jurisprudence de la Cour suprĂȘme[8].

Selon la Cour suprĂȘme, dans l'arrĂȘt Riigi Teataja du , dans les domaines de compĂ©tence exclusive de l'Union, la Constitution estonienne ne s'applique que dans la mesure oĂč elle est compatible avec la Constitution[9].

Législation

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Le Parlement monocamĂ©ral estonien exerce le pouvoir lĂ©gislatif[10],[11]. En tant que tel, il lui appartient d’adopter les lois ou de soumettre leur adoption au vote populaire[11]. La Constitution fait la distinction entre les lois pouvant ĂȘtre adoptĂ©es Ă  la majoritĂ© simple et celles nĂ©cessitant la majoritĂ© (absolue) des membres du Parlement, Ă©lus pour quatre ans au suffrage universel direct[12], ont aussi pour mission de contrĂŽler l’activitĂ© de l’organe Ă©tatique investi du pouvoir exĂ©cutif, Ă  savoir le Gouvernement[1].

L'Estonie a un rĂ©gime parlementaire oĂč le chef de l’État, le prĂ©sident de la RĂ©publique[13], est Ă©lu pour cinq ans par le Parlement. MĂȘme si ses compĂ©tences sont nombreuses et fondamentales pour le pays, le prĂ©sident de la RĂ©publique ne joue qu’un rĂŽle limitĂ© dans la politique de la Nation. C’est lui notamment qui reprĂ©sente l’Estonie dans les relations internationales, qui est le commandant suprĂȘme des forces armĂ©es, qui promulgue les lois, qui nomme les hauts fonctionnaires de l’État, ou encore qui dĂ©signe le candidat au poste de Premier ministre devant ensuite faire l’objet d’un vote d’investiture au Parlement[14].

Organisation juridictionnelle

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Le pouvoir judiciaire est exercĂ© par des tribunaux indĂ©pendants rĂ©partis sur trois niveaux. Au premier niveau, les tribunaux de rĂ©gion et de ville ainsi que les tribunaux administratifs. Au deuxiĂšme niveau, les trois cours d’appel et au troisiĂšme niveau, la Cour suprĂȘme (Estonie) (Riigikohus). Les juridictions ont pour mission de protĂ©ger les droits et les libertĂ©s de chacun dans le respect de la Constitution et des lois. Ainsi, toute personne, victime d’une violation de ses droits et libertĂ©s, a le droit de saisir les tribunaux. La Cour suprĂȘme contrĂŽle la rĂ©gularitĂ© des jugements rendus par les juridictions infĂ©rieures.

Elle effectue Ă©galement, en tant que Cour constitutionnelle, le contrĂŽle de la constitutionnalitĂ© des lois, des traitĂ©s internationaux non ratifiĂ©s et des autres actes juridiques de droit interne. En tant que telle, la Cour suprĂȘme peut ĂȘtre saisie par tout tribunal qui, lors de l’examen d’une affaire, a dĂ©clarĂ© contraire Ă  la Constitution une loi ou un autre acte juridique. La Cour suprĂȘme peut encore ĂȘtre saisie par le prĂ©sident de la RĂ©publique qui refuse de promulguer une loi qu’il considĂšre inconstitutionnelle ou par le Chancelier de Droit qui demande l’annulation d’un acte juridique Ă©manant du pouvoir lĂ©gislatif, du pouvoir exĂ©cutif ou d’une collectivitĂ© locale en raison de sa contradiction avec la Constitution ou la loi.

Références

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  1. 1 2 3 4 Kuusik et Miil 2008
  2. ↑ Article 1er de la Constitution
  3. ↑ Article 3 de la Constitution
  4. ↑ Article 163 de la Constitution
  5. ↑ Article 3, paragraphe 2 de la Constitution
  6. ↑ Article 123 de la Constitution
  7. ↑ Article 3 de la loi amendant la Constitution
  8. ↑ Rideau 2010, p. 1211
  9. ↑ Rideau 2010, p. 1213
  10. ↑ Article 59 de la Constitution
  11. 1 2 Article 103 de la Constitution
  12. ↑ Article 60 de la Constitution
  13. ↑ Article 77 de la Constitution
  14. ↑ Article 78 de la Constitution

Bibliographie

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  • (en) Jannu Kuusik et Kart Miil, Guide to Estonian Legal System and Legal Research, (lire en ligne)
  • Constitution de l'Estonie (lire en ligne)
  • Loi portant amendement de la Constitution de la rĂ©publique d’Estonie, (lire en ligne)
  • JoĂ«l Rideau, Droit institutionnel de l'Union europĂ©enne : Estonie, Paris, LGDJ, , 6e éd., 1462 p. (ISBN 978-2-275-03381-5), p. 1209-1213

Compléments

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Articles connexes

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Liens externes

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