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La Ville et les Chiens

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La Ville et les Chiens
Auteur Mario Vargas Llosa
Pays Drapeau du Pérou Pérou
Préface Albert Bensoussan
Genre Roman
Version originale
Langue Espagnol
Titre La Ciudad y los Perros
Éditeur Seix Barral
Lieu de parution Barcelone
Date de parution 1963
Version française
Traducteur Bernard Lesfargues (oc)
Éditeur Gallimard
Date de parution 1966
Type de média Livre papier
Nombre de pages 523
ISBN 2-07-037271-5
Chronologie

La Ville et les Chiens (La ciudad y los perros) est le premier roman de l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature en 2010. Récompensé par le prix Biblioteca Breve en 1962, il a été publié en 1963 et reçut le prix de la Critique Espagnole. Initialement, l'auteur lui donna le titre La morada del héroe puis Los impostores. Ce roman a marqué profondément la littérature péruvienne lui permettant de commencer à se moderniser. Elle est à l'origine avec d'autres œuvres de divers auteurs Latino-américains du « Boom latino-américain ». Le livre a été édité plusieurs fois et a été traduit dans des dizaines de langues. Le monde anglo-saxon le connaît sous le titre The Time of the Hero. Le récit s'inspire de la propre expérience de l'auteur au collège militaire Leoncio Prado de Lima. La traduction française paraît en 1966.

Mario Vargas Llosa a passé deux années de sa scolarité au collège militaire Leoncio Prado, entre 1950 et 1951. Cette expérience ou « aventure » (comme il l'appelle lui-même) l'a profondément marqué. Aussi, des années plus tard, s'étant fixé le but de devenir écrivain (vers 1956), son premier roman devait naturellement traiter de cette expérience scolaire. Pour des raisons de temps, il ne se mit cependant pas tout de suite à travailler sur ce projet. C'est seulement lorsqu'il partit en Espagne grâce à une bourse d'études qu'il put y consacrer son temps libre. Il commença à écrire le roman en automne 1958, à Madrid, dans un bar de la rue Menéndez y Pelayo nommé « El jute », qui est aujourd'hui un restaurant sous un nom différent[1]. Il le termina durant l'hiver 1961, dans une mansarde parisienne. Le manuscrit du roman comptait environ 1200 pages et le premier titre qu'essaya Vargas Llosa fut La morada del héroe (La demeure du héros), qu'il changea ensuite pour Los Impostores (Les Imposteurs), sans être réellement satisfait. Une fois à Lima, il retrouva son ami José Miguel Oviedo, critique péruvien, à qui il demanda conseil. Oviedo, qui avait lu le manuscrit avec un petit groupe d'amis, suggéra le nom de La Ciudad y las nieblas (La Ville et les nuages), en faisant alors allusion au brouillard qui inonde souvent la côte où se situe le collège militaire, et qui est souvent évoqué dans le roman. Comme cela ne plaisait toujours pas à Mario, Oviedo lui proposa alors La Ciudad y los perros (La Ville et les chiens), en faisant allusion aux « chiens » ou cadets de troisième année, personnages du roman. Vargas Llosa, enthousiaste, déclara alors « Ése es el título » (voilà le titre), et c'est ainsi que fut baptisé le premier roman de l'écrivain[2].

Vargas Llosa, sur le conseil de l'hispaniste français Claude Couffon, confia la publication de son livre a la maison d'édition Seix Barral située à Barcelone. L'éditeur Carlos Barral fut très enthousiaste à la lecture du manuscrit et suggéra à Mario de participer d'abord au Prix Biblioteca Breve, qu'il remporta. Après de multiples négociations pour éviter la censure, La Ville et les Chiens fut publié en 1963[3]. Il reçut alors le Prix de la Critique Espagnole, et faillit recevoir le Premier Prix Formentor, mais une voix lui fit défaut. Pour le critique espagnol José María Valverde, ce livre « est le meilleur roman de langue espagnole, depuis Don Segundo Sombra[4] ».

L'histoire se passe au collège militaire Leoncio Prado, où des adolescents et des jeunes en internat reçoivent une formation scolaire secondaire, sous une discipline militaire sévère. On y suit les histoires de plusieurs garçons qui découvrent et apprennent à vivre avec un mode de vie aliénant, qui ne leur permet pas de s'épanouir en tant que personnes, et dans lequel ils sont soumis et humiliés. Cependant, en dépit de ce système, certains arrivent à trouver la force de relever les défis qui leur sont lancés.

Vargas Llosa critique le mode de vie et la culture militaire, où sont prônées des valeurs telles l'agressivité, le courage, la virilité, la sexualité, etc., qui influent fortement le développement personnel des garçons de cet internat. Avec une multitude de personnages, les vies de chacun s'entremêlent, pour tisser la toile de fond du roman. Le vol des questions d'un examen va devenir le nœud de l'action. Ce vol est dénoncé par le cadet surnommé « l'Esclave », qui va ensuite mourir, on le suppose, des mains du cadet surnommé « le Jaguar ». Un autre cadet, « le Poète », va essayer, sans succès, de dénoncer le Jaguar. Cette histoire va alors opposer les cadets entre eux, et va les opposer aux autorités du collège, qui sont aussi des officiels de l'Armée. L'épilogue du roman confirme bien ce que fut le collège pour les personnages principaux : un lieu de passage, qui les a formés voire déformés, pour les intégrer à la société civile.

L'endroit où a lieu principalement l'action est le collège militaire Leoncio Prado, situé à La Perla, dans la Province Constitutionnelle du Callao (Pérou), près de la mer, et entouré de terrains inoccupés ou de fermes. L'entrée principale du collège, surveillée par un poste de garde, est appelée la Prevención. C'est aussi le nom du bâtiment où restent les cadets. Tout près, on trouve une cour extérieure avec une statue du héros Leoncio Prado. Depuis La Prevención on distingue trois blocs de ciment où se trouvent les chambres des cadets de troisième, quatrième et cinquième année. À l'intérieur, on trouve un stade, une piste d'athlétisme et des gradins en bois délabrés. On y trouve aussi une piscine, et devant une construction soutenue par quatre colonnes, La Glorieta.

L'action se passe aussi dans les quartiers de Lima où vivent les personnages principaux : le