Louis Schott
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Louis Schott, né le à Auenheim et mort en à Strasbourg, est un résistant alsacien. Maître-boulanger et commerçant à Strasbourg en Alsace annexée de fait, il s'engage dès la fin de l'année 1940 dans la résistance clandestine au sein de l'organisation Bareiss, puis dans la Septième colonne d'Alsace (réseau Martial). Arrêté par la Gestapo en , il est jugé et condamné par le Reichskriegsgericht (« cour martiale du Reich ») à trois ans de prison, qu'il purge à Fribourg-en-Brisgau.
Biographie
[modifier | modifier le code]Lüdwig Schott est né le 18 juillet 1899 à Auenheim de Joseph Schott, agriculteur, catholique, et de son épouse Katharina Schott née Heitz, catholique[1].
Après l'école communale, il entre en apprentissage en 1913 à l'hôtel de l'Europe à Strasbourg, où il se forme au métier de cuisinier-pâtissier pendant deux ans. À l'issue de son apprentissage, il exerce dans plusieurs établissements hôteliers en Allemagne. En , il est incorporé dans l'armée allemande, dont il est démobilisé le . Rentré en Alsace, il se rend à Paris pour exercer sa profession, avant d'entrer en comme cuisinier dans la marine marchande française, où il embarque depuis les ports de Dieppe et du Havre pour des liaisons transatlantiques à destination de l'Amérique du Nord et de l'Amérique centrale[2],[3].
En , il accomplit un service militaire de quatre mois dans l'armée française. En 1922, il rejoint son frère, propriétaire du restaurant La Mauresse, pour en diriger les services culinaires.
Il se marie le avec Germaine Marie Christine Halbwachs, née le à Strasbourg.
Louis Schott s'associe à la boulangerie-pâtisserie-café de ses beaux-parents Halbwachs, rue du Vieux-Marché-aux-Poissons à Strasbourg. En , il adhère au Parti social français et accède à l'une des trois vice-présidences strasbourgeoises du parti[2],[3].
Mobilisé le , il est affecté comme cuisinier militaire à Épinal. Démobilisé le à Villeneuve-sur-Lot, il rejoint sa famille réfugiée à Plombières-les-Bains avant de rentrer en Alsace le pour reprendre son commerce[2],[3].
Engagement dans la Résistance
[modifier | modifier le code]Dès la fin de l'année 1940, Louis Schott s'engage dans la résistance clandestine au sein de l'organisation dirigée par Charles Bareiss, où il occupe la fonction de premier adjoint de Robert Falbisaner. À partir de , il est officiellement rattaché au réseau Martial des Forces françaises combattantes (FFC). Ses activités comprennent la collecte de renseignements militaires pour le compte des réseaux RIF et Martial, l'alimentation d'un fonds d'entraide au bénéfice des proches des prisonniers politiques, ainsi que la participation à des filières d'évasion de prisonniers de guerre. Dans ce cadre, il collabore notamment avec Édouard Butscha, Suzanne Kieffer et le garagiste Marcel Brucker, avec lequel il est également chargé de former des groupes armés dans toute l'Alsace[2],[3],[4].
Arrestation et jugement
[modifier | modifier le code]Lors des arrestations massives qui démantèlent l'organisation Bareiss, Louis Schott est arrêté à son domicile par la Gestapo le . Il est interné successivement à la prison d'Offenburg (où il côtoie Camille Ruff, qui se suicide le ) puis à Kehl. Son dossier est transmis au Reichskriegsgericht (« cour martiale du Reich ») (RKG). Accusé de ne pas avoir dénoncé des actions projetées contre l'Allemagne et d'avoir ainsi porté assistance à l'ennemi, il est jugé du au à Strasbourg avec 17 autres prévenus, devant le 4e Sénat présidé par le juge Biron, déplacé spécialement pour l'occasion. Louis Schott est condamné à trois ans de prison — peine inférieure aux cinq ans réclamés par l'accusation —, sentence entérinée par l'amiral Max Bastian le . Il purge sa peine à Fribourg-en-Brisgau[3],[2].
Une permission exceptionnelle lui est accordée le pour les funérailles de son épouse et de sa belle-mère, décédées lors du bombardement allié de la veille qui a également anéanti son habitation et son commerce. Il obtient ensuite le maintien de cette permission, puis un sursis lui est accordé, à compter du , avec mise à l'épreuve jusqu'au , signé semble-t-il le de la main même d'Adolf Hitler qui supposément voudrait mettre en exergue les victimes civiles des bombardements alliés. Louis Schott entre dans la clandestinité jusqu'à la libération de Strasbourg le [2].
Germaine Schott née Halbwachs est reconnue « Victimes civiles - Seconde guerre mondiale ».
Après la Libération
[modifier | modifier le code]Durant l'hiver 1944-1945, Louis Schott est nommé membre du Comité départemental de Libération. Il entre au premier conseil municipal de Strasbourg en , il y exerce un mandat de 18 ans.
Louis Schott décède le à Strasbourg.
Distinctions
[modifier | modifier le code]Il est reconnu « déporté résistant »[5].
Officier de la Légion d'honneur par décret du [6] ;
Médaille de la Résistance française par décret du [7].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ État-civil numérisé d'Auenheim, Naissances, volume 1893-1902, année 1899, page 5, naissance numéro 6, Lire en ligne :
- 1 2 3 4 5 6 Le Normand 2016.
- 1 2 3 4 5 Gerhards 2014.
- ↑ Titres, homologations et services pour faits de résistance, « Schott Louis », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Base des déportés-résistants, « Schott Louis », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Liste unique des décorés, « Schott Louis », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
- ↑ Base des médaillés de la résistance, « Schott Louis », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
Voir aussi
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Eric Le Normand et Jacqueline Rocher, Association pour des études sur la Résistance intérieure des Alsaciens (AERIA) (ill. Christophe Clavel), « Louis Schott », dans Eric Le Normand, La résistance des Alsaciens, Fondation de la Résistance, département AERI, (ISBN 978-2-915742-32-9).
. - Auguste Gerhards, Tribunal de guerre du IIIe Reich : des centaines de Français fusillés ou déportés : Résistants et héros inconnus 1939-1945, Le Cherche midi, (ISBN 9782749120676, lire en ligne), « Schott Louis ».
. - Jean-Claude Richez, Léon Strauss et Hélène Bigot, Résistantes et résistants strasbourgeois, EDBH, coll. « Histoires entre deux siècles », , 226 p. (ISBN 978-2-493781-33-8), « Schott Louis », p. 144.
- Charles Béné, L'Alsace dans les griffes nazies, t. III : L'Alsace dans la Résistance française II - Premières Victoires de la propagande Nazie. - L'implantation Nazie à Strasbourg et en Basse-Alsace. - Organisations de résistance à Strasbourg et en Basse-Alsace. - Et le glas sonna! - Un jugement aux suites politiques inattendues. ., Fetzer, , 399 p.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Archives conservées par :
- Service historique de la défense - site de Caen (SHD/ AC 21 P 672775)
- Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 541118)
- Ressource relative aux militaires :