Pierre Goursat
| Pierre Goursat | |
| Vénérable de l'Église catholique | |
|---|---|
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | 8e arrondissement de Paris |
| Date de décès | (à 76 ans) |
| Lieu de décès | Neuilly-sur-Seine |
| Nationalité | |
| Activité | Premier modérateur de la Communauté de l'Emmanuel |
| Ordre religieux | Communauté de l'Emmanuel |
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Pierre Goursat ( - ) est le fondateur de la Communauté de l'Emmanuel et de la Fraternité de Jésus. Il est reconnu vénérable par l'Église catholique.
Biographie
[modifier | modifier le code]Enfance
[modifier | modifier le code]Pierre Goursat est né le à Paris où il a demeuré toute sa vie. Enfant, il perd son unique frère dont il était très proche. Il est le neveu de Marie Joseph Georges Goursat dit Sem, caricaturiste du début du XXe siècle.
Jeune homme brillant, il entreprend des études d'art. Il commence des études à l'École du Louvre, en septembre 1934, et suit en même temps des cours à l'École pratique des hautes études[1]. A 19 ans, il vit ce qu'il appellera sa "conversion", qui est l'un des deux événements charnières de son parcours spirituel[1],[2],[3]. Il est alors soigné pour une tuberculose au plateau d'Assy. Il raconte avoir ressenti fortement la présence de son frère mort et pris conscience de son orgueil[1],[3]. Il demande alors pardon à Dieu, et ressent la présence de son frère avec une intensité encore plus forte, et en même temps l'amour et la tendresse de Dieu. Plus tard, en 1988, il dira : « l'amour du Seigneur est entré dans mon cœur, j'ai senti que je devais être bon et doux. La grâce du Seigneur est venue et j'ai compris le sacrifice du Christ »[1]. De fait, l'humilité sera un trait marquant de son caractère[2].
L'époque de formation
[modifier | modifier le code]Pendant la seconde guerre mondiale, Pierre Goursat rencontre le cardinal Suhard, archevêque de Paris et fondateur de la Mission de France dont il devient proche. Le cardinal devient son directeur de conscience, le confirme dans sa vocation de laïc consacré dans le célibat et l'encourage à réfléchir à un engagement missionnaire[4].
Engagé dans le monde culturel du cinéma, il reste marqué par une santé fragile. Il se consacre à l’évangélisation par la diffusion de livres et de revues. Il participe au Centre catholique des intellectuels français. Il s’oriente ensuite vers le cinéma. Il devient l’ami et parfois le conseiller de plusieurs metteurs en scène et exerce pendant dix années la fonction de secrétaire de l’Office catholique français du cinéma.
En 1965, il tente de faire interdire le film La Religieuse. L'affaire remonte jusqu'au général de Gaulle, via le cardinal Feltin. Suite à une pétition de 120 000 lettres, le film est interdit en salle en 1966. Cependant, les soutiens du film réagissent, notamment avec les Cahiers du cinéma. Monseigneur Pierre Veuillot, évêque coadjuteur du cardinal Feltin, désavoue la méthode employée pour obtenir l'interdiction. Le film est finalement autorisé, et projeté en ouverture du Festival de Cannes, le 26 juillet 1967[1],[5]. Pierre Goursat vit très mal ce désaveu, le manque de courage d'un certain nombre d'hommes d'Eglise, et le manque de soutien de sa hiérarchie[1]. Dans le même temps, l'Office catholique du cinéma français passe sous la direction de l'abbé Berthier. Les rapports entre les deux hommes deviennent vite compliqués. L'abbé Berthier cherche à faire partir Pierre Goursat. L'ensemble des membres du conseil d'administration démissionne pour manifester leur désaccord[1]. Pierre Goursat quitte finalement l'Office catholique du cinéma français à contrecœur, en septembre 1970[2],[3],[1],[6].
L'engagement et la fondation de l'Emmanuel
[modifier | modifier le code]Le , quarante personnes, dont Pierre Goursat et Martine Laffitte, sont réunies pour entendre le témoignage de Xavier Le Pichon qui revient d'un voyage aux États-Unis où il a découvert le renouveau charismatique[2]. Le 4 mai 1972, Pierre Goursat et Martine Lafffite, avec Françou Malcor, Pierre-Marie Chaboche et Francis Kohn, commencent un groupe de prière à Paris, le premier inspiré par l'expérience du renouveau charismatique[1]. Une année plus tard, le groupe rassemble cinq cents personnes. Ainsi naissent les prémices de la Communauté de l'Emmanuel dont il devient le premier modérateur[1],[3].
En 1986, le pape Jean-Paul II, en visite à Paray-le-Monial, aurait remercié Pierre Goursat d'avoir fondé la Communauté de l'Emmanuel[2],[3],[6],[7].
La cause de béatification
[modifier | modifier le code]Pierre Goursat meurt le . Ses funérailles, présidées par le cardinal Lustiger, se déroulent à l'église de la Sainte-Trinité. Il est enterré à Paray-le-Monial[8].
Le conseil de la Communauté de l'Emmanuel obtient en 2009 l'accord de Rome pour l'introduction de sa cause de béatification[9],[10]. Francis Kohn est nommé postulateur[9]. La vice-postulatrice est Élisabeth Baranger[10]. La phase diocésaine s'ouvre à Paris[8]. La commission chargée de l’enquête compte notamment Georges Soubrier, délégué épiscopal pour la cause, et Xavier Rambaud, promoteur de justice[10]. La phase diocésaine de l’enquête est officiellement clôturée en à Paris[9].
Le , le Dicastère pour les causes des Saints publie un décret reconnaissant ses vertus héroïques[11],[12].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Kohn 2025.
- 1 2 3 4 5 Martine Catta, Paroles, Paris, Editions de l'Emmanuel, , 318 p. (ISBN 978-2-35389-164-1).
- 1 2 3 4 5 Bernard Peyrous et Hervé-Marie Catta, Le feu et l'espérance, Editions de l'Emmanuel, .
- ↑ Francis Kohn, « Adorer pour brûler d’amour - Le Podcast », sur pierregoursat.com, Communauté de l'Emmanuel, (consulté le ).
- ↑ Sabine Rousseau, « L’affaire de la Religieuse de Rivette (1965-1967) », Cahiers d’études du religieux. Recherches interdisciplinaires, (DOI 10.4000/cerri.1101, lire en ligne
, consulté le ). - 1 2 « Pierre Goursat, fondateur de la Communauté de l’Emmanuel (1914-1991) »
, sur pierregoursat.com, Communauté de l'Emmanuel (consulté le ). - ↑ Anita Bourdin, « Nouvelle étape pour la cause de béatification de Pierre Goursat, fondateur de la Communauté l’Emmanuel (France) », sur vaticaninfo.com, (consulté le ).
- 1 2 « Biographie du Serviteur de Dieu Pierre Goursat » [PDF], sur Communauté de l'Emmanuel (consulté le ).
- 1 2 3 Grégory Roth, « La phase romaine de la cause de canonisation de Pierre Goursat est ouverte », Cath.ch, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 « Chronologie de la Cause de Canonisation de Pierre Goursat », sur pierregoursat.com, Communauté de l'Emmanuel (consulté le ).
- ↑ « Pierre Goursat déclaré vénérable, la supérieure des Carmélites de Compiègne sainte », Famille chrétienne, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (it) « Promulgazione Decreti 18 dicembre 2024 », sur Dicastère pour la Cause des Saints, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Hervé-Marie Catta et Bernard Peyrous, Le Feu et l'espérance : Pierre Goursat, fondateur de la Communauté de l'Emmanuel, , 2e éd. (1re éd. 1994), 240 p. (ISBN 2-915313-78-4)
- Traduction anglaise : (en) Fire and hope : Pierre Goursat, founder of the Emmanuel Community (trad. du français par Michelle K. Borras), Paris, éditions de l'Emmanuel, , 216 p., 24 cm (ISBN 2-915313-40-7).
- Pierre-Marie Chaboche, Je ne commencerai pas sans toi. Un portrait de Pierre Goursat, Salvator, 272 p. (ISBN 978-2-7067-1662-1)
- Pierre et l'Emmanuel, de Bernard Simon et Eric Beauducel, SAJE PROD, KTO, 52", mars 2011.
- Francis Kohn, Pierre Goursat, Paris, Editions Emmanuel, , 495 p. (ISBN 978-2-38433-240-3)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- [vidéo] Documentaire Pierre et l'Emmanuel, de Bernard Simon, Emmanuel Play, YouTube
- Pierre Goursat sur le site de la Communauté de l'Emmanuel
- Site consacré à Pierre Goursat édité par la Communauté de l'Emmanuel
- [PDF] Citations de Pierre Goursat par thèmes, Communauté de l'Emmanuel
